Rechercher sur AfrikBlog

Le Blog du Congolais

analyses politiques sur la situation au congo kinshasa

13 mars 2006

L'école à tour de rôle !

carine_1Carine aide sa mère, agent chez LAC (lignes aériennes congolaises), dans son petit commerce. Elle vend des cacahouètes, des beignets et des omelettes pendant que sa mère tourne les pouces dans les bureaux des LAC. Elle fait de très bonnes omelettes, Carine, et de très bons beignets aussi. Chaque jour, pendant ma pause, je vais prendre des omelettes chez Carine.

Aujourd'hui, je n'ai pas le coeur à manger les omelettes de Carine. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi une jeune fille plutôt jolie ne va pas à l'école pour s'assurer un bel avenir, au lieu de rester là à longueur de journée à vendre des beignets et des omelettes. Elle veut savoir pourquoi je ne prends rien et je lui demande pourquoi elle ne va pas à l'école. Elle me répond : "Faute de moyens financiers suffisants, cette année, Maman a pivilégié ma soeur qui est en terminal des humanités et mon petit-frère et ma petite-soeur qui sont à l'école primaire. L'année prochaine, si Maman a assez de moyens, mon frère et moi irons à l'école. Sinon, je devrais encore attendre ".

Vous est-il déjà arrivé de regretter d'avoir posé une question ? Moi je me dis que j'aurais dû la boucler pendant que Carine continue à me parler d'elle et de sa famille. Elle est troisième d'une famille de six enfants. Elle aura 22 ans le 11 juin prochain. Elle est en quatrième des humanités scientifique, option bio-chimie. Son frère aîné est en cinquième technique. Si l'année prochaine la mère n'a pas assez de moyens, c'est le frère qui ira à l'école et Carine attendra encore. Elle aura alors 23 ans. L'âge où elle était pourtant censée sortir de l'université; elle ne serait alors qu'en quatrième du secondaire. Dans le meilleur cas des figures, elle ne pourra décrocher son diplôme d'Etat qu'à 25 ans !!!

carine_2Pendant que Carine me parle, je sens quelqu'un dans mon dos. Je me retourne. C'est Marie, la mère à Carine. Je l'attaque : "Pourquoi as-tu sacrifié mon amie et ne l'as-tu pas envoyée à l'école ?". J'aime bien Marie. C'est une femme directe, sans fioritures et sans détours comme seule sait l'être une femme mongo bien de chez nous. Elle se met devant moi et me répond : "Mais Papa, tu connais la situation de notre compagnie, non ? Je ne peux pas envoyer tout le monde à l'école. Ton amie ira l'année prochaine si j'ai les moyens. En attendant, je pratique le délestage"

Le délestage est la pratique instaurée par la SNEL (société nationale d' électricité - d'életrocution selon le journal satirique le Manager Grognon), par vetusté de ses équipements, pratique qui consiste à fournir son précieux produit à tour de rôle aux quartiers. Ainsi le soir venu à Kinshasa, de deux quartiers voisins, l'un est éclairé et l'autre dans le noir, et vice-versa le soir d'après.

Avec son délestage, la SNEL a inspiré dans cette période de crise ces congolais à l'humour si surprenant. Dans les familles, à cause du salaire de misère des parents, la bouffe est servie à tour de rôle : les enfants males mangent les jours impairs et les filles mangent les jours pairs. Délestage oblige !

Marie totalise plus de 150 mois d'arriérés de salaire chez LAC. Avec la grippe aviaire qui pousse les gens à se méfier de la volaille et de ses dérivés, elle s'inquiète déjà de la chute annoncée de son chiffre de vente, les omelettes étant sa principale source de revnu. A moins d'un miracle, comme il en arrive souvent dans ce pays, pour des cas comme celui de Carine, l'année prochaine, c'est encore un délestage scolaire garanti, même si l'Unicef continue à crier très fort : "toutes les filles à l'école".

Anthony Katombe

Posté par congomania à 15:41 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'image de la honte !

Manifester son opinion, seul ou en groupe, dans le pays qui se veut "République Démocratique" n'est toléré que quand l'opinion exprimée envoie des fleurs en direction des animateurs de la transition. Pour ceux qui osent questionner la gestion et le processus électoral, pour ceux qui pensent qu'il y autre façon de gouverner et d'organiser les élections, aucune oreille attentive ne leur est prêtée de la part des autorités, sinon la bastonnade, les arrestations et les emprisonnements.

La compréhension de la démocratie des dirigeants congolais actuels inquiète. Ils se tarquent d'avoir ratifié toutes les conventions africaines et internationales relatives aux libertés et droits des citoyens et se félicitent d'avoir doté le pays d'une constitution des plus modernes garantissant les droits humains. Mais dans la pratique, ils s'illustrent par une repression qui renvoit Mobutu et sa bande aux études. Q'une marche ayant fait l'objet d'une demande à l'autorité urbaine soit étouffée dans une violence disproportionnée, parce dit-on, non autorisée, amène à la question de savoir pourquoi ladite marche n'a pas pu être autorisée, alors que la constitution moderne dont on rabat les oreilles aux citoyens congolais, consacre la liberté règle et l'interdiction exception ?

On se refuse à tout commentaire et on continue à  prétendre qu'on veut organiser les élections libres, démocratiques, transparentes et crédibles. Maintenant qu'exiger des garanties de crédibilité du processus électoral coûte bastonnade, gaz lacrymogène et arrestations dégradantes, quel sort les animateurs de la transition réserveront-ils à leurs adversaires  pendant la campagne électorale ? Se maîtriseront-ils quand seront engagés les débats sur la compétence, la rectitude, l'expertise, la nationalité, la responsabilité dans l'agression dont a été victime le Congo depuis 1996 ? Eux qui ont le contrôle non seulement de la police, mais aussi de leurs branches armées qu'ils n'ont pas voulues brasser; eux qui n'ont pour seul argument que la gachette facile, faciliteront-ils le dénouement du processus dans un climat apaisée ?

Parce d'eux il ne peut être attendue aucune réponse, Monsieur Papy Bolia, jeune opérateur politique membre de la plate forme des partis politiques chrétiens CPC (coalition politique des chrétiens), pense que c'est ici le lieu d'interpeller la communauté internationale et de lui demander d'aller au-delà de simples condamnations des actes de violence des dirigeants congolais. Bolia propose que les représentants de la communauté internationale lient les ex-belligérants par un accord électoral qu'on appellerait "pacte de stabilité" par lequel ils s'engageraient à se soumettre aux lois de la république avant, pendant et après les élections, et surtout au verdict des urnes, avec promesse ferme de ne pas recourir aux armes en cas d'echec. Le pacte devra clairement préciser que quiconque ferait usage abusif des forces de l'ordre avant ou pendant les élections et/ou qui recourirait aux armes pour contester le verdict des urnes se verrait appliquer toute la rigueur des répresailles de la ommunauté internationale.

Ainsi, dans l'entendement de Bolia, les partis politiques tiendront les manifestations sans être brimés par ceux qui font régner la loi de la force. Ce qui permettrait d'envisager une campagne électorale juste et le déroulement satisfaisant des différents scrutins. Agir autrement ne releverait que de la complicité dans un jeu dégoutant qui donne du Congo et de la communauté internationale une image de la honte que pourtant tous peuvent éviter.

Anthony Katombe

Posté par congomania à 10:43 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Théodore Ngoy fixe l'opinion sur son refuge à l'ambassade sudafricaine

Congo pour la JusTice

Parti Politique

LE PRESIDENT NATIONAL

COMMUNIQUE DE PRESSE

Je soussigné Maître Théodore NGOY ILUNGA WA NSENGA, Pasteur, Avocat, Président du Parti Politique « Congo pour

la Justice

» C.Just, en sigle , reconnu par récépissé n° 10556 du 08 août 2005 conformément aux dispositions des articles 14 à 16 de

la Loi

n° 04/002 du 15 mars 2004 sur les partis politiques, CANDIDAT PRESIDENT DE

LA REPUBLIQUE

, j’ai l’honneur d’informer l’opinion nationale et internationale des faits suivants :

1.     En vertu de l’article 28 de

la Constitution

de

la République

Démocratique

du Congo, qui dispose que : « Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal ; tout individu, tout agent de l’Etat est délié du devoir d’obéir lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte manifeste au respect des droits de l’homme et des libertés publiques », j’ai décidé de me placer sous la protection de

la Communauté

Internationale

en me réfugiant  à l’Ambassade de

la République

Sud

Africaine depuis ce mercredi 01 mars 2006 ;

2.     Je remercie les autorités sud africaines et à travers elles, le peuple sud africain dans son ensemble d’avoir accepté de m’accorder sa protection, l’ordre de me maintenir en détention étant manifestement illégal ;

3.     En effet, la preuve de l’illégalité manifeste ressort notamment des faits ci-après résumés :

-         l’autorité judiciaire ayant ordonné mon arrestation et ma détention était manifestement incompétente, savoir le Procureur de

la République.

Seul

un procureur général près une cour d’appel peut procéder à mon arrestation, s’il échet, et ordonner des poursuites à mon encontre à ma double qualité d’Avocat et de Pasteur ;

-         placé en détention pour outrage aux magistrats et aux membres du gouvernement sans aucune plainte préalable légalement exigée, j’étais cité à comparaître devant

la Cour

de Sûreté de l’Etat pour d’autres faits, savoir l’offense au Chef de l’Etat, en violation de la loi, instituant ladite cour et définissant ses règles de compétence et de procédure. En effet, il est interdit au Ministère Public près de cette cour de renouveler les actes d’instruction. Il aurait dû donc constater que le dossier lui transmis ne comportait pas des faits infractionnels de sa compétence et le classer sans suite ; Il y a lieu de noter qu’en droit congolais il n’existe pas d’offense au Chef de l’Etat mais plutôt une hypothèse d’offense à la personnalité du Chef de l’Etat ;

-         A l’audience du 07 février 2006 j’ai mis en exergue devant

la Cour

de Sûreté de l’Etat le caractère irrégulier et illégal des poursuites engagées contre ma personne et de la détention à laquelle ces poursuites ont données lieu.

La Cour

aurait du se prononcer le lendemain de ma comparution soit le 17 février 2006, en vertu des dispositions des articles 45 et 30 du Code de Procédure Pénale. Mais ayant subie des pressions,

la Cour

a préféré s’abstenir de décider. le 18 février 2006 elle était dissoute par l’article 225 de

la Constitution

de la troisième république. Cette dissolution de plano ( de plein droit ) a entraîné au regard ainsi de l’article 221 de la même constitution, la disparition des poursuites et l’extinction suis generis ‘action publique. Dans ce cas tout débat démocratique aurait procédé immédiatement à la libération sans condition de tous les prévenus dont l’action était pendante devant cette cour. Mais le Ministre de

la Justice

  a prétendu abusivement qu’on ne savait pas quel serait le sort de ces présumés ;

-         Comparaissant devant

la Cour

Suprême

de Justice le 24 février 2006 en procédure de prise à partie initiée par lui contre les magistrats qui l’ont placé et maintenu en détention, j’ai demandé à la haute cour de constater :

·        l’expiration de la validité depuis le 20 janvier 2006 de l’ordonnance qui m’avait maintenue en détention. A cet effet, en vertu de l’article 106 de l’ordonnance n° 344 portant régime pénitentiaire, le Directeur de

la Prison

avait l’obligation légale de me relâcher depuis le 21 janvier 2006 ;

·        l’extinction de l’action publique ; En conséquence

la Haute

Cour

devait ordonner la mainlevée de ma détention. Et,

la Haute

Cour

s’est déclaré incompétente le lundi 27 février 2006.

-         Le mercredi 01 janvier 2006 je comparaissais derechef devant

la Haute

Cour

dans la procédure de cassation. J’ai demandé à la cour de procéder aux mêmes devoirs susvisés et d’ordonner ma mise en liberté pure et simple. Je fondais ma demande sur la base de l’article 49 de

la Procédure

devant

la Cours

Suprême

de Justice qui, à son tour rend applicables les articles 45, 46 et 30 du Code de Procédure Pénale Ordinaire. Contre toute attente le Ministère Public a demandé à

la Haute

Cour

de déclarer ma demande irrecevable.

En fait, ce sentiment était manifestement contraire à la loi et à tout bon sens. J’ai donc demandé à

la Haute

Cour

de prendre acte que je n’avais plus de juge ; que ma détention violait non seulement la loi mais aussi

la Constitution

notamment en son article 17 alinéas 1 et 2. J’ai relevé à l’attention da

la Haute

Cour

qu’il était manifestement illégal par moi-même et par l’Etat de me maintenir en prison.

C’est donc en me fondant sur la disposition pertinente de l’article 28 déjà cité de

la Constitution

de

la République

Démocratique

du Congo que j’ai décidé de me placer sous la protection de

la Communauté

Internationale.

4.     J’attire l’attention de l’opinion sur le fait que la nuit du mardi 28 février 2006 à 22 heures, deux éléments armés de la garde présidentielle en tenue civile ont fait irruption dans ma chambre d’hôpital au pavillon 1 chambre 5 de

la Clinique

Ngaliema.

Ils prétendaient  être des frères du policier qui assurait ma garde. Ce dernier qui les a rencontré à son retour à la porte ne les a pas reconnu comme tel. Manifestement ces deux hommes étaient là pour un autre but : attenter à ma vie ;

5.     Le matin du 01 mars 2006, le médecin directeur de

la Clinique

Ngaliema

a ordonné que le policier de mon escorte en présence de plusieurs autres personnes qui attendaient la visite du roi de Maroc à

la Clinique

de ne pas me ramener à l’hôpital après ma comparution  devant

la Cour

Suprême

de Justice. Sur son ordre, ma chambre d’hôpital a été fermée à clé pour que je n’y accède plus.

6.     La seule alternative après ma comparution était de retourner à la prison de Makala ( CPRK ). C’était une façon de me renvoyer à mon boulot c’est-à-dire le Directeur de

la Prison

qui, le 23 janvier 2006 m’avait enfermé à 22 heures dans une toilette qui sert de cachot au pavillon 6 du CPRK . Il avait agit ainsi à la demande d’un certain Ibrahim, Chef des éléments de la garde présidentielle connu curieusement au CPRK ;

7.     Prenant conscience que le pouvoir judiciaire, seul garant constitutionnel de ma liberté et de mes droits fondamentaux ( article 150 de

la Constitution

) était manipulé pour m’éliminer politiquement voir physiquement, j’ai donc décidé de ne plus obéir à l’ordre manifestement illégal de me maintenir en détention.

Je confirme que je suis candidat Président de

la République

à l’élection présidentielle de 2006. Je demande à tous ceux qui rêvent d’un Congo et d’un chef de l’Etat qui assure la protection des citoyens et de l’Etat aux termes de la loi de m’apporter, notamment, leur soutien spirituel par la prière, notamment leur soutien politique, médiatique, matériel et financier

J’appelle le peuple congolais à verser chacun au moins 1$ ( Un dollar ) et au-delà dans le compte BIC 840-3878451-75/USD de

la Banque

Internationale

de Crédit ( BIC ). Ceux qui sont à l’extérieur et à l’intérieur du pays pourront se servir des voies bancaires pour de mécanismes de transfert des fonds pour faire parvenir leur contribution à compter avant le dépôt de la candidature afin de me permettre de payer la caution exigée. Ceux qui peuvent pourront se rendre à mes bureaux, sise Avenue des Orangers au croisement avec l’Avenue du Cercle Commune de

la Gombe.

Ils

vzerseront leur contribution en toute sécurité entre les mains de trois personnes à l’intérieur de l’enclos et qui leur remettront un reçu approprié. D’autres peuvent aussi me faire parvenir leur contribution en passant par les maisons de transfert des fond en précisant que les fonds sont destinés au candidat Théodore NGOY, sise Avenue des Orangers n°10 Commune de

la Gombe.

Tous ceux qui le soutiendront peuvent lui écrire aux adresses suivantes :

§       congopourlajustice@yahoo.fr

§       chretienspourlajustice@yahoo.fr

§       theodorngoy@yahoo.fr

§       ngoytheodor@yahoo.fr

ou le contacter directement aux numéros suivants :

(00243)98319027 – (00243)8912443

Avec mes remerciements à tous.

Fait à Kinshasa, le 01 février 2006

Me Théodore NGOY, Pasteur

Posté par congomania à 09:03 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1