25 juillet 2005
Kasaï - Oriental : un rapport accablant sur les bavures du 30 juin 2005
Kasaï - Oriental : un rapport accablant sur les bavures du 30 juin 2005
Le Phare (Kinshasa)
20 Juillet 2005
Rjps
Kinshasa
Après l'analyse des troubles et maintes violations des droits de l'homme ayant émaillé les manifestations du 30 juin 2005, particulièrement du 25 juin au 01 juillet 2005 au Kasaï - Oriental, et plus précisément à Mbuji-Mayi, plusieurs Ong de droits de l'homme ou du secteur économique ont élaboré un dossier qu'ils vont adresser non seulement au gouvernement, mais aussi à certaines structures officielles et associatives qui s'occupent de la protection et de la promotion des droits de l'homme en RD Congo.
Ces enquêtes et recommandations sont le fruit du travail de plusieurs associations de Mbuji-Mayi dont Solidec, DDH, Socikor, Acat, Union/Socikor, Unpc et Justice et Paix catholique. Les conclusions seront transmises aux autorités compétentes par les soins d'une religieuse, Sour Mbuyi Kalolo. Le Phare est parvenu à entrer en possession du document ad hoc qui porte le titre de " Rapport sur les graves violations des droits humains couvrant la période du 25 juin au 01 juillet 2005, dans la Province du Kasaï-Oriental ".
Plusieurs tableaux y sont présentés. Le premier reprend des violations du droit à la vie (art 15 de la Constitution et 3 de la Déclaration universelle des droits de l'homme) et précise l'âge, l'adresse, le lieu et la date où la victime a été abattue. Ce tableau répertorie au total dix tués sur l'ensemble de cette province. Le second mentionne les violations du droit à l'intégrité physique et présente une vingtaine de personnes blessées et parfois internées dans des centres médicaux.
Extorsions et viols comme armes de guerre
Le troisième tableau souligne que le viol a été l'une des armes utilisées durant ces troubles. Beaucoup de femmes ont été victimes de viols, mais n'osent pas en parler en raison des coutumes et traumatismes subis ; à l'exception de deux femmes, nommément mentionnées dans le rapport qui stipule également que six femmes détenues à la prison centrale ont aussi reconnu avoir été violées durant cette période.
Il y a aussi un tableau des arrestations arbitraires et détentions illégales reprenant les noms de 14 personnes. On y apprend que cinq officiers de la Police, accusés de connivence avec l'Udps, à savoir Georges Mukoma , Roger Mukuna, Dikamba, Kapaja et Cibangu ont été arrêtés à Mbuji-Mayi et transférés à Kinshasa. Ce rapport déplore le fait que plusieurs familles, dans plusieurs quartiers de cette ville, ont subi des violations de domiciles et extorsions des biens de la part des hommes en armes. Les cas les plus illustratifs sont ceux du Pasteur Kabeya (trois mille dollars et soixante mille Fc) ; du chef de division des Transports et Communications, Tshimbalanga Muntu wa Njila, victime d'extorsion de son appareil cellulaire, des bijoux en or et d'autres objets de valeur. Plusieurs hommes d'affaires comme Nkota ya Mokolo, Sylva Mabanga ou Gérard Tshiamala ont aussi subi des extorsions.
Dans les prisons, on a dénombré six prisonniers fusillés le 30 juin 2005, pendant leur tentative d'évasion. Dix autres prisonniers ont été grièvement blessés . Le rapport explique et décrit les conditions inhumaines qui ont incité ces prisonniers à chercher la clé des champs : délai de jugement incertain, surpeuplement de la prison (276 prisonniers occupent l'espace prévu pour 150 personnes), logement indécent, alimentation presque inexistante, etc. Pour les Ong de cette province, tous ces maux s'expliquent par le déploiement d'une armée de guerre contre une population civile pour empêcher des marches pourtant pacifiques et par la démission de l'Etat devant ses obligations.
Tirant les enseignements de ce calvaire vécu au quotidien par la population, les rédacteurs du rapport demandent au gouvernement le retrait immédiat de toutes les troupes ne faisant pas partie de la Région militaire du Kasaï - Oriental et l'indemnisation de toutes les familles des victimes et des femmes violées, blessées et des personnes victimes d'extorsion. Elles recommandent aussi qu'en cas de manifestations publiques, les forces de l'ordre accompagnent et sécurisent les manifestants sans violence. Ils exigent aussi le désengorgement des prisons par l'accélération des procédures pour l'octroi des libertés conditionnelles pour les détenus qui en remplissent les conditions ; le respect des délais de jugement des détenus et l'application des peines alternatives à la prison en cas de courtes condamnations.
Enfin, le rapport demande à la Communauté internationale de diligenter une enquête indépendante autour des événements du 30 juin en vue d'établir des responsabilités et poursuivre les coupables
Troublantes révélations sur J. Kabila
Après une absence remarquable, Amba Wetchi revient et redonne du tonus à son site Internet avec l'interview que voici, des révélations accablantes sur Kabila , Mbemba etc.
Awazi Kasele
Interview avec Paul Makela
« Le pouvoir au Congo-Kinshasa est infiltré au plus haut niveau. Joseph Kabila a appartenu à l’armée patriotique rwandaise » 23 JUILLET 2005 Paul Makela est originaire de la Province orientale. Titulaire d’une licence en psychologie du travail, il détient en outre un graduat en Informatique de gestion et un diplôme en marketing management. Nommé secrétaire général adjoint de la Commission préparatoire du Dialogue, il a été, à ce titre, un des douze premiers délégués du gouvernement au Pré-dialogue de Gaborone. Membre fondateur du parti présidentiel « PPRD » (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), il s’est retiré des activités politiques juste avant la mise en place des institutions de transition. « Paul » dirige une société privée basée à Bruxelles.
Depuis quand avez-vous quitté le PPRD et pourquoi ?
Cela fait deux ans depuis que j’ai quitté le PPRD. Le constat d’un certain « déviationnisme idéologique » m’a incité à partir. Les textes en vigueur n’étaient jamais respectés. A titre d’exemple, certains membres du premier comité exécutif du parti nous ont été imposés à des postes de responsabilité au lieu d’être élus par les 243 membres fondateurs. C’est le cas notamment de Tshikez Diemu qui venait du CPP (Comité des pouvoirs populaires).
Qui vous les a imposés ?
Ce sont ceux qui prétendent être les « maîtres » de cette formation politique. Il y a plusieurs camps qui se bousculent. Il y a le camp du ministre de l’Intérieur, Théophile Mbemba ; il y a aussi celui des « Katangais » qui clament être les vrais dépositaires du régime, puisqu’ils seraient « parentés » à Kabila père. Sans oublier le groupe proche de Vital Kamhere, l’actuel secrétaire général du parti, et bien d’autres. Ces personnes qui gravitent autour de Joseph Kabila le poussent à prendre des décisions qui risquent de creuser sa « tombe », si cela n’est pas déjà fait.
Quoi d’autre ?
Il y a eu beaucoup d’interventions intempestives des personnes extérieures au parti. Un jour nous avons été surpris d’apprendre que Abdoulaye Yerodia, vice-président de la République pour la composante ex-gouvernement, convoquait une réunion des instances du PPRD pour essayer de taire la guéguerre entre les CPP, les M17 et le PPRD. Et pourtant, « Joseph » et son entourage ont toujours réfuté tout lien entre le chef de l’Etat et ce parti qui l’a proclamé comme son candidat à l’élection présidentielle. Voilà comment le PPRD est devenu un simple club d’amis.
Vous avez été à Sun City lors des travaux du Dialogue intercongolais. Qu’avez-vous retenu de ces négociations politiques ?
J’ai participé à toutes les négociations internes et externes et, j’ai eu à faire partie des différents « comités stratégiques » du gouvernement. J’ai retenu que le Congo n’a pas enfanté une classe politique responsable.
Que savez-vous de l’accord dit de l’hôtel cascades entre Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba ?
Je vais vous surprendre. Cet accord a été initié par votre serviteur et Papy Kibonge, alors membre du comité exécutif du MLC. J’ai fait la connaissance de Kibonge à Kisangani durant nos études chez les Frères Maristes et à l’université. Nous nous sommes revus en 2002 à Sun City. C’est ainsi qu’animés tous les deux d’un esprit rénovateur, l’idée nous est venue de trouver une solution pour débloquer le dialogue qui était dans l’impasse. Une méfiance totale s’était, en effet, établie entre « les grands » négociateurs des deux camps. Il faut bien reconnaître que le gouvernement d’alors et les autres belligérants s’étaient fait beaucoup de promesses. Des promesses non tenues de part et d’autre.
Un exemple ?
Je ne suis pas ici pour dévoiler des secrets. Il faut dire qu’à chaque adoption d’une décision en sa faveur, le gouvernement promettait des « rétributions » à certains membres de l’opposition et de la société civile. Le drame est que la gratification n’avait jamais eu lieu. Et pourtant, les espèces sonnantes et trébuchantes ont chaque fois été débloquées mais sans arriver aux bénéficiaires. L’argent était détourné par les «hommes de confiance » de Joseph qui usaient de cette arme contre leur propre chef afin de frustrer les partenaires et tirer les choses en longueur. Du côté des mouvements rebelles, on notait la même attitude alors que des enveloppes avaient changé des mains sans obtenir le résultat escompté.
A quoi devait servir cet argent ?
Certains délégués au Dialogue ont été soudoyés pour influencer certaines décisions. Revenons à l’Accord Bemba-Kabila Un jour, j’ai introduit Kibonge auprès de Me Jean Mbuyu, alors conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité. Après discussion, nous nous sommes mis d’accord sur le principe consistant à isoler les «Rwandais » en constituant un « front unique » des Congolais. Il s’agissait pour nous de créer une coalition gouvernement- MLC, et provoquer un schisme au sein du RCD-Goma afin d’amener tous les Congolais de ce mouvement à le quitter et à faire une déclaration dans ce sens. J’ai rédigé un rapport que Mbuyu a présenté à Joseph. C’était la stratégie de la dernière chance pour le régime Kabila. L’accord est signé… Kabila met son accord et m’instruit, à partir de Kinshasa, de travailler en collaboration avec le général Didier Etumba, alors directeur de la Démiap Extérieure (Renseignements militaires). L’Accord est signé. Sauf que les initiateurs, en l’occurrence « Papy » et moi, ont connu des déboires dans leurs camps respectifs. En ce qui me concerne, j’ai été accusé d’ « espionnage informatique » et de « trahison » pour avoir prétendument « trafiqué » des documents secrets (que j’ai conçus) auprès du RCD. J’ai été accusé d’être en intelligence avec les « services » sud africains. Voilà comment j’ai perdu ma place au sein de la délégation gouvernementale. Sur ordre du Colonel Mfinda et des « services », j’ai été arbitrairement interdit d’accès à la plénière à Sun City. J’ai été séquestré dans ma chambre d’hôtel et gardé par un certain lieutenant « Ange » qui dépendait du colonel Raus Chalwe des services spéciaux de la police nationale.
Selon vous, pourquoi cet accord n’a-t-il pas été appliqué ?
C’est le manque de transparence et d’honnêteté et surtout la cupidité.
C’est-à-dire ?
Bemba, s’il savait qu’il ne pouvait pas venir à Kinshasa, n’aurait pas dû prendre plus de 20 millions de $ US de Kabila.
Voulez-vous insinuer que Jean-Pierre Bemba a empoché la somme de 20 millions de dollars avant de signer l’accord précité ?
Je ne réinvente pas la roue. Pour signer l’Accord de Sun City Bemba a exigé la somme de 20 millions $ US. Kibonge et moi étions parmi les négociateurs stratégiques avec plusieurs officiels dont Kamhere et Roger Nimy. C’est pour vous dire que cette convention présentait avant tout un enjeu financier : tout le monde devait trouver son compte. Côté gouvernement, nous savions que Bemba avait de gros besoin d’argent. Certains membres de la partie gouvernementale ont grossi, auprès de Kabila jr, le chiffre demandé par le « Chairman »…
Est-ce que les 20 millions ont été effectivement versés à Bemba ?
Katumba Mwanke et Mwenze Kongolo sont allés rejoindre Mbuyu à Kinshasa pour faire rapport au chef de l’Etat. Ils sont revenus en Afrique du sud à bord du jet privé de Mwenze avec la « mallette » destinée à « Jean-Pierre ». Celui-ci avait laissé entendre qu’il voulait « palper les sous » avant d’apposer sa signature. Pour moi, Bemba n’a pas été honnête avec lui-même. C’est le cas également de certains membres de la délégation de l’ex-gouvernement. Parmi les négociateurs du gouvernement, il y avait des personnes qui « tétaient » à la mamelle du Rwanda. Des gens qui se sont laissé corrompre par le régime de Kigali.
Qui par exemple ?
Je tais les noms. Mais je sais que vous n’ignorez pas qu’il y a des Rwandais parmi les membres de l’ex-gouvernement, tout comme il y en a également du côté du RCD-Goma. Les deux groupes collaborent très bien entre eux. C’est grave ce que vous dites. Je me permets d’insister : il faut des noms ! Je tais les noms parce que vous le savez. Je n’en sais rien du tout. Je ne voudrais pas divulguer ici des informations qui pourraient générer une polémique inutile.
A quel niveau du pouvoir se trouveraient les « Rwandais » en question ?
Vous savez autant que moi que le pouvoir au Congo-Kinshasa est infiltré au plus haut niveau. Il y a des étrangers dans tous les grands corps de l’Etat. Dans la composante ex-gouvernement, il n’y a pas que des Rwandais. Il y a aussi des Zambiens et des Burundais. Plusieurs étrangers venus avec Kabila père et ayant pris des identités congolaises sont restés au pays. Les vrais congolais, des patriotes il y en a très peu. D’ailleurs le fait d’avoir une ascendance étrangère est source d’énormes privilèges auprès des décideurs. Il suffit d’examiner attentivement les origines des « hommes de confiance ». Allez-y comprendre ! Vous semblez avoir des choses à cacher. C’est le cas de la cause profonde de l’échec de l’Accord Bemba-Kabila. Je l’ai dit plus haut que c’est la cupidité des uns et des autres qui a fait capoter cette convention. Par ailleurs, Bemba faisait l’objet de menaces de la part de l’Afrique du Sud. Le pays de Nelson Mandela ne souhaitait pas que les hostilités prennent fin. On ne le dit pas assez, c’est Pretoria qui a financé, en grande partie, la guerre qui a commencé en 1998. C’est ce pays qui a fourni une importante logistique au RCD-Goma. Paul Kagame et les Sud Africains entretiennent des liens historiques. Des militants de l’ANC ont, en effet, vécu en exil en Ouganda. Ils ont ainsi été formés dans les mêmes camps que les cadres du Front patriotique rwandais dont un certain Paul Kagame. Les autorités sud africaines ne voulaient pas que le Dialogue intercongolais se termine au détriment des intérêts de leur pays. De même, pour Pretoria, il n’est pas question de voir Etienne Tshisekedi accéder à la tête de l’Etat congolais. En revanche, le RCD doit continuer à jouer un rôle important.
Si je vous comprends bien, l’Afrique du Sud jouerait en réalité le jeu de Kigali ?
De par l’histoire, Pretoria, à travers l’ANC, est plus proche du Rwanda de Kagame que du Congo de Kabila. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le Rwanda est un client important des industries d’armement sud africaines. Les « Sudafs » n’ignorent pas que le RCD-Goma souffre d’un déficit d’image auprès de l’opinion congolaise. C’est ainsi qu’ils ont encouragé une alliance entre Tshisekedi et ce mouvement rebelle dans le cadre de l’ASD (Alliance pour la sauvegarde du Dialogue). Tshisekedi a joué le rôle de faire-valoir pour donner au RCD ce qui lui manque : l’assise populaire. C’est aussi cette alliance inattendue qui a fait échouer cet accord. Sans oublier la cupidité des « grands négociateurs » de l’ex-gouvernement. Après l’accord avec le MLC, on escomptait passer un « deal » analogue avec les Congolais du RCD. C’était la phase II. Certains dans le « clan présidentiel » ont estimé que la mission était accomplie. Il faut noter que l’accord Bemba-Kabila a engendré beaucoup de frustrations faute d’un partage équitable du « gâteau ». Bemba a empoché les sous sans penser à ses négociateurs. C’est ainsi que les travaux de rédaction du projet de Constitution à Matadi n’ont pas été concluants. L’ex-gouvernement, lui aussi, avait fait des promesses fallacieuses aux négociateurs des ex-belligérants ainsi qu’à ceux des forces politiques et sociales.
Quel genre de promesses ?
Quelle autre promesse dans un pays non démocratique, sinon de l’argent ! Que pensez-vous de Joseph Kabila ? On raconte beaucoup de choses sur lui. Certains observateurs allèguent qu’il serait un agent du régime rwandais placé à la tête de la RD Congo. Ce qui est vrai c’est que Joseph Kabila vient de nulle part.
C’est-à-dire ?
C’est-à-dire que lui seul connaît son parcours. Il est arrivé avec Laurent-Désiré Kabila en mai 1997. Le « Mzee » l’a présenté comme étant son fils. Une certaine opinion prétend qu’il aurait été adopté. Une chose paraît sûre : Joseph Kabila a appartenu à l’armée patriotique rwandaise. C’est un militaire formé au Rwanda sous les ordres du commandant James Kabarebe, ancien chef d’état major de l’armée congolaise et actuel commandant en chef des forces armées rwandaises.
Que ce qui vous permet d’affirmer que « Joseph » a appartenu à l’armée patriotique rwandaise ?
Il y a des éléments filmés où les différents protagonistes de la guerre de 1996-1997 témoignent. C’est le cas d’un documentaire « L’Afrique en Morceaux, la tragédie des Grands Lacs » réalisé en 1999 par une cinéaste égyptienne. Il y a pas mal d’indices qui corroborent mes dires. Par exemple, Joseph Kabila a appris à prononcer quelques mots en lingala à Kinshasa, et même son Swahili n’est pas celui parlé au Congo. Il en est de même pour la langue française. C’est d’ailleurs l’actuel ministre de l’Intérieur, Théophile Mbemba, qui a joué le rôle de professeur de français. Il est le précepteur de Joseph. Vous vous souvenez, sans doute, de toutes les peines éprouvées par Kabila junior pour prononcer son premier discours en français lors de son investiture le 26 janvier 2001.
Que dites-vous à ceux qui pourraient objecter que vous êtes entrain de régler vos comptes ?
Je ne règle aucun compte. En revanche, personne ne peut m‘empêcher d’aider mon pays et mon peuple à sortir du piège dans lequel il est tombé.
Auriez-vous eu la même attitude si vous étiez resté dans les allées du pouvoir ?
Absolument ! Je peux vous dire que lorsque j’étais membre du PPRD, j’ai eu à fustiger, via les médias, certains égarements de ma famille politique. Mes propos ne sont nullement motivés par un quelconque esprit revanchard. Je crois simplement que l’heure a sonné pour réveiller la conscience du peuple congolais afin qu’il prenne sa destinée en main. Depuis l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka, signé en juillet 1999, le Congo est tombé dans un traquenard. Pis, l’Accord global et inclusif a ôté à notre pays sa souveraineté.
Globalement, quel est votre regard sur les deux années de transition qui viennent de s’achever ?
C’est un échec. Les objectifs n’ont pas été atteints. Le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire, le retour à l’intégrité territoriale, la pacification et l’organisation des élections libres et transparentes sont loin d’être effectifs. Au Kivu et dans le district de l’Ituri la pacification n’a pas eu lieu. Au plan militaire, Il y a eu un semblant de réunification de l’armée uniquement au niveau des officiers supérieurs. Pendant ce temps, les hommes des troupes, les munitions et l’artillerie sont restés dans la situation antérieure qu’occupait chaque belligérant. Il en est de même du processus électoral. Il est bâclé.
Quel est votre commentaire à l’annonce du président de l’UDPS selon laquelle, la transition a pris fin le 30 juin 2005 à minuit ?
Cette déclaration n’engage que l’UDPS et son chef. Une chose est certaine : le régime « 1+4 » a donné toute la mesure de son ineptie. Ce système a été incapable de réaliser le moindre progrès au plan politique et social.
Que faire ?
Notre pays doit renouer avec un système politique classique : un président de la République, un Parlement et un Premier ministre. Il nous faut des dirigeants responsables capables de consolider la paix et l’unité nationale, d’améliorer la qualité de vie de la population et de défendre l’image du Congo à l’extérieur. L’image de notre pays est complètement ternie.
En dehors des élections, par quel mécanisme le Congo pourrait-il passer du régime « 1+4 » à un système politique classique ?
Il faut convoquer de nouvelles négociations entre Congolais pour passer à un autre système. Je tiens à vous signaler que les travaux du Dialogue Intercongolais sont partis sur des erreurs graves. Il a été procédé à la validation des mandats des participants sans commencer par l’identification des nationaux. Cette question a été éludée pour des raisons évidentes. Aujourd’hui, plusieurs hautes fonctions publiques sont occupées par des pseudo-Congolais.
Qui devrait prendre l’initiative de convoquer les nouvelles négociations ?
C’est un appel que je lance à tous les Congolais. Le peuple doit se lever pour renverser le régime « 1+4 » qui n’a aucun souci pour son bien-être. Rien ne saurait résister à une révolution populaire. On l’a vu notamment en Ukraine et partout ailleurs.
A propos de l’Ukraine, on a vu que la « communauté internationale » était du côté de la population. Au Congo, la même Communauté internationale soutient qu’il n’y a pas d’alternative au régime « 1+4 ».
La Communauté internationale qui le dit, n’assume pas ses responsabilités pour faire respecter les droits de l’homme en RDC et imposer la paix. Dire qu’il n’existe pas une alternative au régime « 1+4 » revient à soutenir que le Congo et les Congolais n’existent plus ! Quand la guerre a commencé contre le régime Mobutu en septembre 1996, pouvait-on dire qu’il y avait une alternative ? Nul ne connaissait à l’époque l’homme qui allait succéder au maréchal. Ce ne sont pas les hommes qui manquent. Le vrai problème ici c’est l’enjeu économique de la crise congolaise. L’instabilité actuelle de notre pays semble arranger certaines nations. J’ai la conviction que si le peuple congolais décidait de prendre ses responsabilités, la communauté internationale se contentera de prendre acte…
Propos recueillis par B. Amba Wetshi
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Sujet du message: Réaction aux déclarations de M.Paul Makela
M. Paul Makela,
Vous êtes libre de faire n'importe quelle déclaration contre le PPRD lorsqu'on s'est déjà enrichi et contribué au malheur de la nation avec les fossoyeurs et opportunistes. Aujourd'hui, vous dirigez une petite entreprise avec quel argent?Etes-vous héritier d'une famille riche dans la province orientale dont vous pretendez être originaire? Nous ne croyons plus aux témoignages et discours de ceux qui ont ruiné, pillé et volé le pays avant de devenir de saint paul car s'ils avaient constaté le mal dès leur entrée aux affaires, ils allaient directement sortir sain et denicher le système. Les gens qui ont profité de cette situation des années et des années et après s'être enrichi aujourd'hui ils viennent nous distraire voilà Kanambe alias Joseph Kabila a fait ceci, cela.....non, non arrêtez cette distration mes compatriotes. Il y a peu des gens qui n'ont pas voulu voler même un centime de franc congolais pour leur dignité et honneur malgré les occasions et les filières de détournement mis en place dans tous les cabinets(Présidence, Ministère,Armée, Police, entreprise et administration communale). Ce monsieur a declaré sa megestion dans la fonction qu'il occupait lorsqu'il met en avant celle des autres? Je soutiens l'hypothèse de la revanche faite par le témoin qui s'est vu en dehors de leur circuit de s'enrichir facilement au dos du pauvre contribuable peuple Congolais.
Maïndo Gabriël
De Pinte
Belgique
Tshitshi-mania
© Le Potentiel 2005
APOSTROPHE
Tshitshi-mania
Par Ben-Clet
Taciturne, son silence inspire aussi bien ses fidèles que ses adversaires. Sédentaire, son ombre voyage tant en Afrique qu’outremer. Mystique, son nom cause bien d’insomnies aux nains, jaloux de son gabarit politique. Louis le Belge, Barroso l’Européen, Bush le Yankee, Mandela l’Africain, et sûrement Dieu et Satan connaissent Etienne Tshisekedi. Non seulement il est un fonds de commerce, il sert également de tremplin pour de nombreux chétifs à la recherche de la lumière du soleil.
Jamais politicien congolais n’a autant fait l’unanimité que Tshitshi wa Mupompa, à la fois pour et contre lui. Mis à part Patrice Emery Lumumba dont la notoriété est inversement proportionnelle aux qualités que lui prête une propagande contemporaine de la Guerre
Le Tshitshi national, qu’on l’aime ou qu’on le haïsse, ne laisse aucun acteur indifférent, fût-il congolais, africain, européen, américain ou asiatique. Quels que soient leur âge, sexe ou profession. Noir, blanc ou jaune, tous l’estiment, sans réellement l’aimer. Après tout, ce qu’il recherche tant c’est l’immortalité à travers la défense d’une autre façon de gérer les affaires de l’Etat.
Sa capacité à s’insinuer dans l’esprit de ses adversaires tient à sa force de caractère. A la constance de ses convictions. A la manifestation de son altruisme, là où ses pseudo concurrents montrent des signes de vil chantage destiné à leur procurer illicitement une rançon, sous forme de biens matériels et financiers. Peut-on chercher ailleurs l’origine de la tshitshi-mania que dans la quête de l’excellence et du patriotisme éclairé après des années d’abrutissement collectif, fruit des amours incestueux entre les puissances néo-coloniales et leurs fondés de pouvoir indigènes ?
Que des lilliputiens squattent des chaînes de radio et de télévision, ou noircissent les colonnes de quelques minables tabloïds de Kinshasa, pour désacraliser l’homme qui incarne un certain esprit d’orthodoxie, cela est symptomatique de sa renommée. En lieu et place d’un lynchage médiatique, tous ses pourfendeurs lui rendent d’énormes services gratuits. Ils se livrent en effet, sans le savoir, à une campagne formidable de propagande en sa faveur. Ils devraient, en retour, exiger paiement de la contrepartie. Pour services non commandés.
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LE SECRETAIRE GENERAL DU PARTI DE KABILA SOUS LE GAZ LACRYMOGENE A PARIS
Selon les propos recueillis auprès de monsieur Henry MUKE président des Bana Congo et confirmés par des sources indépendantes concordantes, le tout est parti d’une marche initiée par l’association TOPONI CONGO de Paris, contre le pouvoir en place à Kinshasa. la Porte la Chapelle. Un la CNS
Une quinzaine de congolais de Belgique avaient fait le déplacement. Alors qu’ils étaient au niveau de Château Rouge pour le début de la marche, les belgicains apprendront qu’au même moment, Monsieur KAMERHE tenait une conférence dans une salle au niveau de
Apprenant l’information, le groupe des belgicains se scinde en deux. Une partie reste à la marche, l’autre se rend au lieu de la conférence. Quand ils arrivent, trois orateurs du PPRD trônent sur le podium, Monsieur Kamerhe au centre. La conférence vient de commencer. Il y a une soixantaine de personnes dans la salle, apparemment acquises à la cause de la mouvance présidentielle. À observer leurs applaudissements intempestifs.
Dans son message, l’orateur s’en prend aux politiciens présents sur la scène politique congolaise depuis l’indépendance en passant par
Au moment où l’orateur parle de la mort des victimes du 30 juin dernier , il minimise ce drame, en comparaisons dira-t-il, avec les méfaits de la deuxième république. Une vague de réprobation secoue alors la salle. A ce moment Henry MUKE de Bana Congo arrache la parole, n’acceptant pas qu’ on souille ainsi la mémoire de ces innocents. S’en suit un échange virulent de paroles. « NAZA NYAMA YA ETUMBA » dira mr KAMERHE (je suis une bête de guerre). C’était sans connaître le jusqu’au-boutisme des congolais de Belgique quand ils militent pour la cause de leur peuple. Panique, désordre, excuses tardives de Kamerhe, tentatives de calmer les esprits, podium occupé, menaces, gaz lacrymogène, boules puantes, coups, Kamerhe par terre…bref un spectacle digne d’une république bananière. La quiétude ne reviendra plus.
S’en prenant aux organisateurs de la manifestation, Kamerhe lancera « Vous m’avez piégé, ba nyama » (Vous m’avez piégé, animaux de la brousse) .Le désordre étant devenu total, la salle se videra progressivement, avec Kamerhe toujours à l’intérieur sous le gaz lacrymogène. La pression continuera dehors. Des dizaines de véhicules de la police arrivent, des voitures sont brûlés, renversés ou saccagés.
C’est sous une très forte protection policière que tard dans la soirée, sieur Kamerhe sera extirpé de la salle, pratiquement tiré par le collet afin qu’il ne soit pas happé par les manifestants. Le bus loué par les gens du pouvoir pour sa délégation de Belgique rentrera à moitié vide, les passagers paniqués, s’étant éparpillés dans les rues de Paris, fuyant la colère de leurs compatriotes qui se battent pour un Etat de droit au Congo.
Cheik FITA
2005-07-24 15:29:14
Vital Kamerhe crache sur la mémoire des martyrs du 30 juin 2005 et provoque le tsunami populaire
Pour visionner les images cliquez ici et pour obtenir le DVD des incidents contactez nous au 0474 814 001
Dans son discours de propagande du pouvoir défunt, Vital Kamerhe avait commencé par faire l’historique de la genèse du 1+4, notamment en justifiant et en glorifiant l’accord pirate de l’hôtel cascade qui, en avril 2002, avait scellé un pacte voyou entre Hyppolite Kanambé alias Joseph Kabila comme Président de la République
Sans le moindre scrupule, il se mit à expliciter et à justifier les actes barbares du 30 juin dernier pour le maintien au pouvoir du 1+4 avec un culot inimaginable. En effet, ces compatriotes innocents sont morts parce que, selon lui, ils représentaient une menace terroriste, et le gouvernement, en responsable, se devait de prendre des mesures. Des mesures qui ont consisté, comme on le sait, à faire appel à des mercenaires qui ont tiré à balles réelles sur des civils non armés ! Ces déclarations avaient résonné, dans l’esprit des patriotes, comme une insulte à la mémoire des martyrs du 30 juin 2005. Aucun regret, aucun repentir !
C’est alors que des patriotes se sont levés pour manifester leur solidarité avec la population congolaise qui a subi le martyr et payé de son sang un lourd tribut le 30 juin dernier. Aux demandes d’explications d’un des participants à la conférence, M. Kamerhe répondit avec un ton hautain et menaçant en disant : « Petit oza kosakana na ngai ! oyebi ngai te ». Entendez « Ne joues pas avec moi, petit ! Tu ne me connais pas .» Il renchérit : « Nous sommes dans un pays de droit, je vais porter plainte contre vous. Kagame n'a pas pu m'intimider, Vous n'allez pas m'intimider».
Cette élévation du ton de M. Kamerhe et son attitude menaçante jugées inacceptables par certains participants mirent alors subitement toute la salle en ébullition. Se rendant brusquement compte qu'il était en face du vrai peuple congolais, libéré de la peur et souverain. Mr Kamerhe se confondit en plates excuses qui furent rejeté car la vrai nature de l'homme s'était revelé, un voyou hautain qui jouait le démocrate et aimait entendre sa propre voix et les applaudissement. Un congolais lui rappella son rôle dans le célébre service national où il l'avait connu, et le sieur Kamerhe perdit la face.
Dans cette ambiance houleuse, la situation devint vite incontrôlable. Des éclats de voix firent de plus en plus élevés. Pendant que des discussions se poursuivaient tous azimuts dans le brouhaha, une bombe lacrymogène fut lancée près du podium où se trouvait M. Kamerhe par l’on ne sait qui. Debandade, aveuglement, toux, picotement toutes ces sensations que nous subissons à chaque fois que nous exprimons notre opinion et qu'ils envoient la troupe. La salle se vida d'un coup. M. Kamerhe était accompagné de M. Katumba Mwanke, la tête pensante et éminence grise du pouvoir (1+4=0) en place au Congo, qui assistait, impuissant, à la montée du tsunami populaire contre le mépris et l’arrogance des animateurs de cette transition défunte. La salle n’ayant qu’une seule issue, et celle-ci étant bloqué par les crs et les patriotes près à poursuivre pacifiquement la discussion avec Mr Kamerhe, il fallait donc à tout ce beau monde trouver un moyen de sortir de cette souricière en évitant l'humiliation de détaller en public.
La conférence de M. Kamerhe ayant fait l’objet d’une invitation de toute la communauté congolaise, la police Française ne pouvait pas interdir aux citoyens qui faisait le sit-in déhors de continuer tant qu'ils ne bloquait pas la circulation et ne faisiat pas de casse. Or, ce vendredi 22 juillet, une manifestation ayant fait le plein, avait également eu lieu à Paris à l’appel de l’association « Toponi Congo ». Après leur marche, les manifestants ont naturellement tous afflué à l’endroit de la conférence pour demander ses comptes au représentant du parti au pouvoir. Il fallait trouver le moyen d’extirper M. Kamerhe en le soustrayant de la colère de cette foule des manifestants en colère, qui avaient pris connaissance de ses propos et qui obstruaient l’unique sortie de la salle où se débattait M. Kamerhe, intoxiqué par le gaz lacrymogène.
La police française a dû faire appel à toute son imagination pour faire sortir Kamerhe de la salle en le ceinturant et en le traînant au pas de course pour l’engouffrer dans un panier à salade, et démarrer en trombe sous les quolibets, les railleries et les insultes de la foule. Pour proteger la fuite de Kamerhe et sa bande, les CRS attaqueront la foule au gaz lacrymogène à 22:00, ce qui provoquera la colère de quelques manifestants qui s'en prendront aux véhicules garés dans le quartier, dont ceux de certains participants de la conférence et organisateurs.
Une conclusion s’impose. Desormais plus personnes qui est de près ou de loin lié à ce pouvoir vomit par le peuple congolais n'a le droit de venir se pavaner dans un pays européen où américain. Le peuple du 30 juin 2005, se présentera au rendez-vous. Et ne vous laissera pas dire n'importe quoi au nom de la démocratie. Vous avez choisi de diriger les congolais par defi, preparez-vous à relever ce defi partout où vous vous presenterez à lui.
Peuple Congolais, Peuple souverain, le Pouvoir t’appartient depuis le 30 juin 2005, jour de ton sacrifice suprême. Il te suffit, pour te libérer de l’emprise de ces dictateurs qui te gouvernent par défi, de libérer ton esprit par la désobéissance civique et leur ôter ainsi toute autorité sur toi. Cette désobéissance, à travers tous les actes qui représentent les signes de l’autorité, te permettra de terrasser ces dictateurs, qui s’écrouleront de leur piédestal et fera aboutir ton dessein.
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Raphaël KASHALA
2005-07-24 08:00:40
