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Le Blog du Congolais

analyses politiques sur la situation au congo kinshasa

30 septembre 2005

Année blanche = élections blanches !!!

Retour à la case initiale

Année blanche = élections blanches !!!

C'est par ce cri que les enseignants réunis en assemblée générale à Notre-Dame du Congo le lundi 26 septembre 2005 se sont séparés. Sur les calicots que certains exhibaient on pouvait lire des menaces telles que : "Bemba joue avec le feu", "Mbudi ou rien".

Ce dernier cri était une réponse à la proposition faite par le gouvernement de payer au huissier de Kinshasa 20.516 FC (classe 35) tandis qu'au directeur, on propose 43.686 FC (classe 14). Pour l'intérieur, Lubumbashi aurait respectivement 9.000 FC tandis que le reste des provinces 6.000 FC.

La réponse du gouvernement est venue avec le compte-rendu de la réunion extraordinaire du conseil des ministres tenue ce mercredi 28 septembre 2005 à la cité de l’Union Africaine.

Le rapport de la Commission chargée des négociations avec les enseignants entendu, le gouvernement se dit étonné du revirement des syndicats SYECO et SYNECAT et a pris des mesures allant dans le sens d’une intimidation et d’une opération de charme envers les parents.

Il n’est pas normal qu’on demande aux parents de laisser aller les enfants à l’école puisque des mesures de sécurisation ont été prises. On sait ce que cela veut dire, la sécurisation de la part du gouvernement. Un incident est vite arrivé, et le parent se retrouvera avec un enfant en moins tandis que le délinquant qui l’a tué disparaîtra dans la nature. Il faudra des lustres pour obtenir un cercueil de l’Hôtel de Ville et des frais d’enterrement de la Présidence !!!

Non, aucun parent responsable n’écoute plus les radotages du gouvernement.

Même quand le gouvernement ouvre la brèche pour des arrangements particuliers entre partenaires pour une meilleure gestion des écoles, il faudra qu’un nouvel arrêté rassure les responsables des écoles pour toucher l’argent des parents.

C’est le retour à la case de départ que le président de l’association des parents des élèves catholiques préconisait déjà hier au micro d’une radio de Kinshasa. Mais ce qui n’est pas juste dans ce retour, c’est l’inégalité des frais fixés selon les humeurs des responsables d’école.

Ce qui n’est pas juste également, c’est le refus du gouvernement d’appliquer les accords datant de plus d’un an. A quand le premier palier sera d’application pour espérer en finir dans un laps de temps raisonnable ? En plus, la requête des enseignants sur l’uniformisation du statut de l’enseignant sur toute l’étendue du territoire nationale est-elle si irréfléchie pour qu’on revienne avec des salaires scindés en pools économiques ?

Une dame du Parlement a avoué hier au micro de la même radio ne pas croire dans le mensonge du gouvernement et son manque de bonne foi. Aucune parole donnée par le gouvernement n’a été prise au sérieux : les magistrats en savent quelque chose !

Madame a poursuivant en disant qu’elle était prête à partager les salaires des gagne-gros du gouvernement et de l’espace présidentiel, voire du parlement et du sénat, pour permettre à chacun de jouir justement du revenu national, solidarité oblige ! Je l’aurais embrassée, la brave maman. Elle a parlé comme une dame de cœur et non comme ce politicien maladroit qui, tout en siégeant au parlement, clamais que les enseignants n’avaient pas à leur envier d’avoir des jeeps qu’ils ont payé avec leurs indemnités de sortie en partie. Lui, on peut lui payer les indemnités de sortie pendant qu’il est en fonction tandis que l’enseignant doit grever en septembre pour se voir payé ses 3 $ de salaire net à payer des mois de juillet et août !!! (Authentique tout cela !)

Le président du groupe parlementaire du PPRD, le parti du chef de l’Etat, reconnaît que le gouvernement doit assurer un salaire décent mais avec la collaboration des partenaires financiers externes qui exercent trop de pression sur le gouvernement. J’étais tenté de me moquer de ces pressions qui permettent l’acquisition de tant de biens meubles et immeubles en un temps si record par les membres du gouvernement. La RVA serait devenue propriété de Kabila et consorts si les agents n’avaient pas vite saisi les enjeux de leur licenciements massifs.

Pour finir ses propos, Babi Mbaya, puisque c’est de lui qu’il s’agit, conseille au gouvernement de parler un même langage au lieu d’étaler ses discordances internes en reniant les signatures des vices-présidents et en évoquant des demandes de pardon, des pratiques réservées à l’église.

Le Syndicat national des Enseignants Catholiques, par la bouche de son président réfute l’accusation de vouloir cautionner une année blanche. Selon lui, pareille diabolisation ne serait pas honnête quand on connaît les sacrifices consentis par les enseignants durant ces deux décennies pour défendre notre système éducatif.

C’est dans un contexte de blocage pareil à celui-ci que l’idée était venu aux intellectuels catholiques de proposer aux parents de faire échec aux manœuvres dilatoires des gouvernants afin de sauver l’éducation nationale. La motivation des parents était intervenue comme une mesure salutaire. Elle l’est encore aujourd’hui en dépit de tous les ratés connus car personne ne responsable ne peut accepter de prendre la craie pour un salaire de faim comme celui que propose l’Etat. Préparer les leçons, les dispenser, corriger les travaux des élèves pour sortir ces jeunes êtres de la nuit de l’ignorance et leur permettre un avenir radieux, ce travail que nous appelons affectueusement apostolat mérite bien les deux ou trois cents dollars que les parents consentent de payer pour leur enfant.

La bonne prise en charge des enseignants permettrait aux parents de récupérer leurs capitaux pour les affecter ailleurs et un effet d’entraînement ne manquerait pas de se produire dans tous les secteurs de la vie. Si l’Etat cherchait réellement les voies et moyen d’aller aux élections dans un climat serein, il devrait prendre au sérieux les revendications des enseignants et organiser ce secteur si névralgique. Déverser cette jeunesse dans les rues en la privant de scolarité sera une grave gaffe que les financiers du processus électoral commettraient en abandonnant leurs poulains aller à leurs humeurs.

Les enseignants n’ont cure de menaces. Ce n’est pas un d’eux qui mettrait en péril la vie d’un enfant qu’il chérit en lui donnant cours, mais bien tous ceux qui ont raté leur scolarité et qui en veulent à ceux qui veulent s’y essayer. Et ceux-là, l’Etat n’a aucune mesure efficace contre eux car on les voit encombrer nos rues et carrefours à longueur de journée, dévalisant qui ils veulent, éliminant qui leur résiste à coup d’arme à feu ou autre. Les Ronds points Ngaba, Victoire, les marchés et autres leur servent d’abri et de logis, ils opèrent au grand jour et collaborent avec les hommes en uniforme. L’enseignant le sait, il le voit et refuse d’exposer la vie des enfants d’autrui et les siens propres à pareille dégradation.

Après cet aveu d’impuissance, signez-nous l’arrêté et nous reprendrons la craie semble crier les enseignants qui tiennent à sauver ce qui peut l’être encore. Ce n’est ni d’année blanche ni de misère que l’enseignant a peur ; c’est sa passion pour son métier qui le pousse à négocier le retour à une seule condition, un salaire décent, peu importe le mécanisme : SECOPE ou parents !

Alphonse-Marie Bitulu

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29 septembre 2005

Prof. Lunda-Bululu : « Des élections mal organisées risquent de déboucher sur de nouvelles rébellions »

Prof. Lunda-Bululu : « Des élections mal organisées risquent de déboucher sur de nouvelles rébellions »

Par  Marcel lutete

Il ne faut pas penser qu’on peut faire avaler n’importe quelle couleuvre au peuple congolais en lui imposant une mascarade d’élections

S’achemine-t-on vers une mascarade d’élections en lieu et place d’élections libres, démocratiques et transparentes selon que le prescrit l’Accord global et inclusif? Face à une telle perspective qui n’a rien d’encourageant, le professeur Lunda-Bululu prévient : «Dans ce cas, je n’ai pas peur de dire que je crains une période très agitée qui risquera de déboucher sur de nouvelles rébellions», nous confie-t-il, avant de décocher : «Il est donc impérieux que ceux qui considèrent les élections à venir comme une opération destinée uniquement à faire plaisir à la Communauté internationale, réfléchissent à cette éventualité».

La situation générale du pays n’est pas du tout brillante. Le pays fait face à de graves défis : une nouvelle armée que l’on a du mal à mettre en place, une gestion calamiteuse de la chose publique, des menaces à l’Est. Mais curieusement, la classe politique et la population semblent s’en accommoder. Comment expliquez-vous cela ?

Je pense qu’il faut d’abord opérer une distinction entre la classe politique qui gère la transition et celle qui est en dehors des institutions de la transition. Si la première qui comprend le gouvernement se satisfait de la situation actuelle parce qu’elle a ses propres critères d’appréciation, cela ne peut surprendre. Il suffit de se remémorer le rapport du gouvernement sur son action depuis juillet 2003 : c’était la proclamation de son autosatisfaction, malgré les cris stridents de la population sur sa condition infra-humaine.

S’agissant de la mal gouvernance, de la corruption et de l’impunité, la règle est simple : puisque tu prends et que moi aussi je prends, on peut s’entendre et s’absoudre. Concernant l’armée et des menaces à l’Est, on préfère pratiquer la politique de l’autruche, en caressant, cependant, l’espoir que la Monuc pourra, à tout moment, se substituer aux Fardc.

Par contre, au sein de l’opposition, beaucoup de voix se font entendre pour d’une part, constater combien est glissante la pente sur laquelle évolue le pays et, d’autre part, faire fonctionner la sonnette d’alarme. Malheureusement, elle prêche dans le désert.

Quant à la population, lorsqu’elle s’appropriera définitivement son destin et sera convaincue qu’il lui revient de résoudre en premier lieu ses problèmes avant de jeter un regard larmoyant au-delà de mers, et, lorsqu’elle réalisera que le gouvernement est à son service et doit travailler pour elle, elle deviendra plus responsable et commencera à percevoir des horizons meilleurs.

Heureusement, elle a déjà commencé à prendre conscience. Que l’on se souvienne des contestations, parfois violentes, menées par des étudiants et d’autres citoyens à Kinshasa et à l’intérieur du pays ; aujourd’hui Kinshasa vit à l’heure des grèves des enseignants, des fonctionnaires et agents de l’Etat.

Enfin, une pesanteur à bannir : cette tendance à considérer superficiellement avec légèreté les problèmes du pays même ceux qui portent sur notre existence en tant que peuple.

L’autre menace, c’est des élections problématiques. Et pourtant, on observe un silence de cimetière chez les opérateurs politiques. Qu’en dites-vous ?

Je ne pense pas. Que ne lit-on pas dans Le Potentiel, votre journal, dans Le Phare et dans d’autres journaux sur les multiples dangers qui menacent le processus électoral ! Vous publiez régulièrement les analyses et réflexions des opérateurs et des observateurs politiques sur les cris d’alarme en vue d’inviter la Commission électorale indépendante à corriger la technique et la méthode de travail sur l’identification et l’enrôlement. Je me suis moi-même exprimé plusieurs fois dans les médias (presse écrite et audiovisuelle) sur cette question.

Pourquoi êtes-vous allé vous faire enrôler à Sakania, dans la province du Katanga, plutôt qu’à Kinshasa, votre ville de résidence. Ne trouvez-vous pas cela inconvenant ?

J’ai accompli mon devoir d’électeur pour la première fois en 1964 à Lubumbashi, alors Elisabethville, au cours de dernières élections démocratiques, libres et transparentes. J’ai estimé qu’à l’occasion des élections à venir lesquelles selon l’Accord global et inclusif doivent, elles aussi, être démocratiques, libres et transparentes, il fallait me faire enrôler sur le sol qui a accueilli mes premiers cris d’être humain et a nourri mes années d’enfance, car, je considère les futures échéances électorales comme un événement majeur que je vivrai en tant que citoyen et acteur politique. Le retour aux sources ne permet-il pas à l’homme une meilleure introspection ?

Je pensais, ensuite, par ma présence à Sakania, inciter mes concitoyens de ce coin de la République à se faire identifier et enrôler en masse. Arrivé sur les lieux, je me suis rendu compte que la population avait déjà saisi les enjeux électoraux et se rendait sans désemparer au centre d’identification et d’enrôlement.

Vous dites que Kinshasa est ma ville de résidence. Sans doute. J’ai une maison d’habitation à Sakania où je menais, par ailleurs, des activités agricoles, avant les guerres. Sakania constitue donc un lieu de résidence et un centre d’intérêt pour moi. Il n’y a, par conséquent, rien d’inconvenant à me faire enrôler à Sakania.

Etes-vous satisfait de la manière dont l’opération d’identification et d’enrôlement s’est déroulée à Sakania ?

En ce qui me concerne, oui. La population m’a attendu jusqu’à 18 h 15’, le samedi 10 septembre 2005, et m’a accompagné jusqu’au centre.

Pour la plupart de nos compatriotes vivant dans les coins les plus reculés du pays, l’opération d’identification et d’enrôlement s’est révélée pire qu’une corvée. En a-t-il été de même pour la population de Sakania et alentour ?

Effectivement. La population, excédée, a exprimé son mécontentement à un envoyé spécial de la Rtnc. L’élément filmé a été diffusé sur la Rtnc à Lubumbashi, Tropicana Tv et Cbes. La situation était tellement désespérée et inimaginable qu’une délégation de la Monuc est partie de Lubumbashi à Sakania pour la palper et aider à trouver des solutions. En fait, la population de cette agglomération a connu la même corvée avec un plus et a subi, d’une manière plus criante, les mêmes insuffisances organisées par les centres d’identification et d’enrôlement que partout ailleurs ; les candidats électeurs faisaient plusieurs dizaines de kilomètres pour aller au centre où il n’y avait qu’un seul kit ; ils attendaient plusieurs jours, trois à dix, dormant à la belle étoile et luttant sans succès contre la faim. A une centaine de kilomètres au Sud de Sakania, à Lonshi, les policiers exigeaient 500 à 600 Fc aux pauvres paysans avant de les faire entrer au centre. Qui, devant un tel tableau, peut être satisfait de la marche actuelle du processus électoral ?

Quels reproches faites-vous particulièrement à l’endroit de la Commission électorale indépendante dans la gestion, depuis le 20 juin 2005, des opérations pré-électorales qui touchent à leur fin ?

Je ne pourrai pas présenter une liste exhaustive de problèmes. Je me limiterai à ceux dont l’absence de solution ne peut conduire aux élections libres, démocratiques et transparentes. En plus de ce que je viens de dire à propos de Sakania, je relève le manque de rigueur dans la préparation des opérations pré-électorales et dans leur exécution. En rapport avec la préparation, on est amené à noter que l’évaluation de la complexité des problèmes du pays a été sous-estimée. J’observe d’abord que le fait d’avoir renoncé au recensement de la population congolaise et étrangère au profit du recensement des électeurs considéré comme « solution miracle » face aux difficultés surréalistes de la Rdc, a créé plus de problèmes qu’il en a résolus.

A cela, on ajoute l’absence des pièces d’identification des citoyens. L’étendue du pays, l’absence d’électrification de la plupart des agglomérations à l’intérieur du territoire national, et ainsi que de routes fiables n’ont probablement pas été prises en compte avec toutes les conséquences. On n’a pas ciblé les agglomérations susceptibles d’accueillir les centres en ayant la préoccupation de rapprocher ces derniers de l’électeur ; insuffisance du matériel ; nombre insuffisant des utilisateurs de ce matériel à l’intérieur du pays…Les conséquences de tous ces manques se sont dressées lors des opérations : identifications et enrôlements pour une même personne ; enrôlement des militaires et agents de la Police nationale alors que la loi sur l’identification et l’enrôlement des électeurs en Rdc ne reconnaît pas ce droit aux militaires et policiers en fonction (article 9) ; lenteur inouïe dans les opérations ayant transformé l’attente en corvée. Le transport du matériel a occasionné un retard difficile à rattraper : dans certaines provinces, moins de la moitié de centres prévus ont été ouverts (Maniema, Nord-Kivu, Sud-Kivu) ; dans une seule province (Bas-Congo) le nombre de centres prévus a été ouvert. Par conséquent, un nombre impressionnant d’électeurs ne sera pas enrôlé. Or, si le nombre d’électeurs enrôlés n’est pas proche de celui d’électeurs potentiels annoncé (plus ou moins 28.000.000)), on ne résoudra pas le problème de la légitimité de la source et de l’exercice du pouvoir. On notera, enfin, que sauf meilleure information, la Cei ne dispose pas de moyens techniques pour centraliser les données et dénicher les tricheries et autres irrégularités.

Qu’est-ce qui vous a fait dire tout récemment qu’il ne faisait l’ombre d’aucun doute que la « prolongation s’annonce même si comme d’habitude on préfère la taire alors qu’on gagnerait à préparer la population à l’accepter » ?

Mes vives inquiétudes reposent sur le retard qu’enregistrent les opérations d’identification et d’enrôlement. Ce sont des opérations qui vont ouvrir la voie au référendum. Le retard dans l’organisation de celui-ci rejaillira sur les élections. Comme l’hypothèse d’un retard devient de plus en plus une éventualité, les acteurs politiques doivent éviter que le pays connaisse un vide constitutionnel. Il sied d’y réfléchir avant qu’il ne soit trop tard. D’autant que nul n’ignore que les élections devront avoir lieu l’année prochaine, il s’impose que la Cei trouve une formule pour que ceux qui auront 18 ans avant la mise au point de listes d’électeurs puissent voter. C’est pour eux un droit garanti par la Constitution et les lois. Tout doit donc être mis en œuvre afin que ce droit soit exercé. Il serait insensé et inique d’arrêter définitivement les opérations d’identification et d’enrôlement plus de six mois avant les élections.

Doutez-vous déjà que la date du 30 juin 2006 connaisse des institutions issues des élections libres et transparentes ?

Pour toutes les raisons que je viens de donner, je doute, - et je ne suis pas le seul – que nous ayions des « élections libres, démocratiques et transparentes » avant la date du 30 juin 2006. Cependant, je préfère me tromper pour que la Cei ait raison en organisant les échéances électorales avant la date fatidique.

A voir les conditions dans lesquelles se déroulent l’identification et l’enrôlement dans notre pays, craignez-vous qu’il y ait au bout du parcours une mascarade électorale ?

Une mascarade d’identification et d’enrôlement ne peut donner lieu qu’à une mascarade électorale. L’évaluation des opérations d’identification et d’enrôlement après le Bandundu et l’Equateur permettra de conclure sur la qualité du travail accompli par la Cei.

Pensez-vous que les Congolais vont accepter une mascarade électorale ? Avez-vous le pressentiment que l’après-élections risque d’être une période de très forte agitation qu’il faille craindre pour l’avenir de ce pays ?

Si le peuple congolais est politiquement mûr, il ne pourra en aucune façon accepter les résultats d’une mascarade électorale. Les élections doivent être organisées selon les prescriptions de l’Accord global et inclusif ; elles doivent être libres et transparentes à tous les niveaux. Dans le cas contraire, je n’ai pas peur de dire que je crains une période très agitée qui risquera de déboucher sur de nouvelles rébellions. Il est donc impérieux que ceux qui considèrent les élections à venir comme une opération destinée uniquement à faire plaisir à la communauté internationale, réfléchissent à cette éventualité.

De la manière dont elles se préparent, les prochaines élections pourraient consacrer la reconduction au pouvoir des actuels gestionnaires de la transition. Quelles conséquences un tel scénario risque-t-il d’avoir sur le pays et la vie de ses habitants ?

Dans tous les cas, il est une exigence de donner l’occasion au peuple d’élire ses dirigeants au cours d’élections libres, démocratiques et transparentes.

Par contre, si l’objectif des élections est de légitimer tel ou tel acteur politique, ou de proclamer une autosatisfaction pour avoir organisé en Rdc des élections, quel qu’en soit le niveau du sérieux, ou encore si l’on pense que compte tenu de difficultés que traverse le peuple congolais qu’on peut lui faire avaler n’importe quelle couleuvre électorale. Que ceux qui se reconnaissent dans l’une de ces hypothèses revoient leur copie. Car la mascarade électorale ne passera pas.

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19 septembre 2005

Diaspora Congolaise : Contrôler le processus électoral

C'est le moment pour jeter les ponts entre notre diaspora et les forces vives qui sont au pays en vue de nous réapproprier ce processus électoral, qui nous est imposé de l’extérieur.
Nous devons contrôler et non subir la force du courant, soit disant international, qui veut nous entraîner vers le déclin et la disparition de la nation congolaise.
Et la seule façon de le faire, c’est soit d’organiser un processus électoral alternatif, à travers la mise en place de la Commission Electorale Alternative (CEA) soit de mettre en place des forces du peuple capables de faire échec au plan échafaudé par Malu Malu et ses commanditaires.
Un seul préalable à cela : Il faut qu’au sein de l’opposition nous puissions, pour une fois, taire nos ego, oublier nos divisions et nous montrer patriotes, tout simplement patriotes. Adoptons la devise de la Belgique : « L’Union fait la force »
Le moment est historique. Sachons saisir cette opportunité car les plats de l’histoire repassent rarement deux fois.

1. La sensibilisation au vote utile ou vote sanction :

Comme il nous est impossible, au sein de l’opposition, de recenser et d’enrôler notre peuple, sensibilisons-le à la nécessité du vote utile, vote sanction. Choisissons nous une force représentative de l'opposition et conduisons-la au pouvoir.
Notre peuple doit prendre sa destinée en mains et rejeter toute compromission avec les ennemis de la nation.
C’est un combat que les forces vives au pays peuvent mener avec le concours de la diaspora congolaise et de vrais amis du Congo. Ça c’est le premier pont : Nos compatriotes qui sont au pays doivent être convaincus que dans ce combat ils ne sont plus seuls, la diaspora active est également en marche.

2. La mobilisation des fonds ou le nerf de la guerre :

Le 2ème pont c’est la mobilisation des fonds par la diaspora congolaise pour financer la CEA ou toute autre structure que nous mettrons en place pour faire triompher la volonté populaire.
Il lui faut beaucoup de maturité à cette diaspora pour relever ce défi, mais elle nous a prouvé depuis le 30 juin 2005 que le peuple congolais peut enfin compter sur elle.
La diaspora doit continuer à se mobiliser mais de manière plus concrète.
Il faut en finir avec les mémorandums adressés à des gens qui nous écoutent de manière polie tout en étant convaincus de notre incapacité à agir.
Serrer la main de Louis Michel ou être reçu par Karel De Gucht, ce n'est pas cela qui nous rendra le Congo!

3. Occupation médiatique et lobbying congolais :

La mise en place de la CEA ne sera pas certainement du goût de tout le monde, voilà pourquoi le combat doit également se porter sur le plan médiatique et du lobbying, axe du 3ème pont.
Il faut que les congolais qui sont libres, c'est-à-dire ceux de la diaspora, amènent les médias internationaux ainsi que l’opinion internationale à devenir les sentinelles du processus électoral au Congo.
Louis Michel et Swing ne doivent pas à eux seuls être juges et parties.

L’objectif principal et ultime de la CEA doit être d’empêcher que Malu Malu ne conduise à la tête du pays ceux qui hier ont pris les armes pour asseoir l’asservissement de notre peuple par des états étrangers.

Philippe Liondjo

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Mrs Michel, Mpuila, Tshisekedi

Mrs Michel, Mpuila, Tshisekedi

Je voudrais commencer par féliciter principalement nos compatriotes d’Europe qui auront réussi à communiquer aux « parrains », l’état d’esprit de notre peuple. C’est grâce à votre combativité que M. Michel (Louis) a peut être commencé à entendre raison. On est encore loin d’avoir rétablit l’objectivité dans tous les esprits mais nous avons la preuve que la voix du peuple porte, que sa victoire est possible.

M. Michel.

Il a fait le voyage vers Kinshasa, c’est loin Bruxelles Kinshasa.  Ceux qui ont fait le choix de rester optimiste quant à l’avenir de

la RDC

ont peut être choisi aussi d’apprécier ces petits pas, du « parrain en chef », vers la bonne direction. Espérons qu’il a réellement compris qu’on ne se laissera pas flouer…

M. Mpuila.

Je n’ai pas pu achever la lecture de sa litanie concernant M. Michel, elle est trop longue … Le document se trouve à l’adresse suivante : http://udpsliege.afrikblog.com/archives/2005/08/22/741768.html.

C’est très embêtant, dans les circonstances actuelles, d’avoir à critiquer en public des compatriotes aussi dévoués pour la patrie et autrement combatifs; c’est en même temps difficile de ne pas réagir contre ce qui ressemble à une dérive sentimentaliste obsessionnelle de la part des personnalités aussi importantes. Monsieur Mpuila s’arrête sur tous les détails des confrontations, aucun recul par rapport aux événements, comme s’il avait des problèmes de synthèse ou qu’il n’avait plus le focus sur l’objectif.  C’est à questionner son sens des priorités, son jugement même, mais je n’irai pas jusque là. Quand on passe autant de temps à se remémorer ses rancoeurs et à déverser sa bile, c’est qu’on en enlève à la réflexion et l’évaluation objective de la situation. Comment voulez-vous alors que l’on ne nous trouve pas de solutions à rabais ? Cela semble d’ailleurs illustrer le « manque de sens politique » dont parlait Wade… « Combattre pour combattre » selon Bongo; ça m’avait irrité à l’époque mais je commence à me poser des questions… L’efficacité en politique dépend aussi de l’aptitude à dépasser ses ressentiments. On gagne quoi à ressasser interminablement les injustices subies de la part justement de ceux qui ont intérêt à vous distraire. Vous êtes en train de perdre un combat auquel vous avez participé si vaillamment pendant des années et vous risquez de nous coulez par manque de maîtrise et de vision. Les Congolais ont misé sur vous et ils avaient raison de le faire… ils ont aussi investi dans votre popularité, il y avait un but à cela. Quoi qu’il en soit, je ne me permettrais pas de vous manquer de respect comme je le vois faire sur Internet, je voudrais seulement vous demander d’envisager la possibilité d’erreur dans vos stratégies de négociation.

M. Tshisekedi.

Un excellent chef d’État qu’on aurait pu avoir, profil idéal et rare dans le monde politique : instruit, intègre, compétent, respectable, persévérant, tenace, mentalement fort et populaire. Je commence cependant à me poser la même question qu’un compatriote sociologue vivant à Berlin : « ye aza kobanga nini (de quoi a-t-il peur) ?». Il a tout et la grande majorité des congolais est derrière lui qu’on le veuille ou non. Je reste convaincu qu’il réaliserait un score rare même si tous les Rwandais venaient voter contre lui… mais hélas, son tréfonds n’est peut être pas en harmonie avec son ego; il veut mais il ne veut pas. Or le pays a un besoin urgent d’un capitaine audacieux capable de le sortir des eaux troubles dans lesquelles on tente de le maintenir; il faudra piloter à vue, sans balise, pendant un bon moment. Les convictions du chef pressenti ne le lui permettent pas semble-t-il et ces convictions supplantent apparemment la volonté populaire. Les Congolais auraient pourtant accepté de ramer …

L’effort collectif a encore été gaspillé. Une réaction incroyable que j’essaie encore de comprendre, tellement je n’ose croire que le chef ait pu se tromper à ce point. Une question : que propose-t-il à son peuple si les adversaires ne reviennent pas à

la CNS

?  Quel est son plan B ?  Le temps donnera peut être raison à M. Tshisekedi mais nous ne l’avons plus et le désespoir s’incruste…

C’est bien dommage d’autant plus que, malheureusement, l’écrasante popularité de M. Tshisekedi a probablement inhibé quelques ambitions de prétendants valables qui se seraient proposés à temps. C’est peut être le cas de M. Mukamba qui vient, très tardivement, de se réveiller en se portant candidat à la présidence du Congo; j’espère qu’il aura assez d’énergie pour rattraper tout ce temps perdu à attendre « Moïse ». Merci tout de même M. Tshisekedi, nous allons peut être devoir tourner la page vous concernant dans l’histoire politique de notre pays mais vous resterez un héros. Un peuple qui ignore ou démolit ses héros court le risque de rester inculte et incompétent à résoudre des problèmes justement ciblés par eux.

 

                                                         Gaby Njoli Bodjenga, Québec, Canada, BODNJ01@YAHOO.FR

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10 septembre 2005

Elections: code de mauvaise conduite

Le Phare (Kinshasa)

Pascal Kambale (cp)
Washington

La dernière lettre du Code de bonne conduite électorale négocié entre mars et août 2005 entre la Commission Electorale Indépendante (CEI) et les partis politiques était à peine écrite que ce document qui vise à assurer l'élégance et la bonne tenue des élections était déjà violé. L'UDPS a refusé de signer le texte après avoir constaté qu'il prévoyait la signature de deux autres partis officiellement enregistrés sous les mêmes sigle et dénomination que les siens. La loi sur les partis politiques interdit au ministère de l'Intérieur de procéder à l'enregistrement d'un parti politique qui adopte «la dénomination, le sigle, les symboles et autres signes distinctifs d'un autre parti politique déjà enregistré».

C'était déjà une indication que quelque chose ne tourne pas rond dans ce processus, mais des raisons d'inquiétude beaucoup plus sérieuses s'accumulent chaque jour et constituent un nuage épais qui obscurcit l'ensemble des opérations électorales.

Le Code, promu par la CEI comme un gentleman agreement, étale «des principes de bonne conduite à observer avant, pendant et après le processus électoral» et veut ainsi «contribuer à l'organisation des élections libres, démocratiques et transparentes dans un climat de tolérance entre opérateurs politiques en Rdc.» En vertu du Code, les partis politiques «disposent du droit à la sécurité de leurs membres», mais l'UDPS était invitée à signer l'accord alors même qu'une vingtaine de ses militants en province, y compris les dirigeants provinciaux pour le Bas-Congo et la province Orientale, subissaient plus de trois à quatre mois de détentions administratives arbitraires après avoir été arrêtés pour des activités politiques non violentes.

Les délégués congolais à la Table-ronde de janvier 1960 à Bruxelles n'avaient besoin d'aucun code de bonne conduite pour faire bloc de toutes leurs tendances politiques internes et exiger de l'administration coloniale la libération immédiate de Patrice Lumumba avant tout début des négociations pour l'indépendance. Lumumba avait été condamné pour des infractions au code pénal par un tribunal de Stanleyville et purgeait sa peine dans une prison de Likasi, mais les congolais de la Table-ronde

avaient vu des motifs purement politiques derrière cette procédure pseudo-judiciaire. Nzau, président fédéral de l'UDPS/Bas-Congo, Claude Ramazani, président fédéral de l'UDPS/P.Orientale et la vingtaine d'autres militants arbitrairement détenus depuis bientôt six mois ne sont même pas inculpés d'une infraction, mais les congolais du Code de bonne conduite sont incapables de voir derrière leur détention le motif politique qui se fait voir comme le nez sur le visage.

Le contraste entre les géants historiques des années 1960 et les nains politiques de 2005 ne s'arrête pas là. Si la violence politique n'était pas absente du processus électoral des premières années de l'indépendance, aucun des incidents les plus meurtriers n'a, à l'époque, été possible sans l'instigation, la manigance, le soutien ou la complicité active ou passive de l'administration coloniale et des puissances occidentales, déterminées à miner l'action des «nationalistes» en faveur des «modérés». Le prétexte colonial n'est plus de mise. Au contraire, le semblant d'ordre actuel, aussi trompeur et fragile qu'il soit, c'est aux occidentaux du gouvernement fantôme CIAT-MONUC qu'on le doit.

Les signataires du Code de bonne conduite se sont engagés «à lutter contre toute forme de violence, de terrorisme, qu'il ne faut ni permettre, ni provoquer et à prôner la sagesse et la tolérance» ainsi qu'à «ne pas utiliser pour leur compte, les forces armées, les forces de l'ordre, le service de sécurité et les milices». Mais la violence politique faisait rage au moment même où le Code était approuvé. A Kisangani, les groupes 'Bana Etats-Unis', 'Kata Moto', 'Chine populaire', 'Ligue arabe' et 'Grama', des gangs de jeunes de la commune de Mangobo, se livrent une guerre de tranchées sans merci depuis plusieurs semaines, s'affrontant au couteau et à l'arme automatique pour le contrôle des quartiers, rivalisant de rage pour la destruction des marchés et d'édifices publics et incendiant les domiciles des sympathisants réels ou supposés du camp adverse. Or, les militants des droits de l'homme locaux ont maintenant la preuve de la subordination de ces groupes à des partis politiques et du contrôle, au moins partiel, des dirigeants de ces gangs par certaines personnalités politiques qui les approvisionnent en armes automatiques.

En dépit de ce que le Conseil des ministres avait à dire la semaine dernière sur le général Nkunda et les autres vilains de l'est - et sans minimiser le danger qu'ils représentent - c'est le Katanga qui pourrait être en train de préparer le terrain pour les violences politiques les plus meurtrières, et probablement un autre cycle de purge ethnique après celui des années 1990.

Les milices armées 'Zoulous' et 'Brigades des Martyrs du Katanga', créées au sein d'un parti politique représenté au gouvernement viennent de reprendre du service à l'occasion des opérations d'enrôlement et d'identification des électeurs, après avoir mortellement passé à tabac, en novembre 2004, un responsable de l'UDPS de la commune de Katuba à Lubumbashi. Cette fois c'est l'organisation politique Solidarité Katangaise qui a été la principale cible de leurs attaques. Quatre dirigeants de Solidarité Katangaise ont récemment été attaqués au couteau par des 'Zoulous' alors qu'ils se faisaient enrôler dans la commune de la Kenya. Les bureaux de Solidarité Katangaise ont ensuite été attaqués et mis à sac par le même groupe. Des slogans ethniques et régionalistes sont entendus dans les réunions publiques et les cris de guerre des 'Zoulous'. Solidarité Katangaise, dont les dirigeants disent vouloir parler «le langage de la cohabitation entre groupes ethniques au Katanga», est régulièrement dénigrée par les 'Zoulous' et les 'Brigades' de n'être qu'une «solidarité kasaienne» qui a été établie «pour diviser les katangais».

Ce n'est pas que les 'Zoulous' et 'Brigades' agissent dans la clandestinité ou à la faveur de la nuit. Leurs interventions se font en plein jour, leurs dirigeants sont bien connus et l'un d'eux, connu sous le nom de Zazou, loge au domicile du flamboyant dirigeant local du parti qui leur sert de vitrine politique. D'après le bâtonnier Jean-Claude Muyambo, président de Solidarité Katangaise, s'ils continuent à bénéficier de l'impunité, «ces gens vont ouvertement intimider les électeurs pendant les élections.» Autorité morale chargée de s'assurer du respect du Code de bonne conduite, la CEI a visiblement l'esprit ailleurs, occupée qu'elle est à colmater les nombreux trous percés dans son édifice par une organisation précipitée et désordonnée des opérations d'identification et d'enrôlement. Les communiqués optimistes rapportant le dépassement des prévisions du nombre d'électeurs dans un centre et l'engouement inespéré de la population dans un autre centre peuvent avoir un effet d'autosatisfaction sur les membres de la CEI et leurs parrains financeurs. Mais la CEI devrait faire attention à l'effet contre-productif de ces communiqués sur une population qui voit des réalités moins roses et qui a donc des opérations une image de moins en moins enthousiaste.

On a par exemple appris, pour le Nord-Kivu, que la ville de Goma a crevé les prévisions les plus optimistes dès la première semaine des opérations. Mais plus des deux tiers de la population du Nord-Kivu vit dans les localités rurales qui n'ont pas été atteintes à ce jour et dont la plupart ne le seront probablement pas quel que soit le nombre de prolongation des opérations. A Goma même, des militaires et des personnes dont la nationalité congolaise ne sera jamais certifiée se sont fait enrôler, souvent en corrompant les préposés des bureaux d'enrôlement qui, comme c'est le cas partout ailleurs, n'ont pas été payés.

L'engouement de la population est partout trahie chaque jour par la désorganisation des opérations. Les bureaux d'enrôlement ont dû fermer plusieurs fois dans les territoires de Bafwasende et Opala, province Orientale, faute de matériel consommable comme de l'encre ou du mazout pour générateurs. Les électeurs qui avaient parcouru de 30 à 40 Km à pied pour joindre les centres CEI étaient priés, soit d'attendre, soit de revenir plus tard le temps que du matériel de remplacement soit ramené de Kisangani. Tout cela se fait à moto, évidemment, vu qu'il n'y a pas de route et que les véhicules 4x4 de la CEI sont donc cloués à Kisangani à ne rien y faire. Dans le territoire de Rutshuru, ce sont des vélos qui ont été mis à la disposition des agents locaux d'enrôlement pour transporter de bureau en bureau des kits qui pèsent 50 kg . Qui croit que ces agents ont apprécié l'humour en apprenant à la radio le 17 août que la MONUC «a mis en ouvre l'ensemble de ses moyens pour pouvoir appuyer la CEI » et qu'elle a «réduit ses activités sur le territoire congolais pour qu'aussi bien les véhicules, les avions et les hélicoptères soient mis à la disposition de la CEI »?

Certains des communiqués de la CEI et de ses parrains censés booster le moral de l'opinion pourraient être en train de produire un effet contraire. Les incidents du samedi 3 septembre à Kisangani au cours desquels les agents de saisie ont attaqué le bureau de la CEI et blessé grièvement un policier de garde pour protester contre le non paiement de leur perdiem, sont survenus seulement trois jours après un communiqué qui annonçait pompeusement que la MONUC «va bénéficier de 103 millions de dollars pour continuer à apporter un soutien logistique au processus électoral.» La volonté du CIAT, de la MONUC et de la CEI de faire aboutir les élections est tellement forte que l'organisation des élections devient une fin en soi et la tendance est, dès lors, de minimiser les incidents qui contrarient ce schéma. Dans plusieurs cas, tel un parent impuissant qui casse le thermomètre pour ne pas voir la température de son enfant malade, ces institutions s'abstiennent volontairement de porter des incidents graves à la connaissance du public.

Tel était le cas le 19 août lorsque la MONUC a appris et vérifié, grâce à des informateurs anonymes, que deux kits d'identification avaient été confiés - en sous-traitance, en quelque sorte - par la CEI

à un individu, activiste politique bien connu, à charge pour lui de les acheminer dans le nord-Katanga sans aucune supervision de la CEI. Nulne saura combien de rotations cet individu aura effectué avant d'être surpris la main dans le sac, et le blackout médiatique imposé par la MONUCne permettra jamais à d'autres informateurs potentiels de dénoncer d'autres incidents similaires. Car des incidents similaires, il y en a certainement eu ailleurs. A Rutshuru, un kit a «disparu» le 23 août, moins d'une semaine après l'incident de Lubumbashi. Dans un mémorandum, des notabilités locales ont prétendu détenir les preuves que le kit disparu servait à «identifier et enrôler des étrangers au Rwanda.» Le même jour, cette fois en pleine cité à Goma, on découvrait la tenue d'un centre d'enrôlement pirate qui fonctionnait de façon clandestine dans le domicile d'un individu non membre de la CEI, sur l'avenue du Fleuve dans la commune de Karisimbi.

Des kits qui se font voler dans l'Ituri. Des kits qui sont sous-traités à des activistes politiques dans le Katanga. D'autres qui disparaissent dans la nature à Rutshuru. Ou qu'on retrouve dans le salon d'un particulier à Goma. Tout cela, ironiquement, au moment où se tenait une réunion au Palais de la Nation

lundi 15 août, à l'issue de laquelle les membres de l'espace présidentiel, les présidents des deux chambres du Parlement, les ministres de l'Intérieur et de la Défense, les membres du Ciat et le président de la CEIont, entre autres, décidé que «le déploiement des kits d'identification sera amélioré et accéléré grâce à l'affectation de moyens logistiques supplémentaires et à la mobilisation de toutes les ressources locales pour les déploiements secondaires et tertiaires.» Une attitude par rapport à tous ces incidents est de les prendre séparément les uns des autres, d'en isoler chacun pour mieux les minimiser et espérer que les communiqués pompeux laisseront dans l'opinion une image plus forte que celle que le public voit chaque jour sans intermédiaire. C'est visiblement l'attitude que prennent les acteurs politiques à Kinshasa et les accompagnateurs du CIAT. Mais cette attitude pourrait ne pas être celle de la population. Cette dernière pourrait à la longue décider de ne voir dans ces incidents que ce qu'ils sont: un tout, un fond unique d'incohérences et de mauvaise préparation, un gros nuage orageux qui obscurcit le ciel des élections, un ABC du parfait hold-up électoral, un code de mauvaise conduite électorale exécuté par l'ensemble des principaux acteurs à Kinshasa

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09 septembre 2005

Biographie du Dr E. Tshisekedi

Etienne Tshisekedi wa Mulumba

Fiche biographique

et

Combat pour la démocratie

FICHE BIOGRAPHIQUE

1. IDENTITE

a.      Né à Luluabourg (Chef-lieu du Kasaï-Occidental) le 14/12/1932

b.     Père MULUMBA Alexis (+)

c.      Mère KABENA MWAUKA Agnès (+)

d.     Marié à KASALU Marthe

e.      Originaire

  • du Territoire de KABEYA KAMWANGA

  • du District de TSHILENGE

  • de

    la Province

    du KASAI-ORIENTAL,

  • en République Démocratique du Congo

l.2. ETUDES FAITES

a.      Primaires : à la mission catholique des Pères de Scheut à KABULUANDA (Kasaï-Occidental)

b.     Secondaires : Humanités Gréco-Latines au Collège Saint Jean-Berchmans de Kamponde au Kasaï-Occidental (de 1948 à 1955)

c.      Universitaires : à

la Faculté

de Droit de l'Université Lovanium de Léopoldville. Je fus le premier Congolais à obtenir, en 1961, le diplôme de Docteur en Droit.

1.3. PREMIERE EXPERIENCE DANS

LA VIE PUBLIQUE

Il 958 à 1978)

1° 1958 -1959 :

Encore étudiant à

la Faculté

de Droit, je me suis vu promu " Conseiller au Mouvement National Congolais " " M.N.C " (Parti Politique).

2° Septembre 1960 à février 1961 :

Commissaire Général Adjoint à

la Justice

dans le Collège des Commissaires Généraux (un gouvernement de technocrates mis en place, après le départ massif et brusque des Belges et après le Coup d'Etat militaire du 14 septembre 1960 de M MOBUTU, en vue d'assurer le fonctionnement normal de l'appareil de l'Etat, en attendant que les hommes politiques s'entendent.

3° 1961 à 1965 : Recteur de l'Ecole Nationale de Droit et d'Administration ENDA".

4° 1964 : Commissaire aux comptes à

la Banque Nationale

du Congo.

5° 1965 à 1968 :

a.      Elu Député National (PANACO/CONACO) dans la circonscription électorale de KABINDA au KASAI-ORIENTAL et

b.     Ministre de l'Intérieur. Le 24 juin

1967 M

. Mobutu promulguait la constitution de la 2è République dont l'art. 4 stipulait qu'il ne peut y avoir plus de deux partis politiques en République Démocratique du Congo.

6° Mai 1968 à février 1969 : Ministre de

la Justice

7° Février à septembre 1969 : Ministre d'Etat Chargé du Plan, de

la Recherche Scientifique

, de l'Aménagement du Territoire et de

la Coordination

de

la Planification.

N.B. - Suite aux sérieuses divergences d'options politiques (M. Mobutu amorçait un revirement vers un monolithisme politique et faisait preuve d'intolérance face aux manifestations pacifiques des citoyens en ordonnant notamment le massacre des étudiants de Lovanium, le 4 juin 1969, je fus définitivement écarté du gouvernement.

8° Septembre 1969 à février 1971 : Ambassadeur au Maroc

9° 1971 à 1974 :

a.      Elu Député National dans la circonscription électorale de KABINDA au Kasai-Oriental.

b.     Elu 2ème puis 1er Vice -président de l'Assemblée nationale;

c.      Membre du Conseil d'Administration de l'UNAZA (Université Nationale du Zaïre).

10° Septembre 1977 à décembre 1980 :

a.      Elu Député national;

b.     Président du Conseil d'Administration de la compagnie AIR-ZAIRE .

11° 1965 à 1980 :

Elu, puis plusieurs fois réélu Président de

la Section

zaïroise de l'Association Internationale des Parlementaires de Langue Française "A.I.P.L.F". A ce titre, j'ai participé à plusieurs conférences internationales et effectué plusieurs voyages à travers le monde (Europe, USA, Canada. Japon, Corée. Chine, pays africains, etc.).

II. CALVAIRE ET COMBAT POUR

LA DEMOCRATIE

(l 979 à 1999)

D'une manière générale de 1979 à 1999, ma vie est faite d'arrestations, de tortures de brimades, de pressions, de bannissements, de relégations et de résidences surveillées; ce sort a été partagé avec mon épouse, mes enfants ainsi que plusieurs de mes amis politiques.

1° Juillet 1979 .

Cosignataire de la lettre au Président Mobutu, dénonçant les violations des Droits de l'homme à l'occasion des "MASSACRES DE KATEKELAY " au KASAI-ORIENTAL

2° Décembre 1980 :

Cosignataire de la "lettre ouverte au Président de

la République

", lettre signée par 13 Parlementaires et pour laquelle mes amis et moi-même serons arrêtés, déchus de nos mandats parlementaires, jetés en prison (moi à Kisangani d'abord dans la province Orientale, à Kabeya Kamwanga ensuite dans

la Province

du Kasai-Oriental)

3° 15 février 1982 :

a.      Création de l'Union pour

la Démocratie

et le Progrès Social " UDPS", Parti politique dont je suis un des fondateurs et présentement "Le Président national".

b.     Arrestation des fondateurs de l'UDPS .

c.      Condamnation à 15 ans de prison ferme. Je suis envoyé dans la prison de Belingo, Territoire d'Oshwe, Province de Bandundu.

4° 1983 :

a.      libération;

b.     relégation en novembre 1983 dans mon village d'origine (MUPOMPA) avec mon épouse et mes enfants

5° 1985 :

a.      Incendie criminel de mon village ,

b.     Relégation dans le territoire d'lsangi, Province orientale

c.      Libération en fin février 1985 ;

d.     Arrestation en octobre 1985 et condamnation à 18 mois de prison ferme à Makala dans

la Ville

de Kinshasa pour "outrage au Chef de l'Etat"

6° 1986:

a.      Libération en février 1986

b.     Arrestation en juin 1986 et relégation dans mon village d'origine (Mopompa) au (Kasai-Oriental)

7° 1987 :

Libération

  • Tournée d'information politique en Europe aux Etats-Unis d'Amérique et au Canada

  • Revenant de ce périple, je suis brutalement interpellé et molesté à l'aéroport de Ndjili; mon seul crime est d'avoir porté la cravate au cou.

8° 1988 :

a.      17 janvier 1988 : arrestation et détention à la prison centrale de Makala pour avoir organisé et animé un meeting au Pont Kasa-Vubu dans la ville de Kinshasa en commémoration du 27ème anniversaire de l'assassinat du premier Ministre Congolais P.E LUMUMBA.

b.     11 mars 1988 : libération,

c.      08 avril 1988 : relégation à DUNGU d'abord, à MONGA ensuite, dans

la Province Orientale

, où je me suis retrouvé, pendant 5 mois, totalement coupé du monde

d.     22 septembre 1988: libération

9° 1989 :

1er mars 1989 : Je suis placé en résidence surveillée à mon domicile pendant près de 14 mois, privé du droit de recevoir toute visite et de sortir de ma résidence.

10° 1990 :

a.      24/04/1990 : ma libération. Création du Directoire National de l'UDPS, c-à-d. d'une présidence collégiale composée de quatre personnalités. Je suis membre de ce Directoire National.

b.     Du 18/11/1990 au 24/02/1991 : Nouvelle tournée d'information politique aux Etats Unis d'Amérique, au Canada et en Europe Occidentale. Je suis reçu au Département d'Etat Américain et dans plusieurs milieux politiques ainsi qu'auprès des organisations de

la Défense

des Droits de la personne humaine.

11° 1991 :

a.      24/03/1991 : Retour à Kinshasa (République Démocratique du Congo) et accueil par près de 2 millions de compatriotes en liesse.

b.     22/07/1991 : Nomination, sans être consulté par M. Mobutu, en qualité de Premier Ministre. Je décline cette nomination à la grande satisfaction de notre peuple.

c.      30/09/1991 : Désigné Premier Ministre par consensus unanime des représentants de la classe politique réunis au Palais de Marbre (résidence de M Mobutu, lequel présidait cette réunion). Mais le gouvernement d'Union Nationale et de Salut Public que je venais ainsi de constituer a été empêché de fonctionner normalement par M. Mobutu dès la première semaine de ses activités.

12° 1992 :

Elu Premier Ministre Chef du Gouvernement par

la Conférence Nationale

Souveraine avec 72 % des suffrages exprimés (aux bulletins secrets) le 15/08/1992; mais une fois de plus le gouvernement que je venais de constituer avait été mis par M. Mobutu dans l'impossibilité de fonctionner après 3 mois de gestion transparente du pays.

II est vrai que lors de mon élection à

la Conférence Nationale

Souveraine, M. Mobutu m'avait opposé sans succès, quelques candidats acquis à sa cause et que mon programme annonçait clairement un changement radical des mentalités et des méthodes de gestion ainsi que la réalisation des priorités fixées par notre peuple réuni à

la Conférence Nationale

Souveraine.

13° 1993

04/09/1993 : Investi en qualité de Chef de toute l'Opposition Démocratique Interne c-à-d de toutes les forces politiques et sociales acquises au changement démocratique dans une bipolarisation de la vie politique nationale.

14° 1994

Présenté officiellement et régulièrement en qualité de Premier Ministre, conformément aux dispositions de l'Acte Constitutionnel de la transition (Art. 78) par la famille politique à laquelle n'appartenait pas le Chef de l'Etat Mobutu c'est-à-dire par l'Union Sacrée de l'Opposition Radicale et Alliés. Le refus de M. Mobutu de respecter l'Acte Constitutionnel qu'il avait lui-même promulgué ouvre la voie à une grande crise politique qui allait être exploitée par une opposition armée dont M. Laurent Désiré Kabila était le porte-parole en 1996 - 1997

15° 1996

Du 6 janvier au 26 février 1996

Tous les partis politiques de l'opposition à M. Mobutu et toutes les associations civiles acquises au changement tiennent leur congrès appelé Etats Généraux de l'Opposition " (EGO) pour dresser le bilan de leur lutte, redéfinir leurs objectifs et leurs stratégies ainsi que les structures nouvelles appelées à les animer dans cette nouvelle phase de combat.

A l'unanimité de tous les participants, je suis reconfirmé dans mes fonctions et rôle de Chef de file et de Chef de la famille politique opposée à celle de la mouvance présidentielle de M. Mobutu.

16° 1997 :

a.      03/04/1997 : Ma réhabilitation en qualité de Premier Ministre par le Parlement de Transition (HCR - PT) : M. Mobutu souscrit formellement à cette réhabilitation, contraint par la tournure politique des événements. En effet, la rébellion armée, soutenue par notre peuple, accumulait succès et victoires sur les forces mobutistes.

b.     06/04/1997 : Je réhabilitais toutes les Institutions politiques issues de

la Conférence Nationale

Souveraine à savoir : Le Président de

la République

, le Haut-Conseil de

la République

, le Gouvernement de Salut Public et les Cours et Tribunaux.

c.      09/04/1997 : M. Mobutu utilise ses forces armées pour m'empêcher de rejoindre mon bureau de travail (à

la Primature

) et de travailler.

d.     16/05/1997 : Le dictateur Mobutu comme je le lui avais prédit quelques années plutôt, prit la fuite vers un exil sans retour.

e.      17.05.1997 : La rébellion armée, soutenue militairement et massivement par des troupes étrangères (du Rwanda, de l'Ouganda et de l'Angola) entre à Kinshasa dans un enthousiasme populaire indescriptible. Laurent Désiré Kabila s'auto-proclame "Chef de l'Etat " à partir de son poste d'opérations militaires de Lubumbashi, au Katanga.

f.       23/05/1997 : Dès les premiers discours politiques de M. Kabila à Kinshasa, il se révéla être un vrai dictateur sur les traces de M. Mobutu; je me suis empressé de prévenir en ce sens l'opinion nationale et internationale et d'inviter notre peuple à combattre cette nouvelle dictature.

g.      25/05/1997 : Je mettais à la disposition de M. Kabila 4 juristes de l'opposition démocratique interne pour l'aider à mettre sur pied un cadre juridique consensuel (qui proclame et protège les droits de l'homme, les libertés fondamentales et une gestion transparente) tel que voulu par notre peuple à

la Conférence Nationale

Souveraine. C'est ce cadre qui devait régir le pays réconcilié jusqu'à la tenue des élections que nous voulons libres démocratiques et transparentes. Des contacts politiques au niveau d'experts sont engagés en ce sens.

h.     26.06.1997 : Un groupe des militaires m'arrêteront vers minuit, me brutaliseront et me séquestreront à la résidence du Commandant Masasu, alors Conseiller Spécial de M. Kabila.

i.        27.06.1997 : Ma libération

17° 1998 :

a.      12.02.1998 : Une équipe des militaires m'arrêteront la nuit, me brutaliseront et me conduiront dans les cachots secrets de

la Police Politique

de M. Kabila.

b.     13.02.1998 : je suis relégué dans mon village d'origine Kabeya-Kamwanga au Kasaï-Oriental) et mis en résidence surveillée comme à l'époque de M. Mobutu.

c.      01.07.1998 : Ma libération et mon retour organisé par

la Police

politique de M. Kabila à ma résidence de Kinshasa dans le plus grand secret.

d.     09.07.1998 : Treize de mes collaborateurs venus me saluer à l'occasion de mon retour de la relégation sont arrêtés et gardés aux cachots de la police politique de M. Kabila pendant près d'un mois.

C'est pendant cette période de tension politique qu'éclatera, le 02/08/1998, la deuxième guerre civile dirigée contre le régime de M. Kabila et, comme en 1996, activement et massivement soutenue par les forces armées étrangères (Rwanda, Burundi, Ouganda); tandis que M. Kabila recevait l'appui actif et massif de l'Angola, du Zimbabwe, de

la Namibie

, du Soudan, etc..

A ce jour, plusieurs cadres et combattants de l'UDPS sont toujours gardés soit dans des cachots secrets de la police politique de M. Kabila et soumis à des séances de torture ; soit dans des cellules de la prison centrale de Makala à Kinshasa. C'est le cas de quelques membres du Comité National, Parlement du Parti du Porte-parole de l'UDPS : de quelques membres des structures de base du Parti, ainsi que de simples combattants du parti. Leur seul crime est d'avoir réfléchi ou analysé la situation politique de manière différente de celle du régime Kabila ! ! !

e.      23.08.1998 : Dans un appel solennel, pathétique et patriotique, j'invitais toutes les parties belligérantes à arrêter la guerre et à privilégier la recherche d'une solution politique et diplomatique négociée à la crise Congolaise.

f.       04.09.1998 : Dans mon mémorandum adressé à

la Communauté Internationale

(ONU, UE, OUA), au Président Kabila et aux pays voisins, j'expliquais que l'origine de cette deuxième guerre civile résidait dans le manque de démocratie et dans la mauvaise gouvernance du pays par le régime Kabila; et que la solution ne pouvait être que politique et diplomatique, issue de négociations politiques entre les représentants du pouvoir de Kinshasa, de l'opposition armée et de l'opposition interne. Je proposais un plan de paix concret en ce sens.

18° 1999 :

a.      10 juillet 1999 . Un accord de paix est signé à Lusaka entre toutes les parties en conflit. Une solution politique et diplomatique négociée est préconisée comme seul schéma incontournable pour ramener la paix et bâtir un nouvel ordre politique en RDC.

b.     22/07/1999 : je rendais publique, au nom de toutes les forces politiques et sociales acquises au changement démocratique, notre déclaration politique par laquelle nous acceptions formellement l'accord de paix de Lusaka ainsi que la facilitation du Père Mateo de la communauté Catholique Sant Egidio de Rome (en Italie).

Fait à Kinshasa, le 07/12/ 1999

Etienne TSHISEKEDI wa MULUMBA

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LETTRE OUVERTE DE L’ALLIANCE DES PATRIOTES CONGOLAIS

-         A Son Excellence Monsieur le  Secrétaire Général des Nations Unies

-         A Son Excellence Monsieur le Président de l’Union Européenne

-         A Son Excellence Monsieur le Président  de l’Union Africaine

Excellences,

Devant la tournure inquiétante que prend l’évolution de la crise multiforme de la République Démocratique du Congo, crise qui figure désormais parmi les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité, et devant le laxisme, l’incompétence et la malhonnêteté avérés des dirigeants politiques de la transition à gérer les causes fondamentales de cette crise, les patriotes congolais, réunis au sein de l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (APARECO), se tournent résolument vers vous pour tirer publiquement la sonnette d’alarme, avant que cette situation ne devienne incontrôlable.      

En vous adressant cette lettre ouverte en ce moment fatidique de l’évolution de la crise en République Démocratique du Congo, nous voulons non seulement attirer publiquement votre haute attention sur l’extrême gravité de la calamité qui menace aussi bien notre peule que ceux de la région des Grands Lacs, mais nous tenons aussi et surtout à vous exprimer les profonds sentiments de frustration, de lassitude, d’angoisse et de ras le bol de la grande majorité du peuple congolais, à l’égard de ses dirigeants politiques et de la manière dont le dossier de cette crise congolaise est gérée par l’ensemble de la Communauté internationale.

En vous décrivant, à travers cette lettre ouverte, l’état des lieux de la situation de crise dans notre pays, notre démarche vise à attirer votre attention, Excellences, sur les préoccupations sécuritaires et politiques du peuple profond, celui qui souffre dans sa chair et qui a l’impression que la Communauté internationale banalise ses souffrances en bâclant la solution de ce drame qui menace  son existence même.