L’agonie de la démocratie en RDC
« La mort heureuse », titre posthume de Camus, s’ouvre sur un meurtre. Patrice Mersault, le personnage principal, abat froidement un vieil homme infirme et fortuné. Crime parfait, qui donne à son auteur les moyens (légitimes ?), de mener désormais, une vie affranchie de tout souci matériel ! Condition essentielle pour réaliser « l’unique devoir dont parle Camus qui est pour l’homme de seulement être heureux sur terre ».
Cette tragique fiction romanesque s’applique parfaitement à la situation actuelle de Kabila après la forfaiture qu’il vient de commettre sur Bemba l’ex-vice- président, candidat « malheureux » aux dernières joutes présidentielles, signataire comme lui des accords sur les garanties sécuritaires d’un chacun des récipiendaires, entre les deux tours, desdites présidentielles, sous les hospices de la communauté internationale représentée par la « Monuc ».
Cela s’applique aussi bien à la situation ontologique des congolais, en tant que peuple, confronté à la voracité du pouvoir des politiciens qui en permanence, sont en quête d’un bonheur toujours solitaire et partisan. Ne se construisant que sur les malheurs et les aspirations à un bonheur du peuple par eux différé, déféré à l’hypothétique tribunal de leurs promesses jamais tenues. L’action politique se réduit ainsi de jour en jour à une exploitation systématique des existences les plus meurtries et des espoirs les plus profondément rentrés, pour construire un semblant de bonheur.
Alors même que de nouveaux espoirs suscités par l’avènement d’un Etat de droit pointent à l’horizon, la barbarie des tenants de l’imperium décuple pour annihiler toutes formes d’expression démocratiques. Le nouveau régime inaugure une ère malsaine de terreur, de mensonges et des grandes prédations. Les dernières péripéties sociopolitiques en sont les preuves éloquentes. Quel gâchis !
Jean de la Fontaine l’a dit à propos de l’amitié ; je me risquerai, pour ma part à l’appliquer à la démocratie : « Rien n’est plus commun que le nom, rien n’est plus rare que la chose ». De ce fait, bien souvent en RDC, depuis que ce mot est en usage, bien des « démocrates » ont de la démocratie une compréhension si vague, que c’est précisément ce vague de leur esprit qu’ils prennent pour la démocratie. Ils ne croient en Dieu et partant à leur parole que fort bruyamment et seulement pour user des mots et être à la page. Or, sans être une religion, la démocratie est une chose aussi sérieuse, dans la vie d’une société moderne, soucieuse du bonheur partagé de tous ses membres. Il s’agit en effet d’une puissance immatérielle mais dont la présence réelle sert de cadre légal, juste et équitable à toute harmonieuse vie en communauté. Lieu de déploiement des toutes les actions de l’Etat, pour le mieux être des citoyens, des tous les citoyens. Car toute puissance est faible, à moins d’être unie. Elle n’est pas une simple procédure imposée par les bailleurs de fonds et la communauté internationale, ni un kit institutionnel dont on dispose mais une culture. Hélas !...
Le pouvoir saoule ; Jusqu’à l’overdose. Et c’est bien le cas du régime Kabila qui étant conscient d’avoir été mal élu, passe le temps, lui et ses affidés de l’AMP, à chercher et à trouver des adversaires à combattre et à abattre, aussi bien dans le camp des vaincus que dans la société civile, société civile par ailleurs décrédibilisée par ses turpitudes propres et ses accointances avec n’importe quel détenteur du pouvoir, même avec Satan, pourvu que ce dernier lui accorde une place à la mangeoire.
Pour autant l’ère de la démocratie, après une transition de plus bâclée, présage l’émergence d’un Etat de droit, la paix, l’amorce d’un changement socioéconomique, la reconstruction du pays détruit en partie par 10 année de régime AFDLien dont Kabila est le continuateur en ce jour, la délivrance à l’égard d’une classe politique qui ne finit pas d’étaler la mal gouvernance politique et économique et la dilapidation des deniers publics, enfin, l’ère de la réconciliation des congolais avec eux-mêmes, elle appert comme un quitus délivré par la communauté internationale, organisatrice des élections qui ont « honoré le pouvoir AFDLien sur le plan international », à Kabila pour imposer sa dictature, à l’instar de celle de triste mémoire de Mobutu, sonnant ainsi la cloche de la fin de la démocratie en RDC.
Au soir du 30 juillet 2006, la RDC était entrée dans l’histoire des pays démocratiques et le peuple avait fait montre d’une maturité louable par tous, à juste titre d’ailleurs.
Cependant, marquera-t-il cette histoire ou y restera-t-il pour toujours ? Dans tous les cas, les premiers actes liminaires du nouveau régime n’augurent pas un avenir radieux et prometteur. Ceux qui gouvernent en RDC ne se comportent pas comme des responsables d’Etat, appelés à consolider l’esprit démocratique et à redynamiser leur action au service du peuple. Sûrs de leurs fidèles soutien extérieur, il s’érige en puissance hégémonique, convaincus de n’avoir à rendre compte de leurs actes à aucune instance internationale (les massacres des Hutus à Tingi-Tingi et à Mbandaka pour lesquels les sanctions internationales n’ont jamais été prononcées à l’encontre de leurs auteurs qui sont pourtant connus).
Le bilan du régime Kabila est moralement et politiquement, déposé, dès le lendemain de sa prestation de serment. Les ambitions de Kabila pour lui-même, pour la RDC ou la région des grands lacs se cristallisent immédiatement au lendemain de son élection autour de sa seule personne. Elle se matérialisent, dans l’expression d’une boulimie, qui ne le cède qu’à son impréparation et à son incapacité à exercer un pouvoir collégial, légitimement acquis dans le cadre républicain de respect de la parole donnée à ses pairs, de souci pour les libertés individuelles et de respect de l’Etat de droit.
Kabila a tôt montré, qu’il n’est pas un homme de consensus, ni porteur de projet cohérent, à la hauteur des contextes et des attentes dramatiques des congolais Il n’a pas toujours su et ne vaudra probablement pas tirer partie du rôle stratégique et des responsabilités d’une RDC unie et forte dans la sous région. Cette désinvolture relève d’un schéma dans lequel la RDC est appelée à subir l’exploitation « communautaire » de ses ressources naturelles pour le développement de ses voisins.
L’avènement de Kabila III a, pratiquement signifié le silence, la médiocrité du propos, le mensonge, la violence fébrile que rythme la vie politique pour laquelle l’argument physique a tendance à tenir lieu de discours de conservation. Le discours thuriféraire et le griotisme qui ont déserté non seulement les pays de l’Afrique de l’Ouest sont devenus le pain quotidien qui accompagne, dans les medias d’Etat confisqués, l’activité publique et gouvernementale congolaise. Il a parrainé, dans une perspective purement politicienne, le débauchage le moins propre de toute l’histoire politique du pays. Il a transformé l’activité politique à une compétition de vassalisation et de clientélisation de la classe politique et des agents de l’Etat. Il a, à cet effet, dépensé sans compter pour son propre confort. Il a hypothéqué, à une échelle inimaginable, les ressources minières du pays qui auraient dû servir à la reconstruction du pays par des contrats scandaleux et ignominieux, aujourd’hui dénoncés par tout le monde, sauf par les affidés du cartel AFDL, à savoir, le RCD-PPRD-MSR-CDR et j’en passe, tous regroupé sous le vocable majorité présidentielle.
Le Palu l’allié des circonstances, dans ce marigot, patauge facétieusement sans avoir peser les conséquences de son attelage contre nature avec l’AMP, le conglomérat des chevaux de Troyes
« Les élections » ont accouché avec Kabila d’un régime qui restaure l’instrumentalisation des institutions sécuritaires du pays, un climat et une stratégie qui associent de plus en plus avec le contrôle de l’appareil politique, judiciaire et de l’Etat, l’intimidation permanente et la violence à l’Etat brut.
Certes, les congolais ont du temps pour faire l’apprentissage de la démocratie mais pas à marche forcée ni en bâillonnant l’opposition, muselant les médias et massacrant le peuple de qui on confesse à tout vent tirer la légitimité. John Locke n’exposait-il pas, dans le deuxième traité du gouvernement civil, exposait une théorie de gouvernement fondé non pas sur le droit divin mais sur un contrat social et selon laquelle tout individu, doté des droits naturels à la vie, à la liberté et à la propriété avait l’obligation de se rebeller chaque fois que les gouvernements violaient ces droits ?
Qu’à cela ne tienne, à un degré de dénuement, plus rien ne conduit plus rien ; ni espoir, ni désespoir ne paraissent fondés ; et la vie tout entière se résume dans une image dont, en l’occurrence, on préfère s’en détourner.
Sur le même registre, les évènements du Bas- Congo et plus récemment l’attaque des résidences de l’ex-vice président Bemba alors que se trouvant dans la même situation que l’autre ex vice président, en occurrence Ruberwa, avec la complicité et l’hypocrisie de la Monuc, ne finissent pas de nous étaler l’ampleur du complot ourdi par la communauté internationale dont le chef de file reste et demeure la Belgique qui par l’entremise de Kabila et quelques brebis galeuses telles que Kamitatu olivier, Mende Omalanga, Namwisi, Kisempia, kalume et autres congolais du conglomérat sont des exécutant fidèles. Notez que le cas kamitatu n’etonne pas car relevant d’une pathologie congénitale. Mende, prostitué politique, a toujours navigué à vue, sans scrupule.
Qui pourra nous citer un seul fait d’armes de Kalume ou Kisempia, généraux de pacotille. Car si on a fait les écoles militaires, on connaît la valeur de la vie humaine et on ne tue pas des citoyens qui n’ont pour toute arme que la foi à un Etat de droit, respectueux des règles de vie en société moderne.
Comble de ridicule, pour faire plaisir à un président qui, au lieu de prendre ces messieurs pour des collaborateurs, les utilise pour exécuter les basses besogne et mentir publiquement. A cause de cela ma conscience me refuse de vous appeler « généraux ».
Qu’à cela ne tienne, sachez qu’aucun mensonge ne peut vivre éternellement. La nuit apporte désespoir, déception et tristesse mais il y a toujours un lendemain matin.
Vous avez par bêtise confirmé toutes le craintes que le peuple avait à confir légitimement le pouvoir à Kabila. Je dis bien légitimement car Kabila a été mal élu. Voilà pourquoi il est frustré, traînant avec lui un lot des complexes et un tas de casseroles (contrats léonins, bradage de territoire, dessein politique flou etc.).
Quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse la RDC relèvera la tête parce que ceux qui sont dans le vrai sont plus nombreux que les missionnaires de dessein funeste.
La vérité conserve sa vigueur même si son lot est l’échafaud. Et si le mal règne sur le trône car cet échafaud exalte l’avenir et derrière l’obscurité de l’inconnu, Dieu veille dans l’ombre sur les siens.
Freddy Lokolongo
Yaoundé – Cameroun
Commentaires sur L’agonie de la démocratie en RDC
Vous voulez savoir comment va un pays ? Rendez-vous à l’une de ses ambassades, restez-y quelque temps, demandez quelques renseignements économiques et touristiques, demandez la délivrance d’un document, regardez son personnel faire… vous aurez une photographie fidèle de ce pays. L’ambassade de la République Démocratique du Congo en France illustre parfaitement –et même jusqu’à la caricature- ce propos. Le sommet a été atteint avec l’extrapolation en son sein de toutes les inepties et absurdités de la fameuse gestion du pays par la tristement célèbre formule d’un président de la République + quatre vice-présidents.
Vous êtes Congolais, une école ou une association vous invite à parler de la RDC, appelez l’ambassade et demandez une carte géographique actualisée, le texte de l’hymne national ou les données géographiques et touristiques, on vous prendra pour un martien. Et pourtant, à priori, un attaché culturel s’y trouve. Vous êtes tenté par des affaires au pays, demandez le texte du code des investissements, votre interlocuteur se proposera plutôt comme intermédiaire ou essayera de vous recommander une personne sûre…
Aux yeux des Congolais, leur ambassade à Paris n’est ni plus ni moins qu’un« ligablo, » ces petites échoppes qui pullulent dans les coins de rue à Kinshasa où l’on peut acheter des cigarettes par unité ou un pain de savon découpé en plusieurs morceaux. L’activité essentielle –je ne dis même pas principale- de cette représentation en théorie diplomatique est devenue la vente extrêmement juteuse des passeports. Ce document d’identité et de voyage devenu très commercial aura coûté à l’ancien ambassadeur Edi Angulu ainsi qu’à son successeur, peut-être pas leur poste, mais en tout cas une sérieuse mise en cause de leur intégrité morale.
Les choses semblaient pourtant s’améliorer avec l’ancien ambassadeur Edi Angulu : le bâtiment fut réhabilité et surtout les intermédiaires véreux dans la vente de passeports furent éliminés. Les demandes pouvaient être faites même de l’intérieur de la France sans se déplacer et la taxe était versée sur un compte unique à La Poste. Par ailleurs, la création d’une structure fédérant toutes les associations de la diaspora fut soutenue et des actions de communication organisées pour sensibiliser l’opinion française sur l’agression rwando-ougandaise. Mais l’ancien journaliste Edi Angulu avait entre autres tares, celle d’être un militant de l’AFDL. Ainsi, entre autres faits pathétiques, lui qui vilipenda jadis Papa Wemba dans un livre communiqua ostensiblement sur l’aide financière de Kabila à ce chanteur suite à ses démêlés avec la justice française.
Coups bas et dénonciations
Ce ne fut pas tout. Cet ancien ambassadeur fut accusé de détournements importants des recettes de la vente de passeports. Des rumeurs sur internet –avec photos à l’appui- lui attribuèrent même l’achat de deux maisons en France. Des détails sur sa gestion des recettes et du personnel alimentèrent la radio-trottoir, tout cela savamment distillé depuis l’ambassade. Le personnel de l’ambassade n’était plus une équipe, mais carrément la famille Ewing comme dans le célèbre feuilleton « Dallas ». Une seule règle était de mise : « Tourne le dos que je te poignarde ». Mais Edi Angulu défendit son poste avec une hargne qui finit par devenir inquiétante. Vint alors l’épisode 1+4 qui emporta cet ancien confrère. Amer, Edi Angulu se barricada carrément dans l’ambassade au prétexte des émoluments de retour au pays non versés. Du jamais vu !
Dans le partage honteux qui marquait tous les actes de 1+4, c’est le MLC, le parti de Jean-Pierre Bemba qui hérita de la chancellerie congolaise en France. Le gestionnaire des recettes de l’ambassade venait donc de changer, mais pas ceux qui surveillent les incessantes cures d’amaigrissement de la caisse et qui alertent l’opinion par toutes sortes de rumeurs. Fondées ou non, mais bien orchestrées et rageusement relayées par des journalistes. De guerre lasse, l’ambassadeur MLC vient d’être rappelé à Kinshasa pour manifestement ne plus jamais remettre ses pieds au ligablo du 32, cours Albert 1er dans le huitième arrondissement de Paris.
Rien ne devrait changer malheureusement
L’ambassadeur rappelé, le chargé d’affaires a été désigné pour assurer l’intérim et …plus si affinités. Il va de soi qu’il va déployer tous les moyens pour être confirmé. Qui ne le ferait pas à sa place ? C’est tentant, c’est humain et cela devrait être lucratif. Et pour y parvenir, la recette est simple : être un relais politique sûr mais également un intermédiaire commercial qui renflouerait des multiples poches au ministère des affaires étrangères. En plus, cela est possible sans détourner les recettes de l’ambassade. Comment cela ?
L’on sait que le passeport congolais est sans doute le plus cher au monde : à Kinshasa, il coûte environ 120 euro et à Paris 250 euro (En comparaison, le passeport français valable 10 ans coûte 60 euro et est gratuit pour les enfants de moins de 15 ans). C’est d’ailleurs grâce à ces recettes que le personnel de l’ambassade, semble-t-il, est régulièrement payé selon la grille salariale en vigueur en France. Sauf que, ce prix exorbitant fait l’affaire de certains au ministère des affaires étrangères au pays qui « achètent » les passeports au prix de Kinshasa, les font acheminer à Paris où l’on se charge de les revendre et de rapatrier les recettes à Kinshasa. Ainsi, par exemple, pour 20 passeports seulement revendus en France par mois, un cadre du ministère se ferait au moins 2.500 euro de bonus qui peut représenter jusqu’à dix fois son salaire… et cela « sans détourner les deniers publics ». Si l’on peut garantir cela aux faiseurs de rois qui sont à Kinshasa, on a plutôt la chance d’être nommé ou confirmé. Parfois, l’ambassade de Paris s’approvisionne auprès d’autres ambassades congolaises d’Europe qui n’arrivent pas à écouler leurs stocks.
Dans une prochaine édition, nous vous donnerons le nombre de passeports (ainsi que leurs numéros de série) qui sont ainsi revendus tous les mois, les fournisseurs à Kinshasa ou en Europe et les revendeurs à Paris.
Questions sur l’expulsion des Congolais sans-papiers
Une autre activité de l’ambassade qui intéresse hautement la diaspora, c’est la délivrance du laissez-passer indispensable aux autorités françaises pour l’expulsion vers la RDC des Congolais dépourvus de titre de séjour. Au vu des documents d’identité ou d’état-civil présentés par la police française, l’ambassade doit vérifier la nationalité du sans-papiers et le cas échéant délivrer un laissez-passer. S’il y a des doutes sur la nationalité, l’ambassade ne délivre pas le laissez-passer et la personne interpellée doit être remise en liberté.
Le problème c’est que dans la grande majorité des cas, ces personnes sont déboutées du droit d’asile parce que les autorités françaises avaient un doute sur l’objet de leur demande d’asile et sur leurs documents d’identité ou d’état-civil. Comment dès lors, ces mêmes autorités françaises peuvent-elles utiliser les mêmes documents, jugés douteux, pour obtenir le laissez-passer à l’ambassade ? La logique voudrait, en effet, que la chancellerie soit très vigilante et ne se contente pas de constater que le sans-papiers réunit toutes les apparences d’un Congolais pour obtempérer aux autorités françaises. Cela devrait réduire considérablement le nombre d’expulsions vers Kinshasa.
Enfin le changement ?
Et si enfin les Congolais pouvaient avoir une ambassade… normale ? Une ambassade qui soit une belle vitrine du pays qui ne serait pas uniquement un « ligablo » vendant à tour de bras passeports et visas, une chancellerie où les intrigues ne seraient plus l’activité principale… L’ambassadeur actuel en a-t-il la foi, la volonté ? Il a promis de s’exprimer dans très peu de temps, l’opinion sera donc fixée.| Botowamungu Kalome (AEM)
La démocratie à la « louis Michel » ou le temps de la raison du plus fort.
« La violence n’est pas un moyen parmi d’autres d’atteindre la fin, mais le choix délibéré d’atteindre la fin par n’importe quel moyen ». (J.P. Sartre 1905-1980)
« Ça y est, J.P. Bemba et Tshisekedi ont quitté l’arène, finie l’opposition (ce qu’il en reste ou espère la devenir n’est que facétie) »! Ainsi se sont exclamé les faucons de l’AMP après la forfaiture commise sur le co-signataire des accords de paix, de reconnaissance et de garanties sécuritaires entre les adversaires du deuxième tour des présidentielles en RDC avec la « bénédiction de la communauté internationale ». Situation idéale pour une législature de tout repos. Tous les membres la « causa nostras » peuvent dormir tranquillement. Surtout les parrains tant africains qu’occidentaux. Sauf les congolais. Qui sont méticuleusement divisés et irréductiblement opposés. Se retrouvant ainsi dans les conditions idéales pour s’entretuer derechef sans remords dans une guerre dont les concepteurs planifient de longue date. A cause de la volonté d’internationaliser l’exploitation des ressources du sol et sous-sol de la RDC, on a pas encore fini de compter les morts. Plus de 38000 -morts par jour et des milliers de déplacés, dans l’indifférence générale. C’est que d’aucuns ont appelé une boucherie héroique. Terribles statistiques. Mais qui, hélas, sont absolument dérisoires face au silence condescendant de la communauté internationale. De temps à autre par quelques déclarations de principe comme ces épanchements lyriques purement discursifs qui troublent la sérénité « des princes du monde ». C’est dans cette logique que s’inscrit la dernière déclaration des ambassadeurs de l’Union européenne, interpellant en ce sens la mauvaise conscience de leurs dirigeants.
Prenant ainsi conscience, à la suite de l’illustre savant Albert Einstein, que « le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais pas ceux qui les regardent agir et qui refusent d’intervenir » le Congo de Kabila est une manière de démocratie, semblable à cette perversion de la raison dont parle Alphonse Karr : plaisante chose qui signifie : ont raison ceux qui sont avec moi et tort ceux qui sont contre moi. Alors dans toute sa laideur, c’est la raison du plus…fort. On s’aperçoit vite qu’en nous unissant sous ce schéma alambiqué de 1+4, la communauté internationale préparait cette démocratie à la « louis Michel » qui nous jettera entre les mains d’une tyrannie sanguinaire à la quelle elle avait déjà donnée des solides garanties de longévité. Depuis lors, cette « infamie » use de cette démocratie comme d’un instrument de légalisation du crime et de la prédation conçue comme une fin en soi : l’exécution du dessein maléfique de la communauté internationale à savoir, la pérennisation du pillage et à terme la balkanisation du congo.
Après ce constat, force nous est imposée d’affirmer tout haut que ceux qui se cachent derrière le vocable de la communauté internationale ne sont que des bandits et des immoraux.
Même pour leur peuple, ils n’ont aucune considération. Car, comment expliquer la mobilisation d’autant des moyens financiers et matériels, sans compter les hommes pour superviser un processus qu’on souhaitait ne pas voir aboutir, ni donner des résultats probants, en occurrence l’instauration d’une vraie démocratie et partant d’un Etat de droit en RDC ? Quel gâchis !
Cela étant, dans une démocratie sans épithète, l’on devrait pouvoir atteindre à ce que André Gide appelle « l’immoralité supérieure » c'est-à-dire à n’avoir plus besoin de faire en sorte que « force reste à la loi ». Mais que, tout naturellement, celle-ci soit la mesure légale, juste et équitable de toute chose. Car, à moins d’être juste et équitable, toute loi est une imposture. En effet, ceux qui sont en charge de son application, précisément en raison de cette charge, sont en permanence exposés à la tentation d’en abuser pour confronter leur position.
C’est pour cette raison qu’à l’échelle des peuples, dans leurs rapports avec l’Etat, Nietzsche avait lancé cet avertissement : « l’Etat est le plus froid de tous les monstres… ». Voici le mensonge qui rampe dans la bouche de l’Etat : « Moi l’Etat, je suis le peuple »
Dès lors au nom et au dépens du peuple, tous les abus peuvent être commis, toute manipulation exercées ; Dans notre pays depuis Mobutu, l’Etat prend la couleur et a la forme que lui confère le régime en place ; Nous renfermant, en tant que citoyens, dans ces situations non historiques dont parle l’historien Daniel Rops au sein « (…) d’une société parfaitement organisée qui porte en elle-même les germes d’une implacable tyrannie ». Celle de la politique. Dont la plus fidèle manifestation est notre assemblée nationale, telle qu’elle fonctionne, comme un espace rituel. Où les élus, au nom du peuple, passent leur mandat à valider et légaliser la volonté du chef de l’Etat, chef de leur camp. Mobutiste pendant 32 ans ! Kabiliste par la magie de chose aujourd’hui.
De ce point de vue, le boycott ou la suspension de participation de l’opposition à l’hémicycle (décision purement politique), est autant compréhensible que le pouvoirisme arrogant du camp présidentiel est révoltant. Car nous sommes tous témoins et perdus dans l’omniprésence d’une série de manifestations de la bestialité du camp présidentiel qui comme une maladie contagieuse gagnent les sentiments et les croyances. L’espérance, la sensualité, la perception de la RDC, Etat démocratique (ce qui suppose Etat de droit) contraste avec la cruauté des actes posés par les dirigeants.
Le ressaisi ment du camp présidentiel, pour ne pas confondre avec le camp majoritaire, s’impose. Parce que si la RDC parait plus dangereuse aujourd’hui qu’hier, ce n’est pas seulement à cause des services sécuritaires déficients mais surtout à cause de l’incurie d’un pouvoir inepte, incapable de transformer positivement le quotidien des congolais et de rendre l’impossible envisageable. Les discours de plus en plus provocateurs de Mende, Kamitatu, Ghonda (tous connus pour leur indéfectible attachement à rien) et de tous ces larbins et caméléons qui gravitent autour du pouvoir, contribuent assurément à transformer le climat social tendu par la précarité de l’existence à une poudrière. Et ces troubadours en costume, tout en cultivant un horripilant complexe, dû sans doute à leur insuffisance intellectuelle ou morale, trouvent paradoxalement suspect tout citoyen qui ne broute pas dans les prairies de la compromission afdélienne, étant donné qu’ils mesurent les conséquences de leur adhésion, disons leur « collaboration » à la politique d’occupation du Congo initiée par la mafia internationale dont la tête de pont se trouve être la Belgique francophone. Abondant dans le mensonge, l’insulte facile et l’ambivalence des propos lorsque les intérêts du pays sont en jeu, ils ont fini de basculer les fonctions étatiques et ministérielles dont ils ont la charge dans le grotesque et le vulgaire. Malheureux pour le pays de Patrice Emery Lumumba, le pays de Bakajika et de tous ceux qui ont donné de leur vie pour l’érection d’un Etat indépendant au cœur de l’Afrique !
Pour se donner bonne conscience, le président de l’actuelle assemblée nationale brille par de soubresauts de signes d’acceptation de l’opposition, laquelle opposition, nonobstant sa reconnaissance constitutionnelle, est mal tolérée par les faucons de l’AMP.
Cette même assemblée nationale, s’érige en un instrument de mise en forme de la vision du chef de l’Etat. Quand bien même cette vision paraît néfaste pour le pays et pour le peuple. L’enterrement, avec un beau cercueil en bois massif, du rapport Lutundula sur les contrats léonins signés par les différents gouvernements afdliens est un bel exemple de manifestation de cette incurie. Le pouvoir a offert à son principal rédacteur un strapontin de rêve, une belle mention dans son curriculum vitae. Une opportunité à la fois historique et puérile : être un acteur non décisif, mais dont la présence légitime servira de décor légal aux fonctions purement formelles d’une assemblée univoque.
Dans cette logique notre démocratie se dessine de plus en plus comme un simple espace d’adversité partisane sur fond d’un pouvoirisme qui est à lui-même ses propres fins et finalité. Si bien que la justice elle-même, ultime recours quand les repères bougent, est constamment enjambée par un pouvoir disposant de tous les pouvoirs. Et qui en usent que pour se reproduire et se conserver indéfiniment. « Ne pouvant fortifier la justice, on justifie la force » dixit B. Pascal dans les pensées.
Ainsi en est-il de la procédure entamée contre le sénateur J.P.Bemba. Suspendue à la volonté du « Raïs ». Pour avoir cru au respect des engagements pris entre le deux tours des présidentielles avec Kabila, résultat des négociations obliques et souterraines, par rapport au fonctionnement normal de l’Etat, J.P.Bemba sénateur de son état fait les frais d’une justice qui ne cesse de se décrédibiliser, reniant de ce fait son rôle essentiel de « gardien des liberté ».De là affirmer que, tant sera maintenu le cordon ombilical qui le lie à l’exécutif, le pays et le peuple subiront toujours des dégâts par la faute du système actuel, dans lequel le président de la république tel un démiurge qui vampirise tous les pouvoirs et possède un droit de vie et de mort sur les citoyens ou son ministre de la justice peuvent, pour accomplir leur dessein propre exiger du parquet la poursuite d’un opposant politique, d’un journaliste, de n’importe quel citoyen qui gêne.
De plus, si Kabila s’est effectivement engagé dans le protocole brandi par le camp de J.P.Bemba, à garantir la sécurité du perdant et qu’aujourd’hui il se dénie, cela pose la question de la sincérité de son serment et de la perception qu’il a de l’Etat. Car en fait, l’Etat n’est la propriété de personne. Il est doté d’une personnalité propre, incarnation de la nation, et garant de l’intérêt général. Son personnel le sert sous la seule autorité de la loi. De lors que l’on instrumentalise l’Etat on l’affaiblit voire on l’enterre. Le Congo de Kabila est un non –Etat appelé à ressusciter. Mais hélas ! Avec un président qui ne rassure ni n’impulse une quelconque volonté de relever le défi, au contraire, cela parait difficile sinon impossible. L’incarnation du pouvoir en RDC n’a jamais été autant démythifié.
Finalement à y regarder de plus près, ce qui vaut à J.P.Bemba les foudres de la justice Kabilienne, c’est moins l’existence d’une quelconque milice à sa solde, capable de déstabiliser son régime mais sa volonté d’empêcher Kabila et sa clique de faire du Congo une «terre vide ».
Qu’à cela ne tienne, le peuple quant à lui, ce qu’il est en droit d’attendre de ces « pétainistes » congolais new-look, reste et demeure la matérialisation de leurs promesses électorales. Sinon, les11 ans de Kabilisme qui se sont superposés aux 32 ans de Mobutisme, sous le soleil congolais, figera et alourdira ce temps de « démocratie » en un temps de l’immobilisme. Où toute chose ne change que pour mieux rester elle-même. Comme un serpent, qui périodiquement fait sa mue. Pour ne jais être…qu’un serpent. Alors « fini la récréation » apparaîtra sous son vrai jour : une utopie directrice.
Il est aussi en droit de savoir et que la justice a le devoir de lui faire savoir, c’est la vérité sur les derniers événements qui continuent à endeuiller Kinshasa mais aussi sur tous les événements semblables. Autrement, l’on serait en droit de penser que le droit du plus fort sera toujours plus fort. Et que la fin justifie les moyens. Mais alors qui donnera une finalité à la fin ? Pour pouvoir la justifier sans user de la force.
Ikomo-Lomoko
Patriote congolais
j'ai lu votre sujet, ça m'a beaucoup plus, mais j'ai une question à vous posez, croyez-vous que le départ de Jean Pierre BEMBA, portera à KABILA, l'intégrité térritoriale, malgré il y a eu l'élection l'année dernière la population de l'est du congo, plus présicement le Kivu qui sont victimes des guerres meurts chaque semaine par des assaillants, quelque part vous dites fin de la récreation, je n'ai pas compris ce mot, de quelle recréation vous parlez?
Des meurtres qui se passent chaque jour auquel personne ne se sousis ou des injustices sociales.
je m'arrête là , je vous souhaite une bonne continuité de vos idées.
Merci pour ce Blog interessant.
Je viens de decouvrir le site "Demologue". Je pense que vous etes associe a ce projet. Je suis cartooniste et journaliste. Je souhaiterais realiser votre interview. En esperant que ca puisse se faire.
Amities.
Ben Heine
dite moi un peu le prix du passeport congolais
bonjour
je viens d'obtenir une bourse pour le canada
et je dois voyager en moins d'un moi mais le passeport est difficile
que faut-il que je fasse
svp aidez moi
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