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Le Blog du Congolais

analyses politiques sur la situation au congo kinshasa

30 octobre 2007

Salongo Bimsum : Nzela etamboli (La route a foutu le camp) !

Vendredi 26 octobre 2007. Kinshasa s’est réveillée dans l’eau tant il a plu toute la nuit d’une de ces fortes pluies que les Kinois redoutaient depuis un certain temps.

Sur les artères de la capitale, l’asphalte avait été raclée, les caniveaux  agrandis, mais laissés sans protection, un peu de gravier et de sable jetés ça et là, des tracteurs abandonnés, des panneaux avec inscriptions « travaux » posés, depuis de longs mois...

Et puis rien du tout. Et les pluies, plus ou moins clémentes, se succédaient les unes aux autres, érodant la terre battue, la partie de la chaussée laissée non raclée et les caniveaux  non protégés.

Tout le monde savait et s’y attendait. Une forte pluie et ça serait la catastrophe. Mais personne n’a rien fait pour le prévenir. Une tentative de l’Assemblée Nationale d’interpeller un ministre PALU concerné a provoqué une levée des boucliers des adeptes du lion pende. Ces deniers estiment que pour avoir contribué à sauver la tête du PPRD Nkulu dans le crash de l’Antonov sur Kingasani, leurs ministres devraient être laissés tranquilles. Celui qui a fait bastonner les journalistes, compris.

Après tout, ce n’est pas leur ministre des travaux publics qui a fait pleuvoir. Et puis, depuis combien de temps est-il là pour porter le chapeau de la négligence des autres ?

A Salongo Bimsum, le chic quartier au sud de Lemba, ce qui tenait lieu de route fait maintenant office de site touristique. Les habitants de Lemba viennent, le long du camp des officiers BUMBA MOASO, contempler ce gigantesque ravin qui a remplacé la chaussée sur laquelle ils ont encore roulé la veille.

‘‘Nzela etamboli !’’ (La route a foutu le camp) s’exclame, l’air incrédule, un jeune homme qui gagne sa vie en faisant le taxi sur le tronçon Salongo Bimsum - Super Lemba.

On ne leur avait rien demandé nous’’, s’emporte une dame. ‘‘Nous nous en sortions pas très mal avec notre route truffée des nids de poule. Les jeunes de Kisenso y mettaient de la terre et des pierres de temps en temps et on roulait cahin-caha’’.

Des têtes se secouent, des doigts se claquent. Comment en est-on arrivés là ? La question est sur toutes les lèvres. Le gouvernement, aux dires des habitants du quartier, aurait accordé à la société SAFRIMEX le marché de la réfection de la route, aux conditions, entre autres, de préfinancer le début des travaux. Ce que la société fit jusqu’à une certaine hauteur. Non seulement le gouvernement ne paya pas les frais engagés par SAFRIMEX, il ne versa pas non plus le solde nécessaire à la poursuite des travaux.

‘‘Et pourtant nous avons trois ministres dans le quartier’’, s’indigne quelqu’un dans la foule. ‘‘On verra bien par où ils vont passer avec leurs 4X4’’, tranche-t-il avec une satisfaction empruntée au fait d’être maintenant logé à la même enseigne avec leurs excellences. ‘‘Ils ne sont que des locataires, ils vont déménager’’, lui répond quelqu’un d’autre.

Des moulins ont été arrachés par l’eau de pluie et jetés dans le ravin, les tuyaux de la REGISEDO sectionnés. Déjà, l’eau était une denrée plutôt rare à Salongo Bimsum. Avec les dégâts de la pluie, les pousse pousseurs se frottent les mains en faisant louer leurs véhicules pour ramener de l’eau de Salongo Nord et Lemba Terminus. 

Un gars de la MONUC, un occidental, prend des images sous les huées de la foule. ‘‘Voilà votre gouvernement que vous nous avez imposé, voilà comment il est en train de nous exterminer par Nkunda, par des ANTONOV, par des pluies,… Combien des morts vont-ils nous présenter à la télé le soir ? Dieu vous jugera !’’

Satisfaits d’avoir charrié le mundele (blanc) qui s’en va sans demander son reste, ils s’acclament eux-mêmes. Chacun y va de son histoire : ‘‘A Makelele, c’est terrible, tout le pont est sous l’eau. Il y a beaucoup de morts’’, raconte une dame à l’air essoufflé. ‘‘A Matete’’, enchaîne une autre, ‘‘ma sœur et ses enfants se sont réveillés dehors. Leur mur de maison qui servait aussi de mur mitoyen s’est écroulé pendant leur sommeil, tuant les enfants de la voisine. Heureusement pour ma sœur, il n’y a eu aucun mort, mais tous leurs biens et habits ont été emportés par les gens du quartier’’.

A Salongo Bimsum, la vie n’était plus gaie depuis un certain temps. Avant la route, le courant électrique et l’eau courante avaient déjà foutu le camp.

En remplacement de l’énergie électrique de la SNEL, les groupes électrogènes et la braise marchent à fond.

Pour la route, les véhicules ont trouvé trois raccourcis. Le plus emprunté passe par le camp Bumba, avec trois barrières, l’une à l’entrée, l’autre au milieu et la dernière à la sortie, avec chacune son droit de passage, à la tête du client (pardon, du véhicule), bien sûr. Le deuxième passe par Salongo Nord, avec sortie sur By-Pass au niveau de l’Arrêt Libaya, et le troisième conduit au rond-point Ngaba en passant par les avenues Malula et Université.

Quant à l’eau, la cité qui s’était autoproclamée ‘‘bientôt quartier le plus propre de Kinshasa’’, malgré sa peur de voir une nouvelle forte pluie emporter les maisons du camp Bumba, contre mauvaise fortune bon cœur, prie Dieu de faire tomber de son ciel cette eau si précieuse, pour se laver et laver les habits, non sans lui avoir demandé d’y aller moins fort cette fois-ci. 

Tony Katombe

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26 octobre 2007

Nord-Kivu : Bush fait son show, les Kabilistes jubilent.

Vendredi 26 octobre 2007. Le président congolais, Joseph Kabila est en visite aux Etats-Unis d’Amérique où il va conférer avec G.W. Bush, président américain. Ce dernier, plus préoccupé par le feu qui sévit en Californie, a juste voulu raconter, en guise de mot de bienvenu, à son homologue congolais, ce qu’il voulait entendre.

Bush a ainsi fait annoncer qu’il ordonnait la reconduction du gel des avoirs de l’Ex Général Nkunda et de ceux de certaines personnalités impliquées dans l’insécurité qui prévaut au Nord-Kivu.

Lui qui voulait, en bon politicien, juste dire n'importe quoi, c'est-à-dire rien, s’est fait prendre au sérieux par les milieux kabilistes qui ont pris son verbiage pour argent comptant. Les journaux du pouvoir et une certaine élite pro-kabila (et kabila lui-même ?), crédules comme on en fait pas, jubilent déjà sur la fin annoncée de l’officier tutsi.

Comment comprendre que des journalistes soi-disant professionnels prêtent leurs manchettes à des propos aussi creux, moins d’un mois seulement après s’être fait prendre au piège comme des apprentis avec la prétendue interview d’un certain Jackson Wilson, le pseudo journaliste indépendant américain ?

Une fois, c’est bon, on peut comprendre, et encore ! Mais si à chaque non événement, certains journaux, toujours les mêmes, croyant détenir un scoop, sans creuser, donnent de l’écho à une histoire qui ne passerait même pas à l’école de dimanche, on est en droit de douter de l'expertise des animateurs de ces organes de presse.

Du cosmétique encore une fois et certains congolais jubilent. Sans vouloir jouer aux rabat-joie, je voudrais quand même qu'on lise attentivement le verbiage de Bush. Si on le peut, on aura alors constaté qu'il s'agit d'une reconduction d'une mesure prise au mois d'octobre 2006.

Si maintenant on arrêtait un peu la fête et on se posait certaines questions. Quel impact aura cette fois-ci une mesure - qui n'est pas nouvelle - sur Nkunda, alors que pendant une année, elle ne lui a pas empêché de foutre le bordel chez-nous à Masisi ? Les avoirs de Nkunda, seraient-ils logés aux Etats-Unis pour que Bush décide à tout bout de champ de les geler ? Si oui, à combien sont-ils évalués, d’où proviennent-ils et à quoi tiennent-ils exactement ? Le patron du plus puissant service d’intelligence au monde ignorerait-il d’où vient le principal soutien de Nkunda pour que le nom de Kagamé ne paraisse pas sur sa liste noire des détenteurs des avoirs à geler ?

C’est juste de la poudre, made in White House, aux yeux. Débarbouillez-vous et comprenez que si Nkunda et venu par les armes, il ne s’en ira que par les armes. Négocier avec lui pour son départ en exil fera des émules. S’il y a eu Bizima et Ruberwa, derrière Nkunda se cachent d’autres ‘‘Banyamulenge’’ que Kagamé s’apprête à lâcher au Congo. Si tout le mal qui peut arriver à Nkunda est une bourse dans une prestigieuse académie militaire, comprenez que l’afandé de Kigali n’aura que l’embarras du choix.

Tony Katombe

Posté par congomania à 18:00 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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