09 février 2007
Illusion collective.
On ne peut mieux définir le Congo à l'heure actuelle. Et c'est vrai que depuis l'accostage de Diego Caô et l'entrée du mercenaire britannique envoyé sur notre sol pour y accomplir les noirs desseins de son royal employeur à la grande barbe blanche, depuis la triste époque des "mains coupées", notre peuple se complait avec une dégoûtante délectation dans une grandiose illusion, l'illusion de se croire libre depuis "indépendance tchatcha".
Pourtant l'assassinat de P.E.L. et l'avénement des dictatures mobutienne et kabilienne qui se sont succédées et superposées auraient dû secouer les congolais et les sortir brutalement de leur funeste torpeur, cette diabolique léthargie qui les empêche de "s'auto-assumer" et de jetter bas le joug qui les enferme dans la servitude esclavagiste, servitude au seul profit des "toubabs".
Bien sûr au cours de notre histoire, certains compatriotes et même certains non-congolais n'ont eut de cesse que de dénoncer cet état de fait. Mais on m'a souvent fait remarquer que "l'on ne peut pas liberer quelqu'un qui ne veut pas se (être) liberer". Le congolais souffre du syndrome de Stockholm depuis la venue du colonisateur et sa volonté de se défaire de ses chaînes ne s'est pas encore manifestée. Le pire, c'est que les "maîtres" cherchent, peaufinent et appliquent des stratégies aussi vicieuses les unes que les autres pour perenniser la relation à leur grand avantage. Et le bon petit singe congolais (musenji=mon singe, comme nous appellaient-ils avec condescendance et une certaine affectuosité), continue de danser avec sa laisse autour du cou, à l'instar des petites bestioles qui se trémoussent sous les ordres des amuseurs de rue.
L'illusion de notre liberté, de notre indépendance, de notre affranchissement de la tutelle belgo-occidentale est affligeante à plus d'un titre. Les incohérences qui ont jalonné le parcours cahotique que nous venons de vivre n'ont pas-et ne sont pas prêtes d'être-éradiquées afin d'amener un début de solution viable. L'illusion c'est se dire que le processus est viable et qu'il est la base pour une construction démocratique capable de sortir le pays du gouffre. L'illusion c'est de croire les paroles ô combien douces et sucrées qui nous parlent de "5 chantiers prioritaires" (sans y inclure la fin de l'instabilité sécuritaire du pays) qui doivent être initiés et qui vont porter le pays sur leurs ailes largement déployées et nous faire voyager vers de doux rivages. L'illusion c'est la croyance que le "pachyderme gouvernemental gizengiste" sera viable. Et je ne parle même pas du fait que certains composants de l'imposant attelage soient neufs. Le malheur c'est que les morts continuent de s'accumuler dans tout le pays et pendant ce temps ls "minstrés" sabrent le champagne avec le sentiment de contentement qui caractérise le chien à qui l'on vient de donner un bel os et quelques restes à ronger.
Oh! J'entends encore ces voix congolaises (en majorités) qui me crient d'attendre des résultats avant de juger...Mais lorsque je demande quels résultats eux-même espèrent, silence....
Oui, nous ne pouvons pas tout maîtriser. Oui, il est illusoire de croire en une sorte d'omnipotence qui nous permettrait, par la seule volonté de l'esprit, d'électriser la plèbe pour le voir enfin ramasser sa lance et frapper l'odieuse hydre à la tête et ainsi commencer sa marche vers la liberté et une meilleures vie. Mais cela n'induit pas que nous acceptions le sort et que nous nous résignions à "lâcher l'affaire" à cause d'un manque apparent (je crois) de combattants dans ce que nous considérons comme "nos rangs".
Membre du MAC, je m'adresse à chacun et je dis avec force et conviction que nous avons le devoir, la responsabilité par-devers nos ascendants et pour nos descendants, de combattre la bête qui enserre norte destin dans ses griffes.
Devons-nous être nombreux à nous atteler à cette tâche?
Gédéon combattit une armée de 10'000 hommes avec seulement 300 guerriers qui n'étaient même pas des soldats de carrière, mais qui avaient foi dans leur leader.
Et notre combat c'est que le congolais cesse de se faire manipuler et pousser par cette main machiavélique, qu'il sorte de son sommeil qui ressemble à un coma éthylique et qu'il se mette en route vers la lumière.
Saluez votre conscience
Philippe Lomboto.Liondjo
MAC
