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Le Blog du Congolais

analyses politiques sur la situation au congo kinshasa

12 février 2007

Double nationalité : le retour de la congolité

Remarquable est la constance dans l’incohérence affichée par les « politi-clowns » qui se pavanent au Congo-Kinshasa ! Mais ce qui est encore plus remarquable c’est le silence assourdissant et embarrassé de ces donneurs de leçons de politique et ces imposeurs de programmes de campagne électorale qui nous avaient seriné avec leurs propos acerbes à notre endroit lorsque nous, nous demandions le droit de savoir qui était qui dans la flopée de candidats aux diverses chaises da la table congolaise à l’époque.

Et l’on nous a dépeints comme de dangereux extrémistes, d’antipatriotes patentés, des xénophobes et que sais-je d’autre, parce que nous avions eu l’outrecuidance, la folle témérité de demander ce que la CEI, sur instigation d’un obscure groupuscule naviguant dans le giron du regroupement pro-Kabila, vient de demander en tentant d’invalidé, de mettre hors course deux candidats de l’UN pour les élections aux gouvernorats des deux Kasaï. Mal en a pris à l’Abbé et ses servants, car ils viennent de se faire fesser par la Cours Suprême de (in) Justice. Une décision qui, en regards des sentences déjà rendues par cette Cours durant les dernières péripéties électorales (recours lors des présidentielles, par exemple), a surpris plus d’un. Mais, c’est sans aucun doute le camp Kabiliste qui s’est retrouvé tout ébaubi de cette décision et Monsieur Mende doit bien se mordre les doigts d’avoir (re)mit la congolité sur le devant de la scène.

Tel est pris qui croyait prendre.

Il y a moins d’un an, nous disions qu’il y avait trop de gens en infraction de la Loi sur la nationalité congolaise. Nous étions contre Kabila et son camp, nous étions donc traités de pyromanes racistes et xénophobes, de fous furieux séparatistes et même de mobutistes. Mais nous avions raison. Et si le problème avait été réglé à l’époque, aujourd0hui, on parlerait d’autre chose. De choses plus importantes pour le bien de la population et du pays.


Mais, que l’on ne se fasse pas d’illusions. Les protagonistes de cette nouvelle affaires de congolité version double nationalité ne vont pas faire trop de vagues et ils finiront bien pas s’entendre car c’est dans tous les camps que l’on peut lister des personnes qui ne sont pas, ou ne sont plus congolais. Et il faut bien insister sur ce fait juridique très important : La nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec une autre. Ceci est écrit dans notre Constitution. C’est la Loi. Mais cela implique qu’une personne qui était congolais(e) et qui a obtenu la nationalité belge, par exemple, aux yeux de la Loi, n’a pas de double nationalité. Il n’en a qu’une, et c’est la belge.


Alors expliquez-moi pourquoi l’on parle de double nationalité ?


Ah ! Sacré politiciens congolais, Docteurs ès Incohérences !!!


Saluez bien votre conscience.



Philippe Lomboto Liondjo

MAC

Posté par congomania à 12:57 - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

double nationalité

Pourquoi dans notre pays , nous ne pouvons pas voter la loi sur la double nationalité, les sénégalais ont la double nationalité. Et pourquoi pas nous, on est content de prendre une autre nationalité pour laisser tomber la nationalité congolaise. Alors que les personnes qui dirigent notre pays ne sont pas de congolais de souche, se sont des étrangers confirmés. Laissons au moins la place aux congolais qui possédent une autre nationalités et qui ont les soucis de travailler pour leur pays. Les occidentaux profitent avec notre naiveté.

Posté par clocris, 11 mars 2007 à 00:03

Fausse analyse

Mon Cher CloCris,

Le problème n'est pas de voter une loi pour que le Congo adopte la double nationalité ou, plus précisement, permette à ses ressortissants de pouvoir détenir une autre nationalité concurrement à la nationalité congolaise. Non, le vrai problème est qu'il existe une Loi constitutionelle que les législateurs et les concepteur de la Constitution ont édicté et que le peuple a accepter par référendum. Et cette loi dit, en substance, que si l'on prend une autre nationalité, on perds la nationalité congolaise. Donc, là déjà, il est faux de parler de "double nationalité".

Mais cela entraîne un fait bien plus grave: Cela veut dire que ceux qui se trouvaient dans le cas de figure précité ont DÉLIBÉREMENT VIOLÉ LA LOI. Et cela veut dire aussi que n'ayant pas la QUALITÉ LÉGALE lorsqu'ils se sont inscrit sur les listes électorales, soit en tant qu'électeur ou de candidats, ils NE DEVRAIENT PAS OCCUPER LES POSTES QUI SONT LES LEURS ACTUELLEMENT. C'est simple, la violation de la Loi devrait conduire à leur INVALIDATION pure et simple. Et en plus ils devraient être traduit en justice pour l'acte délictueux constaté.

Mais qui respecte encore la Loi au Congo-Kinshasa?

Bonne journée

Posté par Philippe Lomboto, 12 mars 2007 à 10:30

TOUS COUPABLES

Vous serez toujours coupables de confier le destin de votre pays entre les mains des "pays amis" ou encore de la "Communauté internationale" ! Dans un pays qui se respecte, on ne finance jamais les élections avec l'argent venant des mains de l'étrange ! Il n'y a que les Congolais qui ne savent pas cela ! En attendant que vous le compreniez, continuez à vous plaindre !

Posté par J.P., 14 mars 2007 à 14:49

Coupabe, oui mais pas tous

J.P.

Je ne peux qu'abonder dans votre sens et vous donner raison. En effet, si les élections sont "payées" par une main étrangère, il ne faut pas croire que l'on aura un quelconque mot à dire quant aux résultats. Mais nous (congolais) ne sommes pas tous coupables de cette hérésie car, et depuis le début de cette rocambolesque transition 1+4, certains d'entre nous (et nous sommes nombreux) avions déjà pointé les incohérences et les inepties du système. Nous avions, à l'époque, démontré que nous courrions vers le résultat actuel et nous avions, alors, demandé et fait campagne contre l'acceptation du 1+4, contre le fait que la Constitution soit "fabriquée" en Belgique (ULB) par des belges, contre l'enregistrement d'électeurs sans qu'un rescencement soit préalablement fait, contre le référendum pour accepter cette constitution que les congolais (peuple et politiciens) n'avaient pas lu et compris, contre le dépassement de la date butoir du 30 juin 2005, contre la caution astronomique de 50'000$, contre la candidature des ex-seigneurs de guerre, contre le décret d'auto acceptation de démission de l'armée par Kabila en faveur de Kabila, contre les élections payées par l'extérieur (avec des bulletins de votes fait en Afrique du Sud et un fichier électoral géré par un serveur se trouvant en France).....Oui nous avions demander que les congolais disent non à tout ceci...Mais qui nous a écouté?

Alors coupables, oui. Mais pas tous.

Bonne journée

Posté par Philippe Lomboto, 15 mars 2007 à 14:35

Ouias, ouais...

... Je ne refuserai jamais la main d'une personne qui veut aider le pays à se relever, fusse-y-il congolais(e) ou non; toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Autant que je me rappelle, Mobutu était congolais, et il paraît qu'il a fait plus de mal à ce pays que les belges de naguère qui, si je me souviens bien n'étaient pas congolais. Ce n'est donc pas la nationalité qui te garanti ton honnêteté, mais l'amour du pays.

Alors coupable, oui. Mais ça reste à voir, car certains d'entre eux aiment probablement le pays presque autant que toi, sinon plus..

PS: quant à cette main étrangère sur laquelle tu craches tant, n'oublie pas que sans elle le pays serait encore en guerre. Mais c'est vrai que toi, tu ne risques rien, t'es en Europe.

Posté par RonDevu, 01 avril 2007 à 23:37

A Ron Devu

Juste une question. Quelle est donc cette main étrangère qui d'après vous aide le Congo?
Et une autre tant qu'on y est: Quelle partie du territoire a-t-elle été cédée à l'Angola, au Rwanda ou aux Mbororos sous Mobutu? Je ne crois pas avoir dis dans ma diatribe à un quelconque instant que Mobutu avait été l'archange du Congo, mais dix ans après son départ et sa mort, où en est le Congo? Des millions de morts et des gens qui continuent à mourir en ce moment...Les "libérateurs" ne font rien de différent par rapport à Mobutu...et la main étrangère que vous semblez chérir ne vous aide pas. Mais libre à vous de le croire.

Quant au fait que je sois en Europe, j'ai toujours la nationalité congolaise...Je ne suis pas un réfugié ou un requérant d'asile. Je travail et j'ai l'amour de mon pays. Je ne vais pas vous demander d'avoir de la contrition pour moi ou de la colère contre moi parceque je ne vis pas au pays.

Bien à vous

Posté par Philippe Lomboto, 02 avril 2007 à 10:12

Raison et intelligence

Monsieur Phil Lomboto,

Ils sont remarquables votre style, votre cohérance et par dessus le bord, votre politesse. Dès lors, c'est intéressant de mener une discussion sur la vie socio-politique au Congo.
Mais avant de m'engager dans ce débat, quel argument pertinent pouvez-vous opposer à notre ami RonDevu quand il dit:"Mobutu était congolais, et il paraît qu'il a fait plus de mal à ce pays que les belges de naguère qui, si je me souviens bien n'étaient pas congolais. Ce n'est donc pas la nationalité qui te garanti ton honnêteté, mais l'amour du pays" ?
Là, c'est le seuil du fonctionnement pratique de l'intelligence.
Vos analyses précédentes me semblent relèver d'une méthode de refléxion qui ne propose de "réel" résultat càd des réponses réalistes face aux contraintes et réalités du terrain. Et là, acceptez avec moi, qu'il s'agit d'une approche de forme et pas de fond, surtout, lorsqu'il est question de résoudre des questions difficiles et complexes.
Voilà, du raisonnement au pragmatisme de l'action,il ya un fossé et une décision responsable, s'agissant surtout de la gestion de l'Etat, se veut pratique et implique toujours un côut de renonciation. N'en demeure pas moins vrai qu'il est un devoir pour le politique d'optimiser leurs décisions de manière permantente et en fonction des évolutions et conditions de l'environnement socio-politiques.
Mwana WEKA
jpkasandy@hotmail.com

Posté par Mwana WEKA, 13 avril 2007 à 13:35

A Mwana Weka

Salutations,

Mobutu était congolais et oui il a fait du mal, beaucoups de mal au pays. Cependant, je repose la question telle que posée à Ron Devu et à quiconque soutien le discours de la classe politique et des responsables de l'appareil étatique depuis la chute et la mort du tyran de Kawele: En prenant en compte les intentions publiquement déclarée depuis l'avènement de l'AFDL et de ce qui a suivi, les "libérateurs" nous avaient promis que eux nous apporteraient un changement conséquent et significatif pour chaqun. Alors je vous le redemande, où en est le Congo aujourd'hui? À l'instar de l'Irak, je suis dubitatif quant à la véracité sur l'instauration de la démocratie en regardant ce qui se passe en ce moment. Est-ce que la démocratie c'est de céder des pans entiers du territoir à l'Angola, au Rwanda ou à la Zambie? Est-ce la démocratie que de mettre en prison Madame Nlandu ou Kuthino? Est-ce la démocratie que de donner du canon dans Kinshasa pour mettre au pas un aversaire politique qui "pèse" 42%? Est-ce la démocratie que de négocier avec un mutin de l'accabit de Nkundabatware? Est-ce la démocratie que de museler une certaine partie de la presse qui dit autre chose que ce que la présidence veut entendre? Est-ce la démocratie que vous avez rêvé?

Vous me demander de vous proposer des solutions en disant que mes "analyses" reflètent d'une "méthode de réflexion qui ne propose de réels résultats"? Mais qui vous a dit que je suis apte ou même désireux d'édicter une solution?

Et vous parlez de la "réalité du terrain", mais je dois vous avouer que ce concept me parait bien nébuleux et dangereux, car cela revient souvent à faire croire que ceux d'entre nous qui ne vivent pas au pays sont déconnectés, désolidarisés de ce qui se passe sur la Terre de nos Ancêtres. Eh bien vous vous trompez. L'amour de la patrie n'est pas l'apanage de celui qui, par choix ou par obligation, reste vivre au pays, même si c'est dans les conditions de vie les plus dures. Et cet amour pour mon pays ne me conduit pas à juger mes compatriotes vivant les tourments de l'enfer qu'est devenu la République de mes Pères.

Je vous accorde totalement que du "raisonnement au pragmatisme de l'action,il ya un fossé ", et je rajouterai que seule la volonté d'agir doctement et avec rectitude permet la bonne réalisation de la transformation du raisonnement au pragmatisme de l'action. Or, il est regrettable de constater que cette volonté est totalement absente dans le chef de ceux qui tiennent dans leurs mains les leviers de commande de notre patrie. Nous sommes en 2007, dix ans après la mort de l'infame Mobutu mais, et c'est ça qui est le plus regrettable, nous nous évertuons à donner raison à sa funeste prophécie: "après moi, le déluge".

L'environement socio-politique dont vous parlez, et qui devrait influer sur les décisions et actions des dirigeants, nous le connaissons. Mais croyez-vous que cet environement évolue positivement en ce moment? Et croyez-vous que c'est dans la configuration actuelle que cet environement va s'améliorer?

Je vous le répète, je ne suis pas un donneur de leçon et encore moins le détenteur d'une quelconque solution miracle pour "dépatouiller" la situation. Je penches plutot pour dire que nous sommes tous dans le même bain ou navire et que tous nous devons oeuvrer dans le même sens pour éviter la mort de tous dans ce naufrage cauchemardesque. Et pour ce faire, il est vital que nous cessions:
1- De nous bercer d'illusions en croyant que les élections telles qu'elles ont eu lieu nous ont amenés dans le positif.
2- De nous tirer dessus entre nous congolais de la diaspora et résident.
3- Croire qu'une sorte de messie viendra du ciel pour nous sauver.

Je crois que chacun peut apporter quelque chose, mais c'est ensemble que nous ferons bien des choses. Alors si je prends la peine de réflechir, de penser, et de discuter avec n'importe qui sur le sujet qui me tiens le plus au coeur, mon pays, souffrez que je ne me lasse pas de le faire. Ceci est encore, je crois, la quintessence de la démocratie, le fait de pouvoir avoir sa propre pensée et non de devoir, comme les moutons de Panurge, suivre et obébir aveuglément à la seul pensée et volonté d'un monolithe étatique qui vous écrase avec fureur si vous avez l'audace de vous démarquer du chemin tracé.

A vous lire prochainement avec plaisir.

Posté par Philippe Lomboto, 13 avril 2007 à 16:22

juste signaler aux bukaviens

Salut,
Nimefungua blog:wwwbukavuyetu.afrikblog.com

Rien que pour les gens de bukavu.

Posté par bobode, 14 avril 2007 à 23:56

La démocratie est un processus à façonner

Bien cher compatriote P. Lomboto,
Chers lecteurs,

L'histoire des peuples nous apprend que les transformations sociopolitiques sont souvent l'œuvre d'une minorité agissante et qui développe des capacités et stratégies de leadership pour le commun de mortel. Le mot vaut son pesant d'or: AGIR
Il est inimaginable de penser qu'il faille suivre, aveuglement, les gouvernants actuels. Car, je pense Mr. Lomboto, tu es d'accord avec moi qu'il y a, aujourd'hui, en RDC, une opposition organisée et structurée. Il serait paradoxalement illusoire de penser qu'il n'y aura pas des gens qui suivront tout à la lettre, adoptant un profil "bas" qui obéît à leurs propres et uniques intérêts.
La démocratie n'est pas une finalité, c'est un système toujours en marche dont les menaces, les opportunités, les forces et les faiblesses doivent être perçues par tous ceux qui se montrent soucieux de la res publica, qui disposent des compétences pour ce faire, afin de proposer des actions concrètes à même de s'approprier de ces variables, les intégrant dans un corpus pour les traiter, au mieux, les transformant en des résultats probants pour assurer fonctionnement institutionnel et prospérité socio-économique. C'est la tâche essentiellement des gouvernants mais aussi des opposants. C'est le devoir de tous.
La question centrale se pose alors en termes de méthode de TRAITEMENT.
Comment concilier les avis divergents, les volontés opposées, les intérêts également et souvent opposés ? En minimisant strictement les coûts des opérations.
C'est probablement encore à ce stade que les avis " sur la méthode " vont davantage se distancer.

Le régime de MOBUTU était incapable de gérer. Et gérer, c’est prévoir. Les mutations en ce siècle, dans tous les domaines, sont également à prendre en ligne de compte pour les gouvernants africains avisés afin de régler durablement les maux qui rongent et minent la vie des peuples africains. Et à ce stade, les ajustements ne se font pas sans douleur. Il faut enfanter une nouvelle Afrique, des nouveaux rapports et relations de voisinage. Si, de manière critique et mesurée, je suis un adepte du consensus, à condition que celui-ci garantisse durablement aux peuples de vivre en paix, je m’insurge néanmoins à toute tentative belliqueuse de spolier le territoire national.
Imaginons que la solution la plus radicale et probablement la plus appropriée (sur le plan logique formel) soit de recourir à la force pour nous faire entendre auprès des pays voisins (RWANDA, OUGANDA, BURUNDI, ANGOLA et qu’en sais-je encore, bref tous ces pays frontaliers avec lesquels il subsiste depuis très longtemps des cas litigieux en matière de frontière), aurions-nous les moyens de mener une offensive sans nous faire foudroyés au risque d’une balkanisation et une déchéance du pays dans ses frontières ?
Non, je suis de ceux qui pense qu’il faut la raison, bien sûr ; Il faut une grande sagesse. Des voies tortueuses peuvent être empruntées pour s’aménager une portée de sortie vers une certaine capacité à agir promptement, efficacement et avec succès.
J’ai donc du mal à comprendre ceux qui s’acharnent à exiger des mesures imminentes aux gouvernants actuels. Tout en exerçant une opposition réfléchie, je pense qu’il faut être réaliste.

Revenons au réalisme de terrain dont j’avais parlé et que certes, vous aviez mal compris. Le terrain auquel j’ai fait allusion ne se conçoit pas en terme géographique au Congo. Plutôt en termes de l’environnement tant national qu’international. Autrement dit, les mesures et politiques réalistes, ne peuvent être envisagés sans en calculer les résultats probables eu égard aux contraintes internes et externes.
Enfin à quoi cela servirait de se casser les méninges sans volonté de proposer des solutions ? Soyons sérieux !
La RDC est mieux qu’hier pendant la guerre, et il sera encore mieux si nous apportons des critiques constructives et chacun développant son ingéniosité, son savoir-faire pour poser des ACTIONS.
Mwana WEKA
jpkasandy@hotmail.com

Posté par Mwana WEKA, 18 avril 2007 à 16:49

AGIR: La volonté d'apprendre

Cher Mwana Weka,

Je dois vous avouer que je ne vois pas cette opposition organisée et structurée en RDC dont vous me parlez. En réalité, ce que je vois c'est bien plus un manque criant de stratégies et de politiques pouvant amener cette organisation et cette structuration des mouvements d'opposition à la dictature naissante de Kabila II. En effet, et je suis totalement d'accord avec vous, les transformations sociopolitiques marquantes ont comme dénominateur commun une action initiée par des groupes minoritaires (en nombre) qui ont sut forger une plateforme puissante car structurée et organisée.

Depuis près de trois ans maintenant, je me suis battu pour que les congolais qui ne se reconnaissaient pas dans la bouffonerie des élections fabriquées et financées par une (des) main externe ayant une visée d'intérêt financier, je me suis investi à fonds pour que ces congolais se fédéralisent, se structurent, s'organisent pour que l'action soit éfficace. Peine perdue.

Au pays, il n'y a pas d'oppostion organisée et structurée car la volonté d'apprendre est déficiente. Apprendre à structurer et à organiser une opposition qui ne fait pas de concessions dans un dossier comme celui de centaines de personnes qui sont en infraction de la Loi et qui continuent a sièger au Parlement (moratoire), par exemple.

Qui est l'opposition selon vous au Congo?

Bonne journée

Posté par Philippe Lomboto, 19 avril 2007 à 09:59

La RD Congo au seuil du fonctionnement politique

Bien cher compatriote,

Le Congo a une histoire émaillée des épisodes. Par le passé aussi bien avant et après la colonisation jusqu'à la fin du règne du MPR, le pays était dans les mains des monarques. La notion de " volonté " du peuple était mal connue et les gouvernants dictaient leurs décisions à l'ensemble des populations, qui jadis, étaient soumises.

Aujourd'hui, les événements dans un monde globalisé ne nous laissent, nous congolais indifférents. Nos propres conditions de vie également, nous forcent à prendre conscience de l'exploitation dont nous sommes victimes. Par des forces étrangères et malheureusement par nous mêmes. Inutile de revenir sur la corruption, l'insouciance de la gestion des infrastructures collectives qui nous étaient léguées par la colonisation.
Les congolais ont détruit leurs pays eux mêmes, par égoïsme, par manque de patriotisme mais je pense surtout par un manque de respect pour soi même et son prochain. C'est incroyable que des gens instruits aient détruit les pays jusqu'au stade ou il est aujourd'hui. Pour se servir, ils ont embrigadé mentalement le peuple. Regardez bien combien les "pasteurs" rançonnent les populations à Kinshasa à l'intérieur des petites églises qui pullulent partout. C'est d'abord à nous mêmes de changer.

Remarquez cher compatriote que nous sommes entrain de vivre une autre époque au Congo. Avec des problèmes anciens et aussi des problèmes nouveaux.

Il n'est pas chose aisée de gérer ce pays où les gens se renferment encore dans des considérations claniques, tribales, régionales et collinistes pour décider de l'avenir du pays.
Non, il faut choisir de nouveaux indicateurs de décision si nous voulons une paix durable et une prospérité qui garantisse le bien-être de nos populations.

Quoiqu'il en soit, vous êtes d'accord avec moi qu'aujourd'hui les gens s'expriment en RD Congo. Cela ne signifie guère qu'il n' ya plus des choses à améliorer dans la gestion de la presse et médias. Cela signifie tout simplement qu'il n'ya plus de pensée unique dans ce pays.

En plus, les élections actuelles auront permis au pays de sortir d'une situation de guerre et une autre inextricable du schéma 1+4, schéma qui a été la voie tortueuse empruntée pour arrêter la guerre. Mais un schéma qui a consacré des Seigneurs de guerre à la tête du pays. Un schéma qui aura permis à ceux-ci de piller encore plus que ceux qui les ont précède.

Mais, il fallait trouver une voie de sortie. Malgré ses faiblesses, elle nous aura permis d'atteindre un seuil institutionnel, sans lequel la situation s'empirait sur tous les plans.
Cette voie empruntée, ce schéma 1+4 correspond bien à ce que j'appelle la "douleur de l'enfantement " ou l'ajustement de la douleur.

Il faut rester vigilant et mobilisé autour d'un projet: la reconstruction du Congo.
Chacun doit pouvoir s'interroger sur ce qu'il fait, sur ses engagements et se demander si vraiment il est au service de l'intérêt général et accepte le coût du consensus et du renoncement à des considérations qui nous enferment dans un carcan destructif.

Il est temps que nos mentalités évoluent et que nous agissions dans l'intérêt de la PAIX et la RECONTRUCTION.

Oui, la RDC est à son seuil du fonctionnement politique.
Meilleures salutations.
Mwana WEKA
jpkasandy@hotmail.com

Posté par Mwana WEKA, 20 avril 2007 à 15:56

Les War Lords sont toujours là

Si vous considérez la situation actuelle comme étant le seuil du fonctionnement politique, alors je plains encore plus notre chère patrie. Et vous ajoutez que nous sommes sortis du système 1+4 qui était la consécration des seigneurs de guerre, mais vous oubliez de dire que le sommet de l'état est actuellement occupé par un de ces seigneurs de guerre. Et tant que nous aurons ce type de personnage assis sur le trône, rien ne fonctionnera.

Vous dites que le 1+4 et les élections qui ont suivit sont "les douleurs de l'enfantement", mais moi je vous dit que cela n'est que le début des souffrance du viol qui se commet sur notre pays....

Dites-moi au juste ce qui fonctionne en ce moment?

Posté par Philippe Lomboto, 20 avril 2007 à 16:58

A vous de juger !

"Il est encore plus facile de juger de l'esprit d'un homme par ses questions que par ses réponses. " G. de Lévis

Et je dirais que le problème n'est pas de demander ou de nier ce qui fonctionne mais plutôt d'être créateur et acteur du fonctionnel.

Camus Albert disait qu'aller jusqu'au bout, n'était pas seulement résister, mais aussi se laisser aller.

Mr Lomboto, pour vous tous ses élus au Congo sont des salauds ?

Oui, il y a des insitutions au Congo. Il ne faut pas se constituer en artisan invétéré pour leur dysfonctionnement. Il faut apprendre à se saisir de ce qui est pour améliorer l'existence et pousuivre, inlansablement, le rêve humain.

Mais il ya de ceux-là, qui passent leur temps à détruire ce que les autres ont, au prix de mille sacrifices, essayé de bâtir. Lorsque c'est par ignorance, c'est excusable. Et si c'est délibéré, il s'agit là d'une méchanceté qui se connait ou qui s'ignore. En tout état de cause, mérite sanction.

Le peuple congolais a consenti de sacrifices énormes pour arriver au stade où nous sommes aujourd'hui
Ne pas le reconnaîre, c'esr mépriser, consciemment ou incosciemment ce peuple.

Mwana WEKA
jpkasandy@hotmail.com

Posté par Mwana WEKA, 24 avril 2007 à 14:13

seule une visite à kinshasa peut mettre fin à ce débat

Philippe et Mwana Weka,

j'ai jusqu'ici suivi votre débat avec beaucoup d'intérêt, surtout que tous deux avec vos citations de Camus et tutti quanti sentez si érudits ! mais je suis arrivé à la conclusion q'il n'y aura pas d'issue.

alors je vous propose la solution Kennedy.

Un jour, l'ex président américain en eut tellement assez de la sempiternelle polémique de savoir lequel était le meilleur entre le modèle de gouvernance marxiste lénniniste et celui occidental qu'il s'écria : "Ok, allons à Berlin, comparons l'Est et l'Ouest, et le débat sera clos".

Venez faire un tour à Kinshasa au lieu de discuter de la situation à des milliers de kms de la réalité. alors une fois sur place, vous verrez si votre pays a atteint un sueil de fonctionnement. après que vous ayez cherché vainement une route praticable, après que vous ayez passé une semaine, deux, un mois sans électricité, après que vous aurez attendu la pluie pour vous laver et laver vos habits, après que vous ayez passé 3 heures à l'arrêt pour attendre ce qui tient lieu de taxi,... vous vous demanderez alors plus objectivement si c'est ici qu'il y a eu élection, et si ceux qui ont été élus gouvernent.

Une fois à Kinshasa, je vous assure, votre débat sera clos.

en attendant,

prenez soin de vous,

Tony

Posté par tony, 24 avril 2007 à 15:57

Les réalités du terrain

Chers Amis,

La suggestion de Tony tombe évidement sous le bon sens. Mais d'après ce que j'ai cru comprendre, Mwana weka est au pays. Si ce n'est pas le cas alors qu'il m'excuse de cette confusion.

Cependant, je réfute toujours ces perpétuelles assertions qui soutiennent qu'étant hors du pays, les congolais de la diaspora ne soient plus trop en contacts avec les "réalités du terrain". Je le réfute avec force car toutes les diasporas ont démontré une grande implication dans la vie de leurs compatriotes résidents. Les exemples ne manquent pas et je ne ferai pas injure à votre intelligence en listant ces exemples ici.

Pour faire court, je dirai ceci: Le fait que toi, Tony, nous relate les quelques difficultés que tu rencontre au quotidien, cela me permets de dire que je connaîs les "réalités du terrain"! J'ai un frère aîné qui vit à Kinshasa depuis près de vingt ans et qui me parle tous les jours des affres de la population, donc je connaîs les "réalités du terrain"! Je suis venu à Kinshasa pendant deux mois en 2002 et j'ai eu les coupures de courant (délestage) alors même que j'habitais un quartier soi-disant huppé, j'ai conduit (du moins tenter de conduire) sur les routes qui n'ont de routes que le nom de Kinshasa la Pourrie, j'ai vu et subit les tracasseries des Forces de désordre pompeusement appellés "roulage" et qui ne font que créer plus d'emmerdes que de roulage effectif. J'ai goûté au systeme de "motivation" en place pour l'obtention d'un papier officiel auprès de l'administration! Merci!

Ne me dites pas que parceque j'habite la Suisse à huit milles kilomètre de Kinshasa que ma vision de ce qui se passe au pays est faussée! Bon sang!!! Ce genre de raisonnement à conduit à l'exclusion de presque 2 millions et demi de congolais de la diaspora pour les élections...et même si vous me dites que ce n'est pas la seule raison, elle est, à mes yeux, d'importance et elle m'irrite au plus au point.

Lenine était de la diaspora lorsqu'il a lancé son combat pour sa mère patrie! Trotski vivait au Mexique! C'est la diaspora juive qui à grandement contribué à la création d'Israel! C'est la diaspora libanaise (qui pille le Congo) qui soutien le Liban!!! Et on pourrait continuer ainsi pendant 107 ans!

Pourquoi nous dire que nous sommes déphasés par rapport au pays alors qu'en réalité et grâce au fait que nous sommes dans la diaspora, vivant au contact de systemes politico-socio-économique qui permettent l'épanouissement de chaque être humain, et que nous y acquérons une très grande expertise dans une multitude de domaine, pourquoi nous faire ressentir une sorte de ségrégation de la part de nos propres frères et soeurs restés au pays? Et si nous ne valons pas l'implication dès le début dans le processus de démocratisation du pays, pourquoi alors créer un ministère des congolais del'étranger?

Je regarde tous les jours ce qui se passe dans mon pays et je le redis encore une fois, rien ne fonctionne.

Il n'y a pas d'état au Congo et oui, la plus grande partie des dirigeants actuels sont des salauds qui ne vont rien faire pour le bien commun. Ils feront certainement beaucoup pour leur bien personnel, mais le pays lui continue sa descente aux enfers.

Je suis profondément pour la démocratie et pour moi, le premier critère de jugement de l'esprit démocratique c'est que tout un chacun puisse ouvrir la bouche pour dire exactement ce qu'il a envie de dire. Et tant pis pour ceux à qui cela ne plaît pas. Mais si je parle, cela ne veut pas dire que je détienne la vérité absolue et encore moins que je veuille proposer une solution. Et cela ne m'oblige en rien à devoir AGIR dan sun sens ou dans un autre.

Regardons la vérité en face, c'est peut-être là une prmière action.

Salutations.

Posté par Philippe Lomboto, 25 avril 2007 à 10:27

Précision sur la Gouvernance en RD Congo

Evoquer les problèmes socio-économiques ou encore fustiger l'inexpérience, l'ignorance, la mauvaise foi, la cupidité... de nombre de politiques, ne remettent nullement en doute la notion du "seuil".
J'ai bien parlé du seuil et bien plus du seuil de fonctionnement politique.

Fonctionner de signifie pas qu'il n'ya plus de problèmes. La notion de " fonction" est liée à la structure. Et la structure de l'Etat est perceptible au travers des institutions. L’outil de gestion de l'Etat qu'on appelle " l'administration"

J'espère que la précision de ces concepts de base permet, non seulement de lever le mal -entendu, mais aussi de reconnaître qu’il ya, aujourd’hui en RD Congo, des évolutions institutionnelles depuis la guerre.

L'élan des autres dimensions de la vie sociopolitique et de la bonne gouvernance repose fondamentalement sur cette épine dorsale ou BASE INSTITUTIONNELLE du fonctionnement politique.

Cette base est le fruit de l'expression du Souverain, elle acquiert la légitimité qui confère AUTORITE aux gouvernants. Ils ont alors le pouvoir d’exercer leur mission et celui-ci repose sur un levier politique qu’on appelle l'ACCEPTATION populaire. Acceptation générée et identifiée à l'expression même du souverain. Le Pays devient alors gouvernable. Il fonctionne.

S’empêcher de faire l’amalgame entre le fonctionnement et les problèmes socio-économiques, lesquelles ont la chance d’être résolus sur base du fonctionnement d’un Parlement qui vote les lois et notamment le budget qui sera exécuté par le Gouvernement pour répondre aux besoins des citoyens.

Enfin, je vous invite à lire un compatriote Congolais de renom, Mr Alex Lumpali, qui a produit une étude laborieuse sur LA GOUVERNANCE EN RDC-VERS UN MODEL INSTITUTIONNEL ASSURANT LA CROISSANCE ECONOMIQUE ET LE DEVELOPPEMENT HUMAIN. Ses articles sur la Gouvernance et le Développement, publiés dans la revue " L'Africain en Belgique" peuvent édifier les congolais soucieux de la gestion politique et du développement de leur Pays.

Au plaisir de vous lire !

Mwana Weka
jpkasandy@hotmail.com

Posté par Mwana WEKA, 25 avril 2007 à 12:43

Précision sur la Gouvernance en RD Congo

Evoquer les problèmes socio-économiques ou encore fustiger l'inexpérience, l'ignorance, la mauvaise foi, la cupidité... de nombre de politiques, ne remettent nullement en doute la notion du "seuil".
J'ai bien parlé du seuil et bien plus du seuil de fonctionnement politique.

Fonctionner de signifie pas qu'il n'ya plus de problèmes. La notion de " fonction" est liée à la structure. Et la structure de l'Etat est perceptible au travers des institutions. L’outil de gestion de l'Etat qu'on appelle " l'administration"

J'espère que la précision de ces concepts de base permet, non seulement de lever le mal -entendu, mais aussi de reconnaître qu’il ya, aujourd’hui en RD Congo, des évolutions institutionnelles depuis la guerre.

L'élan des autres dimensions de la vie sociopolitique et de la bonne gouvernance repose fondamentalement sur cette épine dorsale ou BASE INSTITUTIONNELLE du fonctionnement politique.

Cette base est le fruit de l'expression du Souverain, elle acquiert la légitimité qui confère AUTORITE aux gouvernants. Ils ont alors le pouvoir d’exercer leur mission et celui-ci repose sur un levier politique qu’on appelle l'ACCEPTATION populaire. Acceptation générée et identifiée à l'expression même du souverain. Le Pays devient alors gouvernable. Il fonctionne.

S’empêcher de faire l’amalgame entre le fonctionnement et les problèmes socio-économiques, lesquelles ont la chance d’être résolus sur base du fonctionnement d’un Parlement qui vote les lois et notamment le budget qui sera exécuté par le Gouvernement pour répondre aux besoins des citoyens.

Enfin, je vous invite à lire un compatriote Congolais de renom, Mr Alex Lumpali, qui a produit une étude laborieuse sur LA GOUVERNANCE EN RDC-VERS UN MODEL INSTITUTIONNEL ASSURANT LA CROISSANCE ECONOMIQUE ET LE DEVELOPPEMENT HUMAIN. Ses articles sur la Gouvernance et le Développement, publiés dans la revue " L'Africain en Belgique" peuvent édifier les congolais soucieux de la gestion politique et du développement de leur Pays.

Au plaisir de vous lire !

Mwana Weka
jpkasandy@hotmail.com

Posté par Mwana WEKA, 25 avril 2007 à 12:45

Le son de La Libre

Phil,

Loin de moi la tentation de vous disqualifier de l'aptitude à comprendre les réalités de terrain.

Seulement, votre débat m'a semblé tellement détaché, tellement savant que j'ai jugé utile de vous signaler que cet echange risquait d'être complètement stérile s'il ne devrait que se borner à la définition et à la théorisation des concepts de gouvernance.

Et si je me faisais violence pour vous suivre, j'aimerais qu'on descende à Matadi, à Kahemba, à Aru, à Bukavu,... et qu'on demande à la population si elle sent que ces gens qu'elle aurait porté au pouvoir ont atteint un seuil de fonctionnement.

Même Marie France Cros de La Libre, pourtant proche de qui vous savez, n'a pas eu besoin d'écouter longtemps cette population pour comprendre le contraire. Ci-après sa perception :

L'espoir est en train de disparaître

(La Libre 25/04/2007)

Les Congolais sont inquiets de la quasi-absence de leur gouvernement. Deux mois après son investiture, rien n'indique que le travail a commencé.

Quatre mois après l'investiture du président élu, Joseph Kabila, et près de deux mois après l'entrée en fonction du Premier ministre, Antoine Gizenga, le désenchantement est palpable à Kinshasa. L'espoir suscité par le processus électoral semble pratiquement disparu. "Il y a eu un petit résultat positif : la fin du régime de transition", honni des Kinois pour sa corruption, dit un employé. "Mais cet avantage a été vite oublié tant les problèmes s'accumulent."

Y a-t-il un gouvernement ?

Le problème, c'est d'abord et avant tout, pour le Kinois moyen, inquiet, la quasi-absence du gouvernement. Ce dernier, depuis son investiture, ne s'est réuni que trois fois, dont deux fois brièvement, pour mettre au point un communiqué, et une fois pour discuter de... la vente d'alcool en sachets. Une action à son actif : la récupération de plusieurs dizaines de voitures appartenant à des ministères et indûment accaparées par l'équipe de la transition, sortante.

Comme les analystes le craignaient, le cabinet Gizenga (1) est plombé par l'âge du Premier ministre (83 ans), qui le rend incapable de fournir l'énorme quantité de travail nécessaire pour remettre le pays en route; par l'insuffisance d'élites dans son parti, le Palu (parti lumumbiste unifié); par l'inexpérience de ses ministres.

"Au total, la seule partie du gouvernement qui est honnête n'a pas les moyens de rester longtemps au pouvoir", dit un sexagénaire du Bandundu, le fief du Palu et de M. Gizenga. "Je suis inquiet, ajoute notre interlocuteur. A cette allure, on va vers une explosion du cabinet."

Volonté ou capacité ?

"Le Premier ministre est mou, il ne dit rien, alors on a l'impression qu'il n'y a pas de gouvernement", renchérit un journaliste kasaïen. "On en est revenu à la transition, quand on passait des mois sans voir un conseil des ministres et quand chacun d'entre eux vaquait à ses affaires propres. Le seul changement, c'est que le pouvoir de Kabila s'est accru."

"On s'interroge avec inquiétude, dit un autre ressortissant du Bandundu. Gizenga est-il dans la logique du chef coutumier à qui on a fait des promesses et qui se contente d'être chef, sans se préoccuper de servir ? C'est son bras droit, Godefroid Mayobo", ministre près le Premier ministre "qui a présenté le programme du gouvernement - non chiffré, sans priorité claire ni timing - et prend des décisions à sa place. Gizenga semble n'être pas capable de le faire, parce que voilà des années qu'il est éloigné de la politique, qu'il ne lit pas ni n'écrit."

Mais le gouvernement Gizenga peut-il agir ? Les caisses ont été vidées par les politiciens de la transition. "C'est vrai, mais il y a des mesures qui ne coûtent rien", intervient le père Martin Ekwa, un jésuite - originaire lui aussi du Bandundu - très respecté à Kinshasa, directeur du Cadicec, qui forme, depuis des décennies, des cadres et gestionnaires pour les PME. "Gizenga pourrait s'adresser à la population pour la mettre au travail. Il a une autorité morale, les gens l'écouteraient. Or, il n'en fait rien."


Séminaires et fêtes



Le père Ekwa s'inquiète surtout de "l'inaction. Dans tous les ministères, quand vous appelez, ils sont en séminaire. Moi-même, on m'invite sans cesse à des séminaires - sur une série de sujets qui ont déjà été traités cent fois. Tout se passe comme si personne ne voulait prendre ses responsabilités. Comme si on ne cessait de parler parce que personne ne sait comment entamer le travail. Certains croient qu'ils ont travaillé parce qu'ils se sont réunis, alors qu'il n'y a pas de rapport de réunion, ni de suivi des décisions prises. Et on fait des fêtes !... De très nombreuses nominations à des postes publics ont été fêtées; on vous invite pour cela dans un restaurant à 11h du matin, en semaine; c'est pourtant une heure où chacun est censé travailler... En ville, ce n'est pas comme au village : si vous ne travaillez pas, vous ne pouvez survivre que grâce à la corruption. Si cela continue, au lieu de diminuer, je crains bien qu'elle augmente."

(1) M. Gizenga est Premier ministre parce que Joseph Kabila le lui avait promis, entre les deux tours de la présidentielle, en échange d'un appel du patriarche à voter Kabila plutôt que Bemba. Le premier étant de l'est et le second de l'ouest, on pensait que le Bandundu (ouest) voterait Bemba.


Marie-France Cros
envoyée spéciale à Kinshasa


Une succession d'événements majeurs

Le "silence" reproché au gouvernement Gizenga est criant parce que les premières semaines de pouvoir de ce dernier ont été riches en événements majeurs, dont on attendait qu'ils suscitent une nette prise de position.

Au Bas-Congo (ouest), les 31 janvier et 1er février, la police, puis l'armée, ont procédé à une violente répression de protestations organisées par la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo contre la corruption ayant présidé à l'élection indirecte du gouverneur de province et des sénateurs nationaux, corruption qui a vu des assemblées d'opposition élire des membres de la majorité présidentielle. La secte a tué 12 personnes, dont 10 policiers; les forces de l'ordre, 104, dont de nombreux civils désarmés, relève Human Right Watch, qui note que les forces de l'ordre ont notamment tiré contre un lieu de culte, tuant 23 personnes innocentes, et juge "disproportionnée et inadéquate" la violence utilisée par le pouvoir. Le gouvernement n'a pas réagi au massacre. On attend le rapport d'une commission parlementaire.

Au Bandundu (ouest), l'armée angolaise est accusée d'occuper militairement 13 villages congolais dans une zone diamantifère. On attend le rapport d'une commission d'enquête parlementaire. Le gouvernement n'a pas réagi mais le ministre de l'Intérieur, le général Kalumé, a donné raison à l'Angola, tandis que celui des Affaires étrangères, Mbusa Nyamwisi, lui donnait tort. Les Congolais, eux, s'indignent qu'un pays allié ait choisi la force plutôt que la diplomatie pour faire valoir son point de vue. "Cela a donné l'impression d'un manque de respect pour le Congo", explique Azarias Ruberwa.

Des violations de la frontière sont dénoncées également dans le massif du Ruwenzori (Nord-Kivu) de la part de l'Ouganda; au Nord-Katanga, de la part de la Zambie; en Province orientale, de la part de nomades Peuls Bororos. On craint une autre opération militaire angolaise dans la région diamantifère de Tshikapa (Kasaï occidental).

A Kinshasa, les événements des 22 et 23 mars ont donné lieu à un simple communiqué du gouvernement, donnant raison à l'armée. Les ambassadeurs de l'Union européenne, qui chiffrent - sur base de diverses compilations civiles et militaires - le nombre de mort entre 200 et 600, jugent "disproportionné" l'usage de la violence fait alors par le pouvoir.

M.F.C.

Mis en ligne le 25/04/2007
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Posté par tony, 25 avril 2007 à 17:09

Avant le seuil

Merci Tony pour cette article de la Libre Belgique, journal belge qui ne cachait pas sa préférence pour le sieur K. La réalité les rattrape et ce peuple qui est le souverain primaire, celui qui donne, qui délègue l'autorité aux élus afin que ceux-ci fassent fonctionner les institutions, institutions qui, grâce à la bonne gouvernance des élus, permettront une amélioration sensible et soutenue du niveau de vie social du-dit souverain primaire, le peuple donc (eux, vous et moi) aujourd'hui ne peut pas agréer dans le sens de Mwana Weka.

Vous dite que des institutions sont en place après la (les) guerre(s) ("des évolutions institutionnelles"), mais je ne crois pas (et nos compatriotes à l'Est non plus) que la guerre est terminée...

Je suis d'accord avec vous lorsque vous dites que "L'élan des autres dimensions de la vie sociopolitique et de la bonne gouvernance repose fondamentalement sur cette épine dorsale ou BASE INSTITUTIONNELLE du fonctionnement politique", mais force est de constater à la lumière de ce qui se passe actuellement et qui est stigmatisé par Marie france Cros dans la Libre Belgique, que cet élan se brise sur la léthargie (volontaire dans mon opinion) de ceux qui sont en charge de faire que nous franchission le seuil de fonctionnement.

L'acceptation populaire ne peut s'accommoder indéfiniment de l'incurie politique. Si encore cette incurie ne revêtait pas les apparats de l'enrichissement outranciers des politics, si encore les élus du peuple n'affichaient pas ostensiblement tous les signes extérieurs de richesse alors que leurs administrés croupissent dans la misère la plus ignoble, si encore "l'outil de gestion de l'Etat (administration)" ne perpétuait plus l'institusinalisation du rackett et de la prédation gloutonne, alors oui, nous pourrions envisager d'esquisser le très léger soupçon d'espoir de peut-être croire que le seuil de fonctionnement politique puisse se dessiner.

Certes les concepts de base que vous énoncez sont la base de ce fonctionnement souhaité, mais reconnaissez tout de même que nous en sommes bien loin à l'heure actuelle.

Je puis vous assurer vous avoir bien compris dès l'ouverture de notre discussion (agréable du reste!!!), mais il me semble que le propos de départ souligne bien l'abscence d'une donnée capitale pour que le seuil de fonctionnement soit atteint: Le non respect d'une Loi inscrite dans la Constitution, son contournement par un moratoire, donc son viol, par ceux-la même qui sont supposés en être les plus fervents cerbères.

Non mon cher Mwana Weka, je crois bien qu'"évoquer les problèmes socio-économiques ou encore fustigier l'inexpérience (excusable si il y a volonté d'apprendre), l'ignorance (inexcusable si elle est délibérée), la mauvaise foi (inexcusable dans tous les cas), la cupidité (inexcusable et punissable) de nombre de politiques (qui sont ceux qui participent à nous amener au seuil de fonctionnement", tout ceci tendent bien à remettre en question votre assertion quant à ce fameux seuil.

Au vu de ce qui se passe, j'affirme haut et fort que nous sommes bien loin de ce seuil.

Je vais de ce pas suivre votre recommendation et lire avec avidité l'étude laborieuse de notre compatriote Lumpali. J'espères trouver cela sur le net.

Merci et à vous lire avec, je le répète, beaucoups de plaisir.

Posté par Philippe Lomboto, 25 avril 2007 à 17:56

Encore un son de la Libre Belgique

Juste pour vous signaler un autre article de Marie-France Cros sur la réalité de la gouvernance kabilienne...Non vraiment, le seuil n'est pas atteint...il n'est même pas en vue.


"La population s'impatiente"
(La Libre 26/04/2007)

Les élections n'ont rien amélioré à la vie quotidienne, qui est même plus difficile. Va-t-on vers une explosion sociale ? Les avis sont partagés. Mais inquiets.

"La population s'impatiente." La phrase revient souvent dans la bouche de nos interlocuteurs à Kinshasa. "Depuis les élections, rien n'a changé. Sur certains points, c'est même pire qu'avant", jugent des employés, du personnel soignant, des chauffeurs, des fonctionnaires.

De fait. Depuis le week-end de Pâques, de nombreux quartiers de la capitale congolaise sont sans eau ni électricité. L'Assemblée nationale elle-même et, selon son président, Vital Kamerhe, "jusqu'à la Présidence", ont été privées de courant durant plusieurs heures au cours de la semaine qui a suivi.

Ni eau ni électricité

Pour le Kinois moyen - qui achète maintenant le dentifrice au centimètre posé sur sa brosse à dent, le matin, parce qu'il n'a plus les moyens d'investir dans un tube familial - c'est pire. Des "stations d'eau" ont fait leur apparition, où des bidons de liquide sont mis en vente. "Les gens vont dans des quartiers où il y a encore de l'eau et vendent là où il n'y en a plus , explique un sexagénaire. Mais il n'y a pas de contrôle de qualité. Est-ce de l'eau filtrée ou de l'eau du ruisseau ? Sans être sûr, on doit la faire bouillir."

Beaucoup de Kinois pauvres n'ont cependant pas assez d'argent pour acheter le combustible (généralement du charbon de bois) nécessaire et ils boivent donc "à la grâce de Dieu".

L'affaire a été évoquée à l'assemblée nationale qui - bien que désertée par l'opposition jusqu'à ce mardi, qui a vu une partie revenir siéger - a retenti de l'indignation des élus, qui ont convoqué les directeurs des sociétés nationales de distribution d'eau et d'électricité. Il en est ressorti qu'il n'y a pas d'eau par manque d'électricité pour les pompes; qu'il n'y a pas d'électricité parce que de violentes pluies ont endommagé un matériel vétuste; qu'en général les investissements d'entretien ne sont plus faits depuis des années. Et les deux responsables de renvoyer la faute à leurs prédécesseurs et d'annoncer des travaux.

Six heures pour rentrer

Il n'y a pas que cela qui exaspère les Kinois. Les rues, dont la campagne électorale avait promis la réfection, n'ont pas cessé de se dégrader et la saison des pluies - qui fait déjà régulièrement déborder égouts et latrines, non entretenus, ce qui répand la typhoïde - rend aujourd'hui le transport à Kinshasa à la limite du supportable.

Il est courant d'entendre des Kinois vous dire qu'ils ont mis 3 ou 4 heures - voire 6 - pour rentrer chez eux un soir de pluie. Il y a d'abord les embouteillages, provoqués par l'insuffisance d'artères de désengorgement du centre vers la périphérie, alors que la ville a doublé le nombre de ses habitants en quelques années. Puis il y a les trous : par temps sec, on les traverse ou on les contourne, ce qui ne fait que ralentir la circulation; par temps de pluie, on ne peut évaluer leur profondeur et il faut bientôt abandonner son véhicule et continuer à pied... Or, la ville s'étend sur quelque 40 km; il y a 25 km du centre aux quartiers populeux de Masina et Ndjili.

Explosion sociale ?

La possibilité d'une explosion sociale est dans toutes les têtes. Les diplomates insistent auprès du pouvoir pour la mise en oeuvre de projets de développement à forte utilisation de mains-d'oeuvre et à impact visible, mais ils se heurtent à la paralysie du gouvernement (voir LLB du 25-4).

D'autres sont dubitatifs. "Les gens vont continuer à protester individuellement, à critiquer. Mais la population n'a plus de leader en qui elle a confiance, elle ne sait pas vers qui se tourner. Et elle a été traumatisée par la violence de la répression au Bas-Congo en février (voir LLB du 25-4), note un journaliste kasaïen. Mais une surprise n'est pas à écarter."

"Tshisekedi ? Il est hors du pays et malade; et à Limete(1) tout le monde est frustré qu'il n'ait pas voulu que l'UDPS participe aux élections, où ils pensaient faire un gros score. Bemba ? Il est à l'étranger et sans lui, le MLC n'est qu'une coquille vide", note un Kinois.

La classe moyenne congolaise est cependant "de plus en plus frustrée , souligne un entrepreneur. Toutes les grosses affaires sont aux mains d'étrangers. Les cadres congolais ne profitent pas du système. La Belgique doit en prendre conscience; rappelez-vous qu'en 1958, vous n'avez pas vu venir l'indépendance."

(1) Commune de Kinshasa où habitent Tshisekedi et des cadres de son parti, l'UDPS.

Marie-France Cros


Surtout, augmenter les recettes

Pour tous les observateurs, l'urgence est de satisfaire quelques-uns des besoins sociaux criants. Pour l'instant, le gouvernement n'a pas encore remis à l'Assemblée nationale son projet de budget, attendu pour mars. Le président Kabila a annoncé vouloir un budget de 3 milliards de dollars pour 2007, contre 2,2 milliards en 2006, dont 57 pc fournis par l'extérieur et environ 900 millions de dollars par le Congo. "Pour 59 ministres et vice-ministres, cela fait environ 15 millions pour chacun, soit le budget d'une commune belge moyenne" , commente un spécialiste.

L'intention annoncée par le gouvernement Gizenga est d'accroître ses recettes de 8 pc par rapport à 2006, soit "beaucoup trop peu pour atteindre les 3 milliards voulus" , ajoute ce spécialiste, "et cela alors que les "5 chantiers" de reconstruction annoncés par le président Kabila durant sa campagne électorale demanderaient 4 à 5 milliards de dollars".

De plus, n'ayant pas respecté ses engagements d'orthodoxie macroéconomique vis-à-vis des institutions de Bretton Woods, le Congo ne peut plus payer ses fonctionnaires et l'armée à crédit comme auparavant, mais cash; "il y a assez jusqu'à la mi-2007 mais pour pouvoir payer le second semestre, il faut que l'Etat augmente ses recettes" , précise notre interlocuteur.

Selon plusieurs observateurs, un meilleur contrôle aux principaux postes frontières (Kasumbalesa, Ndjili, Matadi, Beni) devrait permettre de multiplier les recettes actuelles "par 4 ou 5". Il faut aussi "obliger l'économie informelle à devenir formelle" et, donc, à payer ses impôts. "Le problème, c'est que l'Etat n'a pas de système informatique intégré qui lui permette de savoir en temps réel ce qui entre dans les caisses de l'Etat aux frontières. On ne le sait que quand l'argent arrive à Kinshasa et on ne peut donc pas contrôler quelle partie de l'argent s'est "évaporée" en chemin. Il ne reste donc que la sévérité."



(M.F.C.)
Envoyée spéciale à Kinshasa
Mis en ligne le 26/04/2007
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© Copyright La Libre

Posté par Philippe Lomboto, 26 avril 2007 à 12:40

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