09 novembre 2007
Samedi, le PALU provoquera l’UDPS
Salongo Bimsum, Lemba, Kinshasa. Jeudi 8 novembre 2007, 8h. Sur le boulevard Salongo, au coin de la petite allée en terre qui débouche sur l’avenue Beya Pumbu, à juste quelques jets de pierre du ravin qui a récemment englouti la route, les militants du Parti Lumumbiste Unifié (PALU) tiennent leur culte (pardon réunion) matinal habituel à la gloire d’Antoine Gizenga, le leader de leur parti.
Aujourd’hui, comme chaque matin, ils affluent de l’enclavée et semi rurale commune de Kisenso et du lointain quartier de Mbanza Lemba.
La réunion commence par des chants, rythmés par des battements de tam-tam, à l’honneur de Gizenga. A bonne distance, les habitants du quartier et les passants regardent la scène avec une attitude empreinte d’amusement, de pitié et de raillerie.
Pour motiver ses camarades, le modérateur scande de temps en temps le slogan des églises post-missionnaires congolaises ‘‘Nani mokonzi ?’’ (Qui est souverain ?). Là-bas, on répond ‘‘Yesu!’’ (Jésus !); ici, c’est ‘‘Peuple’’.
‘‘Comme si votre chef faisait quelque chose pour ce fameux peuple qui serait souverain’’, fulmine en passant, assez bas pour ne pas être entendue des adaptes de Tony de Prague, une dame avec un bidon d’eau de 25 litres sur la tête.
Un homme d’un âge indéfinissable, maigrelet, en babouches, pantalon et chemise aux couleurs inclassables, harangue une assistance d’une centaine de membres à large majorité du troisième âge. L’adresse s’articule autour du passé ‘‘héroïque et glorieux’’ de Gizenga et de la chance historique qu’a le Congo de l’avoir en ce moment comme premier ministre. Un chapelet de ‘‘réalisations, en un temps record’’, du gouvernement Gizenga est égrené sous des applaudissements nourris.
L’orateur tempère quand même ses encensements en reconnaissant toutefois que ‘‘la situation reste assez difficile pour le peuple et le chef en est bien conscient’’, avant de préciser que ‘‘il connaît aussi les gens avec qui il travaille et tout ce qu’ils lui font pour lui compliquer la tâche, mais dans sa sagesse, il veut aller avec eux lentement jusqu’à les neutraliser’’.
Slogans, applaudissements, cris de joie, battements de tam-tam. L’orateur insiste sur le soutien que tous les militants doivent apporter et manifester au chef. Aussi, il engage chaque membre à se présenter de bonne heure à la réunion du samedi 10 novembre 2007 matin. Et de tracer le programme, un programme bien inquiétant : ‘‘Ensuite, nous descendrons tous à Super Lemba. Comme vous le savez, le secrétaire général sera samedi à Super Lemba. Et de Super Lemba, nous irons tous avec lui à Elf Echangeur ’’.
Slogans, applaudissements, cris de joie, battements de tam-tam, dans une ambiance surexcitée au paroxysme.
A Elf Echangeur ‘‘siège’’ le parlement débout de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UPDS) d’Etienne Tshisekedi. Là-bas, jusqu’à ce que l’actualité interne au parti en vienne à être dominée par les péripéties mouvementées des préparatifs du premier congrès, on ne disait pas beaucoup de bien d’Antoine Gizenga. On se gaussait de ‘‘son livre d’or, son sommeil permanent, son immobilisme, son adoration pour Kabila…’’.
Or, au PALU, Tony de Prague est dieu. De tels blasphèmes ne sauraient être tolérés. Depuis des mois, chaque matin, à Elf Echangeur, les Gizengistes squattent le QG du parlement débout, scandent chants et slogans en l’honneur de leur gourou et insultent Tshisekedi. Les Tshitshi boys, flairant un piège provocateur, ont fait jusqu’ici preuve d’un sang-froid qu’on ne leur aurait jamais prêté. Habitués à évoluer dans un environnement d’hostilité, ils ont appris à repérer des jeeps de la police non loin de leur base à chaque visite des gens du PALU.
En programmant une descente de leur secrétaire général pour Elf Echangeur à la tête des cellules, le PALU aurait-il décidé de passer à la vitesse supérieure en réduisant au silence un adversaire politique ? N’y aurait-il pas assez de carrefours comme ça à Kinshasa où les adeptes de Gizenga peuvent rendre un culte à leur dieu sans qu’il soit besoin d’aller provoquer et intimider des adversaires ?
Pour les observateurs, le PALU, serait en train de s’ennuyer sérieusement. En effet, l’opinion ne comprend pas cet acharnement d’un parti dont le chef est premier ministre contre un parti d’opposition. Un parti qui a prétendu combattre la dictature pendant plus de quarante ans voudrait maintenant enrôler tout le monde dans son orchestre pour chanter et danser à la gloire de son dieu !!!
Au PALU, on les sait crédules à souhait, mais tout de même, ils feraient mieux de se demander comment ils arriveraient à réduire au silence ceux que ni Mobutu, ni Kabila père et fils n’ont pu impressionner.
Tony Katombe
Commentaires
Les Tonneaux Vides
Vaines agitations que voilà. Tout ce bruit, tout ce toutim avec force tam-tam et harangues creuses et sans intérêts, tout ça pour couvrir le ridicule et le néant de la prétendue action salvatrice de Tony de Prague depuis qu'il est en charge. Plus le temps passe au Congo de Lumumba et moins les choses ne changent. Les comportements des hommes politiques de la RDC n'ont pas changés d'un iota. Mercantilisme, aventurisme, corruptionisme, diktatisme, affairisme, tourisme....PFFFFFFFF!!!! Le proverbe le dis si bien: "ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit"
Félicitation
J'ai lu votre article et cela m'a fortement motivé dans le combat que nous menons ensemble avec notre Président E. Tshisekedi.
Je tenais à le faire parvenir ce messa : "Courage cher papa pour ta lutte noble, Dieu va vous aider dans cette lutte ! Que Dieu bénis le Congo !
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