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Le Blog du Congolais

analyses politiques sur la situation au congo kinshasa

17 février 2006

JOSEPH DESIRE MOBUTU-JOSEPH KABILA : L’HISTOIRE SERAIT-ELLE EN TRAIN DE SE REPETER ?

Certes comparaison n’est pas raison, mais il y a des signes qui ne trompent pas, surtout lorsque l’histoire politique de deux hommes, telle celle de Joseph Désiré Mobutu et de Joseph Kabila, présente d’extraordinaires similitudes. La vie étant un perpétuel  recommencement, l’on est en droit de se demander si l’histoire politique du Congo n’est pas en train de se répéter aujourd’hui.

En effet, élevés, très jeunes, et de manière spectaculaire, dans la haute hiérarchie militaire du Congo, Joseph Désiré Mobutu et Joseph Kabila, pris en charge, chacun en son temps, par les puissances occidentales, semblent avoir assumé(pour le premier) et assumer(pour le second) un  destin hors du commun, dans des contextes qui frisent la félonie.

Sergent de réserve de la presse militaire de l’ancienne Force Publique du Congo-Belge et du Rwanda-Urundi, Joseph Désiré Mobutu sera, affublé du grade de colonel, rappelé sous le drapeau par le Premier Ministre Patrice Emery Lumumba, aux fins de restructurer

la Force Publique

en mutinerie 5 jours à peine après l’accession du Congo à sa souveraineté internationale, et de mettre en place une armée au service de la Nation congolaise indépendante.

Très vite,ce jeune homme de 30 ans, manipulé, au plus fort de la guerre froide, par des puissances étrangères à travers les services secrets occidentaux (belges, d’abord, américains, ensuite), prendra excessivement goût au pouvoir. Moins de six mois plus tard, le colonel Mobutu mettra aux arrêts son bienfaiteur Lumumba et le livrera à ses pires ennemis politiques, le Mulopwe Albert Kalonji et Moise Tshombe en sécession au Sud-Kasai et au Katanga, où il sera sommairement assassiné quelques heures après son arrivée dans cette dernière localité, dans des circonstances que l’histoire commence à peine à élucider.

Après la mort de Lumumba, le colonel Mobutu entreprendra, à la tête de l’armée, avec l’assistance massive des Nations-Unies et des puissances occidentales, de réduire les sécessions sud-kasaienne et katangaise, ainsi que la rébellion lumumbiste. Avec l’occupation de la ville de Kisangani, fin 1964, par des troupes aéroportées belges appuyées par la logistique américaine, Mobutu acheva la pacification et la réunification du Congo. Auréolé de cet exploit, il s’emparera du pouvoir suprême le 24 novembre 1965, à la suite d’un coup d’Etat militaire qui renversa le Président Joseph Kasa-Vubu.

Conscient, sans doute, du caractère illégitime de son pouvoir acquis de manière autocratique,le Président Mobutu déclarera, publiquement , et solennellement, dès son accession à la magistrature suprême, qu’il ne conserverait le pouvoir que pendant 5 ans, juste le temps pour lui de consolider la paix au Congo.

Le 24 juin 1967, le « pacificateur » et « unificateur » du Congo, Joseph Désiré Mobutu, octroya à son peuple une constitution dite révolutionnaire et consacrant le bipartisme, instrument par excellence d’exercice démocratique du pouvoir. Mais auparavant, c’est-à-dire le 20 mai 1967, il prit soin de consacrer sur les fonds baptismaux le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), parti politique dont il est le fondateur.

Le bipartisme des textes ne résistera , malheureusement ,  pas à l’épreuve des faits. En effet, alors tout-puissants Ministres respectifs de l’Intérieur et de la Justice, Etienne Tshisekedi ( le même ) et Joseph Nsinga , que l’on compte parmi les principaux piliers du régime Mobutu, exerceront des pressions de tout genre sur quiconque tentait de faire agréer un second parti politique au Congo. Il était qualifié , et devait être traité tel quel, de traître à l’œuvre salvatrice et révolutionnaire de Mobutu. Dans un contexte où le souvenir des « conjurés de la Pentecôte » mettait tout le monde au pas, le MPR n’a pu, de la sorte, que s’imposer comme unique force politique du Congo . Par leur action conjuguée, et combien zélée, les deux ministres espéraient, sans doute, récupérer le pouvoir par le biais du parti après le retrait volontaire du Président Mobutu en 1970.  Hélas pour eux, bien avant cette échéance, Joseph Nsinga sera relégué dans son village, couvert d’opprobre, car déclaré coupable d’un colossal détournement de deniers publics (sans jugement). Etienne Tshisekedi sera, quant à lui, nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Congo auprès du Royaume du Maroc, c’est-à-dire loin, très loin des enjeux électoraux.

Sans gène, Mobutu présentera, en 1970, son unique candidature à la Présidence de la République, au lieu de restituer le pouvoir aux civils  comme il l’avait si pompeusement promis. Naturellement, « le pacificateur », « l’unificateur », « l’héritier de Patrice Lumumba », héros national déclaré tel le 30 juin 1966 par le même Mobutu qui l’arrêta et le livra à la mort, remporta haut la main ces élections à candidature unique. Et, toujours avec le soutien aveugle des puissances occidentales, il régna sans partage pendant 32 ans, avant d’être lâché par le même Occident et de prendre la fuite, tel un lapin, le 16 mai 1997, sous la poussée de Laurent Désiré Kabila, et de mourir moins d’une année plus tard au Maroc, loin des siens et abandonné, à son grand étonnement, par tous ses amis.

Pour sa part, fils aîné controversé de Sifa Mahanya et de Laurent Désiré Kabila, Joseph Kabila accompagna son père dans sa campagne militaire de conquête du Congo déclenchée en octobre 1996, dans le cadre d’une alliance avec le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, l’Erythrée et l’Angola, notamment . A la fin de la guerre, qui ne dura que 7 mois, Joseph Kabila portera le premier grade de sa brève carrière militaire dans l’armée congolaise. Comme Joseph Désiré Mobutu, et même mieux que ce dernier, il sera propulsé par son père au faîte de la hiérarchie militaire, avec le grade de « Général Major ».

Le 16 janvier 2001, Mzee Kabila sera assassiné dans son bureau, en plein travail, dans des circonstances où des zones d’ombre planent encore à ce jour. Il sera remplacé par son fils, le Général Major Joseph Kabila, désigné, semble-t-il, par la haute hiérarchie militaire de la coalition (RDC, Angola, Zimbabwe, Namibie). Dans les conjectures alimentant les débats autour de ce dossier, d’aucuns affirment, cependant, déceler les empreintes du fils dans le vaste complot ourdi contre le père par ses alliés d’hier( la « coalition rwando-ougando-burundaise ») auxquels se seraient joints ces autres alliés que sont le Zimbabwe et l’Angola.

En effet, affirme-t-on, si Kampala et Kigali n’ont pas pardonné à Laurent Désiré Kabila  d’avoir congédié leurs troupes d’occupation du Congo avant la réalisation intégrale de leurs objectifs vitaux, et ont, de ce fait, déclenché ce que les Congolais appelleront la « guerre d’agression » le 2 août 1998 pour chasser Mzee du pouvoir, l’Angola et le Zimbabwe venus au secours de ce dernier à l’occasion de cette « guerre d’agression » ont, quant à eux, laissé d’innombrables prisonniers sur le champ de bataille. Obligés de négocier avec Kigali et Kampala pour la libération de leurs soldats, Luanda et Harare auraient été contraints de mettre à prix la tête de Mzee. Et les choses seraient allées très vite surtout du coté angolais où l’Oncle Sam (qui, paraît-il, avait hâte  à mettre définitivement fin à son arrogance et à son irrévérence à l’égard de l’unique et vrai maître du monde) était prêt à troquer la tête de Laurent Désiré Kabila contre celle de Jonas Savimbi devenue encombrante à la fin de la guerre froide. Bien plus, les Angolais auraient épinglé un autre grief à charge de Mzee. En effet, la rumeur (partiellement confirmée plus tard par la déposition de Gaëtan Kakudji devant

la défunte Cour

d’Ordre Militaire lors du procès des assassins présumés de LDK)  rapporte que, tombé un jour subitement malade à Kinshasa et devant être évacué d’urgence sur Luanda pour des soins appropriés, Laurent Désiré Kabila aurait , peu avant son départ, présidé, d’urgence, une réunion de sécurité pour mettre au point les mécanismes de sa succession, au cas où il lui arriverait un malheur. N’auraient assisté à cette réunion stratégique que quelques membres de son clan restreint, à savoir : Gaëtan Kakudji, Josué Célestin Kifwa, le Général Tango-Tango (fils de Kifwa), Eddy Kapend et…Joseph Kabila. Les Angolais auraient eu vent de la tenue de cette réunion, de son ordre du jour et des personnes qui y ont assisté. Il semble qu’ils furent profondément déçus, et ne reconnurent plus dans le très nationaliste Laurent Désiré Kabila (qu’ils aidèrent à prendre le pouvoir et à le conserver pendant la guerre dite d’agression) qu’un vulgaire chef d’une coterie qui, entre la vie et la mort, réglait, rien qu’avec son clan biologique, des affaires de l’Etat de la plus haute importance. Depuis cet épisode, affirme-t-on, Luanda, qui en aurait eu un si grand dégoût, mit une croix sur Mzee.

Dans ce contexte, Joseph Kabila aurait-il été approché par la tentaculaire coalition qui cherchait à liquider Laurent Désiré Kabila et son régime ? La question vaut son pesant d’or, non seulement parce qu’à cette période le fils était, semble-t-il, en disgrâce auprès de son père après le « scandale de Pweto », mais aussi parce qu’il représentait un rare facteur d’équilibre après la disparition programmée de son père. Il était donc la personne autour de laquelle tout le monde (alliés d’hier et d’aujourd’hui, internes et externes) se mettra d’accord. C’est pourquoi, à cette interrogation, d’aucuns penchent promptement vers une réponse affirmative, dictée aussi par la réponse à l’éternelle et lancinante question que se posent généralement les criminologues en présence d’un crime parfait, comme celui perpétré contre la personne de Laurent Désiré Kabila, à savoir : à qui le crime a-t-il profité ?

Toujours est-il qu’aussitôt investi, à l’âge de 29 ans, par l’Assemblée Constituante et Législative de Philomène Omatuku, laquelle (Assemblée) proclama, à la même occasion, Laurent Désiré Kabila héros national ayant droit à un monument et à un mausolée, le Président de la République, Joseph Kabila,  et son gouvernement réaliseront ces deux ouvrages en un temps record à la mémoire du héros. A l’occasion, l’autre héros national, Patrice Emery Lumumba, dont l’érection d’un grand monument décidée par un certain Joseph Désiré Mobutu n’a guère été effective, sera, lui aussi, gratifié d’un monument à la Place de l’Echangeur de Limete, sur le boulevard que Mobutu  baptisa de son nom.

Dans son discours d’investiture devant l’Assemblée Constituante et Législative, le Président Joseph Kabila s’engagea à reprendre le processus de Lusaka pour mettre rapidement fin à la guerre, réunifier le pays et conduire la transition politique à son terme. Avec l’assistance massive de la communauté internationale, Joseph Kabila est, comme Mobutu, mais avec plus d’aisance et de facilité que ce dernier, en train de gagner le pari : le pays, rapidement réunifié, a retrouvé la paix, en dépit de quelques zones de turbulence en Ituri, au Katanga et dans le Nord-Kivu.

Comme Mobutu, Joseph Kabila a réellement, et très vite, pris goût au pouvoir. C’est pourquoi, tout « Général Major » qu’il est, il ne s’est pas gêné de se faire enrôler dans les listes électorales, devenant ainsi électeur et éligible, alors que son statut de soldat l’exclut de ce jeu (comme il l’avait autrefois signifié à Colette Braeckman, avant de se dédire peu de temps après). Cela après avoir taillé sur mesure la plupart des textes légaux organisant le processus électoral, avec l’appui aveugle et la complaisance manifestes de la communauté internationale (que ne semblait contredire, jusqu’il y a peu, que la seule petite voix inaudible du Belge Karel De Gucht).

Certes, en cette période de renouveau démocratique du néo-libéralisme triomphant, le Président Joseph Kabila ne peut, comme Joseph Désiré Mobutu, disposer d’un parti unique . Il peut cependant compter sur le PPRD qu’il créa furtivement à la veille de la clôture du Dialogue Inter-congolais qui octroya aux Congolais leur constitution de

la transition. Avec

les moyens de l’Etat ( finances, matériel, autorité morale ) dont ses membres et ses alliés du gouvernement usent et abusent devant l’impuissance du peuple congolais qui ne se contente que de le dénoncer sans résultat, et sous l’oeil manifestement complaisant de la communauté internationale, ce parti n’a, en réalité, aucun concurrent de taille en ce moment. L’UDPS, apparemment très populaire, et qui aurait pu valablement lui faire face, ne dispose ni de moyens financiers et matériels pour battre campagne, ni d’un quelconque instrument de la puissance publique de l’Etat ( pour imposer, notamment, la neutralité et la transparence des élections ), encore moins de la sympathie de la communauté internationale( pour parer à toute éventualité ). Le Président Joseph Kabila, qui entretient malicieusement le doute autour de sa candidature , n’attend plus, en réalité, que la promulgation d’une loi électorale lui ouvrant grandement la voie pour s’annoncer et provoquer un  « engouement populaire» sans précédent autour de sa candidature. Cet « engouement populaire » sera, sans doute, à la taille de celui autour du « oui » lors du récent référendum constitutionnel.

Les observateurs avertis pensent, hélas, que la légitimation du pouvoir du Président Joseph Kabila par les élections en perspective créera plus de problèmes qu’elle n’en résoudra, tant il est vrai qu’à moins d’une alchimie à la Mobutu, c’est sa clientèle politique actuelle( qui le tient vigoureusement en otage ) qui accompagnera le jeune Président dans l’exercice de son pouvoir légitimé après les élections. Ceci se fera avec sa cohorte d’antivaleurs exacerbées par la légitimation de l’impunité institutionnalisée. Et le chaos actuel atteindra son paroxysme appelant naturellement l’intervention du démiurge pour établir un ordre certes nouveau mais imprévisible.

En revanche, estime-t-on, il suffit que le Président Joseph Kabila, faisant fi du discours mielleux de ses actuels courtisans, renonce à sa candidature, s’implique personnellement pour des élections réellement transparentes, et reprenne le chemin de l’école après avoir passé le flambeau à son successeur démocratiquement élu, pour qu’il devienne le véritable chouchou du peuple congolais, et même de la communauté internationale.

Rien que la panique et la débandade généralisées qui s’observeront dans les cercles autour du « Général Major » vaudront à ce dernier une énorme sympathie de la part du peuple congolais accablé par une misère sans nom que lui imposent ses dirigeants prédateurs de

la transition. De

son côté,  la communauté internationale est certainement heureuse d’avoir aux commandes du Congo une personnalité totalement aux antipodes de Mzee, mais, pas plus que le peuple congolais, et sans devoir le crier sur tous les toits, elle n’est franchement pas fière des limites de son allié congolais d’aujourd’hui dont elle endosse à sa manière toutes les faiblesses.

A l’instar du Malien ATT, Joseph Kabila, a tout intérêt à dominer sa boulimie actuelle du pouvoir et à briser courageusement certaines alliances occultes, pour renoncer à sa propre candidature et œuvrer en faveur des élections neutres et réellement démocratiques au Congo. Il se ménagera, en tout cas, et quoiqu’on en dise, toutes les chances d’inscrire son nom en lettres d’or dans les annales politiques de son pays. Autrement, le jeune Président congolais, nouveau « pacificateur » et « unificateur » du Congo, risque, comme cet ancien « pacificateur » et « unificateur » nommé Joseph Désiré Mobutu, de connaître une fin peu glorieuse. C’est une question de choix. Mais pour le sage « mieux vaut la fin d’une chose plutôt que son commencement ».

MATSHOTSHO MANGOLA

Posté par congomania à 12:38 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

la zairoise

je vous remercie de vos articles.est vous prie
de m'envoyer des temps autres.

Posté par beka, 28 juillet 2006 à 23:50

la zairoise

merci de votre visite. si vous me contacter par mon adresse e-mail : tonykatombe@saintly.com, je me ferais un plaisir de vous envoyer les articles.

Dieu vous garde !

Posté par tony, 29 juillet 2006 à 10:52

Lisez

Que Dieu delivre le Congo uni, Pays foutu. Comme le disait ma mere quand j' avais 7 ou 10 ans.

Posté par KISOKA, 29 juillet 2006 à 12:31

Vos articles

Je viens par la présente vous demander de bien vouloir noue faire parvenir vos différents articles à l'adresse ci-dessus

LUFKONG

Posté par lufkong, 13 octobre 2007 à 12:07

Production petrolier

Notre ONG-ACJK-CADISO vous informe la production petrolière de PERENCO/RDC à Muanda est de 18.000 barils par jour .

pour l'ONG-ACJK-CADISO/Bas-Congo

LE PRESIDENT DU CONSEIL PROVINCIAL
Camarade Jean LELO MADIANDAMBU
Tél: 0898386240, 0997667781
E-mail: madiya70@yahoo.fr

Posté par Jean Lelo Madian, 03 février 2008 à 15:11

joseph ne peu pas etre p

je suis pas dacorrer avec la place que vous aveus donne a joseph kabila ,qui ne pas le vrai fils du presidant kabila.il es le fils adopetif du president kabila.son vrai pere s'appelle ...et joseph s'etaint bouroudien il vien du bouroudi. auvre les yeux la pobulasion congolais.

Posté par fiston, 11 février 2008 à 20:27

declaration

Kabila est le fils du pays. si non car tous ses vieuillars qui etaint au tour de luis allaint predre le pouvoir meme par force.
mais perssonne ne l'afait. ils ont plus tot attendu kabila qui venait de loin pour prendre le pouvoir et reclamer apres. a qui la faute?
donnez raison a monsieur raison. chacun de nous connait qui est kabila.merci

Posté par dalia, 17 avril 2008 à 16:48

le congo

maintenant je suis fiere de mon pay avec les 5 chantiers de notre president joseph KaBILA.

Posté par mc, 10 juillet 2008 à 17:31

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