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Le Blog du Congolais

analyses politiques sur la situation au congo kinshasa

18 août 2006

Congo : la terre du gaspillage

Tout se gaspille en RDC M. Morillon : les opportunités, les ressources naturelles, les cerveaux, la force ouvrière, les idées, les projets et même des interventions comme la vôtre qui aurait pu être précieuse pour l’avenir de notre pays si la médiation avait été bonne. Des centaines de millions de d’euros et la bonne volonté des protagonistes ont été gaspillés malgré la présence des organisations prestigieuses qui se sont curieusement coordonnées sur un très mauvais plan, comme cela fut déjà le cas en 1960; la presse internationale, les églises, des politiciens tant nationaux qu’étrangers étaient alors convaincus que la paix passait par la disparition de Lumumba… Cette fois-ci, on a considéré qu’elle passait par la légitimation, par les urnes, du chef de guerre le plus fréquentable. Le beau monde de la communauté internationale (Michel, Okala, Barosso, Swing, etc.) est content d’avoir organisé lesdites élections et d’y avoir fait participer en priorité les 3 chefs de guerre locaux. Tout ce monde était pourtant censé savoir que les Congolais étaient occupés à abattre une dictature lorsque ces guerres sont arrivées et que celles-ci, malgré leurs atrocités, ne pouvaient donc pas être la racine du conflit à résoudre. Cette médiation de piètre qualité a ainsi  accouché d’un processus électoral tronqué et vicié, duquel nos vrais chefs ont été pratiquement exclus comme vous l’avez constaté dans votre rapport préliminaire. Tronqué parce que les chefs de guerre ont été inutilement privilégiés alors qu’ils ne sont même pas assez compétents pour brasser leurs propres troupes et qu’ils sont tous des inconnus de la politique congolaise. Vicié parce que les mécanismes de fraude sont inscrits dans la définition même du processus, comme le décrit si bien l’Abbé Mpundu (http://www.udps.net/forum//rdc.php?t=3255).

Des élections qui auraient pu avoir une valeur historique se seront finalement passées sans campagne ni concertations ni débat et sans les candidats les plus compétents qui avaient d’ailleurs brillamment initiés de notre révolution par des méthodes modernes de lutte de pouvoir. Une révolution détournée finalement et que certains Congolais voudront peut-être refaire autrement. Les acteurs précités de la communauté internationale, tel que M. Okala, évacuent évidemment ce genre de constat avec une désinvolture à la fois indécente et désespérante pour les Congolais. C’est leur maladresse ou leur manque d’intégrité qui aura, principalement, causé le gâchis qui s’annonce. Nous ne faisons pas toujours bien les choses mais cette fois-ci on nous aura aidé un peu plus à les faire un peu plus mal encore, beaucoup plus mal qu’en 1960 par exemple.

Le peuple congolais, avide d’un État crédible, est tout de même allé aux urnes, choisir le moins mauvais candidat, selon la perception de chacun, entre Bemba et Kabila les seuls choix que la toute puissante communauté internationale leur a finalement permis. Aucun d’eux n’est rassembleur et tous n’inspirent pas confiance à l’élite congolaise ni aux cadres qu’ils ne connaissent pas. Or il s’agit justement de rassembler les Congolais et de résoudre la défaillance de l’État. Kabila notamment a pu démontrer une corruptibilité étonnante, pour une si jeune personne, en plus de son impréparation à assumer l’immense responsabilité qu’il sollicite. Des élections sérieuses auraient permis à des politiciens aguerris (Tshisekedi, Mukamaba, Lunda, Kamanda, etc.) de convaincre la population de laisser à ces deux jeunes personnes le temps de se préparer encore. Pourquoi a-t-on convaincu Kabila de briguer la présidence du Congo ? On est donc foutu pour longtemps encore, surtout avec la force de répression qu’on s’apprête à lui fournir.

Qu’allez-vous faire Général ? Qu'allez vous conseillez à vos frères et sœurs dans votre déclaration finale ? Qu’allez-vous dire à tous ces jeunes à qui l’ont vient de faire comprendre que pour diriger la RDC , il suffit de lever une armée et d’assassiner suffisamment de monde ? Qu’allez-vous dire aux Messieurs de la MONUC , du CIAT, etc. qui risquent d’aller arbitrer des conflits ailleurs fiers d’avoir pu organiser les élections en RDC ?

Peu importe ce que vous direz, notre pays est à nouveau mal reparti et ce ne sera pas votre faute. Les guerriers vont reprendre les guerres, les exilés vont continuer à se lamenter et les acquéreurs d’occident vont continuer à s’enrichir en attendant un autre Tshisekedi. Vous pouvez toutefois servir encore la vérité pour le bénéfice de l’éducation de tous, en étant aussi franc que vous l’avez déjà été ailleurs. Nos élections ont coûtés beaucoup d’argent aux européens mais des familles congolaises sont brisées, depuis plus de 20 ans, pour ces mêmes élections. D’autres guerres avaient déjà eu lieu. Des exécutions et des assassinats, des exils, des épurations ethniques, etc. Notre calvaire est plus long que ne le croient les Messieurs de l’International et nous avions droit à une solution potable.

Njoli Bodjenga, Québec, 17 août 2006.

Posté par congomania à 13:25 - Commentaires [3] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

Commentaires

"Les guerriers vont reprendre les guerres, les exilés vont continuer à se lamenter et les acquéreurs d’occident vont continuer à s’enrichir en attendant un autre Tshisekedi. Vous pouvez toutefois servir encore la vérité pour le bénéfice de l’éducation de tous, en étant aussi franc que vous l’avez déjà été ailleurs. Nos élections ont coûtés beaucoup d’argent aux européens mais des familles congolaises sont brisées, depuis plus de 20 ans, pour ces mêmes élections. D’autres guerres avaient déjà eu lieu. Des exécutions et des assassinats, des exils, des épurations ethniques, etc. Notre calvaire est plus long que ne le croient les Messieurs de l’International et nous avions droit à une solution potable."


Espérons que vos prévisions ne se révéleront pas exactes et que "Les guerriers ne vont pas reprendre les guerres".
Espérons que des gens comme vous trouveront des mots pour dire la douleur, le chagrin et ensuite chercher des moyens d'espérer. Car c'est indispensable même si ça semble trop difficile.

Votre texte est très beau et très émouvant, très vrai.

Posté par Eric Mainville, 19 août 2006 à 21:50

ORGANISONS NOUS

Un bel article mais pourquoi nous pouvons pas nous organiser pour une véritable révolution globale dans notre pays? Une campagne de formation et d'information s'impose.Il nous faut une vraie méthode de lutte et nous reprendrons notre pays de mains des criminels et des assasins qu'on nous fait passer pour des démocrates.Que ceux qui sont à l'étranger mettent en place une véritable technostructure aynt comme but la mise en chantier de cercles des qualités pour une réflexinon et une action concrète pour sauver le Congo.Mettons tous nos moyens humains et matériels en jeu pour instaurer une véritable démocratie dans notre pays.N'attendons pas demain.

Posté par Mabongo Kavueta, 03 septembre 2006 à 14:19

PAUVRE PEUPLE, PEUPLE TOUJOURS PAUVRE !

Il y a peu, le train de vie des congolais s’est apparenté à un compte de fée. Pour cause, la campagne électorale, moment des tous les enjeux, moment des ambitions des plus mesurées aux plus démesurées. Tous les moyens ont été mis à contribution pourvue d’atteindre les objectifs assignés. Les deux parties légendaires à toute élection étaient en lisse ; les candidats d’une part et la population d’autre part.

De leur côté, les candidats, pour la plupart des hommes politiques, souvent presque toujours incrédules et inaccessibles, ont curieusement très vite intériorisé, avec une foie pleine d’ardeur, le grand principe biblique selon lequel : « l’humilité précède la gloire ».
Dans tous les cas, ce ne sont pas les audiences qui ont manquées, encore moins les réunions marathons. Les solides portes des bureaux et des villas, d’habitudes excessivement surveillés, sont restées ouvertes, mais alors grandement ouvertes. Elles ne le sont que très rarement d’habitudes. « Politique de proximité » a –t-on rétorqué aux détracteurs peu convoités de notre acabit. En revanche, il n’est pas possible de garantir qu’elles le resteront toujours. Il suffisait donc de le désirer pour voir le chef. Et lorsqu’on ne le désirait pas, on se faisait facilement désirer. Le peuple était devenue la coqueluche, la perle rare tant convoitée…

Quels malins de politiciens ! Pour une fois, leurs bureaux feutrés et climatisés ne leur convenaient guerre. Seul comptait désormais pour eux la souffrance de la population, leurs problèmes de santé, d’éducation, d’adduction d’eau, de chômage, d’électricité, des routes…

Rien d’étonnant ! Quand on sait que ventre affamé n’a point d’oreilles, on peut alors aisément imaginer la suite. Et ça, ils l’ont tous compris.
Que vive la Skol et la Primus, bières locales de chez nous ! On festoyait avec des bols de riz, poissons chinchards dits thomsons. Mais pour aller fêter, il fallait tout de même bien s’habiller.
Il suffisait d’y penser ! Des polos, des pagnes, des casquettes, des montres à leurs effigies, distribuées à longueurs de journées à qui le voulait sans considération de la conviction politique et idéologique de chacun. Bien mieux, n’oublions pas la prime de participation, de motivation, de « branchement », de transport, de risque, dans tous les cas, c’est selon que ces expressions étaient utilisées, qui oscillait entre 500 et 1000 Francs congolais.
Oui, il y avait de tout pour enchanter et séduire. Mais était-ce suffisant pour rassasier, mieux enrichir le peuple ?

Pauvre peuple congolais !
Peuple malheureusement toujours pauvre hier méprisé et aujourd’hui convoité et presque adulé.

De son côté, ce n’est pas à cette population à qui l’on peut reprocher d’avoir manqué d’imagination. Des groupements des sportifs, des artistes, des commerçants, en passant par des mutuelles, des associations sans but lucratifs des organisations non gouvernementales… toutes ces structures n’auraient pour rien au monde raté l’occasion de saisir la balle au bond. A vrai dire, l’occasion a fait ses larrons. Des larrons qui devenaient exigeants, parfois même trop exigeants au point de troquer carrément leurs voix contre quelques faveurs éphémères.
Le peuple s’est malheureusement mêlé à ce jeu sordide. Les beaux discours, les projets de sociétés solides, la vision claire pour le pays importaient peu. Il y avait un intérêt manifestement plus important qui attirait les foules. Peut-être le sentiment d’une vengeance, peut-être l’idée illusoire d’enrichissement.
Dans tous les cas, à son tour, la population qu’on a souvent traitée d’analphabète, peu instruite et peu mature, a intériorisé avec un ingénieux talent un grand principe des relations internationales : « pas d’actions, pas d’intérêt ». Quel drôle de renversement de situation !

Malheureusement, le temps passé ne revient plus et aujourd’hui est une autre réalité. Le compte de fée n’aura duré que l’ombre de quelques jours. La triste et dure réalité de la vie quotidienne des congolais semble refaire surface : misère, famine, chômage, absence de routes, sous éducation, malnutrition… A vrai dire, rien n’a véritablement changé !

Pauvre peuple, peuple toujours pauvre !
S’il est vrai que l’expérience enseigne, corrige et répare il est venu le temps de se poser les questions essentielles. Il est possible de changer l’histoire de ce pays mais à condition de faire de son vote une responsabilité à la fois personnelle et collective. Cette responsabilité implique de bannir le spectacle honteux et insultant auquel nous avons assistés tout au long de la campagne dont seul le peuple reste en définitive le plus grand perdant. Le bonheur d’un peuple ne peut se résumer en quelques faveurs éphémères et ridicules. Par contre, le bonheur de ce peuple peut se résumer dans le choix des hommes du destin à la moralité éprouvée, à la compétence avérée et à la vision claire pour le pays. De ce fait, aller aux urnes aux prochaines échéances devra désormais signifier la volonté de changer l’histoire de son pays.

Qu’on se le rappelle, il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
A bon entendeur…

Posté par Tiguy Elebe. M, 20 septembre 2006 à 18:22

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Référencé le 19 août 2006 à 01:18