31 mars 2006
La loi électorale
http://www.cei-rdc.org/news/loi_electorale.pdf
Congo-Kinshasa: Un prêtre catholique temoigne :
"J'étais sur les rues de Kinshasa avec l'UDPS"
Le Phare (Kinshasa)
ANALYSE
30 Mars 2006
Abbé Blaise Kanda (prêtre De Mbujimayi)
Kinshasa
Je suis prêtre Catholique de Mbuji Mayi depuis bientôt dix ans mais j'ai participé, avec deux autres confrères, à la marche pacifique que l'UDPS a organisée le mercredi 22 mars 2006.
Et la neutralité, monsieur l'abbé ?
C'est la question que tous les bien-pensants vont se poser en apprenant que des prêtres censés être apolitiques ont marché aux côtés des membres d'un parti politique. A cette question, je ne puis répondre que par une autre: le Dieu de la Bible est-il neutre? Ne se met-il pas du côté des pauvres, des opprimés ? Il a marché pendant quarante ans avec Israël au désert. " Il les guida de jour par la colonne de nuée et la nuit par la colonne de feu " (Ps 78,14). Le Dieu de la Bible est celui qui déploie la force de son bras pour disperser les arrogants.
Il renverse les puissants de leurs trônes et élève les humbles. Il comble de biens les affamés et renvoie les riches les mains vides (Luc 1,51-53) J'ai donc marché au nom de cette alliance irrévocable qui lie Dieu aux pauvres. Les arrogants, les puissants, les riches ce sont les Occidentaux, les tenants du pouvoir, la Monuc, la CEI... Leur arrogance se lit dans leur langage.
Ils nous traitent de sorciers, chiens et de voyous chaque fois que par nos questions nous usons de notre pouvoir de révolte. Ils sont puissants car ils ont des armes. Ils sont riches, eux qui financent les élections, fixent la caution pour être président à 50.000 dollars et la paient sans problème avec l'argent qu'ils nous ont volé.
Les combattants de l'UDPS quant à eux sont des pauvres, des affamés. Ils n'ont pas la communauté internationale avec eux. Personne ne prête oreille à leurs revendications car ce sont des prolétaires qui n'ont que leurs jambes pour marcher et leur bouche pour crier haro sur l'injustice. Devant une telle inégalité des forces en présence de quel côté voulez-vous que Dieu se range? Du côté des faibles, bien entendu. Surtout lorsque ceux-ci refusent d'être les victimes " passives de l'histoire, mais ceux par qui Dieu façonne le devenir de notre monde. A la lumière de tout ceci, on doit dire qu'un chrétien qui ne marche pas avec les pauvres et n'opte pas préférentiellement pour eux a trahi le Christ ! Contre l'injustice si je n'ai rien fait, je serai complice de tous ses méfaits ".
Le " peigne " de la commission électorale indépendante
La première des choses qui m'a frappé lors de notre marche, c'est l'arrogance des membres de la CEI. En effet, passant devant le siège de cette institution, on pouvait bien lire les signes que ses membres lançaient aux manifestants. Comme le Vice- Président Yerodia, ils nous montraient " le peigne "(kisanola) ,une manière pour eux de nous narguer et de nous dire que nous nous battons pour une cause d'avance perdue. Ce geste des membres de la CEI que d'aucuns ont trouvé anodin m'a beaucoup fait réfléchir sur le climat qui règne au siège de l'institution technique qui doit organiser les élections en RdCongo. La CEI est donc en compétition avec certains congolais qu'elle " peigne" déjà et qu'elle aura à " peigner" lors des prochaines échéances électorales. Le peuple doit rester très vigilant et barrer la route à la CEI Car le " peigne" qu'elle brandit, vu les moyens dont elle dispose, ne peut être qu'électrique. Ses dents fines, longues et serrées promettent de faire très mal!
Le comble est que cette commission est dirigée par un confrère. Je m'en scandalisais outre mesure jusqu'au jour où j'ai relu l'histoire de Judas Iscariote. Chacun, ai-je conclu, loge en son cour un Judas que la conjugaison entre argent et ambition ramène à la clarté. D'où la précipitation: " ce que tu fais, fais le vite " (Jn 13,27) mais " Malheur à l'homme par qui le Congo est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! " (Mt 26,24).
Le silence de la Monuc
Un autre fait qui m'a marqué, c'est le silence des soldats de la MONUC. Tout au long de la manifestation, aucun soldat n'a ouvert la bouche pour répondre aux nombreuses provocations des manifestants. Nos policiers ont également observé, cette consigne: " on répond aux imbéciles par le silence " !
C'est ma manière de lire le silence de la MONUC. Il s'agit là d'un silence d'irrévérence et d'indifférence plutôt qu'un silence de déférence. Un mépris pour toute une race. C'est tout un peuple qui est pris pour menu fretin. Je me demande pourquoi des hommes comme Kofi Annan qui souffre du racisme blanc n'arrivent toujours pas à comprendre les vrais enjeux de cette mondialisation qui n'est en réalité qu'un euphémisme pour dire néo-colonisation. La MONUC se taît et se taîra tant qu'on ne touchera pas à ses intérêts et à ceux des nations riches dont elle est la caisse de résonance. Ce silence m'a rappelé celui du CIAT. Car depuis le 2 janvier, rien n'a été entrepris dans le sens de la réouverture des bureaux d'enrôlement, rien sur l'intégration des certains membres de l' UDPS dans la CEI et la HAM! Le chien aboie, la caravane passe! Et surtout si l'on a rien à craindre d'un parti qui a érigé la non violence en monument !
Des calicots très éloquents
Les manifestants tenaient à se faire entendre. Aussi ont-ils tenus à transcrire sur leurs calicots et pancartes des messages tels que: " Tshisekedi ou la mort " " Tshisekedi ou Irak " ; " Adieu la non-violence " ; " Kofi Annan, la RDC n'est pas à vendre" " Malumalu fait la honte de l'Eglise catholique ". " Elections sans Tshisekedi = guerre civile le 30 juin ". La menace n'est plus voilée. Si l'option armée n'est pas du goût des cadres du parti, elle commence à constituer une vraie tentation pour des nombreux militants. Tout au long de la marche, c'est l'Irak, l'Afghanistan et la Palestine qui étaient cités en exemple. Certains faisaient porter le chapeau à ce christianisme qui n'a fait que nous endormir. Certains lorgnaient du côté de cet Islam qui effraie l'Occident avec son Al-qaïda, son intifida, ses moudjahidin.
30 mars 2006
Interview avec Global Voices Online
http://www.globalvoicesonline.org/2006/03/29/drc-a-chat-with-blogger-tony-katombe/
27 mars 2006
Tshisekedi : le prévisible.
Tshisekedi est prévisible, Force et faiblesse ! La plupart des événements actuels préélectoraux, électoraux et post-électoraux sont prévisibles et prévus par les analystes indépendants et ceux autour de Tshisekedi. La dernière carte des adversaires de Tshisekedi, c'est le caractère tout-d'une-pièce de celui-ci. C'est aussi le principal atout du Peuple congolais. Entre la crédibilité d'urnes congolaises avec Tshisekedi et les risques de non-reconduction au pouvoir sans lui, les Experts 1+4=0
balancent ! C'est en ce moment que Bush semble intervenir notamment contre Louis
Michel dans la campagne électorale congolaise, par le biais du
Département de la Déontologie Institutionnellle, en séjour en RDC du
20 février au 23 mars 2006.
Kinshasa, (GTDS_cd) le samedi 18 mars 2006.
1. « Pas de cadeau en Politique »,
Ce sont les mots fréquents d'Etienne Tshisekedi. C'est donc qu'avec tous, personne ne pouvait attendre des cadeaux consensuels, d'Acteurs Politiques proclamés essentiellement par les armes, comme Constituants, Maîtres du jeu électoral, y compris dans une Commission Électorale Indépendante, CEI, Laquelle CEL, pour la cause, revendique d'être bornée et mesquine ! Aucun Acteur Politique ne pouvait attendre de l'autre le cadeau d'un grand lit ou d'une Grande Porte dans la course au pouvoir pour la Troisième République !
C'est une faute fondamentale de l'Accord dit Global et Inclusif congolais !
2. « Tout ou Rien » !
Et, bon sang ne peut mentir ! Tous les stratèges des adversaires de M. Tshisekedi le connaissent. Maximaliste, est ce « Leader Maximo» ! Irréductible, et attendu comme
tel, dans la recherche du changement « radical » ! A temps comme à contre-temps, c'est-à-dire, aussi bien dans les convictions, dans la vie familiale et politique, que dans les
négociations politiques, dans un Gouvernement de Transition ou issu d'un tel Accord Global et Inclusif congolais !
3. « Refus de bataille médiatique, diplomatique et autres d'un Parti. »
Le camp du Leader Maximo s'est toujours dérobé du marketing politique moderne : une radio, une télévision, des organes de presse. Et pire, le Parti s'est refusé à une culture d'alliances diplomatiques internationales bi- et multilatérales.
Pourtant, tous les adversaires s'en sont donnés à cœur joie. Y compris en utilisant les Services de Renseignement du pays, avec leur lot de manipulations, désinformations.
L'UDPS s'est ainsi dérobée de l'effort de médiatisation et d'alliances diplomatiques pour investir sur la Force Populaire.
4. « La Force du Peuple et la Force des Urnes ».
Cette Force Populaire, qui a fait de Mobutu un exilé dans son propre pays et d'une armée entraînée et expérimentée déposant les armes devant des « kadogos » d'à peine 14 ans rapidement proclamés soldats. Cette Force Populaire a transformé la dynamique d'une salle remplie avec des tricheries en un plébiscite à la Conférence Nationale
Souveraine. Elle a soutenu une « sécession monétaire » aux Kasaï. Elle a emmené à respecter les mots d'ordre de Pays Mort, même de la part des membres du MPR etc.…
Cette Force Populaire devrait logiquement s'exprimer dans les urnes et les suffrages démocratiques, transparents, crédibles, que ces urnes soient équitables ou non pour tous les prétendants et pour l'UDPS !
5. « La petite fenêtre mais la Grande Porte ! »
Pour accéder à ces suffrages, il ne reste à l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, que la petite fenêtre ? C'est-à-dire : l'UDPS abandonnerait au bord du chemin une partie de ses électeurs du fait du déficit d'enrôlement. Elle n'aurait pas la maîtrise du jeu électoral, malgré les dizaines de milliers observateurs électoraux qui se sont présentés volontaires au Parti, il y a deux mois ! . Elle a perdu la bataille médiatique et diplomatique. Quoiqu'il en soit, cette petite fenêtre, elle-même, n'est pas un cadeau politique à Tshisekedi ! Tant il est vrai que la dernière carte des adversaires de Tshisekedi est d'obtenir son exclusion totale du processus électoral. C'est vital pour eux ! C'est la seule chance de triompher.
Entre la crédibilité d'urnes congolaises avec Tshisekedi et les risques de non-reconduction au pouvoir sans lui, les Experts 1+4=0 balancent !
Et comptant, en cela, sur le jusqu'au-boutisme prévisible et légendaire de celui-ci.
En particulier, aucun Acteur du 1+4=0 ne reculera devant toute action, médiatique, diplomatique et autre, subtile ou non, pour rendre la fenêtre encore plus étroite ou la refermer.
Seulement, voilà !
Le jusqu'au-boutisme est « joustement » le principal atout de Tshisekedi dans l'adhésion et la force populaires. Lesquelles adhésion et force populaires sont bien obligées de se
transformer, un jour ou l'autre, en force des urnes !
Cette force populaire, même obligée d'entrer par la petite fenêtre dans le processus électoral, a hâte d'éclater par la Grande Porte comme force des urnes !
Et cette Force Politique Populaire sortira par la Grande Porte comme Force des Urnes !
Qu'on le veuille ou non, d'un côté ou de l'autre !
Tant l'action de l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social, depuis plus d'une décennie, a démontré la différence entre le blanc et le noir, le jour et la nuit, le bien et le mal dans la gestion d'un pays et dans la vie publique congolaise !
Ces différents concepts politiques sont largement partagés dans le Peuple congolais, dans cette adhésion populaire et pour les urnes.
• « Esclave du peuple », en face du « soldat du peuple » !
• Non-violence, à temps et contre temps, y compris dans les agressions invitées ou non !
• Pédagogue obstiné de la coexistence pacifique aux frontières
et de l'apprentissage permanent de vie harmonieuse en commun pour tous en RDC !
• le Leader National, extra tribal ou extra provincial, en face des pièges et des velléités « Bilulus », « Banyamulenges » et autres Ne Kongo, revendiqués çà et là au sein des 267 Partis politiques alignés !
• l'inconditionnel de la liberté d'_expression, y compris dans les médias publics en face des tentatives pathétiques et permanentes de museler cette _expression plurielle, en particulier dans le chef de la Radio Télévision Nationale Congolaise, RTNC, ses mandataires et les différents Ministres PPRD de la Presse et Communication !
• le Leader sans aucun passé, velléité ni tendance au détournement des ressources publiques pour des fins propres ou partisanes, en face des cas flagrants dénoncés, notamment, (1) dans les Rapports de la Commission Spéciale chargée de l'examen de la
validité des Conventions a caractère économique et financier conclues pendant les guerres de 1996-1997 et de 1998, dits Rapports Lutundula ; (2) les Rapports des Enquêteurs de l'Organisation des Nations Unies et d'autres agences non gouvernementales
internationales sur le Pillage des Ressources de la République Démocratique du Congo. Et bien d'autres preuves abondantes, dont la dernière (3) nous sera donnée bientôt, à partir du 23 mars 2006, à l'issue de la Mission de plus d'un mois en RDC d'une équipe de 5
Juristes du « Department of Institionnal Integrity», littéralement le Département de la Déontologie Institutionnelle de la Banque Mondiale. Equipe, actuellement dans nos murs et qui a déjà fait et fera tomber bien des têtes. Et pas seulement des Fonctionnaires Gestionnaires !
A ce dernier propos, certains géopoliticiens considèrent qu'actuellement Bush entre dans la campagne électorale en RDC et fait un clin d'œil à Tshisekedi contre notamment Louis Michel, par le biais de P. Wolfowitch avec son Département de Déontologie
Institutionnelle de la Banque Mondiale qui séjourne du 20 février au 23 mars prochain dans nos murs ! 23 mars, cela vous rappelle-t-il quelque chose dans les opérations électorales ?
En définitive, je ne sais pas qui l'a dit, probablement personne !
Mais moi j'affirme qu'au moment donné : « le jour ne peut hésiter et faire autrement que se lever, en prenant prétexte pour tergiverser qu'il fait encore nuit noire et que trop de forces de l'ombre entretiennent cette nuit et s'investissent pour filtrer le jour ! . »
En d'autres mots, à ce niveau de l'histoire du pays, l'Union pour la Démocratie et le Développement, UDPS, n'appartient plus, ni à Massamba, ni à Mubake, ni à Dindo, ni à Mpuila, ni même à la limite à Tshisekedi.
A ce tournant de la Troisième République, l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social appartient au Peuple congolais et à la Nation congolaise !
UDPS PARTI DU PEUPLE ! Et ce n'est pas seulement un slogan !
Dr. Philippe KABEYA Nshimbula Mitende
Tcl : +243 81 502 49 62
25 mars 2006
Marche réprimée de l’UDPS du 22/03/2006 à GOMA :
des questions à Azarias Ruberwa
Selon les informations parvenues au Phare n° 20803 du jeudi 23/03/2006, la marche de l’UDPS, organisée à GOMA mercredi 22/03/2006, pour réclamer la réouverture des bureaux d’enrôlement, a été réprimée avec une brutalité et une violence disproportionnées par les éléments de la police, sous la conduite d’un certain colonel Jérémie, n° 2 de la police du Nord Kivu, et du maire de la ville de GOMA.
En effet, les sources du Phare rapportent que les militants de l’UDPS ont été brutalement dispersés à 9 heures par des policiers sur ordre de deux autorités locales précitées alléguant la non autorisation de la marche. On apprend que le président fédéral de l’UDPS Nord Kivu, Monsieur Rubens MIKINDO, s’est fait arrêté, brutalisé, torturé, frappé et humilié, tel un malfrat, par les éléments du colonel Jérémie, après une traque de deux heures dans la ville. Il a été embarqué dans la jeep du fameux colonel pour une destination qui n’a pas été révélée au Phare.
Comme si tous les actes de brutalité perpétrés sur la personne de Monsieur MIKINDO ne suffisaient pas, les policiers ont poussé leur vandalisme jusqu’à narguer le collaborateur de Tshisekedi en lui disant que c’en était fini pour eux, Goma n’étant pas, selon eux, Mbuji Mayi.
Pendant qu’à Kinshasa, la MONUC
Des regards se dirigent tout de suite vers le Vice-président de la république en charge de la politique, défense et sécurité dont la voix s’est toujours élevée bien haut pour exprimer son indignation chaque fois que des tels actes se sont commis à Kinshasa.
Des questions viennent tout de suite à l’esprit de tout homme bien pensant : la première est celle de savoir pourquoi la marche n’a-t-elle pas été autorisée ? La deuxième : pourquoi les autorités censées connaître la loi invoquent-elles tout le temps le défaut d’autorisation, alors que celle-ci n’est nullement spécifiée dans la très moderne constitution comme condition de tenue d’une marche pacifique ? Bien au contraire, l’article 26 de la constitution de la république dispose que les manifestations sur la voie publique devraient plutôt faire l’objet d’une information à l’autorité compétence, non, pour demande d’autorisation, mais afin que des dispositions soient prises pour l’encadrement.
La troisième question : quand la loi des lois consacre la liberté règle et l’interdiction exception, pourquoi des agents de l’ordre se rendent-ils coupables des excès de zèle en invoquant abusivement des dispositions légales qu’ils ne connaissent pas, ou qu’ils s’arrangent à ne pas connaître ?
La quatrième question et la plus préoccupante : pourquoi les policiers qui ont torturé le président fédéral de l’UDPS décrètent que Goma n’est pas Mbuji Mayi ? Il y a fort à craindre que de tels propos, proférés par les membres d’un corps réputé ‘‘muet’’ ne soit que la cime émergée d’une intolérance politique véhiculée par certains extrémistes que le vice-président ne voyait jusque-là que dans les rangs du PPRD à Kinshasa et au Sud Kivu. Les inquiétudes des observateurs sont d’autant renforcée qu’à la veille de la tenue des élections dites transparentes et crédibles, des éléments de la police, pourtant apolitiques, donnent l’impression d’avoir pris faits et causes pour certaines formations politiques au détriment d’autres.
Et la dernière question est celle de comprendre pourquoi la dérive de Goma n’a pas bénéficié de l’habituelle condamnation véhémente de Manywa ? A cette question, la réponse ne peut venir que de l’intéressé pour faire mentir la conviction qui fait son chemin dans l’esprit des observateurs que le silence du vice-président se justifie par le fait qu’il aurait apporté sa caution à la bavure, rien ne se faisant à Goma à son insu.
Et la seule façon pour Manywa de faire mentir cette conviction est de faire subir toute la rigueur de la loi au maire de la ville de Goma, au numéro 2 de la police et aux éléments ayant brutalisé le responsable de l’UDPS, pour avoir violé la constitution de la république. Ces policiers, membres d’un corps voulu expression par excellence de l’unité nationale, devraient subir un châtiment exemplaire qui avoir tenu des propos séparatistes et ethno-régionalistes, confinant les activités d’un parti politique à une partie géographique du pays, en violation de la constitution et de la loi sur l’organisation et le fonctionnement des partis politiques qui consacrent pourtant le caractère national de tout parti politique.
En effet, il convient qu’à de tels propos soit réservé une réponse dissuasive de la part des autorités du pays pour stopper net ces attitudes de haine et de tribalisme relayées par certains médias au pays et sur Internet, par des politiciens extrémistes et leurs comparses, en mal d’arguments politiques.
Manywa a donc là l’occasion de se donner une autorité morale sur le leadership de la transition et de s’accorder les coudées franches pour poser, dans les actes, les fondements d’un état uni, républicain et garant des droits et libertés des citoyens, en commençant par sévir face à ces pratiques d’un autre âge à GOMA où rien ne se fait sans lui.
Anthony KATOMBE
24 mars 2006
Etienne Tshisekedi, les yeux dans les yeux, à Kofi Annan mardi au GHK :
"La communauté internationale ignore l'Udps, l'Udps ignore la communauté
internationale"
Le Phare (Kinshasa)
ACTUALITÉS
22 Mars 2006
Publié sur le web le 23 Mars 2006
By Kenge Muekengeshayi
Kinshasa
Officiellement, rien n'a transpiré, mardi soir, de la rencontre tant attendue entre le Secrétaire Général de l'Onu, Kofi Annan, et le Président national de l'Udps, Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Rien, dans la mesure où aucune déclaration n'a été faite de part et d'autre. Ce qui n'a pas empêché Le Phare de fouiller, et de fouiller encore pour tenter de tirer des
murs épais du GHK la quintessence des conversations entre les deux parties.
Du côté du Secrétaire général de l'Onu, on pouvait voir son représentant spécial en Rdc, William Lacy Swing, l'adjoint de ce dernier, Menkerios, ainsi que quelques fonctionnaires tant de Kinshasa que du siège de New York.
Pour sa part, Etienne Tshisekedi avait conduit une délégation plus étoffée que d'habitude avec le président du Comité national Valentin Mubake, le Secrétaire général Rémy Massamba, la Secrétaire nationale Eve Bazaiba, le conseiller politique Joseph Mukendi et l'Assistant Aka.
Selon ce qu'il a été permis au Phare d'apprendre, Etienne Tshisekedi a aussitôt mis les pieds dans le plat. Pour lui, la crise est partie du 30 juin 2005. «Au mépris du peuple congolais et de la classe politique congolaise, on a prolongé la transition alors que la loi électorale n'existait pas encore pour parler des raisons spécifiquement liées à l'organisation des élections», a regretté le leader de l'Udps. Qui a aussitôt précisé: «C'est ce mépris de la Communauté internationale et du Ciat qui continue jusqu'à ce jour. Notamment à travers la Cei, une Commission technique qui se permet de prendre des positions politiques sous l'influence de certains membres du Ciat».
Commentant cet aspect de son propos, Etienne Tshisekedi a souhaité que les partenaires de la RDC sachent «qu'il existe dans ce pays une opinion et un peuple, ainsi que des forces politiques qu'il faut absolument consulter lorsqu'on tient à résoudre les problèmes qui se posent».
Ce sont toutes ces questions qui ont été soulevées dans le mémo de l'Udps adressé au Secrétaire Général de l'Onu au mois de novembre 2005, a rappelé le leader de l'Udps. Son parti y soulignant déjà l'urgence et la nécessité d'un dialogue entre les forces politiques les plus significatives. Le Ciat, de son côté, avait paru être d'accord en initiant des contacts
exploratoires entre l'Udps, le Mlc et le Rcd, le Pprd ayant boudé les rencontres.
«Voilà pourquoi nous avons décrété le boycott lors du référendum. C'était notre droit le plus légitime dans la mesure où nous n'avions abordé aucune question de fond et nous ne nous étions mis d'accord sur aucun dossier», a encore expliqué Etienne Tshisekedi. Avant d'ajouter: «C'est après que des délégués du Ciat ont demandé à l'Udps de faire une déclaration
solennelle dans laquelle elle assurait de son implication dans le processus. Nous l'avons fait le 2 janvier 2006 en émettant trois petites conditions. Depuis, c'est le silence le plus absolu».
Question de Kofi Annan à William Swing: «êtes-vous au courant de tout cela? ». «Oui», a consenti le diplomate onusien, ajoutant aussitôt que c'était pour cela qu'il avait passé une bonne partie de la journée de mardi au ministère de l'Intérieur afin de tenter de régler la question de l'homonymie. Commentaire ironique d'E. Tshisekedi: «Depuis novembre, c'est
maintenant seulement que le Ciat essaie de trouver une réponse à ce dossier».
Question de Kofi Annan au leader de l'Udps: «Que faut-il faire alors?» Réponse terrible d'Etienne Tshisekedi: «La communauté internationale ignore l'Udps, l'Udps ignore la communauté internationale. Pour nous, tout ce
qui se fait maintenant est illégal».
Réplique du Secrétaire Général de l'Onu: «Mais les autres estiment que c'est parfaitement légal?» Réponse de Tshisekedi: «C'est leur droit. Nous ignorons ceux qui nous ignorent. Ce que nous réclamons, c'est un dialogue entre les forces politiques les plus significatives.
Diversion
Un entretien presque surréaliste, dramatique. On aurait pu entendre une mouche voler, a-t-on confié au Phare. Ayant pris la mesure de la situation, le Secrétaire général de l'Onu a estimé qu'il devait réfléchir à tout cela, afin d'y voir un peu plus clair. Il a eu cependant le temps d'indiquer à la délégation de l'Udps la promesse que la Présidence de la République
allait établir un contact dans les 48 heures. Etonnement de ses interlocuteurs, surpris que l'annonce emprunte une voie aussi biaisée. «C'est comme l'autorisation de la marche. On veut jeter la poudre aux yeux du Secrétaire Général de l'Onu, mais nous ne sommes pas dupes», a commenté un proche collaborateur d'Etienne Tshisekedi contacté par Le Phare, ajoutant «que ce ne sont ni le temps, ni les occasions qui ont fait défaut, par le passé, pour que les Congolais puissent se parler entre eux sans intermédiaire».
Mardi soir, à la veille d'une marche appelée par l'Udps, Kinshasa retenait son souffle. D'autant qu'aux dernières nouvelles, le discours tenu par la fille aînée de l'opposition congolaise était brusquement devenu celui de nombre de forces politiques et sociales qui s'apprêtaient à rencontrer Kofi Annan pour lui exprimer leur rejet d'un schéma imposé de l'extérieur et
d'une tricherie programmée. Plus tôt dans la journée, un «Manifeste de la conscience congolaise» était adopté à cet effet à la paroisse Notre Dame de Fatima par plusieurs forces socio-politiques, tandis qu'un groupe de femmes s'apprêtait à dire au patron de l'Onu que le processus électoral tel que géré à ce jour, était porteur des germes d'une nouvelle crise aux
conséquences incalculables.
22 mars 2006
Communiqué CODHO:Torture/mauvais traitement/Arrestations arbitraires/Disparitions forcées ou involontaires en l’endroit des requ
Tiré du site Africatime
Kinshasa, le 21 mars 2006
COMMUNIQUE DE PRESSE N°24/CODHO/KN/06
Le Comité des Observateurs des Droits de l’Homme « CODHO », une organisation indépendante et non partisane de promotion et de défense des droits de l’homme basée à Kinshasa, est très préoccupée par la situation très critique des requérants d’asile et de statut de réfugié détenus au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), la prison de la ville.
Il s’agit des messieurs MANANGA Guy et MAFOUKOU Edgar, sujets congolais de la République du Congo qui sont en détention irrégulière en République démocratique du Congo depuis le 9 avril 2002 à partir de la province du Bas Congo, dans l’Ouest du pays. Ils sont depuis peux de temps au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK).
Selon les informations parvenues au CODHO à Kinshasa, quatre sujets congolais de Brazzaville requérants d’asile et de statut de réfugié ont été interpellés et arrêtés le 9 avril 2002 à Mbanza Lele, une localité de la province du Bas- Congo. Des agents locaux de l’Agence nationale des renseignements (ANR) avait décidé d’interpeller puis de placer en détention, parce sujets étrangers, selon les sources, messieurs MANANGA Guy, MAFOUKOU Edgar, du colonel Anicet Wilfrid PANDOU alias Willy MANSANGA et le Sergent-Chef LUMBOU KEVIN Compté. Tous les quatre seraient des militaires à l’exception de Monsieur MAFOUKOU Edgar, et venaient tous de la République du Congo. Ils auraient fui leur pays parce que leur vie était menacée par des membres de l’entourage du Président Denis SASSOU NGUESSO.
Selon les mêmes sources l’interpellation de ces quatre requérant de statut de réfugié et d’asile à Mbanza Lele (RD Congo) ils ont été transférés dans un autre cachot de l’ANR dans la localité Ntadi puis le cachot de Kintete deux localités de la même province du Bas- Congo où ils ont passés deux jours avant d’être transféré au cachot le l’ANR à Luozi, une localité de la même province du Bas- Congo où ils ont passés en plus deux jours. Le 20 avril 2002, ils ont été ensuite conduits successivement dans les cachots de l’ANR à Kimpese puis celui de Matadi, toujours de la province de Bas- Congo. Le 21 avril 2002, ils ont été transférés à Kinshasa au cachot de la DEMIAP/Intérieure (Détection militaire des activités anti patrie) à Kintambo et incarcérés dans le cachot dit « Ouagadougou ». Le 27 juin 2005 Messieurs MANANGA Guy (militaire) et MAFOUKOU Edgar (civil) ont été transférés au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK). Depuis lors Messieurs Willy MANSANGA et LUMBOU Kévin sont portés disparus.
Les deux survivants ; Messieurs MANANGA Guy (militaire) et MAFOUKOU Edgar (civil) ont déclaré ce qui suit aux enquêteurs de CODHO du font de leurs cellules de détention : « Nous n’avons jamais été interrogés sur procès verbal ,ni présentés devant un magistrat. Nous n’avons jamais été notifiés des motifs de notre détention. Nous sommes en prison sans mandat d’arrêt provisoire (MAP) en violation de la loi en RD Congo en matière de détention préventive. Nous avons été brutalisés lors de notre arrestation, nos biens de valeur et de l’argent ont été confisqués sans motif. Nous avons subit des tortures atroce au cachot de la DEMIAP/Intérieure, des mauvaises conditions de détention, mauvais traitements : une cellule dite Ouagadougou sans lumière ni aération et très surpeuplée. Il n’avait pas d’espace pour s’allonger. Durant tout notre séjour au cachot de la DEMIAP/Intérieur l’on passait les jours comme les nuits soit assis côte à côte soit débout. L’on ne mangeait pas à notre faim et n’avons pas droit à une visite, même du médecin. Plusieurs des détenus mourraient des maladies non soignées,de la faim, des fatigues,des coups et blessure, .C’est le cas de notre co-détenu LUMBOU Kévin qui est mort dans la cellule et enterré par la DEMIAP/Intérieure sans avoir averti sa famille à Brazzaville (Congo). Nous ne savons pas le sort de notre co-détenu Willy Mansanga qui a été un jour extrait nuitamment de la cellule Ouagadougou et n’est plus jamais revenu. Nous sommes tous les deux malades, nous sommes dans pays étrangers, les détenus sont ici en prison assistés par les membres de leurs familles, il est difficile pour nous de faire traverser un message ou informer les membres de nos familles respectives à Brazzaville (Congo) que nous sommes détenus au CPRK. Nous sollicitons, à travers le CODHO l’assistance de tous les organismes humanitaires et de défense des droits de l’homme afin que le bureau à Kinshasa de UNHCR s’occupe de nous en que requérant et que le CICR nous aide pour les soins de santé et les nouvelles de nos familles restées en République du Congo.
Le CODHO signale que ces faits ci-haut décrits constituent des violations flagrantes des instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme auxquels la République démocratique du Congo est partie, notamment la Déclaration Universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966 ratifié par la RD Congo le 1er novembre 1976 et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Par ailleurs ces détentions illégales rendent la RD Congo violatrice de sa propre Constitution de la transition qui veut toute personne arrêtée doit être informée immédiatement ou au plus tard dans les vingt-heures des motifs de son arrestation et de toute accusation portée contre elle, et ce, dans une langue qu’il comprend. Elle précise aussi que la garde à vue ne peut excéder quarante-huit heures. A l’expiration de ce délai, la personne gardée doit être relâchée ou mise à la disposition de l’autorité judiciaire compétente. Faut- il aussi rappeler qu’aux termes de l’article 27 du code de procédure pénale de la RD Congo la liberté est la règle et la détention l’exception.
Le CODHO est très préoccupé par le sort des messieurs MANANGA Guy et MAFOUKOU Edgar, les deux survivants parmi les quatre personnes arrêtés le 9 avril 2002 à Mbanza Lele, une localité de la province du Bas- Congo. Le CODHO fonde ses inquiétudes sur non seulement le fait qu’ils sont victimes d’une détention illégale de plus de trois ans mais aussi parce que ce sont des étrangers,requérants de statut de réfugié et d’asile en RD Congo qui ont fui la persécution dans leur pays . Ils risquent de subir le même sort que leurs deux co-détenus ; l’un mort en détention et l’autre porté disparu.
Le CODHO demande à toute personne éprise de paix et de justice, tout organisme de coopération multilatérale ou bilatérale, ou tout gouvernement respectueux de la dignité de la personne humaine de demander au gouvernement de Monsieur Joseph Kabila, Président de la République à Kinshasa :
1.la libération de messieurs MANANGA Guy et MAFOUKOU Edgar ou leur présentation devant le juge compétent s’il existe des charges formulées contre eux et les droits de la défense ,et l’indépendance du juge soient garantie ;
2. diligenter une commission judiciaire constituée des magistrats reconnus de tous pour leur compétence et intégrité morale en vue d’enquêter sur la mort en détention de monsieur LUMBOU Kévin au cachot de la DEMIAP/Intérieure à Kinshasa et la disparition forcée ou involontaire de monsieur Willy MANSANGA à partir du cachot de la DEMIAP/Intérieure à Kinshasa ;
3. de respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales pour tous en République démocratique du Congo, notamment les droits des détenus.
Pour tout complément d’information, contacter le bureau du CODHO -Kinshasa à l’adresse suivante :
Bureau CODHO- Kinshasa
Comité des Observateurs des Droits de l’Homme
Téléphone : 00243 (0) 81 508 9970
Fax : 001 831 850 3959
E- mail : codho_kinshasa@yahoo.fr
B.P: 185 Kinshasa 11, R.D. Congo
Immeuble Veve Center, 1er Etage, L. 4
2, Rue Bongandanga, Q/Anciens Combattants
C/Kasa-Vubu, V. Kinshasa, R.D. Congo
21 mars 2006
Congo River : Avant-première à Genève.
Par Philippe Lomboto Liondjo
Jeudi 16 mars 2006, Auditoire Arditi.
Ce jeudi 16 mars 2006 en la Cité
La projection s’insérait dans le cadre de la 4ème édition du Festival International du Film sur les Droits Humains et ce fut donc là une occasion unique pour le public tant occidental que congolais de se retrouver autour de Thierry Michel pour évoquer le Congo, un peu de son histoire pré et post coloniale, mais surtout la situation actuelle de cet immense pays dans lequel le cinéaste a passé 15 ans de sa vie. Les oeuvres précédentes de ce documentaliste sont bien connues dans les milieux congolais et notamment le très bon « Mobutu, Roi du Zaïre».
Profitant de cette occasion, quelques ressortissants de la République Démocratique
la Transition la Culture.
Ne laissant à personne le soin d’entamer les débats, Philippe Lomboto Liondjo, membre du groupe de pression « Banacongo Section Suisse » s’empara du micro pour remercier Thierry Michel en premier lieu pour ce film sur le Congo. Après une rapide et succincte analyse critique du film, Liondjo chercha à axer le débat plus sur le volet de la situation politique du pays et sur l’avenir de cette nation. En effet, il faut remarquer que la majorité des personnes venues assister à la projection cherchait plus à en retirer la quintessence artistique et leurs questions allaient plus dans le sens culturel. Et dès que les questions précises et pressantes sur la politique, les conséquences des guerres, le Rwanda et le processus de
Mais il ne put jouer ce jeu bien longtemps car les Congolais lui firent remarquer que ces films avaient une forte connotation politique et que l’actualité commandait le débat. Il ne se déroba plus et fit part de son grand espoir de voir enfin ce pays qu’il aime réellement se sortir du gouffre et, pour en revenir à son film, remonter vers la lumière et laisser derrière les ténèbres.
Il est à relever que quelques congolais ont tenté de faire passer un message pro-gouvernement actuel en tentant de brosser un bilan doré de l’action du 1+4 depuis son instauration. En effet, ils firent des assertions sur le succès du référendum, de l’enrôlement, etc. Mais Philippe Liondjo et d’autres congolais firent valoir le contraire par des exposés précis sur les violations de droits de l’homme, le pillage à grande échelle, les incohérences et les incompétences patentes des hommes de la transition.
Banacongo Section Suisse fit aussi remarquer qu’il était dommage que le film n’ait pas montré plus d’acteurs du processus en cours (seule apparaît une faction des Maï Maï, avec leurs rituels et leurs croyances d’invincibilité).
Ce qui est regrettable également c’est que l’organisation des projections et débats de cette journée consacrée à la région des Grands lacs et des génocides qui y ont cours étaient répartit sur deux sites et se chevauchaient, empêchant ainsi de pouvoir participer à l’ensemble des discussions. D’un côté le génocide rwandais (attirant plus de monde) et de l’autre le documentaire à caractère culturel sur le Fleuve Congo.
Un congolais eut cette remarque acerbe mais peut-être juste : « Ils ont eu peur de mettre les Rwandais et les Congolais ensembles » !!
Qui peut dire ???
Un ressortissant Burkinabé qui était venu là fit remarquer à Thierry Michel qu’il pouvait et devait jouer un rôle culturel de type formateur auprès des artistes cinéastes du Congo ce que le réalisateur affirma vouloir accepter de tout son cœur, car très attaché à ce grand pays.
18 mars 2006
Le prix d’être congolais
Express !
Kinshasa, boulevard du 30 juin, vendredi 17 mars 2006. Nous sommes, mon amie Grâce et moi-même, debout en face du fameux immeuble de la rigueur, depuis une heure, dans l’attente d’un hypothétique taxi. Les conducteurs ralentissent de temps en temps à notre hauteur et attendent que nous prononcions le mot magique : ‘‘express’’. Nous disons ‘‘Lemba’’, et ils filent à vive allure à la recherche des clients plus offrants. Une course taxi du centre-ville, où je travaille, à Lemba, ma commune de résidence revient à 300 FC (francs congolais, soit USD 0,67).
Soumis aux tracasseries des policiers de roulage et aux perceptions des chargeurs des parkings, pour atteindre le montant journalier de versement leur imposé par leurs employeurs, les chauffeurs de taxi recourent, aux heures de pointe, au système ‘‘express’’, système qui consiste à fixer à cinq ou six passagers un prix de course global de 3000 FC. Les passagers paient chacun 500 ou 600 FC et s’entassent dans ce qui tient lieu de taxi pour un trajet d’au moins 45 minutes. Au lieu de 1500 FC qu’il aurait dû normalement percevoir en faisant payer à chacun de ses 5 passagers les 300 FC fixés par l’autorité urbaine, le taximan empoche le double.
Ce soir, j’ai décidé de ne pas encourager ce système. J’irai à Lemba en payant 300 FC, pas un de plus. Mais je commence à avoir très mal au dos, aux hanches et aux mollets. Je ne sens plus mes bras qui portent quelques 2.200 grammes
Parité
Je suis au téléphone avec une amie de Pointe-Noire qui me demande pourquoi finalement je n’achète pas une voiture et continue à me faire souffrir comme ça. Mon amie, comme moi, travaille dans une entreprise européenne, et ne peut pas comprendre que je sois toujours piéton. La pauvre, si elle savait que dans un pays où l’Etat, le plus mauvais payeur, n’a aucune politique salariale digne de ce nom, les privés s’alignent sur les salaires officiels, qu’ils dépassent juste un tout petit peu.
Pendant que je promets à mon amie que je finirai bien par acheter une voiture, un taxi s’arrête à cinq mètres de nous. Grâce slalome un sprint que je lui avais jamais soupçonné et atteint le véhicule. Elle met la main sur la portière pour l’ouvrir quand un gars, sorti de nulle part, la bouscule et s’engouffre dans le taxi, prenant à Grâce sa place. Ils y sont cinq, hormis le chauffeur : 2 sur le siège passager devant, 3 sur le siège arrière, où le chauffeur, ‘‘Compatissant’’, invite Grâce à s’ajouter.
Je m’approche du taxi et exprime ma désapprobation au gars qui a bousculé Grâce. ‘‘Mais c’est la parité, que voulez-vous’’, me répond-il. Eh oui, ces Kinois ont appliqué cette histoire de parité à leurs réalités au point que leur légendaire galanterie s’en est trouvée fortement érodée.
Et les Kinoises ne sont pas en reste. Elles d’habitude si respectueuses des hommes en sont aussi venues à réclamer les mêmes traitements avec les males en tout et pour tout, au nom de la parité. A 12 heures, un de nos chauffeurs, Tshisekediste devant l’Eternel, dont la mère s’est fait bastonner par les policiers de Théophile Mbemba, vendredi 10 mars dernier lors de la marche de l’UDPS sur ce même boulevard du 30 juin, me raconte une mésaventure qu’il a vécue avec une participante à une manifestation des femmes. Le chauffeur qui voyait un groupe des dames chanter et danser sur le boulevard en avait appelée une pour s’enquérir du motif de leur exhibition. La bonne dame lui avait rétorqué : ‘‘ Yo yaka nde, parité teee’’ (Toi plutôt viens, parité oblige).
Le bon abbé a aussi son cortège !
Soudainement, on entend hurler des sirènes et des haut-parleurs qui ordonnent aux automobilistes et piétons à dégager le boulevard. Comme par enchantement, la chaussée se retrouve libérée en moins de 20 secondes. A vive allure, deux jeeps avec policiers, armes pointées sur on ne sait quel ennemi, assis sur une banquette se donnant les dos les uns aux autres. Les deux jeeps sont suivies d’une belle voiture de luxe officielle, elle-même suivie par une autre jeep.
Kinshasa est la capitale des cortèges officiels. Est bien malin celui qui en donnerait le chiffre exact. Il y a d’abord les cortèges de l’espace présidentiel : Kabila, Bemba, Ruberwa, Yerodia et Z’ahidi, ensuite celui du parlement : Kamitatu et Marini (je vérifierai quand même pour ce dernier. Je suis un peu protestant et je ne voudrais pas pécher gratuitement contre le prince de mon église), sans oublier chaque ministre et chaque vice-ministre, le chef d’état-major général, le chef d’état-major général adjoint, les 3 chefs d’état-major des forces terrestres, aériennes et navales et leurs adjoints, chaque général, chaque colonel, le chef de la police, le gouverneur de la ville, le chef des renseignements, des migrations … et pour finir Louis Michel. Eh oui l’homme est à Kinshasa chaque deux semaines et jouit d’un cortège digne de noko (oncle).
Gare donc aux chauffeurs distraits. Il faut ici avoir l’ouie exercée et tous les autres sens en alerte maximale quand on roule sur les grandes artères de Kinshasa, pour libérer la chaussée à chacun des passages des bonzes de la transition. Sinon, on se fait surprendre et on pique une crise d’hypertension. Parfois on s’en sort même avec des coups de matraque pour avoir eu l’outrecuidance d’avoir emprunté la chaussée au même moment qu’une de leurs excellences.
Je veux quand même savoir qui est cette autorité-ci. ‘‘C’est Malu Malu’’, me répond Grâce. Ah bon, le bon abbé a aussi son cortège ! Une jeep s’est présentée, Grâce m’a invité en vain à la suivre. Je suis plutôt resté bouche béé, accompagnant du regard le cortège du bon abbé qui disparaît au loin.
Grâce me fait au revoir de la main et la jeep démarre. A 19h20’, soit deux heures après mon arrivée à l’arrêt, une voiture personnelle BMW série 3 s’arrête à quelques mètres de moi. Je cours de toutes mes longues jambes et réussit à prendre place à bord, sur le siège passager avant, avec Jeff, un ami qui travaille à la très respectable MONUC. Mes genoux coincent contre le coffre à gant de la BMW
Nous réglons la course à ce gentil monsieur qui rigole un coup : ‘‘Si au parlement ils étaient aussi compréhensifs entre eux , tout le monde serait content, non ?’’. Nous rigolons avec lui. Je me dirige boitillant vers un autre arrêt pour prendre un autre taxi. J’en trouve un moins péniblement qu’au centre-ville.
RDC, Eloko ya Makasi !
Une fois dans le taxi, mon téléphone sonne. C’est Marc qui appelle de Londres. Il suit le match aller de la ligue des champions de football Motema Pembe-SFaxien, sur une chaîne tunisienne qu’il a réussie à capter. Il est tout heureux ce bon Marc. Et pour cause, les tunisiens, qui étaient menés 1-0 par les Congolais, ne viennent d’égaliser que maintenant, à la 80ème minute. J’aurais dû accepter de parier 100 $ avec mon collègue André qui ne donnait aucune chance au club kinois. Il y a des jours où je suis très content d’être congolais.
Quand ces politiciens de dimanche qui ne sont même pas foutus d’organiser un service aussi primaire que le transport public, il y a toujours ces anges immaculées pour nous rappeler que bien qu’enfants de l’adversité, nous congolais sommes absolument increvables. Nous saurons toujours, même dans les pires des situations, tout obstacle braver et tout défit relever tout simplement parce que … RDC, eloko ya makasi ! (RDC, c’est du solide).
17 mars 2006
J'ai aussi fait un rêve !
Oui, j'ai aussi fait un rêve.
Dans mon rêve, j'ai vu les européens et les américains moyens surfer sur les sites congolais et soudainement se reveiller d'une grande ignorance et d'une forte indiffénce par rapport à la tragédie qui se déroule dans mon continent de pays. Je les ai vus sécouer la tête d'indignation. Je les ai entendus dire que 4 millions des morts, c'était cinq fois le génocide ruandais. Je les ai entendus dire que plus de 15 milliards des dollars soufflés en 10 ans des guerres business par les "belligérants" et leurs souteneurs occidentaux c'était plus que la dette extérieure laissée au Zaïre par Mobutu.
Je les ai vu se frapper la poitrine de compassion devant le cruel contraste entre le train de vie des dirigeants de la transition et l'indicible misère de la population. Je les entendus protester contre la repression de l'opposition par des forces de l'ordre privatisées. Je les ai vus s'étonner de l'approche intéressée et pationnelle des dirigeants européens de la crise congolaise et des moyens d'en sortir. Je les ai vus perdre leur latin devant le paternalisme michelin de "Loulou le Congolais" qui estime connaître ce qui est bon pour les congolais plus que les congolais eux-mêmes, parce qu'il lui aurait obtenu le financement des élections.
Et je les ai entendus dire qu'ils avaient honte d'avoir laissé leurs dirigants soutenir pendant si longtemps un conglomérat des prédateurs, grâce à leur argent péniblment gagné. Je les ai vus se lever et former une chaîne de solidarité avec les congolais. Je les ai vus battre le pavé en Belgique, en France, au Royaume-Uni, en Espagne, en Suisse, aux Etats-Unis, au Canada,... à chaque viste d'un dirigeant congolais dans leurs pays, et à chaque repression des manifestants au congo. Je les ai vus tenir des conférences pour plaider en faveur de l'organisation des élections crédibles au Congo.
J'ai vu leurs dirigeants battre campagne sur le thème de la révision de leur politique étrangère au Congo. Et j'ai vu les apprentis potentâts congolais, abandonnés de leurs mentors, fuir Kinshasa sur la pointe des pieds devant des congolais déterminés à accéder à une autre gouvernance.
Et j'ai vous vu une foule arc-en-ciel des citoyens du monde entier célébrer sur le boulevard du 30 juin, la victoire du peuple congolais à l'issue d'une éléction transparente.
Et je me suis reveillé de mon sommeil et j'ai trouvé, dans ma boîte électronique, l'e-mail ci-après d'un ami européen, que je publie avec son aimable permission.
Mon rêve aussi a commencé à se réaliser.
Anthony Katombe
Bonjour,
Aujourd'hui âgé de 44 ans, je suis depuis le le lointain confort de mon Europe occidentale les déboires d'un pays immense auquel comme on a essayé de me faire croire durant mon enfance la Belgique avait gentillement donné l'indépendance.
Votre Blog a le mérite d'exister. Je l'ai découvert par hasard et j'y viens de plus en plus souvent. Il m'aide à comprendre ce que les mensonges de l'éducation nationale et la presse de chez nous ont souvent caché ou transformé.
Et oui, durant mon enfance, le Congo n'existait et ne s'était développé que grâce à la bonté des bons belges que des méchants rebelles avaient chassés...
Ce Congo devenu Zaïre allait meubler mon adolescence. Durant cette période où la révolte de l'ordre établi s'installe s'y facilement dans l'esprit, je n'arrivais pas à comprendre pourquoi ce Mobutu présenté comme un dictateur restait si "courtisé" par nos hommes politiques de tous bords.
L'âge adulte et les premières obligations de gérer et subvenir à sa propre famille, ils s'en est trouvé des journalistes d'ici qui ont enfin ouvert mon esprit égoïste à la réalité d'un peuple miséreux. Les clans succèdent aux opportunistes partisans, les ethnies se substituent aux mouvements politiques vrais, le clientélisme des uns coïncident avec l'affairisme des autres.
On veut faire croire ici en Europe que ce pays redevenu Congo est en passe de découvrir la démocratie. Est-il raisonnable d'y croire. Je lis qu'un certain Michel se permet de donner des leçons. Aïe ! la famille politique de ce Monsieur étant ce qu'elle est, soit l'arrivisme et l'opportunisme élevé au rang de religion, j'en tremble pour les espoirs congolais. Les aspirations de cette famile politique jouent sur la sémantique du mot libéral. Aïe, les riches toujours plus riches est un crédo. Ce Monsieur Michel qui copine dans les banques, qui fraternise dans les Conseils d'administration ou qui cartélise pour la gloire du Capital veut lancer la démocratie congolaise. Je crains que ce n'est pas demain que chaque enfant congolais dispose de son école (une digne de ce nom en structure et en infrastructure), que chaque famille ait son médecin du même nom, que chaque entité dispose d'un hopital, qu'un Ministre des Affaires économiques utilisera les richesses du sol pour améliorer le pouvoir d'achat de celui qui le fait fructifier...
Les pilleurs d'hier portaient un uniforme, ceux de demain un costume cravate. Mais sont-ils moins dangereux que les premiers ?
Bonne chance au Congo...
Une question, anecdotique, le "trésor des Simbas", cette fortune qui dormirait sur des comptes bancaires parce que détourné pars de rebelles en 1964 : Légende ou réalité ? selon vous...
Amitiés
Pascal D.


