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Le Blog du Congolais

analyses politiques sur la situation au congo kinshasa

23 juillet 2005

L'UDPS et l'enrôlement : Battre le pouvoir à son jeu !

L'UDPS et l'enrôlement : Battre le pouvoir à son jeu !

Des bruits circulent que l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) aurait décrété le boycott sur l'opération couplée d'enrôlement et d'identification des électeurs lancée par la Commission Electorale Indépendante (CEI) à Kinshasa le 20 juin 2005. Aucun communiqué officiel du parti cher au Docteur Etienne Tshisekedi n'instruirait le peuple dans ce sens. Les combattants auraient suivi un mot d'ordre qu'aurait donné Monsieur J.-B. BOMANZA, Porte- parole du parti, lors d'une émission télévisée.

La CEI, il est vrai, à commencer par Son Président, ne fait rien pour améliorer son image. Par rapport à la neutralité et l'impartialité censées la caractériser, elle est plutôt hermétique à toutes les critiques objectives formulées par les acteurs non institutionnels, au point de passer pour beaucoup d'observateurs pour une structure inféodée à un certain parti politique pour lequel elle roulerait. Sur le plan de la fiabilité du matériel, le Kit Zetès-Pass utilisé par la commission dans l'opération d'enrôlement est loin de convaincre, tant des cas des personnes ayant réussi à se faire enrôler plus d'une fois ont été signalés, laissant ainsi entrevoir des possibilités de tricheries lors des élections. Du point de vue de la crédibilité, rien n'est moins sûr quand il est fait état de l'élimination des agents préposés à l'enrôlement testés, au profit de ceux qui n'ont subi aucun test, ni suivi la moindre formation. On pourrait allonger la liste des limites de la CEI et parler d'incompétence, du manque de prise en charge conséquent des agents, les exposant à la mendicité et à la corruption, de l'encre qui ne serait pas si indélébile que çà.

Tout de même, en dépit de toutes les tares de la CEI, le boycott de l'enrôlement est une décision trop importante pour être décrétée sur un plateau de télévision. Personne ne s'étonnerait que les limites déplorées dans le chef de la CEI soient l'ouvre de certaines officines pour gagner du temps ou pour se débarrasser d'un adversaire aussi dangereux que l'UDPS. La haute direction du parti ferait mieux d'étudier froidement la question pour lever une option qui ne fasse pas le jeu du pouvoir qui veut voir l'UDPS tomber dans son piège. La communauté internationale, consciente de sa grande part de responsabilité dans la crise congolaise, pour se donner bonne conscience, tient à tout prix à l'organisation des élections, mauvaises, soient-elles. Après tout, dit-on, même dans la très démocratique Amérique, elles n'ont jamais été parfaites. Alors au Congo, il y aura certainement des contestations, les deuxièmes amélioreront les premières. D'où tous les soutiens engrangés par la CEI de toutes parts.

A l'UDPS, nul n'ignore toutes les manouvres ourdies sur le plan international pour l'écarter d'un processus dont l'issue ne pourrait que lui être favorable, si les élections étaient tenues selon le slogan: démocratiques, libres et transparentes. Ça serait alors un beau cadeau offert aux mentors du 1+4 que de boycotter l'enrôlement. Comme ils ne veulent pas détricoter leur 1 +4, la fille aînée de l'opposition ferait mieux de les rejoindre avec leurs protégés sur leur terrain des élections libres, démocratiques et transparentes, en demandant officiellement aux combattants de se faire massivement enrôler, quitte à exiger une plus forte implication de la MONUC et du CIAT pour plus des garanties dans l'organisation des élections.

Des garanties pour obtenir plus de transparence dans le processus en commençant par le dépoussiérage progressif des données de la CEI pour la constitution d'un fichier central définitif des électeurs plus fiable, plus de sécurisation des candidats à tous les niveaux des élections pour une circulation sans entrave sur toute l'étendue du Congo, plus de sécurisation des électeurs et du processus dans le Congo profond où les ex-belligérants maintiennent encore les populations dans une terreur permanente, pour obtenir pourquoi pas, la restructuration de la CEI si ses dirigeants actuels continuaient à faire preuve de tant de légèreté.

L'opération d'enrôlement étant limitée dans le temps et seuls ceux l'ayant remplie pouvant le moment venu être électeurs et éligibles, au terme de la loi, il est plus que temps pour le plus grand parti politique du Congo de descendre avec tout son poids sur ce terrain des opérations électorales et y battre le pouvoir à son propre jeu en imposant le caractère libre, démocratique et transparent aux élections qu'il ne pourra que remporter haut la main.

C'est le seul jeu auquel des partis autrefois mouvements politico-militaires totalitaires ne peuvent jouer sans faire des gaffes. Des gaffes qui ne passeront pas inaperçues à un peuple de plus en plus perspicace, des gaffes que l'UDPS ne pourra que capitaliser pour préserver le peuple de l'injustice suprême: voir le moins mauvais des belligérants gagner par les urnes, ce qu'il n'a pu obtenir par les armes.

Le Phare (Kinshasa)

11 Juillet 2005

Anthony M.K. Katombe

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30 juin : du sang sur les rameaux !

30 juin : du sang sur les rameaux !

Le Phare (Kinshasa) 6 Juillet 2005

Anthony M.K. KATOMBE

"L'apocalypse n'a pas eu lieu", "Le chaos promis n'est pas arrivé" "Tshisekedi rate son coup d'état", "L'UDPS joue et perd", "Les Institutions sont toujours en place"..., titraient triomphalement vendredi 1er juillet certains journaux congolais veinards dont curieusement les journalistes n'ont pas été arrêtés, ni les matériels de travail saisis par les forces de l'ordre, lesquels journaux sont rejoints dans leur euphorie par une certaine presse belge et française.

Certains membres du gouvernement congolais se sont lancés une fière chandelle pour "l'échec de l'UDPS" et ont remercié les Kinois, quadrillés par les policiers et militaires PIR, Upi, GSSP,... armés jusqu'aux dents et tirant sur tout ce qui osait bouger à balles réelles, "pour avoir suivi le mot d'ordre des autorités de ne pas sortir dans les rues" et "d'avoir fêté avec faste le 30 juin". Ces membres du gouvernement, tous curieusement d'une même composante, vont jusqu'à féliciter les forces de l'ordre qui se seraient acquitté de leur devoir d'une façon professionnelle". Ce qu'une certaine presse relaie fidèlement avec le scoop selon lequel à Tshangu, le district de Kinshasa qui s'est réveillé le 30 juin avec un militaire surarmé au mètre carré, "il a même été organisé un match de football et d'autres réjouissances populaires".

Heureusement pour le crédit de la presse qu'il reste au Congo des organes de presse dont le reportage en live des événements et les analyses objectives restituent la vérité et interprètent le symbolisme du message du peuple du jeudi 30 juin dans les rues de Kinshasa. Heureusement aussi que même dans la presse occidentale, il reste des professionnels des médias qui ne copinent pas avec l'occident officiel et travestissent la vérité sacrifiée sur l'autel des bas intérêts.

Sinon, pour n'importe quel observateur de bonne foi qui ne serait livré qu'à ses caisses de résonance médiatiques de l'establishment congolais et de l'occident officiel, ça ne serait que migraines garanties à chercher à comprendre la lecture du quatrième pouvoir des événements du 30 juin.

Ni pillages, ni Machettes Tramontina

Le spectre des pillages et des règlements de comptes par coup de machettes "Tramontina" avait été agité par les dirigeants congolais pour refuser au peuple son droit à manifester son refus de la prolongation automatique de la transition, son désaveu massif de 1 +4, son ras-le-bol sur l'incapacité du gouvernement à répondre à ses besoins primaires, avec des menaces de répression au cas où il s'entêtait à descendre dans la rue. Bravant toute intimidation, le peuple a réussi à passer, par centaines des milliers, à travers les mailles des forces de l'ordre, brandissant des rameaux et des calicots sur lesquels il renouvelait son verdict sur le leadership 1 +4 et décrétait la fin de celui-ci, pacifiquement.

On voudrait bien croire que Tshisekedi ait perdu. Qui aurait alors gagné? Celui qui a ordonné à l'armée et à la police de tirer à balles réelles sur une population qui, au lieu des machettes, tenait plutôt en main des rameaux? Parce qu'il aurait gagné en faisant 10 morts et plusieurs dizaines de blessés à Kinshasa, de l'aveu honnête et courageux d'un Kinois dépité, Son Excellence Jean-Pierre BEMBA, alors que les pillages tant annoncés n'ont pas eu lieu, pourquoi ne se découvre-t-il pas, afin qu'il soit publiquement fêté par le 1+4 ?

Ladite victoire pourrait-elle aussi être illustrée par les scènes offertes par les services de l'ordre, scènes retransmises par Raga TV et CCTV? Une grande dame d'un certain age se faisant bastonner le postérieur par deux sbires en tenue civile avant de se faire embarquer dans un minibus bleue ciel vers une destination connue d'eux seuls, lesquels deux sbires s'illustrent plus tard en embarquant Luc Mikomo, Directeur Info de Raga TV, Rubens Belengele, cameraman à Tropicana TV, se faisant délester de son matériel avant de recevoir des coups de matraques et de se voir forcé de débarrasser la chassée de grosses pierres pesantes y laissées par les manifestants et de se faire embarquer à bord d'un véhicule de la police, un jeune homme de 20 vingt ans mourant de suite d'une balle lui tirée à bout portant alors qu'il se tenait tranquillement à l'entrée de la parcelle familiale à Yolo, une dame et ses deux filles prenant des balles à bout portant à Kasa-vubu pour ne pas avoir livré à la police les manifestants, des centaines des milliers des manifestants se regroupant inlassablement après avoir été dispersés à coup des balles et gaz lacrymogènes, des enfants écrivant à la craie sur la chaussée la somme congolaise de l'addition 1+4.

Tshisekedi serait-il vraiment essoufflé quand tout le monde sait qu'il a réussi à faire mobiliser plus de 5000 policiers et militaires pour contenir des centaines des milliers de Kinois qui ont pris d'assaut les rues de la capitale alors qu'il leur avait été promis un massacre certain? Tshisekedi aurait-il vraiment perdu quand tout le monde a observé qu'il a donné à une autre classe de journalistes l'occasion de s'illustrer par leur courage et leur conscience, en se jouant du danger permanent, en allant au front, sous des balles réelles, au risque de leur vie et au nom de la vérité, pour apporter un témoignage poignant qui lave ce peuple des qualificatifs des "pillards, manipulables,..." que le pouvoir lui a toujours collés. Si Tshisekedi a vraiment échoué, pourquoi celui qui aurait gagné ne répond-t-il pas alors à Son Excellence Azarias Ruberwa qui veut savoir ce que le pouvoir a à cacher en bouchant Raga TV et en confisquant les cassettes de retransmission de la marche?

Tshisekedi a échoué dit-on, parce que le 1+4 est toujours là. On veut bien. Mais c'est où "là"? Dans les bureaux lambrissés de Gombe, dans les cortèges monstres avec des chars de

la MONUC

? A la télé, haranguant un peuple qui n'attend plus rien d'eux et qui se divertit avec les émissions de théâtre et de musique? Sûrement, mais "là" où le 1 +4 devrait vraiment se rassurer d'être, c'est dans le cour de ceux qu'il est censé diriger. Et là, pour les rares Congolais qui avaient encore dans leur cour un peu de place pour le 1 +':], ce n'est pas sûr, à

la Vue

de ces balles faisant ruisseler du sang sur les rameaux des manifestants, que les choses soient restés à l'état.

Ce n'est donc que par défi que le 1+4 est donc là où il semble se satisfaire d'être. Mais combien de temps tiendra-t-il là quand BEMBA, Vice-Président du Congo, se rappelle qu'il est Kinois pur sang pour honorer la mémoire de ses frères, fauchés par le zèle de ceux qui veulent se faire plus royalistes que le roi, et contredire le chiffre officiel de 1 mort en soutenant courageusement celui de 10 morts avancé par l'UDPS? Combien de temps tiendra-t-il là, quand Azarias Ruberwa, également Vice-Président du Congo, (en charge de la politique, défense et sécurité !) condamne la répression disproportionnée des forces de l'ordre et présente ses condoléances aux familles éprouvées. Et parce que le 1 +4 serait vraiment là, de qui dépendent alors le Ministre de l'Intérieur, le Gouverneur de la ville de Kinshasa, l'Inspecteur Général de

la Police

? De Ruberwa qui se fait traiter de syndicaliste par la haute hiérarchie d'un certain parti politique quand il déplore ce qui est arrivé? Ce n'est quand même pas à l'UDPS qu'on entend des sons aussi discordants pour prétendre que Tshisekedi aurait perdu!

Les dirigeants congolais, on le sait, aiment tellement s'entendre parler et entendre le peuple répéter après eux ce qu'ils disent qu'ils sont devenus allergiques à toute contradiction. Ainsi voit-on, samedi 4 juillet, un membre du gouvernement invité du journal télévisé le plus prisé des Kinois, invoquer le matraquage pour s'offusquer que la chaîne revienne en boucle sur les images de la marche du peuple deux jours après, alors qu'au même moment la chaîne publique en faisait autant avec les images des défiles officiels. Ils aimeraient sûrement, de force à défaut de gré, ramener le peuple à la belle époque, et, mutatis mutandis, lui faire répondre après eux : MPR oyé ! Mobutu oyé ! Mobutu Mokako ! Tata bo ? Parti bo ? Mokonzi bo?

Seulement, malheureusement pour eux, il y a des limites à tout, même dans le seul pays au monde où 1+4 égalent zéro. Le peuple, passé du stade de la répétition à celui de l'interprétation, ne les suivra plus dans leur narcissisme. Ni l'Occident officiel, ni une certaine presse nationale et étrangère qui sacrifie la vérité, la déontologie et la solidarité sur l'autel des intérêts partisans, ne sauront lui faire gober que du sang (sacrifice suprême) coulant du fait des balles réelles (instruments de mort, de violence et de destruction) sur des rameaux (symbole de vie, d'espérance et de paix), que des caméras et cassettes arrachés à des journalistes préalablement passés à tabac, constituent un échec pour le Docteur Etienne Tshisekedi, qui a permis au peuple d'exprimer sa foi dans un Congo meilleur.

L'UDPS aurait perdu. Le camp du 1+4 aurait gagné. Et le peuple, aurait-il gagné avec le 1+4 ou perdu avec l'UDPS, quand la prétendue victoire du 1+4 ne fait même pas l'unanimité en leur propre sein? A moins de vouloir réinventer une logique bien à l'image du personnel politique congolais, un peu de silence, Messieurs! Le sang a coulé sur les rameaux d'un peuple sans défense et le Congo est en deuil.

Anthony M.K. KATOMBE

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30 juin : Manywa aurait-il le beau rôle ?

30 juin : Manywa aurait-il le beau rôle ?

Anthony M.k. Katombe (cp)

Kinshasa

Azarias Ruberwa Manywa, Vice-Président du Congo, n'est pas allé par le dos de la cuillère pour condamner la répression sanglante et disproportionnée par les forces de l'ordre de la marche du peuple du 30 juin.

Pour "Monsieur Politique, Défense et Sécurité" du gouvernement, une enquête doit être incessamment diligentée, des responsabilités établies et les coupables sanctionnés. Et sensibilité de chrétien oblige, Manywa présente ses condoléances aux familles éprouvées.

Manywa passe aux yeux de beaucoup d'observateurs, pour la tête pensante de l'espace présidentiel congolais. Il a eu le mérite d'exiger le dialogue avec les forces politiques significatives non institutionnelles, la révision constitutionnelle pour permettre le remodelage des institutions et la participation de l'UPDS, entre autres, aux affaires, pour une prolongation plus fructueuse de la transition. Sans ce dialogue et cet ajustement, le Congo, aux dires de ce brillant avocat, irait tout droit vers une catastrophe certaine; Une certaine opinion ne peut quand même s'empêcher de se demander si le Vice-Président ne serait pas un peu naïf de croire qu'il obtiendrait de ses partenaires belligérants une ouverture vers l'apposition' réelle, alors qu'après deux ans de transition, il n'a toujours pas réussi à obtenir, tout chef d'une composante belligérante qu'il est, le partage des responsabilités dans les entreprises publiques, la territoriale et la diplomatie.

Après le 30 juin, une autre question surgit sur Manywa. L'homme est-il vraiment celui qu'on nous dit être : Président de la commission politique, défense et sécurité du gouvernement?

Quand au sortir du séminaire d'autoévaluation du gouvernement. Le bilan sur les objectifs de la transition est déclaré " largement positif, en dépit de quelques problèmes qui subsistent ci et là, ça veut dire alors que le pays est maintenant vraiment réunifié, malgré quelques poches de tension, l'armée, bien que pas encore totalement brassée, est aussi réunifiée, les services de sécurité aussi, et que tous ces trois secteurs névralgiques sont bien sous le contrôle d'un homme : Azarias Ruberwa Manywa. Coup de théâtre bien de chez nous, comme un Congolais de la rue, Manywa veut aussi comprendre ce qui s'est passé le 30 juin.

Hier, Manywa avait des réponses quant à Gatumba, au Burundi. Aujourd'hui, Manywa cherche des réponses quant à Mbuji-Mayi, Tshikapa et Kinshasa, au Congo où il est censé contrôler les services de sécurité, l'armée, la police et la territoriale. Si hier avec des réponses, il avait jugé une "pause-évaluation" nécessaire, maintenant qu'il n'aurait que des questions, se contenterait-il de la complaisante auto-évaluation du gouvernement au motif du partage promis dans 10 jours ? On comprendrait qu'il se résolve à cette alternative, pourvu que les animateurs des entités à partager soient pleinement responsables. On voudrait bien être optimiste, mais les questions de Manywa aujourd'hui au sommet de l'Etat ne rassurent nullement que ses collaborateurs de demain auront des réponses à leurs niveaux.

30 juin a démontré' que le domaine de Manywa à Kinshasa, loin d'être géré par une quelconque autorité du pays, l'est plutôt par une certaine composante, tout comme la sienne dirige le Nord-Kivu avec poigne. Quand Manywa exige une enquête à Kinshasa qu'il ne contrôle pas. Réponse du berger à la bergère, la composante qui gère Kinshasa exige aussi une enquête pour les événements de Goma que contrôle Manywa. Moralité: chacun reste dans ses quartiers et personne ne va vadrouiller sur les plates-bandes de l'autre. Comme ça, ces enfants du Bon Dieu des Congolais qu'on prend pour des vaches ne seront que bien gardés.

C'est dans cette logique des loups qui ne se mangent pas entre eux qu'on prépare les élections dans lesquelles l'UDPS et tous ces autres partis sans factions et donc sans aucune garantie de sécurité, ne seront que des faire-valoir. L'opinion en est consciente et Manywa gagnerait à le savoir. Sinon, ça serait se payer une bonne conscience à moindres frais que de crier au scandale après coup, d'affirmer ne peut savoir d'où il vient et de soutenir en même qu'on est aux commandes.

La meilleure façon de classer un dossier au Congo est d'ouvrir une enquête. Toutes les catastrophes qu'a connues le pays depuis le démarrage de cette énième transition relèvent du domaine de Manywa. Elles ont eu chacune leur enquête. Manywa n'est jamais revenu vers le peuple avec le résultat de ces enquêtes. Reviendra-t-il avec celui de cette dernière? Pour beaucoup, rien n'est moins sûr.

Il ne reste à Manywa qu'à démontrer qu'il n'aurait pas que le beau rôle de s'accrocher à son fauteuil, même sans pouvoir réel, comme tous les membres du 1 +4, tant que le beefsteak est garanti, et jouer le consciencieux quand le 1+4 étale ses nullités.

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30 juin : le Ciat se trompe de cible

30 juin : le Ciat se trompe de cible 

Le Phare (Kinshasa)

14 Juin 2005
Anthony M.k. Katombe (cp)
Kinshasa

Le Comité International pour l'Accompagnement de la transition «CIAT» vient de prendre position par rapport à la date du 30 juin dans des termes qui n'ont rien à voir avec la langue de bois diplomatique:

"Ceux qui appelleraient à des actions éminemment condamnables contre le processus, mettraient gravement la paix en péril, notamment en cherchant à créer délibérément les conditions de nouveaux pillages. Des telles actions ne résoudront rien et conduiront immanquablement au chaos et à la désolation. Elles relèveraient de sanctions nationales et internationales."

Comme il fallait s'y attendre, une telle prise de position ne pouvait pas faire l'unanimité. Les animateurs de la transition lisent dans cette déclaration des représentants de la communauté internationale, une caution inespérée dont ils avaient tant besoin en ce moment où ils se demandent comment conjurer le spectre qui se profile à l'horizon du trente juin.

Pour la grande partie de la population, les analystes objectifs et les organisations politiques et sociales qui font pression sur les institutions de la transition pour l'organisation des élections, le CIAT vient de faire la sortie la plus manquée et la plus malheureuse de son histoire, en se trompant complètement de cible.

Même si plus loin dans le communiqué, le CIAT joue à l'équilibriste en menaçant qu' « il n'hésitera toutefois pas à identifier tout individu, quelle que soit sa position, dont l'action ou l'inaction voudrait bloquer les objectifs de ce partenariat, à savoir des élections libres, transparentes et démocratiques en RDC, personne n'est dupe, pour nombre d'observateurs, le CIAT a choisi son camp, tant le langage du communiqué ressemble à s'y méprendre à celui des dirigeants congolais qu'on le croirait rédigé sous la dictée de ces derniers.

C'est une bonne chose pour le CIAT de prendre fermement position et de menacer les gens de représailles. Mais il serait plus judicieux pour le CIAT de se rappeler que ceux qui veulent manifester le 30 juin, l'ont fait début juin 2004 et janvier 2005 et ont exprimé leur évaluation sur les animateurs de la transition auxquels ils ont lancé l'ultimatum d'organiser les élections au 30 juin 2005, s'ils ne voulaient pas subir un désaveu massif dans les rues du pays à cette date. Le fait que ces manifestations aient été suivies du séminaire institutionnel pour l'évaluation de la transition et l'élaboration d'une énième feuille de route à l'initiative du CIAT, prouve, si besoin en était, que tout le monde, le CIAT compris, avait pris acte de l'ultimatum du peuple.

Est-il alors adroit pour le CIAT à deux semaines de la date fatidique, de pointer son arsenal en direction des forces du changement et de la population, alors que ceux qui n'ont pas respecté toutes les feuilles de route se frottent les mains? Est-il correct de brandir les sanctions nationales et internationales contre les victimes et laisser une deuxième chance automatique à ceux à qui le CIAT lui-même reproche le manque de volonté politique manifeste, la corruption, les détournements dans les entreprises publiques et ceux des soldes des militaires, des policiers, des fonctionnaires?

Que rendrait donc soutenable cette stratégie des menaces ? Seraient-ce « des progrès déjà réalisés, malgré les retards considérables constatés en 2004»? Possible, mais toujours est-il que même pour le plus brillant des avocats du monde, le leadership congolais ne serait pas un client rêvé. Le CIAT, à son corps défendant certainement, constate avec ceux qui veulent manifester: « mais il reste; beaucoup à faire».

Quand on sait que par «beaucoup» il faut entendre le partage de la territoriale de base, de la diplomatie et du portefeuille, le brassage de l'armée, l'élaboration et la promulgation de toutes les lois essentielles au processus électoral, l'identification et le recensement des électeurs, le référendum sur la constitution et l'organisation des élections générales, et qu'il faille tout réaliser en 6 mois, renouvelables une fois, on ne comprend pas que le CIAT, au lieu de sortir son artillerie contre ceux qui sont comptables devant lui et le peuple, contre ceux dont il a, à maintes reprise, si bien inventorié les tares, s'en prenne à ceux qui veulent se prendre en charge.

Est-il adroit d'ignorer l'opinion publique congolaise émergeante ? Si telle est le choix de la communauté internationale, est-on sûr que cette opinion se laissera faire? Peut-être que toutes les analyses du monde ne feraient rien contre un schéma déjà tracé à des milliers de kilomètres d'ici. Aussi l'opinion souhaite-t-elle que le CIAT se souviendra qu'en son temps, une campagne de diabolisation fut orchestrée contre

la MONUC

et son actuel numéro un.

En regardant bien, le CIAT se rappellera d'où partait cette campagne et d'où venait le soutien appuyé en faveur de la représentation de l'ONU au Congo. En repassant en revue les étapes mouvementées de la transition congolaise, le CIAT se rappellera que jamais les forces du changement n'ont soulevé le peuple contre elle, ni lorsque la communauté internationale a donné sa bénédiction à la tricherie de la commission de suivi dans la mise en route de l'Accord Global et Inclusif, ni lorsqu'elle a cautionné l'exclusion du Docteur Tshisekedi, porte-étendard de la lutte pour l'avènement d'un Etat de droit au Congo.

Peut-être qu'alors le CIAT comprendrait qu'il a enfourché le mauvais cheval et vise la mauvaise cible. Sinon, il se disqualifierait et se verrait, autant que toutes les institutions de la transition, victime de l’évaluation populaire le 30 juin 2005.

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opération effacez le tableau au 30 juin

Le Phare (Kinshasa)
le 20 Mai 2005

Anthony M.k. Katombe
Kinshasa

La transition politique congolaise arrive à terme le 30 juin 2005 selon les prescrits de l'Accord Global et Inclusif dont elle est l'émanation.

Cette fin de transition qui devrait normalement être sanctionnée par l'organisation des élections démocratiques, libres et transparentes, s'approche sans que les institutions de la République aient atteint un seul de quatre autres objectifs que sont la réunification du pays, l'instauration de l'autorité de l'Etat sur toute l'étendue du territoire national, la formation de l'armée et la réconciliation nationale, ni doté la commission électorale indépendante de tout l'arsenal juridique. Ces quatre objectifs et l'arsenal juridique étant des préalables sans lesquels il est impossible d'envisager la tenue d'élections crédibles dans ce quasi continent de pays.


Quelques mois après l'investiture du Gouvernement, des voix bien intentionnées s'étaient élevées pour fustiger, à bon escient, outre le rythme de travail trop lent adopté par les institutions de la transition, certaines tares dans le chef des animateurs de ces dernières dont l'insouciance, l'amateurisme, l'incompétence et la corruption, lesquelles tares ont amené plus d'un observateur averti à conclure à la totale absence de volonté politique pour amener le peuple aux élections dans les délais impartis.

Par cécité ou par mauvaise foi ou encore par les deux combinées, on ne vit que la main du Ruanda pour lequel le Vice-Président Azarias Ruberwa était accusé de rouler, dans ses différentes prises de position appelant les autres animateurs à plus de rationalité tout au long de l'année 2004. Les hommes d'Eglise se firent reprocher de se mêler de politique, la population qui profita d'une passe en or de ceux qui voulaient faire porter le chapeau à la MONUC et au RCD à la chute de BUKAVU début juin 2004, rendit un verdict sans équivoque sur les animateurs des institutions de la transition: 1+4 = O. Ailleurs on aurait assisté à des démissions en masse, l'opinion publique étant une donne essentielle dont aucune classe dirigeante qui se veut démocrate ne pourrait se passer. Ici, on alla chercher la main maléfique de vieux politiciens fatigués qui auraient sorti un tour d'enchantement de leur sac à sortilèges pour manipuler le peuple.

Toutes ces analyses étaient alors traitées d'alarmistes et leurs auteurs considérés soit comme des agitateurs, soit comme des aigris qui voulaient inutilement soulever le peuple contre les institutions qui, disait-on, avaient situation bien en mains et entendaient sans faute organiser les élections au 30 juin 2005. Le Président de la République alla jusqu'à donner sa parole de magistrat suprême que tout le monde devrait démissionner si tel n'était pas le cas à cette date.

Ceux qui s'escriment maintenant à trouver une interprétation accommodante aux propos du Chef de l'Etat, au risque de le rendre coupable de parjure, avaient jugé inutile de le faire à l'époque, tant la compréhension de la durée de la transition pour tous était bien de 24 mois et que ceux-ci semblaient aux exégètes autoproclamés du discours présidentiel une période tellement longue qu'ils ne voyaient pas de quoi fouetter un chat.

Il a fallu que le peuple se soulève le 10 janvier 2005 pour que ces exégètes intéressés trouvent une interprétation à leur goût à l'article 196 de la constitution pour soutenir une prolongation automatique de la transition au 30 juin 2005, alors que la condition de celle-ci, expressis verbis prescrite dans l'alinéa 2 dudit article, c'est-à-dire, le parachèvement des opérations électorales, est loin d'être rencontrée, lesdites opérations n'ayant même pas été déclenchées.

Seulement, cette interprétation tronquée de la constitution ne leur servira à rien du tout, le peuple qui n'en veut plus bénéficiant maintenant du soutien du Docteur Tshisekedi, à travers sa position rendue publique le 1 avril selon laquelle 1+4, qui n'était que toléré par le peuple, devrait tomber le 30 juin 2005 à minuit et céder la place à l'ordre institutionnel de la Conférence Nationale Souveraine, ordre pour Iequel au moins le peuple avait clairement témoigné son soutien jusqu'au sacrifice suprême du 16 février 1992 Les animateurs de la transition sont réputés pour leur mépris de l'opinion publique de ceux pour qui ils sont censés travailler. Mais quand à cette opinion se joint quelqu'un qui pèse aussi lourd qu'Etienne Tshisekedi, la sagesse recommande à tout politicien qui est d'un avis contraire de se taire. Mais au Congo, les politiciens réinventent tout le temps la roue. De là quand même à vouloir continuer à massacrer les gens comme ce fut le cas le 10 janvier, parce qu'alors comme au 30 juin, le peuple tenait et tient à s'exprimer par rapport à la transition en renouvelant son refus de la prolongation devient non seulement révélateur de la barbarie caractéristique d'un régime d'ex-belligérants non encore satisfaits du chiffre record de 5 millions de morts de leurs "guerres de libérations", mais aussi symptomatique de fin de règne d'un leadership tellement occupé à sauvegarder son pouvoir qu'il n'arrive plus ni à tirer les leçons de l'histoire politique récente du pays, ni à lire les signes des temps pourtant clairement lancés par l'évolution de l'actuelle politique internationale.

Ça tombe littéralement sous le sens qu'à l'alternative de la CNS, proposée par le Docteur Tshisekedi, qui devrait être considérée comme une base de discussion pour initier les négociations en vue de rétablir le consensus politique et les équilibres essentiels entre signataires de l'Accord Global et Inclusif et la confiance entre ceux-ci et le peuple, ceux qui ont pris les armes pour "instaurer la démocratie" au Congo se mettent à proférer des menaces de massacres au peuple dont ils attendent solliciter le suffrage, si ce dernier descendait pacifiquement dans la rue le 30 juin leur demander de débarrasser le plancher, alors que la démocratie à laquelle ils prétendent conduire le Congo consacre la liberté du peuple à exprimer son ras-le-bol à ses dirigeants, et que pour garantir cette liberté, ne serait-ce que pour une fois, les dirigeants passeraient presque pour des démocrates en faisant encadrer par les forces de l'ordre les manifestations projetées au 30 juin 2005. Quitte pour eux, à organiser une contre-manifestation après s'ils s'évertuent à se leurrer avec leur théorie de la manipulation du peuple.

Plus d'un observateur se demande sur quelle planète vivent les dirigeants de la transition eux qui, mieux que quiconque savent quelles misères ce peuple contre qui ils vocifèrent des menaces a fait vivre le 'Maréchal du Zaïre au point que ce dernier alla se terrer dans sa forêt équatorienne. A moins que les animateurs de la transition se croient plus puissants que l'ex-guide. Et au cas où cela serait le cas, les Congolais seraient-ils des sous hommes au point de se faire massacrer à cause de leur opinion à des fins de conservation du pouvoir sans nullement émouvoir la communauté internationale, alors que sous les yeux de tous, les dirigeants de l'Equateur et ceux des ex-républiques soviétiques se font remercier sans que personne ne se fasse tuer pour autant. A moins qu'ici on choisisse la voie ouzbèque dont personne ne parierait raisonnablement l'issue à l'avantage du pouvoir en place.

Et puisqu'il y aurait des hommes capables de perpétrer des massacres sur le Congo pour "sauvegarder l'ordre public", pourquoi ne les engage-t-on pas plutôt dans l'ITURI et dans le Grand Est Congolais, au lieu pour certains de menacer de rentrer dans leur fief avec leur armée de manière à peine voilée, si jamais on les mettait de côté? Comment les animateurs de la transition peuvent-ils raisonnablement se faire prendre au sérieux quand pareille menace est proférée juste quelques minutes après avoir mis pompeusement la réunification du pays et celle de l'armée à leur actif pour révoquer la solution politico-arithmétique de la transition qui constate que 1+4 égalent zéro. Comme l'enfant qui, après avoir mis le feu à la case demande à sa famille de le féliciter d'avoir éteint l'incendie, les dirigeants Congolais voudraient un peu de reconnaissance pour "avoir réunifié" le pays qui - était uni et qu'ils ont démembré.

Le bouquet c'est quand l'un des dirigeants relaie l'étonnement du leadership de la transition sur la position de Tshisekedi qui leur ordonne de partir alors que c'est eux les belligérants qui l'ont invité "dans leur maison, à leur table partager leur repas! ?. Ce n'était un secret pour personne, cela a été dit et écrit: la transition pour ces messieurs n'était qu'une grosse soupe et le pays un délicieux gâteau. Avait-on besoin qu'un membre du sommet du pouvoir le confirmât... à la télé? ! De grâce, n'en pipez mot à Karel ! Il chercherait une illustration grandeur nature pour faire adhérer à ses thèses sur l'actuel leadership congolais Louis Michel et le peu d'autres défenseurs qui restent - et oui il faut de tout pour faire un monde, surtout congolais - qu'il ne trouverait pas mieux.

Ça tomberait peut-être moins sous le sens si les dirigeants disaient que les Congolais n'étaient tous que des pillards et que les militaires et les policiers Congolais n'étaient qu'une bande de massacreurs; que les premiers n'étaient pas capables de manifester pacifiquement leur désaveu aux dirigeants dont ils ne veulent plus, comme l'ont fait d'autres peuples en Argentine, Georgie, Ukraine, Kyrghistan et Equateur; que les derniers à qui est confié la tâche criminelle de tuer les premiers seraient logés à meilleure enseigne. Alors on comprendrait peut-être que la situation exige que les ex-belligérants prennent leurs responsabilités pour déclencher une opération "effacez le tableau" le 30 juin 2005.

Peut-être qu'après, s'ils devraient réussir à organiser leur giga massacre à la place des élections, les survivants caresseront peut-être le rêve légitime de voir leurs animateurs plus tolérants envers les partis autres que ceux des ex-belligérants et leurs alliés, et que les membres de l'UDPS par exemple pourraient aussi tenir leur réunion publique sans frustration. Ainsi, après le 30 juin, on ne compterait pas de morts de l'intolérance à l'instar de ceux qu'on vient de déplorer à MBUJI MAYI. Comme à l'impossible nul n'est tenu, les survivants de l'après 30 juin 2005 se rabattront peut-être sur un autre rêve plus accessible, celui de voir leurs dirigeants plus loquaces et pourquoi pas, peut-être plus convaincants sur les questions socio-économiques.

Mais parce qu'avec des "si"on mettrait Paris dans une bouteille et qu'avec des "peut-être" on emballerait Kinshasa dans une feuille à Chikwangue, face à l'hécatombe promis, pour ceux qui, par naïveté ou par pauvreté n'ont ni bateau, ni hélicoptère positionné au bord du fleuve Congo en cas de besoin, c'est trop leur demander de croire religieusement que si on ajoutait 6 morts deux fois à la transition, les animateurs de celle-ci feraient en 12 mois ce qu'ils ont brillamment échoué à accomplir en 24 mois.

Posté par congomania à 13:07 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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