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Le Blog du Congolais

analyses politiques sur la situation au congo kinshasa

28 février 2006

Questions directes à « Jules Kongolo »

Tiré de "CongoIndépendant"

Il ne s’appelle pas Jules Kongolo. C’est un pseudonyme adopté par un de nos correspondants particuliers qui préfère garder l’anonymat compte tenu de ses activités professionnelles. L’homme a travaillé à la Gécamines. Il commente notamment le contenu du rapport de la Commission Lutundula.

« Les contrats les plus scandaleux, notamment sur la Gécamines Kolwezi, ont été négociés durant la période de transition. Le cancer du pillage s‘est métastasé »

       Quel est votre commentaire après la publication du rapport de la Commission Lutundula ? 

J’ai lu le rapport dans son entièreté. Mais on ne répétera jamais assez que le Congo, béni pour l’abondance de ses ressources naturelles éprouve des difficultés à les gérer et à en tirer profit.

Le travail accompli par cette Commission Lutundula résulte de 6 mois d’enquêtes pour 3 années de mandat calqué sur la durée de la transition.  Le fameux rapport n’est pas définitif. Il n’est que le premier cliché des contrats à caractère économique conclus dans le contexte spéculatif de la guerre de 1996 à juin 2003. A preuve,  les rédacteurs du rapport demandent l’extension de leur mandat à la période de la transition parce que les contrats les plus scandaleux, notamment sur la Gécamines Kolwezi, ont été marchandés en période de transparence ! Et sous les yeux de nous tous. Cette escalade dans la perversion, parallèlement  à la démocratisation, appelle à plus de vigilance surtout après l’installation d’un pouvoir qui sera issu des élections. On sait déjà qu’on élira les opérateurs politiques actuels. Et on les voit à l’œuvre !

Pouvez-vous donner quelques faits qui ont retenu votre attention ?

Un indice : les parlementaires parlent des pressions qu’ils ont subies. Et s’il y a eu des menaces, cela laisse supposer qu’il y a eu de la corruption…  Mais les députés ont finalement été courageux assez que pour solliciter la poursuite des investigations. Les corrupteurs impénitents n’auront bénéficié que d’un court répit. De même, les députés ne sont pas des experts et ils ont donné des avis largement modérés sur la validité de certains contrats sans avoir pu les auditer. Maintenant, les portes sont ouvertes pour des apports d’informations et d’ analyses, au-delà de l'abrogation pure et simple ou la renégociation de 16 contrats, au-delà de l’ ouverture d’ enquête contre 28 sociétés et des poursuites en justice contre 17 personnes.

La Commission « Grands Lacs » du Sénat belge  aurait  refusé  de fournir à la la Commission Lutundula des éléments en sa possession sur les pillages des ressources de la RD Congo. Pensez-vous que cette Commission belge a quelque chose à cacher ?

Non, la coquille était vide ! Cette Commission avait des visées politiques belgo-belges et elle avait arrêté ses travaux à cause des échéances électorales sans avoir eu accès aux archives du Panel de l’ONU sur le Pillage à l’appui des deux rapports de 2002 et 2003. Mais ne nous trompons pas d’objectif. La malfaisance économique est réelle pour le passé. Ce qui importe, c’est de créer une dynamique de nature à bouter dehors les « brigands » et à  amener les futurs dirigeants  à conformer leurs conduites aux principes directeurs de l’ OCDE. Et ce, même si le Congo n’en est pas signataire. Il faut de la transparence dans les négociations, les projets, les activités et les résultats. Il faut s’écarter de la corruption, des avantages irréguliers et de l’intimidation à l’encontre de ceux qui les dénoncent. Il faut surtout ouvrir les yeux. La situation a empiré malgré le Panel de l’ONU, et en dépit la Commission Lutundula. Votre journal avait jugé les propositions de Robert Crem trop radicales, car il soutient notamment la mise sous tutelle de toutes ces sociétés d’Etat. Mais on ne sera jamais sévère assez ! Le cancer du pillage s‘ est métastasé. Il ne faut plus traiter de la question avec des pincettes.

     Que savez-vous exactement sur les contrats léonins signés en matière minière au détriment de la Gécamines et de l’Etat congolais ? Pouvez-vous citer des cas ?

La Commission Lutundula a rendu un avis sans appel contre la Gécamines dans ses négociations : irresponsabilité, faiblesse, corruption, ingérence des politiques. Tous les contrats sont fondamentalement illicites. Je dis bien tous les contrats. La bête étant mourante, même les pigeons sont devenus des vautours!

Que savez sur la société AFRITALIA d’un certain Zunino ?

C'est un Italien qui avait été introduit à la Gécamines par les Mobutu en bénéficiant d'un contrat juteux de transport de cuivre par la route. Du jamais vu  à l'époque. Il en est résulté un endettement. Le rapport Lutundula énumère ce type de contrats par lesquels des prétendus créanciers de la Gécamines ont obtenu des mines ou des usines ou des produits à commercialiser pour se faire rembourser. C’est de la magouille inacceptable, car cela a désavantagé la communauté des créanciers, favorisé des rémunérations occultes et marginalisé les capacités de gestion de la Gécamines.

      Pour avoir dénoncé l’exportation frauduleuse des minerais de la Gécamines par des sujets indo-pakistanais, le journaliste Jean-Jacques Luboya a été arrêté et libéré. Selon vous, qui protège ces milieux ?

Il n’ y a pas que les Indo-pakistanais. Il y a davantage de Chinois au Katanga! Le « péril jaune » est réel. Ces gens débarquent par dizaines chaque vol. Mais ils sont protégés par toutes les composantes politiques à commencer par le PPRD. La seule société Chemaf avait rémunéré l’ancien ministre des Mines de la composante Opposition politique pour acquérir la mine de l’Etoîle.  Elle paie des délégués du MLC. Et dernièrement, elle a acquis de gré à gré l’Hôtel Karavia, ce palace de 5 étoiles, des mains des ministres RCD. La gangrène est générale avec des opérateurs qui détiennent  des dossiers noirs sur le personnel politique. Au résultat, il n’ y a plus d’autorité véritable et on ne refuse rien aux Asiatiques, jusqu’à des violences contre les Nationaux.

     Deux frères Hammoud (Ali et Mohamed) ont été également cités dans ce trafic illicite via le poste frontière de Kasumbalesa 

C’est là un fait divers. Le véritable pillage est devenu légal avec des partenariats qui ne rapportent rien de consistant à la Gécamines ou à l’Etat. Ceux qui ne trafiquent pas paient des taxes ridicules de 1 à 2% sur les valeurs exportées, avec, en plus un crédit de deux mois! Mais le fait que des frères libanais ont alimenté la chronique est révélateur de toute la perversion de la gestion minière actuelle. On a multiplié les opérateurs au point de rendre impossible le suivi et le rendement financier de ces opérations pour l’Etat. C'est de la prostitution. Le Pays a besoin d'investisseurs sérieux. Pas de gens qui viennent apprendre le métier des mines et y constituer leurs capitaux. Ce type de facilités devrait être toléré pour les seuls Congolais.

      Lors de sa déposition devant la Commission « Grands Lacs », George Kimba Mukasa avait accusé le Groupe Malta Forrest de piller le minerai de germanium devant à revenir à la Gécamines. Qu’en savez-vous à ce sujet  sur  ce minerai ?

Le germanium est l’arbre qui cache la forêt. Je veux dire le caillou qui cache la montagne des scories de Lubumbashi. Forrest, dans le groupement GTL/STL, avait manoeuvré pour réduire la participation de la Gécamines à 20% du capital. De plus,  la Gécamines ne bénéficiera de ses dividendes qu’après le rachat de ses parts, ce qui nécessitera 8 à 15 ans, ou la durée totale du projet. Incroyable, n’est-ce pas ? De plus, l’usine a été conçue pour détourner la valeur ajoutée, car on n’y produit que 15% de cobalt tandis que le raffinage final se fait en Finlande. C’est là qu’on récolte le fameux germanium avec le cobalt commercialisé. Les bénéfices se partagent à Jersey au profit d’une filiale de Forrest logée au paradis fiscal luxembourgeois. Ce dossier est devenu un modèle du genre.

Que faire ?

Je pense, comme la Commission Lutundula, qu'on doit interdire les sociétés off-shores ou qui ne sont pas cotées en bourse. On doit imposer dans tous les projets des rendements égaux ou supérieurs à ceux de la Gécamines qui faisait du cuivre et du cobalt à 99,9%. Et si cela ne peut se faire, les produits devraient rester la propriété du Congo et soumis au traitement  façon à l’extérieur du pays pour que le Congo encaisse finalement la plus-value de la commercialisation et l’impôt sur les bénéfices. Cette formule est minimale, car elle s’appliquait déjà à la Métallurgie belge de Hoboken de l’ Union Minière ! Et lorsqu'on glorifie ce genre d'investissements, en réalité on est tombé très bas.

Propos recueillis par B. Amba Wetshi

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27 février 2006

Jr Kabila : pourquoi sommes-nous descendus si bas ?

Dans une interview ou plutôt un roman dicté au "professeur" Kin Kiey Mulumba patron du journal le soft, nous avons épinglé un passage que nous vous retranscrivons afin de vous rafraîchir la mémoire :
"«Je croyais qu’on m’attaquerait sur des questions de gestion d’État et de l’Etat… Mais si on descend si bas...».
«J’ai déjà sacrifié ma jeunesse pour notre pays. Je suis prêt à poursuivre le sacrifice», me déclare le Président."

Ce passage m’a fait sursauter car il insinuer que Junior Kabila fils de son père n’a rien à se reprocher dans la gestion de l’état. Effectivement « je ne descendrais pas si bas » pour m’interroger sur sa filiation, et je lui concède qu'elle n’est pas d’un intérêt vital pour la RDC. Le Congo n’étant pas à ce que je sache un royaume, les questions de coucheries ne sont vraiment pas d’un intérêt vital.
Les doutes sur la filiation ont émergé quand on a vu le comportement de l’homme face à nos envahisseurs, les rwandais. Il est effectivement perturbant de voir un chef d’état d’un pays agressé par l’étranger garder le silence, et ne prendre que des initiatives imparfaites pour ne pas dire contradictoire.
Envoyer des troupes sans armes face à l’armée rwandaise organisée et moderne alors qu’il savait parfaitement ce qu’est l’armée rwandaise pour avoir fait ses armes dedans.
Il est perturbant de voir que tout le gouvernement se contente des molles condamnations face aux exactions de Nkundabatware contre la population congolaise, face aux crimes des FDLR contre les villageois congolais, face aux agissements des rebelles du Nord Katanga...
Pire comment voulez-vous qu’un citoyen lambda ne s’interroge sur la nationalité de son chef d’état quand il est évident ce dernier ne s’intéresse pas aux malheurs qui le frappe. En 2005 une série de catastrophe aérienne ont eu lieu à travers tout le pays emportant des nombreuses vies humaines, aucune mesure prise, aucune enquête, aucune explication, aucune déclaration même de compassion de la part du premier congolais. Catastrophe au Mali, qu’apprenons nous, le président dépêche son conseiller spécial au mali avec un don de plusieurs millier d’euro, un musicien se fait arrêter pour trafic d’être humain, et voila que le président débloque des milliers d’euro pour payer sa caution.
Naufrage de bateau sur le fleuve Congo, plusieurs vis humaines perdus, de vrais fils du Congo, pas même un message pendant 3 jours, il faut des réactions de colère pour que le congolais qui nous gouverne se sente concerné. Et j’en passe et des meilleurs…
Non messieurs excusez nous de descendre si bas, mais face à l’inexplicable, face à l’ignominie, nous ne pouvons que chercher des explications de plus en plus bas car plus haut on n’en trouve pas. Et personne ne trouve nécessaire de nous en fournir. Soyez encore heureux que nous ne vous ayons pas encore traité d’enfant sorcier car il y a un moment que vous n’êtes plus un enfant.

Voici ici des morceaux choisis des déclarations attribuées à Junior Kabila, en tant que "croyant", nous ne nous permettrons donc pas de douter de leur authenticité.

" Si le veilleur reste éveillé, il trouvera une opportunité.

Quand ce vendredi 17 février au matin, je suis assis dans l’un des salons du Président de la République - la pièce où le Chef de l’État reçoit les lettres de créance des Ambassadeurs et autres représentants des monarques étrangers - je réalise que la partie finit par s’offrir à qui sait se montrer patient.

À l’heure dite, le membre du service du protocole qui m’a accueilli, 400 mètres plus loin, depuis mon arrivée dans ce Palais de la Nation, m’a précédé pour m’introduire dans ce bureau austère aux chaises art-déco qu’anime une télé nue, est le même qui m’invite à le suivre en ouvrant la double porte capitonnée du bureau de travail du Président de la République.

Je n’avais jamais vu Kabila avant en dehors de la télévision.

L’homme qui se dresse là, debout à un coin de sa table de travail, des feuilles blanches à la main que je soupçonne renfermer son allocution du lendemain qu’il prononcera devant le président en exercice de l’UA, le Brazza-congolais Denis Sassou-Nguesso et le Sud-africain Thabo Mbeki, le ministre angolais des Affaires étrangères, Joao de Miranda et des représentants de l’UE, est la copie conforme de ce que j’ai toujours vu à la télé.

Qu’elle est tout de même magnifique la télé. Le Président que je vois là est le même que je vois dans la lucarne.

«Professeur Kin-kiey», il s’adresse à moi comme s’il me connaissait de longue date! Comme j’aime à être appelé. Il est si aimable, Monsieur le Président…

À mon tour, j’ai la nette impression de le connaître depuis des lustres. Un psy y verrait un commentaire. J’aimerais savoir lequel.

Quand il traverse toute sa suite de bureaux pour m’accompagner jusqu’à l’escalier qui conduit au rez-de-chaussée, je sens que cet homme m’a vaincu.

Dans le passé, j’ai rencontré des monarques, grands et petits, blancs et noirs, je trouve ce Président grand. Ceux qui le disent timide ont tort: il paraît être d’une culture achevée. Mobutu savait à peine parler quand il prit le pouvoir. Plus tard, il deviendra l’un des plus grands hommes de la terre.

J’ai appris que Kabila se rendait à son poste de travail tôt le matin, parfois dès 7 heures, lui-même au volant de son tout-terrain, et ne le quitte qu’à des heures tardives.

Il m’avait été dit qu’il me recevrait à 7 heures et le haut fonctionnaire qui m’a donné la nouvelle au téléphone m’a paru embarrassé de me faire venir à une pareille heure.

La veille, lors de la confirmation de la rencontre, on me fit savoir que le rendez-vous avait été repoussé d’une heure et que ce sera à 8 heures. Le Président avait dû avoir un premier rendez-vous urgent à sa résidence à cinq minutes de là, où il reçoit aussi.

On vînt m’extraire de la salle d’attente du chef du protocole peu avant 8 heures à peine qu’une camionnette militaire de GSSP faisant partie de l’escorte présidentielle venait de faire son entrée dans l’enclos du Palais.

Dix minutes plus tard, j’étais face à Joseph Kabila Kabange.

Si le veilleur reste éveillé, il trouvera une opportunité.

Quand ce vendredi 17 février au matin, je suis assis dans l’un des salons du Président de la République - la pièce où le Chef de l’État reçoit les lettres de créance des Ambassadeurs et autres représentants des monarques étrangers - je réalise que la partie finit par s’offrir à qui sait se montrer patient.

À l’heure dite, le membre du service du protocole qui m’a accueilli, 400 mètres plus loin, depuis mon arrivée dans ce Palais de la Nation, m’a précédé pour m’introduire dans ce bureau austère aux chaises art-déco qu’anime une télé nue, est le même qui m’invite à le suivre en ouvrant la double porte capitonnée du bureau de travail du Président de la République.

Je n’avais jamais vu Kabila avant en dehors de la télévision.

L’homme qui se dresse là, debout à un coin de sa table de travail, des feuilles blanches à la main que je soupçonne renfermer son allocution du lendemain qu’il prononcera devant le président en exercice de l’UA, le Brazza-congolais Denis Sassou-Nguesso et le Sud-africain Thabo Mbeki, le ministre angolais des Affaires étrangères, Joao de Miranda et des représentants de l’UE, est la copie conforme de ce que j’ai toujours vu à la télé.

Qu’elle est tout de même magnifique la télé. Le Président que je vois là est le même que je vois dans la lucarne.

«Professeur Kin-kiey», il s’adresse à moi comme s’il me connaissait de longue date! Comme j’aime à être appelé. Il est si aimable, Monsieur le Président…

À mon tour, j’ai la nette impression de le connaître depuis des lustres. Un psy y verrait un commentaire. J’aimerais savoir lequel.

Quand il traverse toute sa suite de bureaux pour m’accompagner jusqu’à l’escalier qui conduit au rez-de-chaussée, je sens que cet homme m’a vaincu.

Dans le passé, j’ai rencontré des monarques, grands et petits, blancs et noirs, je trouve ce Président grand. Ceux qui le disent timide ont tort: il paraît être d’une culture achevée. Mobutu savait à peine parler quand il prit le pouvoir. Plus tard, il deviendra l’un des plus grands hommes de la terre.

J’ai appris que Kabila se rendait à son poste de travail tôt le matin, parfois dès 7 heures, lui-même au volant de son tout-terrain, et ne le quitte qu’à des heures tardives.

Il m’avait été dit qu’il me recevrait à 7 heures et le haut fonctionnaire qui m’a donné la nouvelle au téléphone m’a paru embarrassé de me faire venir à une pareille heure.

La veille, lors de la confirmation de la rencontre, on me fit savoir que le rendez-vous avait été repoussé d’une heure et que ce sera à 8 heures. Le Président avait dû avoir un premier rendez-vous urgent à sa résidence à cinq minutes de là, où il reçoit aussi.

On vînt m’extraire de la salle d’attente du chef du protocole peu avant 8 heures à peine qu’une camionnette militaire de GSSP faisant partie de l’escorte présidentielle venait de faire son entrée dans l’enclos du Palais.

Dix minutes plus tard, j’étais face à Joseph Kabila Kabange.

Si le veilleur reste éveillé, il trouvera une opportunité.

Quand ce vendredi 17 février au matin, je suis assis dans l’un des salons du Président de la République - la pièce où le Chef de l’État reçoit les lettres de créance des Ambassadeurs et autres représentants des monarques étrangers - je réalise que la partie finit par s’offrir à qui sait se montrer patient.

À l’heure dite, le membre du service du protocole qui m’a accueilli, 400 mètres plus loin, depuis mon arrivée dans ce Palais de la Nation, m’a précédé pour m’introduire dans ce bureau austère aux chaises art-déco qu’anime une télé nue, est le même qui m’invite à le suivre en ouvrant la double porte capitonnée du bureau de travail du Président de la République.

Je n’avais jamais vu Kabila avant en dehors de la télévision.

L’homme qui se dresse là, debout à un coin de sa table de travail, des feuilles blanches à la main que je soupçonne renfermer son allocution du lendemain qu’il prononcera devant le président en exercice de l’UA, le Brazza-congolais Denis Sassou-Nguesso et le Sud-africain Thabo Mbeki, le ministre angolais des Affaires étrangères, Joao de Miranda et des représentants de l’UE, est la copie conforme de ce que j’ai toujours vu à la télé.

Qu’elle est tout de même magnifique la télé. Le Président que je vois là est le même que je vois dans la lucarne.

«Professeur Kin-kiey», il s’adresse à moi comme s’il me connaissait de longue date! Comme j’aime à être appelé. Il est si aimable, Monsieur le Président…

À mon tour, j’ai la nette impression de le connaître depuis des lustres. Un psy y verrait un commentaire. J’aimerais savoir lequel.

Quand il traverse toute sa suite de bureaux pour m’accompagner jusqu’à l’escalier qui conduit au rez-de-chaussée, je sens que cet homme m’a vaincu.

Dans le passé, j’ai rencontré des monarques, grands et petits, blancs et noirs, je trouve ce Président grand. Ceux qui le disent timide ont tort: il paraît être d’une culture achevée. Mobutu savait à peine parler quand il prit le pouvoir. Plus tard, il deviendra l’un des plus grands hommes de la terre.

J’ai appris que Kabila se rendait à son poste de travail tôt le matin, parfois dès 7 heures, lui-même au volant de son tout-terrain, et ne le quitte qu’à des heures tardives.

Il m’avait été dit qu’il me recevrait à 7 heures et le haut fonctionnaire qui m’a donné la nouvelle au téléphone m’a paru embarrassé de me faire venir à une pareille heure.

La veille, lors de la confirmation de la rencontre, on me fit savoir que le rendez-vous avait été repoussé d’une heure et que ce sera à 8 heures. Le Président avait dû avoir un premier rendez-vous urgent à sa résidence à cinq minutes de là, où il reçoit aussi.

On vînt m’extraire de la salle d’attente du chef du protocole peu avant 8 heures à peine qu’une camionnette militaire de GSSP faisant partie de l’escorte présidentielle venait de faire son entrée dans l’enclos du Palais.

Dix minutes plus tard, j’étais face à Joseph Kabila Kabange. "
Pour le reste aller sur le www.softonline.com

Désiré Katompa
2006-02-25 15:04:11

Posté par congomania à 11:39 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

UDPS : tous les combattants doivent s'enregistrer comme candidats

La radiookapi.net, radio de la Monuc qui émet sur tout le territoire de la RDC et sur Internet a annoncé ce week-end que Malu Malu a, lors d'une rencontre avec les représentants des partis politiques, confirmé sa décision de ne pas rouvrir les bureaux d'enrôlement. Dans ces deux provinces où semble-t-il le mot d'ordre de boycott de l'enrôlement a été le plus suivi d'effet, cette décision représente une catastrophe.
Cette déclaration consacre l'échec des négociations entre l'UDPS, le CIAT et le pouvoir organisateur des élections. L'heure n'est plus aux plaintes (auprès de qui? puisque c'est une décision collégiale Malu² n'étant que le porte drapeau d'une décision qui le dépasse), ni aux pressions de la rue contre la CEI ou qui que ce soit d'autre (ils s'y sont préparé, et cela ne fera que nous distraire pendant que l'heure tourne), et encore moins à choisir le boycott de ces élections (il est évident que c'est le but de cette manoeuvre pousser l'UDPS à s'exclure elle-même).

Il faut absolument trouver les voies et moyens de contourner cette obstacle délibérément dressée devant l'UDPS, afin de l'exclure en douceur de ces élection et permettre au PPRD et ses acolytes de rempiler pour une légitimation de leur mandat.
Sur ce même site nous avions écrit dès le 09 janvier 2006 dans l'article intitulé "UDPS vs CEI : La guerre des nerfs!" que:
"La volonté d’implication de l’UDPS dans ce processus électoral n’était pas prévu dans les calculs des adversaires de ce parti. En prenant cette décision saluée par le peuple, le président de ce parti et son entourage avaient, je l’espère, prévu la guerre des tranchées qu’ils allaient provoquer et dans laquelle nous sommes engagés aujourd’hui...
Malu Malu et sa CEI ont choisi de donner une réponse négative à la requête de l’UDPS de réouverture des bureaux afin d’enrôler leurs militants et sympathisants, mais pour sauver les apparences ils ont laissé une brèche en permettant aux seuls candidats de s’enrôler au moment du dépôt de leur candidature.
..., il faut que l’UDPS et toute l'opposition non institutionnelle s’attellent à utiliser de manière efficace la brèche qu'a bien voulu lui laisser "la magnanime CEI". Tous les combattants et sympathisants qui ne se sont pas enrôlés doivent s’enregistrer comme candidat dans leurs communes. Le nombre de candidats n’étant pas limité par la loi électorale, il n’y a donc aucune entrave juridique à la démarche. Les mandats à briguer étant multiples, il y a de la marge... "
La politique est un sport d'homme, deviner les coups de l'adversaire permet de les parer sans devoir systématiquement avoir des chocs frontaux avec lui. Nous avons déjà depuis longtemps intégré l'idée qu'aucun des intervenant dans l'organisation de ces élections ne veut de l'UDPS à la fête. Leurs déclarations ne nous ont jamais dupées. Chacune de leur prise de position face à la crise lors de cette transition l'a montré clairement. Ils savent tous que si l'UDPS se lance dans la bataille électorale avec la loi électorale qu'ils ont votée rien ne pourra empêcher le raz de marrée électoral (tsunami électoral).
La catastrophe sociale du Congo ne peut profiter qu'à Tshisekedi et son parti. Aucun stratège politique sérieux ne peut contester cela. La victoire du Hamas en Palestine ne peut s'expliquer autrement que par cette théorie. Corruption du pouvoir, marasme social, oppression des israéliens pour le citoyen lambda, c'est la faute aux gens qui sont au pouvoir, donc ne leur donnons plus nos voies, conclusions quel que soit le beau discours, vote sanction.
L'UDPS doit faire son congrès, au cours duquel chaque section devra apporter la liste de ses combattants qui n'ont pas leur carte d'électeur. Avec ces listes le parti pourra chiffrer le coût que représenterait l'inscription de tout ce monde comme candidat sur les différentes listes UDPS à travers le pays. Une décision sera prise en fonction de ce chiffre.
D'où viendra l'argent? Du même endroit que celui qu'on était prêt à payer pour financer la réouverture des bureaux dans les deux Kasaï. Au cas où cette somme ne suffirait pas, les combattants doivent emprunter la caution exigée sans hésiter. Il est impératif que chaque combattant non-enrolé se fasse candidat. Dans tous les cas une fois la victoire acquise, une loi sera votée pour la restitution de cette caution illégitime et injuste.
La présence de l'UDPS à ces élections n'est pas négociable et est inconditionnelle pour nous le peuple épris de paix et de changement. Cette troisième république est le fruit du sacrifice de l'UDPS, il représente la victoire de ses idéaux et le triomphe de son combat. Il est grand temps que tous les combattants de l'UDPS et surtout ses cadres dirigeants intègrent aussi cette évidence et prennent leurs responsabilités et, je cite:
"...conduisant le Peuple congolais, épris de paix et de changement, à la victoire finale lors des prochaines élections..."

Désiré Katompa
2006-02-26 13:01:48

Posté par congomania à 11:29 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 février 2006

complot international visant à l'élimination physique du président national de l'Udps, M.Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

Par Bamporiki Chamira

La Tempête des Tropiques.
Édition N° 2901 du 22 FEVRIER 2006

Nous avons publié dans notre livraison d'hier mardi un article
d'information générale sur l'existence d'un complot international visant à
l'élimination physique du président national de l'Udps, M.Etienne Tshisekedi wa
Mulumba.

Des sources dignes de foi proches des associations des Congolais de
l'étranger basées en France, en Belgique et aux Etats-Unis attestent
que les exécuteurs de ce complot sont recrutés dans les pays membres de l'Union
européenne où des lobbies politiques et financiers intéressés aux
ressources naturelles de la RDC leur assurent moyens d'action et protection.

Le commentaire dont notre article d'information d'hier est assorti
indique que le complot ourdi en Occident contre Etienne Tshisekedi prévoit de
faire subir à celui-ci le même triste sort réservé à l'époque à feu Patrice
Emery Lumumba, le premier Premier ministre du Congo indépendant.

Pour casser la dynamique populaire.

Autant l'Occident avait décidé de faire taire définitivement Patrice
Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila pour l'empêcher de gagner le peuple
congolais à leurs thèses nationalistes, autant le même Occident veut
réduire aujourd'hui Etienne Tshisekedi au silence pour casser la dynamique
populaire qui se développe sans cesse au pays pour l'établissement d'un Etat de
droit, de la démocratie pluraliste et du progrès social.

Pour avoir découvert et dénoncé le premier les vices cachés dans la
locomotive de la transition, les opérations préélectorales, le projet
du texte constitutionnel soumis au référendum des 18 et 19 décembre 2005,
le projet de loi électorale, les rouages administratifs et les équipements
informatiques de la Commission électorale indépendante, le président
national de l'Udps devient un ennemi personnel de l'Occident, un homme
à abattre à tout prix!

D'après des informations en notre possession, tout est prévu pour
l'accomplissement de la sale besogne.

D'abord à Kinshasa. L'Occident a monté des scenarii qui prévoient
l'assassinat d'Etienne Tshisekedi par des transfuges de son parti qu'on
ferait passer pour des fanatiques déçus ou pour des fous drogués au
cours de ses meetings qui drainent habituellement des foules immenses vers les
stades de la capitale.

A défaut de l'atteindre au cours de ses nombreuses sorties dans la
capitale pendant la campagne électorale, les mêmes scenarii envisagent de
l'abattre à domicile par des tueurs professionnels surmotivés et protégés.

Un traitement spécial.

Ensuite, dans l'arrière-pays, l'Occident prévoit l'assassinat du leader
de l'Udps en régions et plus particulièrement dans le Grand Kasaï pour
accréditer la thèse selon laquelle il serait devenu très impopulaire
dans ce que l'on peut considérer, jusqu'à preuve du contraire,son
inconditionnel fief électoral. A cette importante étape de sa campagne électorale. Les
auteurs des plans ad hoc utiliseraient les clivages éthniques et les
conflits de terres qui persistent dans certaines contrées de la région.

Dans les anciennes provinces dévastées par les rébellions, les milices
locales ou étrangères et là où les désordres règnent encore dans les
rangs des forces régulières,les plans prévoient de faire suivre chaque
déplacement d'Etienne Tshisekedi par des éléments armés isolés et prêts donc à tuer
moyennant de l'argent.

Il y a lieu de signaler ici que les plans échafaudés par l'Occident
pour éliminer physiquement le président de l'Udps réservent à celui-ci un
traitement spécial à l'étape du Katanga où Patrice Emery Lumumba et ses
compagnons d'infortune furent assassinés le 17 janvier 1961 et où les
originaires du Kasaï sont de tout temps voués à la persécution.

Mais ce n'est pas tout car les mêmes plans prévoient également le
sabotage de tout moyen de locomotion qu'Etienne Tshisekedi pourrait emprunter au
cours de sa campagne électorale dans l'arrière-pays, l'empoisonnement
par des contacts directs ou à distance lors des bains de foules, les
banquets et autres réjouissances populaires, etc.

L'histoire nous rappelle...

Nous avons souligné plus haut que l'Occident prévoit tout à travers ses
plans contre la vie d'Etienne Tshisekedi, mais cela ne s'est pas fait
sans faute.

En effet, tous les scénarii ont été conçus sans soulever la question
vitale ayant trait notamment aux conséquences que pourrait entraîner
l'assassinat prémédité du leader de l'Udps.

L'histoire du pays nous rappelle que la rébellion muléliste s'est
produite suite au renversement du gouvernement légitime de Lumumba et à
l'assassinat de celui-ci à l'initiative de l'Occident.

Qu'est-ce qui peut empêcher de croire que l'assassinat de ce grand
homme auquel l'immense majorité du peuple congolais s'identifie peut être
très lourd de conséquences néfastes pour le pays et le reste du monde?

Contre toute attente, les informations circulant de bouche à oreille
sur ce projet criminel à Kinshasa et en provinces suscitent déjà un mouvement
sans précédent au sein des masses populaires qui attendent des consignes
précises pour réagir à la provocation de l'Occident.

Les Etats du Nord (Europe et Amérique) qui ont le sens de l'histoire se
souviendront encore longtemps de l'assassinat à l'université de
Sarajevo de l'archiduc de la Serbie qui fut l'une des causes directes du
déclenchement de la première guerre mondiale en 1914.

L'archiduc assassiné avait été un prince bien aimé de son pays comme
Etienne Tshisekedi est un grand leader politique aimé et respecté du peuple
congolais toujours prêt à se sacrifier pour les causes nobles qu'il
défend en son nom.

Puisse l'Occident en tirer les conséquences qui s'imposent.

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23 février 2006

TANGO MORTEL ENTRE KABILA ET FORREST

Comment le Congo dilapide ses richesses

La profonde misère du Congo contraste violemment avec l'abondance de ses richesses minières. Mais à qui profitent cuivre, cobalt, uranium? MO* a pu consulter deux contrats miniers ainsi qu'un rapport secret. Conclusion: le Congo est pillé. Parmi les acteurs principaux : George Forrest. La Belgique laisse faire...

visiter le site du magazine MO www.mo.be (en Flamand!)

Si tout va bien, et pour la première fois depuis 40 ans, des élections se tiendront d'ici peu au Congo. Près de 26 millions de citoyens se sont inscrits pour ce scrutin, une performance exceptionnelle dans un pays sans réseau routier digne de ce nom. Pirogues, tout-terrains ou hélicoptères ont acheminé le matériel nécessaire pour le vote (ordinateurs, générateurs, combustibles...) vers les régions les plus éloignées, afin de permettre un enregistrement sécurisé des électeurs, avec une photo et deux empreintes digitales. « Un cauchemar transformé en miracle », décrit Ross Mountain, représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations Unies au Congo. La mission de l'ONU sur place (Monuc) comprend 23.000 personnes, dont 17.000 militaires. Les bailleurs de fonds ont déboursé 450 millions d'euros pour l'organisation des élections. La Belgique a mis 16 millions sur la table.

Le grand espoir des Congolais ? Que les élections conduisent à une meilleure gestion du pays. Car les besoins sont énormes: pauvreté criante, parents qui doivent encore pallier aux traitements des enseignants, soins de santé très médiocres... Aujourd'hui, la communauté internationale supporte déjà 60 % du budget de l'Etat, et pourrait augmenter sa mise si les élections se passent bien. Début février, le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht promettait ainsi un doublement de l'aide belge au Congo.

Mais ce pays ne peut pas continuer à importer avec l'argent reçu. Il doit donc lui-même exporter. Or il n'est pas évident pour un pays d'être compétitif au niveau international avec une infrastructure extrêmement défectueuse et une population très peu qualifiée. Reste l'atout majeur du Congo : son sous-sol très riche en matières premières, et indispensables au reste du monde. Mais le véritable scandale est là : les Congolais n'ont, jusqu'à présent, quasiment pas pu jouir des richesses minérales de leur pays. Pendant la période coloniale, c'étaient les Belges qui en profitaient. Au cours de l'ère Mobutu, c'est le président-fondateur qui vidait les caisses de l'Etat.

Tout ira-t-il mieux après les élections? Le riche sous-sol permettra-t-il au pays d'entreprendre sa reconstruction ? Pour y répondre, direction le Katanga, qui regorge de matières premières et qui a, depuis toujours, alimenté les caisses de l'Etat. Les circonstances externes n'ont jamais été aussi favorables qu'aujourd'hui, vu la demande des géants en croissance que sont la Chine et l'Inde, et la hausse consécutive du prix de ces matières.

Définition du pillage
Selon le FMI, environ un cinquième de la population congolaise est dépendante d'une exploitation minière artisanale ou informelle. Ainsi, 800.000 personnes travaillent dans le secteur du diamant, 60.000 dans ce qu'on appelle la ceinture de cuivre katangaise. Une visite à la mine à ciel ouvert de Ruashi - à 20 km de la capitale du Katanga Lubumbashi - souligne le caractère primitif de l'exploitation artisanale. Des jeunes gens creusent et rejettent la terre avec de simples pelles sous un soleil de plomb, à la recherche de portions de sous-sol riches en minerais. Des enfants parfois pas plus âgés que huit ans sont astreints à des corvées et des travaux manuels pour quelques centimes d'euro. Les mottes de terre contenant le minerai sont mises en sac et transportées jusqu'à la route, où des intermédiaires - les négociants - les chargent pour les transporter vers les comptoirs. Le travail est dangereux et malsain. De plus, les Congolais ne retirent pas grand chose de cette exploitation sauvage. En 2004, les creuseurs ont reçu 1000 dollars par tonne de cobalt, alors que sa valeur sur le marché mondial est de 55.000 dollars. De cette manière, la richesse minière n'offre pas une base solide à un développement durable du Congo. Elle ne permet pas de construire des routes ou de payer des enseignants.

La commission sénatoriale belge consacrée au pillage des matières premières du Congo (2003) définissait le pillage comme « une exploitation des richesses du Congo qui ne profite pas ou pas assez aux Congolais ou à l'Etat ». Cette définition est ici tout à fait de mise. Une grande partie du minerai quitte le pays sans aucune forme de transformation ou de taxation vers la Zambie, l'Afrique du Sud et de là vers le marché mondial. La Chine est devenue le premier point de chute. Les fournisseurs de la société belge Umicore, comme l'entreprise indienne Chemaf, ponctionnent également leur minerai brut dans ce circuit. « Des enfants y travaillent, ce qui met mal à l'aise la direction d'Umicore. Celle-ci tente d'y remédier via des clauses contractuelles, nous dit Marc-Olivier Herman de l'ONG Broederlijk Delen. C'est une première étape. Mais le chemin est encore long ». La Belgique émet de solides critiques à l'égard du rôle des Chinois dans ce commerce. « Or le groupe Forrest achète également aux négociants, mais là, la Belgique se tait », dit Herman.

La Belgique veut introduire un système qui puisse rendre traçable le minerai congolais, et ainsi isoler les flux illégaux. Elle soutient aussi des projets qui devraient, à terme, réduire le travail des enfants dans les mines et progressivement réintroduire les creuseurs dans le circuit formel des mines.

Les années de liquidation
Il n'en a pas toujours été ainsi. Jusqu'en 1990, l'entreprise d'Etat Gécamines, qui possédait tous les droits miniers au Katanga, était la vache à lait des autorités, avec un tiers des revenus de l'Etat. Le secret de cette grande rentabilité résidait dans le fait que les minerais récoltés étaient raffinés sur une grande échelle au Congo même. C'était une autre époque.
La Gécamines ne produit plus que 20.000 tonnes de minerai de cuivre, comparées aux 470.000 tonnes de 1985. Une mauvaise gestion, le pillage par Mobutu, le chaos institutionnel durant la guerre, ont conduit à l'écroulement de la Gécamines, avec toutes ses conséquences pour plus de 30.000 membres du personnel de l'époque. A l'heure actuelle, 12.000 personnes y travaillent encore et le nouveau patron a annoncé début février 2006 que la moitié était excédentaire. En 2004, Gécamines payait 450.000 dollars d'impôts. C'est négligeable par rapport aux centaines de millions que l'entreprise rapportait précédemment.
Au cours des dix dernières années, des parts de Gécamines ont été progressivement privatisées via des joint ventures, l'entreprise apportant chaque fois les droits miniers et les partenaires privés de l'argent. En 2004, ces joint ventures ont produit 12.000 tonnes de minerai de cuivre et le raffinage a rarement dépassé 20 %. Au cours de la même année, la production totale de minerai de cobalt atteignait presque, avec ses 9.000 tonnes, le niveau des années 80. Ces dernières années, l'exploitation minière au Katanga s'est fortement orientée vers le cobalt parce qu'il rapporte plus à court terme.

Ces joint ventures ont été conclues d'une manière particulièrement opaque et chaotique. Au cours des années de guerre 1996-1998, Laurent-Désiré Kabila, le père de l'actuel président, a financé son armée en vendant des parts des droits miniers de la Gécamines à des partenaires privés étrangers. Après la guerre, cette voie de la privatisation a été poursuivie, notamment sous la pression de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Comme ce fut le cas ces vingt dernières années dans tant de pays, on a dû se rendre à l'évidence ici aussi qu'une privatisation qui profite à la population n'est possible que si un gouvernement solide et capable la conduit sur la bonne voie. Le FMI a constaté que les entreprises minières privatisées, principalement les joint ventures de la Gécamines, n'ont rapporté en 2004 que 400.000 dollars en impôts. Le part du secteur minier dans les recettes du gouvernement congolais ne représentaient plus que 0,18 % du revenu national, contre 22 % au Botswana, uv pays riche en matières premières également. « Il reste donc beaucoup de marge pour des améliorations », constatait le FMI en 2004. Lisez: le secteur minier pourrait rapporter beaucoup plus aux Congolais. La question demeure: pourquoi n'est-ce pas le cas ? Que faut-il faire pour améliorer ces revenus?


Le rapport secret
Sur ces questions, différents rapports très intéressants ont été écrits. En 2004, au sein du parlement de transition congolais, une commission d'enquête parlementaire, dirigée par Christophe Lutundula, a été chargée d'analyser la validité des contrats conclus au cours des années de guerre 1996-1998. La commission a remis son rapport le 25 juin 2005, mais le bureau du parlement, dans lequel tous les grands partis sont représentés, refuse depuis plus de sept mois de le rendre public. De fait, les hommes au pouvoir - le président Kabila en tête - craignent de perdre de nombreuses voix aux élections à venir si les conclusions devenaient publiques. MO* a pu lire ce rapport. Les contrats qui ont été conclus concernant les richesses minières katangaises y sont critiqués sévèrement.

En résumé:
> Dans ces contrats, aucune évaluation n'est faite des richesses naturelles que les autorités apportent dans les partenariats, il est donc difficile de chiffrer un retour équitable pour cette mise. Egalement parce qu'aucune étude de faisabilité n'a été faite.
> Il est à peine exigé du partenaire privé qu'il apporte son capital propre. Les interlocuteurs privés n'apportent pas beaucoup plus au partenariat que leur accès au crédit, accès que la Gécamines a perdu à cause de sa charge de dettes. Cela signifie que les revenus éventuels devront d'abord servir à payer ces dettes, donc que la Gécamines ne verra pas venir d'argent frais.
> La gestion des joint ventures est abandonnée au secteur privé, lequel peut à volonté introduire des frais (transport, produits chimiques, management fees), ce qui réduit les gains et donc les dividendes de la Gécamines.
> Les conditions minimales concernant l'industrie minière, que le gouvernement lui-même avait annoncées, ont été négligées par les ministres et par le président lui-même (Kabila père à cette époque).
> A été accepté le fait que les partenaires privés puissent détenir des adresses off shore. Conséquence: lors d'une faillite, la Gécamines restera seule avec les dettes.
> Aucun des partenaires ne dispose d'une expérience minière en rapport avec l'envergure des projets.
Pour toutes ces raisons, les joint ventures n'ont rapporté à la Gécamines, et donc au Congo, que très peu d'argent. A la grande fureur des travailleurs, qui ont assisté au dépecage de l'entreprise alors qu'eux-mêmes devaient attendre leurs arriérés de salaires. Pour le moment, les charges salariales de la Gécamines s'élèvent à 3 millions de dollars alors que les revenus annuels ne sont que de 1,5 million de dollars.


Forrest, vice-roi du Katanga
Les conclusions de la commission Lutundula concordent parfaitement avec le rapport sur la Gécamines rédigé en 2003 par International Mining Consultants (IMC) pour le compte de la Banque mondiale. Ce rapport, qui n'a lui non plus jamais été rendu public, a détecté le même schéma, celui d'une mise relativement faible des partenaires privés qui retiraient beaucoup plus de profits des joint ventures que la Gécamines.

Selon IMC, l'élément crucial est le fait que les contrats autorisent la réalisation des profits en-dehors du Congo. Dans tous ces contrats, le partenaire privé tient la gestion entre ses mains et livre lui-même de nombreux services. Il peut donc jouer à volonté sur les frais découlant de ces services. Cette critique est valable également pour les joint ventures de la Gécamines avec le groupe du Belge George Forrest. Ce groupe, en tant qu'entrepreneur polyvalent, peut justement livrer de nombreux services lui-même. Le rapport IMC a montré par exemple que le groupe Forrest a pu construire l'usine STL à Lubumbashi (une joint venture avec la Gécamines et l'américaine OMG) sans que l'attribution de ces travaux ne soit passé par une procédure d'adjudication.
Luiswhishi, un autre partenariat entre la Gécamines et le Groupe Forrest, est cité dans le rapport Lutundula comme un des rares partenariats qui ait vraiment rapporté de l'argent à l'Etat. En réponse à une interpellation à ce sujet, Christophe Lutundula a déclaré: « Il y a beaucoup de remarques à faire concernant les contrats de Forrest, mais il semble le moins mauvais de ceux qui courent actuellement au Katanga. Il est aussi le seul à être connu ». Mais Marc-Olivier Herman de Broederlijk Delen retourne le raisonnement: « Forrest fait justement tout pour rester le seul entrepreneur sérieux au Katanga. Grâce au réseau de relations qu'il a construit au cours des trente dernières années, il n'a pas besoin de règles claires, bien au contraire. Son avantage comparatif est justement de pouvoir fonctionner dans un environnement sans cadre légal clair ».

Si les joint ventures ne rapportent pas beaucoup d'argent dans le tiroir-caisse, elles créent de l'emploi. Et, à tout seigneur tout honneur, même les plus grands opposants à Forrest reconnaissent qu'il accorde à son personnel parmi les meilleures conditions de travail et de salaire de toute la région. Il tolère aussi depuis peu les syndicats, ce qui n'est pas le cas des entreprises indiennes telles que Chemaf. Jean-Pierre Muteba de la Nouvelle Dynamique sociale, un syndicat qui représente de nombreux travailleurs de la Gécamines et qui est très critique envers Forrest, le reconnait également : « Le problème réside surtout dans le fait qu'il a accès aux meilleurs concessions minières du pays, mais sans donner de réelle contrepartie, si ce n'est des emplois ». C'est exact: ce n'est pas parce que Forrest traite son personnel relativement bien, qu'il ne pourrait pas nuire aux intérêts de l'Etat congolais, par exemple par la nature des contrats qu'il conclut avec la Gécamines, et par la manière de les exécuter.


Couronne sans joyaux
C'est parce que ces joint ventures apportent si peu d'argent dans les caisses que le rapport IMC, aussi bien que le rapport Lutundula, plaident tous deux avec force pour un moratoire sur les futurs contrats conclus par la Gécamines. Le rapport IMC souligne que les concessions minières que la Gécamines possédait encore en 2003 étaient suffisantes pour donner un nouveau départ à la société. La commission Lutundula juge utile de « recommander que les négociations encore en cours concernant la mine de Kamoto, la fabrique de Luilu et le concentrateur de Kamoto, qui forment l'épine dorsale de la Gécamines, soient stoppées immédiatement ». Ce rapport a été déposé le 25 juin 2005 auprès du bureau du parlement, où siègent tous les grands partis.

Or en août 2005, le président Kabila a signé un décret qui octroie Kamoto et Kamoto Oliviera Virgule (KOV) et d'autres installations de transformation, pour au moins 20 ans, à quelques anciens confidents: le groupe Forrest et Dan Gertler, l'Israélien déjà très puissant dans le secteur du diamant. Selon la rapport IMC, Kamoto et KOV représentent pas moins de 70 % des réserves de cuivre disponibles au Katanga.

Un vent favorable a fait parvenir ces contrats à rédaction de MO*. Avec Broederlijk Delen, 11.11.11 et l'ONG Britannique Raid, nous avons soumis ces contrats pour analyse au bureau d'avocats spécialisé Fasken, Martineau et DuMoulin (voir l'encadré). Même sans posséder le know how en la matière, il est frappant de constater que ces contrats transgressent tous les don't et do's que la commission Lutundula avait épinglés. Ainsi, les partenaires de la Gécamines sont tous deux domiciliés aux Iles Vierges britanniques. Et une fois de plus, aucune évaluation n'est faite de l'apport de la Gécamines, alors qu'il s'agit ici des sous-sols les plus riches en cuivre du monde, avec du minerai à concentration de 3 à 5 %. Au Chili, le plus grand producteur de cuivre du monde, cette valeur n'est que de 0,8 %. De plus, la gestion restera aux mains des partenaires privés, qui peuvent transférer tous les revenus vers leurs comptes aux Iles Vierges britanniques. Il n'y a pas eu d'adjudication publique. A nouveau, aucune exigence minimum n'est imposée pour le capital propre à apporter, tout peut être emprunté, ce qui représente une pression énorme sur les bénéfices attendus de la Gécamines, car les revenus servent d'abord à rembourser les prêts. Les partenaires ne disposent d'aucune expérience dans l'exploitation minière qui soit à la mesure de l'ampleur énorme du projet. Il en est toutefois autrement pour la mine de Tenke Fungurume où l'un des partenaires est Phelps-Dodge, une des plus grandes entreprises minières au monde. Phelps dispose à l'évidence des capacités nécessaires à l'exploitation de cette réserve de 547 millions de tonnes riches en minerai avec un pourcentage en cuivre de 3,5 % et en cobalt de 0,27 % .

Un tango mortel
Les conclusions de Fasken, Martineau et DuMoulin sont limpides: une fois de plus, la Gécamines, et donc la population congolaise, tireront peu d'avantages de ce partenariat, alors qu'il s'agit cette fois des plus grandes réserves connues du Katanga. Ici, la définition donnée par le sénat belge du pillage (voir plus haut) en 2003 est d'application. On passe à côté de l'occasion de voir les richesses katangaises redevenir le poumon économique de l'Etat congolais. Une commission parlementaire et un rapport de la Banque mondiale déconseillent ce genre de contrats. Pourtant, ils ont été signés. En août 2004, il a été décidé que la française Sofreco devait dorénavant assurer la gestion de la Gécamines. Les politiciens congolais ont réussi à nouveau à différer, jusqu'au début de 2006, la nomination effective d'un nouveau gestionnaire international, afin qu'ils puissent, sans la présence d'un étranger à la tête de la Gécamines, négocier les joyaux de la couronne. Pourquoi le gouvernement congolais fait-il cela? « Parce que le management de Gécamines ne disposait pas vraiment des capacités nécessaires à une bonne négociation et parce que les politiciens sont 'solubles dans les dollars'», répond un consultant qui a vécu toute cette saga de très près.

Selon Christophe Lutundula, « les dirigeants ont peu de respect pour le parlement. De plus, les politiciens alimentent de cette manière - et donc aux dépens des intérêts à long terme du Congo - leur caisse électorale ». Dans un document interne du PPRD, le parti de Joseph Kabila, révélé il y a peu, on lit ceci : « Soulignons que Monsieur George Arthur Forrest et son Groupe sortent du lot, pour nous avoir accompagné, pas à pas, dans la campagne d'implantation du Parti ».

Certains plaident pour que la discussion du rapport Lutundula ne soit entamée qu'après les élections, parce que son contenu explosif pourrait torpiller le processus électoral. Mwando Nsimba, qui est passé, au cours de sa vie, par tous les domaines de la politique congolaise, ne croit pas à cette stratégie: « Comme ces affaires ne sont pas connues des Congolais, elles ne jouent pas non plus un grand rôle dans la campagne électorale. Cela augmente les chances pour Kabila d'être élu. Un grand nombre de personnes pensent qu'après les élections tout ira mieux, qu'alors tout pourra être rectifié. Je crains que tout ne devienne pire. Le président se sentira soutenu et continuera dans la même voie. Sous Mobutu c'était exactement la même chose. La communauté internationale pensait: nous ne devons pas trop l'importuner et cela le rendait de plus en plus téméraire ».
Lutundula estime que la communauté internationale devrait insister davantage en faveur d'une bonne gestion. « Pourquoi a-t-on laissé signer les deux contrats? La communauté internationale était au courant de leur préparation. Je crains que des intérêts économiques soient en jeu. La Belgique aussi, malgré tout le bien qu'elle a fait, a laissé passer les contrats et n'a émis aucune critique à ce sujet. Voilà bien une politique ambiguë. La Belgique et l'Union européenne doivent critiquer nos dirigeants plus durement. Ce n'est pas du néocolonialisme, si l'on sait que 60 % du budget de l'Etat vient de l'étranger ». Marc-Olivier Herman juge aussi que la Belgique fait du bon travail sur les plans militaire et politique, mais qu'elle laisse beaucoup trop faire sur le plan économique : « Via Forrest, notre pays veut recevoir sa part du gâteau mais en agissant de cette façon elle prend le risque d'hypothéquer l'avenir du Congo », dit-il.

Il faut être deux pour signer un contrat : it takes two to tango. Il est dès lors étonnant que le ministre De Gucht se montre si critique envers les dirigeants congolais, tout en gardant le silence sur l'autre partenaire de ce tango mortel, à savoir les acteurs privés. L'un d'eux, George Forrest, a même été nommé par le ministre dans ses fonctions de conseiller au commerce extérieur. Karel De Gucht n'a pas voulu commenter ces contrats qu'il disait ne pas connaître. « Je pense que j'ai prouvé avec le dossier tanzanien mon attitude indépendante vis-à-vis de Forrest. Mais je n'ai pas l'intention d'en faire le grand méchant, car il est meilleur que la plupart des entrepreneurs du Katanga. De plus, il sait pertinemment qu'il devra s'adapter lorsqu'au Congo se développera un Etat de droit. Sa confirmation en tant que conseiller au commerce extérieure est une question purement symbolique ». Les symboles sont pourtant lourds de sens, surtout pour la population congolaise.

Nous remercions International Peace Information Service (Anvers) pour le soutien apporté aux recherches nécessaires pour cet article.

Encadrés

La face cachée des contrats
Le bureau d'avocats spécialisé Fasken, Martineau et DuMoulin (FMD) a analysé pour nous les deux récents contrats miniers qui ont attribué les joyaux de l'industrie minière du Katanga à des entreprises privées.

Le premier contrat est conclu entre la Gécamines et Kinross-Forrest (entre-temps devenu Katanga Mining Ltd), qui créent ensemble la Kamoto Copper Company (KCC). Cette joint venture pourra exploiter la mine et le concentrateur de Kamoto et la fabrique hydro-métallurgique de Luilu. Ces réserves très riches en cuivre et leurs installations de transformation forment en fait le cœur de la Gécamines. Katanga Mining, avec à sa tête George Forrest et le Canadien Arthur Ditto, possède 75 % des actions de KCC. Nous en possédons une copie datant de février 2004.

L'autre contrat, entre la Gécamines et Global Enterprises Corporate (GEC), concerne l'exploitation de la mine à ciel ouvert de Kamoto Oliviera Virgule (KOV) et les gisements de Kananga et Tilwezembe. Il date de septembre 2004.
Le bureau Fasken, Martineau et DuMoulin soulève de nombreuses interrogations par rapport à ces contrats. Voici quelques extraits de son analyse du contrat Kinross-Forrest. « Dans des cas semblables, il est habituel - et parfois même légalement obligatoire - d'organiser une audit et une évaluation de la mise de fonds en nature, afin que les deux partenaires soient certains que leur apport sera évalué correctement. Ici la répartition a eu lieu sans une étude de faisabilité. L'apport de la Gécamines a-t-il été évalué équitablement? Quels eussent été les coûts si une infrastructure complète avait dû être construite (routes, cabines électriques, canaux d'eau, voies de chemin de fer, accès à des distributions publiques) dans cette région? Ou encore pour une nouvelle usine et ses installations? Comment les risques relatifs peuvent-ils être pesés vu qu'aucun des actifs de Kinross-Forrest n'est donné en garantie pour les emprunts? »

Kinross-Forrest peut déduire des revenus bruts un éventail très large de frais. Pour FMD on introduit de cette manière le loup dans la bergerie: « Un paiement (des loyers) basé sur les bénéfices nets est spéculatif. Pour cette raison, le pourcentage en est habituellement plus élevé, entre 10 et 15 %. (ndlr: ici il n'est que de 2 %). Mais même un pourcentage plus élevé ne compense pas totalement les risques inhérents à un paiement basé sur le montant net, surtout dans le cas où toutes les opérations sont contrôlées par ceux-là même qui doivent payer le loyer ».

Les conclusions de FMD sont claires.
· Il n'est pas déraisonnable d'admettre que, bien avant que la Gécamines puisse retirer une quelconque rétribution pour sa mise, Kinross-Forrest aura été remboursé totalement en intérêts et capital de tous les prêts et acomptes, et aura aussi retiré des avantages substantiels du contrôle qu'il aura pu exercer sur la gestion.
· Il n'est pas déraisonnable de penser que le paiement pour les installations et machines louées sera minimal et même peut-être inexistant.
· Il n'est pas déraisonnable d'admettre que les montants cash disponibles pour le paiement des dividendes sera minimalisé parce que, pour Kinross-Forrest, il est plus avantageux d'être payé complètement par la voie de contrats avec le manager (ndlr : pour l'exécution de toutes sortes de services à la joint venture) que de partager le cash excédentaire avec la Gécamines.
Pour le contrat GEC, FMD ajoute que les dividendes et les royalties ne suffiront pas pour rembourser l'emprunt contracté et que la Gécamines risque de voir la charge de sa dette augmenter par la signature de ce contrat.

L'enquête menée par Fasken, Martineau et DuMoulin a été financée conjointement par MO*, Broederlijk Delen, 11.11.11 et RAID.

Belgique : négligence ou complicité ?
Broederlijk Delen, 11.11.11 et l'organisation britannique Rights and Accountability
in Development mènent ensemble campagne pour que les richesses naturelles du Congo soient pour le pays « une bénédiction plutôt qu'une malédiction ». Elles estiment que la passivité de la Belgique face aux abus dans le secteur minier congolais contraste de manière flagrante avec son engagement prononcé en faveur des élections. Selon ces organisations, la transition vers un Etat de droit démocratique est condamnée à échouer si les candidats à la présidence et leurs associés étrangers s'approprient le cœur économique du Congo.

C'est pourquoi Broederlijk Delen, 11.11.11 et RAID appellent le Ministre De Gucht à :
- inciter à la publication et au suivi du rapport de la commission Lutundula (commission parlementaire chargée de l'examen de la validité des contrats signés pendant la guerre) ;
- soumettre à une expertise indépendante, tant juridique qu'économique, les nouveaux contrats miniers que le gouvernement de transition a signés avec des entreprises belges, et dans le même temps plaider pour que d'autres pays fassent la même démarche ;
- dans le cadre du soutien de la Belgique à la reconstruction du Congo, accorder toute la priorité à la transparence dans le secteur minier formel ainsi qu'à l'amélioration du sort des travailleurs du secteur artisanal.

Info: www.broederlijkdelen.be, www.11.be, www.raid-uk.org

MO*31, mars 2006, www.mo.be

John Vandaele
2006-02-22 21:56:45

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Contrats léonins: la «bombe» Lutundula explose

M.F.C.

Mis en ligne le 22/02/2006
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Le rapport d'enquête sur les contrats signés pendant la guerre est enfin rendu public.

Voilà huit mois que le rapport de la commission d'enquête parlementaire congolaise sur les contrats conclus pendant la guerre dormait sur le bureau du président de l'Assemblée nationale, Olivier Kamitatu. Des pressions politiques, disait le tout Kinshasa, exigeaient qu'il en soit ainsi. Et tout à coup, le texte a été distribué la semaine dernière aux députés congolais, bien qu'aucune date n'ait encore été fixée pour son examen officiel. Or, le texte est une véritable «bombe».

Les contrats miniers

La commission, composée de 17 personnalités issues de tous les camps représentés à l'assemblée nationale depuis le début de la transition (juin 2003), est dirigée par Christophe Lutundula, qui appartient à l'opposition politique. Elle était chargée d'enquêter sur les contrats économiques signés durant les deux guerres congolaises, essentiellement des contrats miniers; son rapport de 270 pages a été mis sur Internet ces derniers jours(1).

Les parlementaires se sont réparti le travail de manière à ne pas enquêter dans des régions qui furent administrées par leur parti durant la guerre. Durant leurs investigations, ils se sont heurtés à des menaces et à des refus de répondre -malgré l'appui apporté à leurs activités par la Banque mondiale- notamment de la part du Sénat de Belgique et de l'Onu, qui ont avancé des raisons de confidentialité pour agir ainsi. Ils ont aussi dû faire face à la lenteur de l'Etat congolais et de la Banque mondiale pour leur donner accès aux fonds leur permettant de travailler. Le fait qu'ils n'ont pu enquêter hors du Congo ne leur a pas donné accès à des informations précieuses; le rapport cite à sujet un compte de la Comiex -qui appartenait à Laurent Kabila- au Rwanda.

Le rapport stigmatise en particulier le refus du camp Kabila, du MLC (Jean-Pierre Bemba) et du RCD-N (Roger Lumbala) de collaborer avec les enquêteurs.

Les conclusions de la commission d'enquête sont néanmoins explosives. Le rapport recommande, en effet, l'abrogation pure et simple ou la renégociation de 16 contrats, grâce auxquels l'Etat congolais a été dépouillé «par le fait du Prince» ; une enquête pour violation du droit congolais à l'encontre de 28 sociétés, congolaises ou étrangères; des poursuites en justice contre 17 personnes pour divers délits, dont le blanchiment d'argent. D'autres contrats sont notés comme n'apportant rien aux Congolais, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'ont pas permis à certaines personnalités de s'enrichir.

La commission d'enquête parlementaire recommande, en outre, la prolongation de son mandat afin de pouvoir étudier également les contrats signés durant la transition (30 juin 2003- 30 juin 2006) parce qu'elle craint que rien ne se soit amélioré depuis lors.

Moratoire sur les contrats

Le rapport, conclu le 25 juin 2005, conseille, très logiquement, un moratoire immédiat sur la signature de nouveaux contrats, jusqu'à ce que les élections amènent au pouvoir des autorités légitimes et ayant des comptes à rendre à la Nation. Pendant les huit mois de mise sous le boisseau du rapport, cette recommandation n'a pu, évidemment, être appliquée.

Au total, le rapport apparaît comme une mine d'informations sur une série de sociétés et/ou d'activités dénoncées comme suspectes ces dernières années, notamment par la presse. A ce titre, il fera date -même si aucune suite légale ne devait lui être donnée d'ici au 30 juin.

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20 février 2006

Afrique : les blogs, l'autre information en direct sur le Net

17/02/2006 ( Afrique )
Moctar Kane


(Syfia France) Très en vogue, les blogs, ces journaux personnels faciles à créer sur Internet, se multiplient. Au Maghreb comme en Afrique noire, les opposants politiques, journalistes ou non, s'en servent pour alerter leurs concitoyens et surtout les diasporas. Mais leur audience sur le continent reste limitée.

Afrique

Le juge tunisien Mokhtar Yahyaoui n'a pas sa langue dans sa poche. Démis de ses fonctions en 2001 pour avoir osé demander au président Ben Ali une justice indépendante, il n’a plus le droit de se rendre à l’étranger. Mais il lui reste son blog pour critiquer le gouvernement de son pays : "Une dictature qui s’agrippe au pouvoir, qui veut tout contrôler et nous compter même les souffles d’air par lesquels on respire", écrit-il sur son blog (http://yahyaoui.blogspot.com).
Les blogs, journaux personnels sur Internet, mis à jour très facilement et instantanément, se multiplient à toute allure touchant tous les sujets, de la vie privée au cinéma, de la science et à l'actualité... Pour les opposants du Maghreb et d'Afrique noire, c'est devenu un moyen commode d'atteindre leurs concitoyens et la diaspora, surtout des pays où la presse n'est pas libre de critiquer les régimes en place.
Plus facile à gérer qu'un site, souvent hébergé gratuitement par les serveurs qui en assurent la promotion, le blog est un outil simple rapidement connu des internautes lorsqu'il est tenu à jour régulièrement. Ce qui dérange parfois. Ainsi, lorsque le 19 octobre dernier Yahyaoui entame avec d’autres opposants une grève de la faim "pour exiger le respect des libertés et des droits fondamentaux en Tunisie", son blog est bloqué, son téléphone coupé. Grâce à Reporters sans Frontières (RSF), il récupère son passe auprès de son hébergeur américain.

"Pas de censure d'Internet en Afrique"

Selon le responsable de la section Internet de RSF, Julien Pain, la censure sur le continent sévit surtout en Afrique du Nord, principalement en Tunisie, en Libye : "À ma connaissance, en Afrique noire il n’y a pas encore de censure de l’Internet ".
Le Kinois Antony Katombe, éditeur à ses heures perdues du Blog du Congolais (http://congomania.afrikblog.com), le confirme : "On ne m’a pas mis les bâtons dans les roues pour m’exprimer sur Internet." Pourtant, son blog d’"analyses politiques sur la situation au Congo Kinshasa", ne ménage pas ses critiques envers le pouvoir.
Pour les journalistes ou n’importe quel citoyen, les blogs sont ainsi devenus un outil d’expression pratique et efficace. Dans certains cas, ils sont une source d’information de premier choix et même des relais d’actions contre les pouvoirs en place. Manal et Alaa, un couple de jeunes bloggers, veulent avec leur site www.manalaa.net "aider toute personne dont le discours serait censuré et persécuté en Egypte".
Julien Pain a dirigé Le guide pratique du blogger et du cyberdissident (téléchargeable gratuitement sur www.rsf.org), un condensé de techniques pour publier son blog dans les pays où Internet est contrôlé. Il soutient ce genre de combat, nouveau pour RSF. "À Reporters sans frontières, on défend au départ la liberté de la presse, les journalistes. Mais on a pensé que dans certains pays, certains bloggers, pas tous, font un travail qui peut s’apparenter à un travail de journaliste. Et surtout, ils apportent une information que les médias traditionnels n’apportent pas."

Toucher la diaspora

Ethan Zuckerman, un amoureux du continent, chercheur à l’Université d'Harvard, cofondateur du site Global Voices (http://cyber.law.harvard.edu/globalvoices) et créateur de BlogAfrica (www.blogafrica.com) promeut l’information alternative donnée par les blogs du monde entier. Pour lui le blog a de l'avenir en Afrique même s’il y a du chemin à faire : il évalue entre 5 000 et 25 000 le nombre de blogs africains sur les 25 millions qui existeraient dans le monde.
Ils sont plus nombreux en Afrique anglophone que francophone. Ory Okolloh, jeune avocate passée par Harvard appartient à la dynamique communauté des bloggers kenyans, la plus intéressante en Afrique selon Zuckerman. Son blog (www.kenyanpundit.com), analyse l’actualité de son pays. Malgré une audience encore faible, les blogs africains sont utiles, estime Ory, parce qu’ils donnent "une vue du terrain". Même si elle n’écrit pas pour eux, elle déclare que la majorité de ses lecteurs vivent en Amérique du Nord et en Europe, faute de réseaux Internet suffisants en Afrique. Anthony Katombe, qui s’est donné comme mission de lutter contre "la propagande du pouvoir" à partir de Kinshasa, écrit aussi pour "atteindre les Congolais de la diaspora".
"Les blogs en Afrique n’ont pas encore une large audience, reconnaît Zuckerman. Pour les opposants politiques, c’est certainement plus important d’utiliser la radio, la télévision et d’autres médias de masse pour diffuser leurs messages." C'est pourquoi les pouvoirs autoritaires africains laissent faire. "Pour les gouvernants, estime le malgache Barijaona, un des pionniers du blog en Afrique (http://homepage.mac.com/barijaona), il ne serait pas très rentable de tenter de censurer Internet."

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17 février 2006

JOSEPH DESIRE MOBUTU-JOSEPH KABILA : L’HISTOIRE SERAIT-ELLE EN TRAIN DE SE REPETER ?

Certes comparaison n’est pas raison, mais il y a des signes qui ne trompent pas, surtout lorsque l’histoire politique de deux hommes, telle celle de Joseph Désiré Mobutu et de Joseph Kabila, présente d’extraordinaires similitudes. La vie étant un perpétuel  recommencement, l’on est en droit de se demander si l’histoire politique du Congo n’est pas en train de se répéter aujourd’hui.

En effet, élevés, très jeunes, et de manière spectaculaire, dans la haute hiérarchie militaire du Congo, Joseph Désiré Mobutu et Joseph Kabila, pris en charge, chacun en son temps, par les puissances occidentales, semblent avoir assumé(pour le premier) et assumer(pour le second) un  destin hors du commun, dans des contextes qui frisent la félonie.

Sergent de réserve de la presse militaire de l’ancienne Force Publique du Congo-Belge et du Rwanda-Urundi, Joseph Désiré Mobutu sera, affublé du grade de colonel, rappelé sous le drapeau par le Premier Ministre Patrice Emery Lumumba, aux fins de restructurer

la Force Publique

en mutinerie 5 jours à peine après l’accession du Congo à sa souveraineté internationale, et de mettre en place une armée au service de la Nation congolaise indépendante.

Très vite,ce jeune homme de 30 ans, manipulé, au plus fort de la guerre froide, par des puissances étrangères à travers les services secrets occidentaux (belges, d’abord, américains, ensuite), prendra excessivement goût au pouvoir. Moins de six mois plus tard, le colonel Mobutu mettra aux arrêts son bienfaiteur Lumumba et le livrera à ses pires ennemis politiques, le Mulopwe Albert Kalonji et Moise Tshombe en sécession au Sud-Kasai et au Katanga, où il sera sommairement assassiné quelques heures après son arrivée dans cette dernière localité, dans des circonstances que l’histoire commence à peine à élucider.

Après la mort de Lumumba, le colonel Mobutu entreprendra, à la tête de l’armée, avec l’assistance massive des Nations-Unies et des puissances occidentales, de réduire les sécessions sud-kasaienne et katangaise, ainsi que la rébellion lumumbiste. Avec l’occupation de la ville de Kisangani, fin 1964, par des troupes aéroportées belges appuyées par la logistique américaine, Mobutu acheva la pacification et la réunification du Congo. Auréolé de cet exploit, il s’emparera du pouvoir suprême le 24 novembre 1965, à la suite d’un coup d’Etat militaire qui renversa le Président Joseph Kasa-Vubu.

Conscient, sans doute, du caractère illégitime de son pouvoir acquis de manière autocratique,le Président Mobutu déclarera, publiquement , et solennellement, dès son accession à la magistrature suprême, qu’il ne conserverait le pouvoir que pendant 5 ans, juste le temps pour lui de consolider la paix au Congo.

Le 24 juin 1967, le « pacificateur » et « unificateur » du Congo, Joseph Désiré Mobutu, octroya à son peuple une constitution dite révolutionnaire et consacrant le bipartisme, instrument par excellence d’exercice démocratique du pouvoir. Mais auparavant, c’est-à-dire le 20 mai 1967, il prit soin de consacrer sur les fonds baptismaux le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), parti politique dont il est le fondateur.

Le bipartisme des textes ne résistera , malheureusement ,  pas à l’épreuve des faits. En effet, alors tout-puissants Ministres respectifs de l’Intérieur et de la Justice, Etienne Tshisekedi ( le même ) et Joseph Nsinga , que l’on compte parmi les principaux piliers du régime Mobutu, exerceront des pressions de tout genre sur quiconque tentait de faire agréer un second parti politique au Congo. Il était qualifié , et devait être traité tel quel, de traître à l’œuvre salvatrice et révolutionnaire de Mobutu. Dans un contexte où le souvenir des « conjurés de la Pentecôte » mettait tout le monde au pas, le MPR n’a pu, de la sorte, que s’imposer comme unique force politique du Congo . Par leur action conjuguée, et combien zélée, les deux ministres espéraient, sans doute, récupérer le pouvoir par le biais du parti après le retrait volontaire du Président Mobutu en 1970.  Hélas pour eux, bien avant cette échéance, Joseph Nsinga sera relégué dans son village, couvert d’opprobre, car déclaré coupable d’un colossal détournement de deniers publics (sans jugement). Etienne Tshisekedi sera, quant à lui, nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Congo auprès du Royaume du Maroc, c’est-à-dire loin, très loin des enjeux électoraux.

Sans gène, Mobutu présentera, en 1970, son unique candidature à la Présidence de la République, au lieu de restituer le pouvoir aux civils  comme il l’avait si pompeusement promis. Naturellement, « le pacificateur », « l’unificateur », « l’héritier de Patrice Lumumba », héros national déclaré tel le 30 juin 1966 par le même Mobutu qui l’arrêta et le livra à la mort, remporta haut la main ces élections à candidature unique. Et, toujours avec le soutien aveugle des puissances occidentales, il régna sans partage pendant 32 ans, avant d’être lâché par le même Occident et de prendre la fuite, tel un lapin, le 16 mai 1997, sous la poussée de Laurent Désiré Kabila, et de mourir moins d’une année plus tard au Maroc, loin des siens et abandonné, à son grand étonnement, par tous ses amis.

Pour sa part, fils aîné controversé de Sifa Mahanya et de Laurent Désiré Kabila, Joseph Kabila accompagna son père dans sa campagne militaire de conquête du Congo déclenchée en octobre 1996, dans le cadre d’une alliance avec le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, l’Erythrée et l’Angola, notamment . A la fin de la guerre, qui ne dura que 7 mois, Joseph Kabila portera le premier grade de sa brève carrière militaire dans l’armée congolaise. Comme Joseph Désiré Mobutu, et même mieux que ce dernier, il sera propulsé par son père au faîte de la hiérarchie militaire, avec le grade de « Général Major ».

Le 16 janvier 2001, Mzee Kabila sera assassiné dans son bureau, en plein travail, dans des circonstances où des zones d’ombre planent encore à ce jour. Il sera remplacé par son fils, le Général Major Joseph Kabila, désigné, semble-t-il, par la haute hiérarchie militaire de la coalition (RDC, Angola, Zimbabwe, Namibie). Dans les conjectures alimentant les débats autour de ce dossier, d’aucuns affirment, cependant, déceler les empreintes du fils dans le vaste complot ourdi contre le père par ses alliés d’hier( la « coalition rwando-ougando-burundaise ») auxquels se seraient joints ces autres alliés que sont le Zimbabwe et l’Angola.

En effet, affirme-t-on, si Kampala et Kigali n’ont pas pardonné à Laurent Désiré Kabila  d’avoir congédié leurs troupes d’occupation du Congo avant la réalisation intégrale de leurs objectifs vitaux, et ont, de ce fait, déclenché ce que les Congolais appelleront la « guerre d’agression » le 2 août 1998 pour chasser Mzee du pouvoir, l’Angola et le Zimbabwe venus au secours de ce dernier à l’occasion de cette « guerre d’agression » ont, quant à eux, laissé d’innombrables prisonniers sur le champ de bataille. Obligés de négocier avec Kigali et Kampala pour la libération de leurs soldats, Luanda et Harare auraient été contraints de mettre à prix la tête de Mzee. Et les choses seraient allées très vite surtout du coté angolais où l’Oncle Sam (qui, paraît-il, avait hâte  à mettre définitivement fin à son arrogance et à son irrévérence à l’égard de l’unique et vrai maître du monde) était prêt à troquer la tête de Laurent Désiré Kabila contre celle de Jonas Savimbi devenue encombrante à la fin de la guerre froide. Bien plus, les Angolais auraient épinglé un autre grief à charge de Mzee. En effet, la rumeur (partiellement confirmée plus tard par la déposition de Gaëtan Kakudji devant

la défunte Cour

d’Ordre Militaire lors du procès des assassins présumés de LDK)  rapporte que, tombé un jour subitement malade à Kinshasa et devant être évacué d’urgence sur Luanda pour des soins appropriés, Laurent Désiré Kabila aurait , peu avant son départ, présidé, d’urgence, une réunion de sécurité pour mettre au point les mécanismes de sa succession, au cas où il lui arriverait un malheur. N’auraient assisté à cette réunion stratégique que quelques membres de son clan restreint, à savoir : Gaëtan Kakudji, Josué Célestin Kifwa, le Général Tango-Tango (fils de Kifwa), Eddy Kapend et…Joseph Kabila. Les Angolais auraient eu vent de la tenue de cette réunion, de son ordre du jour et des personnes qui y ont assisté. Il semble qu’ils furent profondément déçus, et ne reconnurent plus dans le très nationaliste Laurent Désiré Kabila (qu’ils aidèrent à prendre le pouvoir et à le conserver pendant la guerre dite d’agression) qu’un vulgaire chef d’une coterie qui, entre la vie et la mort, réglait, rien qu’avec son clan biologique, des affaires de l’Etat de la plus haute importance. Depuis cet épisode, affirme-t-on, Luanda, qui en aurait eu un si grand dégoût, mit une croix sur Mzee.

Dans ce contexte, Joseph Kabila aurait-il été approché par la tentaculaire coalition qui cherchait à liquider Laurent Désiré Kabila et son régime ? La question vaut son pesant d’or, non seulement parce qu’à cette période le fils était, semble-t-il, en disgrâce auprès de son père après le « scandale de Pweto », mais aussi parce qu’il représentait un rare facteur d’équilibre après la disparition programmée de son père. Il était donc la personne autour de laquelle tout le monde (alliés d’hier et d’aujourd’hui, internes et externes) se mettra d’accord. C’est pourquoi, à cette interrogation, d’aucuns penchent promptement vers une réponse affirmative, dictée aussi par la réponse à l’éternelle et lancinante question que se posent généralement les criminologues en présence d’un crime parfait, comme celui perpétré contre la personne de Laurent Désiré Kabila, à savoir : à qui le crime a-t-il profité ?

Toujours est-il qu’aussitôt investi, à l’âge de 29 ans, par l’Assemblée Constituante et Législative de Philomène Omatuku, laquelle (Assemblée) proclama, à la même occasion, Laurent Désiré Kabila héros national ayant droit à un monument et à un mausolée, le Président de la République, Joseph Kabila,  et son gouvernement réaliseront ces deux ouvrages en un temps record à la mémoire du héros. A l’occasion, l’autre héros national, Patrice Emery Lumumba, dont l’érection d’un grand monument décidée par un certain Joseph Désiré Mobutu n’a guère été effective, sera, lui aussi, gratifié d’un monument à la Place de l’Echangeur de Limete, sur le boulevard que Mobutu  baptisa de son nom.

Dans son discours d’investiture devant l’Assemblée Constituante et Législative, le Président Joseph Kabila s’engagea à reprendre le processus de Lusaka pour mettre rapidement fin à la guerre, réunifier le pays et conduire la transition politique à son terme. Avec l’assistance massive de la communauté internationale, Joseph Kabila est, comme Mobutu, mais avec plus d’aisance et de facilité que ce dernier, en train de gagner le pari : le pays, rapidement réunifié, a retrouvé la paix, en dépit de quelques zones de turbulence en Ituri, au Katanga et dans le Nord-Kivu.

Comme Mobutu, Joseph Kabila a réellement, et très vite, pris goût au pouvoir. C’est pourquoi, tout « Général Major » qu’il est, il ne s’est pas gêné de se faire enrôler dans les listes électorales, devenant ainsi électeur et éligible, alors que son statut de soldat l’exclut de ce jeu (comme il l’avait autrefois signifié à Colette Braeckman, avant de se dédire peu de temps après). Cela après avoir taillé sur mesure la plupart des textes légaux organisant le processus électoral, avec l’appui aveugle et la complaisance manifestes de la communauté internationale (que ne semblait contredire, jusqu’il y a peu, que la seule petite voix inaudible du Belge Karel De Gucht).

Certes, en cette période de renouveau démocratique du néo-libéralisme triomphant, le Président Joseph Kabila ne peut, comme Joseph Désiré Mobutu, disposer d’un parti unique . Il peut cependant compter sur le PPRD qu’il créa furtivement à la veille de la clôture du Dialogue Inter-congolais qui octroya aux Congolais leur constitution de

la transition. Avec

les moyens de l’Etat ( finances, matériel, autorité morale ) dont ses membres et ses alliés du gouvernement usent et abusent devant l’impuissance du peuple congolais qui ne se contente que de le dénoncer sans résultat, et sous l’oeil manifestement complaisant de la communauté internationale, ce parti n’a, en réalité, aucun concurrent de taille en ce moment. L’UDPS, apparemment très populaire, et qui aurait pu valablement lui faire face, ne dispose ni de moyens financiers et matériels pour battre campagne, ni d’un quelconque instrument de la puissance publique de l’Etat ( pour imposer, notamment, la neutralité et la transparence des élections ), encore moins de la sympathie de la communauté internationale( pour parer à toute éventualité ). Le Président Joseph Kabila, qui entretient malicieusement le doute autour de sa candidature , n’attend plus, en réalité, que la promulgation d’une loi électorale lui ouvrant grandement la voie pour s’annoncer et provoquer un  « engouement populaire» sans précédent autour de sa candidature. Cet « engouement populaire » sera, sans doute, à la taille de celui autour du « oui » lors du récent référendum constitutionnel.

Les observateurs avertis pensent, hélas, que la légitimation du pouvoir du Président Joseph Kabila par les élections en perspective créera plus de problèmes qu’elle n’en résoudra, tant il est vrai qu’à moins d’une alchimie à la Mobutu, c’est sa clientèle politique actuelle( qui le tient vigoureusement en otage ) qui accompagnera le jeune Président dans l’exercice de son pouvoir légitimé après les élections. Ceci se fera avec sa cohorte d’antivaleurs exacerbées par la légitimation de l’impunité institutionnalisée. Et le chaos actuel atteindra son paroxysme appelant naturellement l’intervention du démiurge pour établir un ordre certes nouveau mais imprévisible.

En revanche, estime-t-on, il suffit que le Président Joseph Kabila, faisant fi du discours mielleux de ses actuels courtisans, renonce à sa candidature, s’implique personnellement pour des élections réellement transparentes, et reprenne le chemin de l’école après avoir passé le flambeau à son successeur démocratiquement élu, pour qu’il devienne le véritable chouchou du peuple congolais, et même de la communauté internationale.

Rien que la panique et la débandade généralisées qui s’observeront dans les cercles autour du « Général Major » vaudront à ce dernier une énorme sympathie de la part du peuple congolais accablé par une misère sans nom que lui imposent ses dirigeants prédateurs de

la transition. De

son côté,  la communauté internationale est certainement heureuse d’avoir aux commandes du Congo une personnalité totalement aux antipodes de Mzee, mais, pas plus que le peuple congolais, et sans devoir le crier sur tous les toits, elle n’est franchement pas fière des limites de son allié congolais d’aujourd’hui dont elle endosse à sa manière toutes les faiblesses.

A l’instar du Malien ATT, Joseph Kabila, a tout intérêt à dominer sa boulimie actuelle du pouvoir et à briser courageusement certaines alliances occultes, pour renoncer à sa propre candidature et œuvrer en faveur des élections neutres et réellement démocratiques au Congo. Il se ménagera, en tout cas, et quoiqu’on en dise, toutes les chances d’inscrire son nom en lettres d’or dans les annales politiques de son pays. Autrement, le jeune Président congolais, nouveau « pacificateur » et « unificateur » du Congo, risque, comme cet ancien « pacificateur » et « unificateur » nommé Joseph Désiré Mobutu, de connaître une fin peu glorieuse. C’est une question de choix. Mais pour le sage « mieux vaut la fin d’une chose plutôt que son commencement ».

MATSHOTSHO MANGOLA

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16 février 2006

Udps : le piège de l'enrôlement

Le Phare (Kinshasa)
ANALYSE
15 Février 2006
Publié sur le web le 15 Février 2006

By Kenge Mukengeshayi
Kinshasa

Cela s'appelle retourner contre l'ennemi ses propres armes. A une différence près : à l'Udps, tout serait plutôt prêt pour faire face à une offensive que certains prédisent massive de la part de ceux des acteurs de la transition qui n'ont jamais apprécié son implication dans le processus électoral et qui ne jurent que de l'en éjecter d'une manière ou d'une autre.

Bouc émissaire

Concrètement, l'embarras du Comité international d'accompagnement à répondre au mémo de l'Udps constituait déjà la preuve, pour ses militants, qu'aucune impartialité, aucune neutralité n'est possible avec cette institution. Il n'y a qu'à faire le constat : depuis l'annonce de l'implication de l'Udps, aucun des ténors du CIAT n'a osé faire le déplacement pour féliciter la fille aînée de l'Opposition et examiner avec elle les voies et moyens de réussir le processus électoral. Un peu comme si ce développement inattendu dérangeait toutes les stratégies patiemment élaborées sur la base de la fausse certitude que l'Udps n'adhérerait jamais à un processus brillant de ses mille faiblesses.

Trois éléments, explique-t-on à l'Udps, permettent de comprendre réellement ce qui se passe. Premièrement : tous les spécialistes admettent, même si aucun d'entre eux n'ose encore le dire officiellement, qu'aucun calendrier sérieux ne peut plus permettre d'organiser des élections dans le timing prévu par l'Accord global. D'où la nécessité et l'urgence d'un nouveau réaménagement. Mais avec quels partenaires et à quel prix ? Surtout, comment faire en sorte qu'un nouveau marchandage n'entraîne pas l'écroulement de l'édifice lézardé du 1+4 ?

Deuxièmement : le dépassement des délais constitue la voie ouverte à la contestation et donc à l'instabilité, quand bien même les acteurs de la transition lorgnent déjà de manière visible sinon malsaine sur l'article 222 de la nouvelle constitution afin de justifier le maintien du régime actuel au-delà du 30 juin 2006.

Troisièmement : la nécessité d'organiser une campagne d'explication, de trouver un responsable accommodant de tout ce gâchis, de se payer enfin à peu de frais un bouc émissaire idéal à jeter en pâture à la population. Et quelle satisfaction si ce bouc émissaire était précisément le donneur de leçons, l'empêcheur de recoloniser en rond.

Cadeau empoisonné

Qu'importe si, en même temps, la victime constitue un élément clé du dispositif du nouveau compromis à mettre en place pour l'après 30 juin. Justement, le secret du crime parfait se situe là : la victime conditionnée et affaiblie ne peut que bénir la main qui fait mine d'abréger son calvaire et se faire inconsciemment son avocat devant l'opinion publique médusée.

Machiavel lui-même aurait applaudi : quel combattant trouverait en effet à redire si, en dépit quelques flèches décochées en direction de leur parti, la réouverture des bureaux d'enrôlement était acquise moyennant la tenue d'une nouvelle session de concertations autour du 30 juin et donc l'acceptation implicite du principe d'une nouvelle prolongation, cette fois-ci pour des raisons effectivement liées à l'organisation des élections ?

Voilà donc comment le prétendu cadeau allait se muer en piège et se refermer mortellement autour du parti de la 10è rue Limeté ainsi pris en flagrant délit de marchander une revendication légitime contre une prolongation illégale de la transition. Voilà, surtout, qui jette un éclairage nouveau et inédit sur les tergiversations sans fin du Comité International d'Accompagnement, dont la manouvre visait ainsi un double objectif. Un : retarder le plus possible la décision afin de rendre la prolongation inévitable. Deux : faire porter à l'Udps la responsabilité de cette prolongation et donc brouiller de plus en plus son image dans l'opinion.

Accusations

Reste que cette machination ne constitue à vraiment dire pas une surprise à l'Udps, où elle est plutôt commentée dans tous les sens. Ici, on accuse ouvertement beaucoup de membres du Ciat non seulement de parti pris, mais aussi d'avoir avoué, à un moment ou à un autre dans des cercles intimes, leur volonté de punir un parti " qui a osé " tenir tête à la communauté internationale. Un parti d'autant plus dangereux - péché mortel dans les modèles de démocratie exportables en Afrique - qu'il bénéficie d'un large soutien populaire le mettant hors de portée des faiseurs de régimes tropicaux.

Là, on affirme qu'en réalité, ces diplomates se retrouvent dans un cas de figure que leurs rêves les plus insensés n'avaient jamais osé imaginer avec l'implication de l'Udps dans le processus électoral. Au point que l'un d'eux, perdant visiblement son sang froid, n'a pas manqué de s'exclamer : " He should not be there ! " (Il ne devrait pas se trouver là !). Enfin, à l'Udps, on est convaincu que certains de ces diplomates avaient envisagé, et continuent d'envisager, la " solution finale ", certes combattue par les Africains. En réalité, la question qui s'est posée, était celle de la faisabilité, et de la rentabilité : comment attendre le même résultat sans avoir à gérer un nouveau martyr ?

Trois pays

Au total, trois pays font pour le moment les frais des critiques des cadres et combattants de l'Union pour la Démocratie et le Progrès social.

D'abord la France, de plus en plus malheureuse en Côte d'Ivoire, mais qui ne s'est jamais consolée d'avoir assisté, impuissante, à la mort d'Habyarimana, puis à la chute du Maréchal Mobutu. Paris n'avait plus alors qu'une seule obsession : mettre en place en Rdc, un régime à même de l'aider à prendre sa revanche sur l'arrogance des maîtres de Kigali. Avec, naturellement, le risque d'entretenir des liaisons dangereuses avec les forces négatives écumant la région.

Que la France prenne le commandement de la force de l'Union européenne " Artémis II " paraît ainsi significatif. Aussi bien pour Kigali qui avait eu à récuser la première version de la même force à l'époque déployée dans l'Ituri, que pour des Congolais qui se demandent pourquoi cette force s'installerait particulièrement dans le Kasaï, fief par excellence de l'opposition, au lieu de se positionner par exemple à la frontière.

L'Afrique du Sud est également épinglée. Pretoria, dénonce-t-on à l'Udps, n'a plus que des visées mercantilistes en lieu et place des objectifs assignés par l'accord global et inclusif à la transition. Notamment celle de se faire payer la facture des armes " placées " à l'époque de la belligérance, mais aussi, face aux coûts d'exploitation de plus en plus prohibitifs des minerais sud-africains, contrôler le secteur minier de la Rdc, gagner des marchés pour l'industrie sud-africaine, garder un oil vigilant sur l'incroyable bassin hydrographique de la Rdc et son fabuleux réservoir d'énergie électrique.

Bref, l'Afrique du Sud verrait en effet d'un mauvais oil des changements qui bouleverseraient tous les calculs et remettraient en cause les avantages acquis. Que Thabo Mbeki se soit énervé contre Etienne Tshisekedi en avril 2005 s'explique alors, même si cet incident lui a permis de comprendre que tous les Congolais ne sont pas que des idiots rampants et couchants.

Enfin, plus trouble est le rôle que joue, aux yeux de l'Udps, les Etats-Unis d'Amérique. Dont l'ambassadeur à Kinshasa a récemment pris le risque d'irriter, en lui opposant l'argument des contraintes du calendrier, une opinion nationale majoritairement acquise à la réouverture des bureaux d'enrôlement. Et qui se demande désormais ce qu'il faut retenir de la proclamation de foi de G.W. Bush sur l'extension de la démocratie dans le monde tout au long de son deuxième mandat.

La surprise, commentent les militants de l'Udps, c'est qu'à leur connaissance, le Département d'Etat n'a pas levé, sur cette question, une option officielle et définitive. De quoi alimenter bien des interrogations sur les véritables motivations d'un ambassadeur.

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13 février 2006

Théodore Ngoy : Prisonnier mais avocat des opprimés.


CONGO POUR LA JUSTICE
PARTI POLITIQUE

LE PRESIDENT NATIONAL

COMMUNIQUE DE PRESSE

Je soussigné Maître Théodore NGOY ILUNGA WA NSENGA, Pasteur, Avocat, Président du Parti Politique « Congo pour la Justice » C.Just, en sigle , reconnu par récépissé n° 10556 du 08 août 2005 conformément aux dispositions des articles 14 à 16 de la Loi n° 04/002 du 15 mars 2004 sur les partis politiques, CANDIDAT PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, j’ai l’honneur d’informer l’opinion nationale et internationale des faits graves attentatoires à ma liberté et à ma vie aussi bien politique que physique du fait de l’instrumentalisation de la justice par le Chef de l’Etat, son cabinet, le Ministre de l’Intérieur et celui de la Justice :

1. J’ai été enlevé de ma résidence le 29 décembre 2006 vers 10h00 par une quarantaine d’éléments armés bien connus du Colonel Raüs et du Ministre de l’Intérieur Théophile MBEMBA. Ce dernier m’avait contacté de son portable le vendredi 09 décembre 2006 à 23h00 pour m’assurer que c’était sur son ordre que 12 éléments armés avaient été dépêchés ce soir là à 21h45 à ma résidence au motif que j’aurais proféré des injures contre le Chef de l’Etat au cours du journal télévisé de Canal Kin du jeudi 08 décembre 2006. En réalité, en réponse à une question de la journaliste, j’avais avoué n’avoir pas été convaincu par les réponses du Chef de l’Etat aux questions des journalistes relatives à sa nationalité.

Le Chef de l’Etat avait répondu : « le chien aboie, la caravane passe ; la caravane peut même écraser le chien ».

J’avais alors exprimé mon opinion selon laquelle c’est le droit de tout congolais de s’assurer que toute personne assumant les hautes fonctions de Chef de l’Etat est congolais. Les compatriotes qui auraient exercé ainsi leur droit de savoir ne pouvaient, en aucun cas être traités de chien écrasable par la caravane. C’est pour cette opinion que le Sieur Théophile MBEMBA se servait des éléments armés contre ma liberté et même contre mon intégrité physique ;

2. Conduit, menottes aux poings au parquet de Grande Instance de Kinshasa-Gombe, je me suis trouvé en face du Procureur Paul MASUDI BOLIA, étonné de me voir devant lui traité comme un scélérat alors qu’il n’avait lancé contre moi aucun acte de procédure. En effet, le 21 décembre 2006, après 6 jours de séquestration à Kin Mazière depuis mon enlèvement du Boulevard Triomphal en pleine campagne référendaire, j’avais été transféré à l’office de ce même Procureur « Garant de ma liberté et de mes droits fondamentaux violés en l’espèce (article 147, alinéa 3 de la Constitution de la Transition). Le Procureur MASUDI préféra couvrir l’irrégularité en me plaçant le même jour sous mandat d’arrêt Provisoire pour violation des mesures d’ordre général fait prévu par l’ordonnance-loi n° 25-55 du 06/11/1959 et punissable de 7 jours. C’était une violation de l’article 28 du Code de procédure Pénale qui interdit de placer un citoye