20 novembre 2007
Premier congrès : l’UDPS relookée est là .
Kinshasa, Limete, samedi 17 novembre 2007. Le Docteur Etienne Tshisekedi tient une conférence de presse à sa résidence sur le lancement de la campagne pour la préparation du premier congrès de son parti. Le congrès où personne, même pas Tshisekedi, n’irait avec son titre actuel !
De retour de chez mon mécanicien à Yolo, je me dis : ‘‘Et si tu passais juste voir ?’’. Et je me rends sur la rue de Tshisekedi. Il est 14h30’ quand j’arrive devant la résidence de l’homme de Limete. Malgré la pluie, une foule de combattants arbore déjà des calicots qui affirment tous le soutien des structures de base à Tshisekedi et au premier congrès de l’UDPS.
Pendant que j’avance lentement en cherchant un espace libre où parquer, je sens sur moi des regards des gens qui doivent bien se dire ne jamais avoir vu cette tête-là par ici. Je finis par parquer. Je sors de la voiture et me pointe devant l’entrée de la résidence de Tshisekedi. Sur moi, pèsent des regards de plus en plus persistants. Moi-même je commence à me sentir mal à l’aise. J’observe comment l’on fait pour entrer. On présente une invitation, ou on cite un nom. La porte s’ouvre, parfois elle reste fermée.
‘‘Tu t’es imaginé qu’il te suffisait de te présenter comme ça pour entrer chez Tshisekedi ?’’, me dis-je.
Enfin, je trouve la formule. Mon ami Raoul Nsolwa voulait qu’on se voie. Pourquoi on ne se verrait pas maintenant ? Coup de téléphone. ‘‘Tu es à la porte ?’’ demande dubitatif le président des Compagnons de Tshisekedi.
Il me prie de patienter 5 minutes. Il se pointe dans moins que ça. On ne s’était jamais vu jusqu’ici. Mais ça ne nous a pas empêché de sympathiser au téléphone, jusqu’à nous tutoyer. Heureusement pour moi, Raoul, il est comme sur la photo. Je le reconnais et m’avance vers lui.
Je me présente. Il me demande ma carte de presse pour qu’il la présente aux portiers et que ces derniers me laissent entrer. Je rigole. ‘‘J’en ai pas’’. Raoul est embêté : ‘‘Mais comment je vais m’y prendre pour te faire entrer moi’’. Ça m’amuse de le voir si embêté surtout que je sais qu’il ne peut pas me laisser là.
‘‘Enfin Raoul, tu veux une carte de CongoNet Radio, CongoOne et Culturek, des médias qui n’ont aucune chance de se faire reconnaître ici ?’’. J’ai atteint la corde sensible. Un exclu ne va pas en exclure un autre, quand même. Et surtout que cet autre récite comme ça les noms des organes auxquels le parti de Limete doit tant.
‘‘Vous le laissez entrer, il écrit sur Internet’’, ordonne Raoul aux portiers. Courbettes. ‘‘C’est vous le comité’’. La porte s’ouvre. Contrôle de sécurité. Raoul m’explique qu’il ne peut pas m’installer avec les journalistes comme je n’ai pas de carte de presse. Il m’indique la petite paillote vers laquelle je me dirige et me trouve une chaise encore vide.
Pas si mal chez Tshisekedi. Murs rafraîchis, jardin bien tenu. Puissantes baffles diffusant la musique de Franck Mulaja sur Parole Eternelle. On se croirait à l’église de la Borne. Du coup, je me sens à l’aise et ne regrette pas d’être là.
‘‘Mesdames, Messieurs, le Président de l’UDPS !, nous annonce-t-on à 15h10’’’. Je m’attendais à voir un homme gros, joufflu, vieilli, fatigué, marchant péniblement, comme se plaisent à le décrire la presse du pouvoir, et sur Internet, certains transfuges de l’UDPS, passés avec armes et bagages de l’autre côté.
On se met debout, on acclame un homme frais, teint clair, vêtu d’un costume d’une coupe de classe à ses mesures d’où ne sort pas la moindre protubérance ventrale. Il s’avance d’un pas assuré, suivi de Marthe son épouse, l’index et le majeur en l’air, l’éternel V de la victoire.
‘‘Nyunyi’’!, crient deux de mes voisins.
Il se met devant la presse. Beltchika, Mayay et les autres membres du comité préparatoire à ses côtés. Raoul Nsolwa, le chef des compagnons, juste derrière. Mukendi, le fidèle conseiller, un peu plus loin, en apparence seulement. Mayay, le modérateur du jour, donne la parole à Tshisekedi pour s’adresser au peuple congolais. Denise Lupetu, la dame intrépide du parti, s’interpose : ‘‘Prions d’abord’’ Elle invoque l’Eternel, au nom de Jésus. Nous disons Amen. J’aime beaucoup.
Tshisekedi parle d’une voix posée que vient déranger de temps en temps une petite toux. Il définit le but du premier congrès : procéder à la relecture de la trajectoire du parti depuis sa fondation, mettre à jours ses statuts et autres textes légaux pour sa refondation, et enfin, conquérir le pouvoir.
Il présente ensuite les deux cartes de soutien pour le premier congrès, en achète une de chaque, son épouse aussi, et laisse la presse aux bons soins de ses collaborateurs pour les questions éventuelles, non sans avoir invité la jeunesse à s’approprier le congrès.
On se met debout, on acclame Tshisekedi qui quitte le jardin.
‘‘Nyunyi’’!, crient mes deux voisins.
Séance de questions et réponses. Mukendi n’est finalement pas si loin que ça. C’est lui qui modère la partie. Il rassure qu’il n’y a pas de questions tabou. Une table est placée non loin de moi. Concomitamment aux questions-réponses, l’achat des cartes de soutien commence.
Nancy Odia veut connaître la date de la tenue du congrès. Les propositions, selon Beltchika, sont sur la table du président qui va se prononcer sur cette date.
Un compte est ouvert à la BIAC et des reçus seront délivrés, répond Beltchika à la préoccupation de savoir comment l’UDPS compte s’y prendre pour éviter le détournement des fonds que les combattants et bienfaiteurs vont cotiser pour la réussite du congrès.
Très bonne question d’un gars du Potentiel : ‘‘Est-ce que les anciens peuvent revenir et assister au congrès ?’’. Excellente réponse : ‘‘Le congrès décidera’’. Il décidera aussi de la participation ou non de l’UDPS aux élections locales et municipales.
Et la question que tout le monde attend. Elle ne peut venir que du téméraire et un tantinet polémiste Soft Michel Mukebayi. ‘‘Et Mubake, le président du comité national suspendu, il y a-t-il une explication à son absence prolongée aux activités du parti ? En est-il toujours membre’’.
Et la réponse. Hautement politique. Belcthika sort le grand jeu, dans toutes les règles de l’art : ‘‘Jusqu’ici nous avons des préjugés favorables sur le camarade Mubake et croyons qu’il doit avoir des raisons qui le mettent en empêchement momentané (…) un de ces jours, nous le verrons venir et nous apprendrons qu’il était peut-être bloqué dans un embouteillage…’’
Rires, applaudissements.
16h00’, 30 minutes seulement après la cotisation de Tshisekedi, on annonce, juste dans la parcelle, avoir atteint la somme de 13.000 dollars. A part ça, dans Kinshasa, les gens souscrivent même au téléphone. On se bouscule au Canada, en Belgique, en France, en Afrique du Sud, …
Applaudissements.
Je me lève, salue Raoul, Mukendi et quelques parlementeurs débout et pars de chez Tshisekedi avec la conviction qu’un vent nouveau souffle à l’UDPS.
Tout est maintenant mesure, tempérance, pondération, modération, sérénité. Pas un mot ni un geste de trop. L’Udps relooké est bien là.
Les questions des journalistes sur les anciens, sur Mubake, sur les élections locales et les réponses conciliantes qui y ont été réservées me fondent dans la conviction que ce parti veut maintenant s’occuper de l’essentiel : se critiquer, se réorganiser, toiletter son cadre légal et se mettre en ordre de bataille pour remporter les élections prochaines.
Quand une machine qu’on disait en panne arrive à lever 13.000 dollars en 30 minutes dans une parcelle, il ne reste plus aucun doute sur sa capacité à retrouver dans les prochains jours sa place au Congo et à conduire le pays vers l’état de droit tant espéré.
Tony Katombe
Commentaires
Multa nondum facta sunt
Comme dans toute entreprise, ce qui est fait reste toujours moindre par rapport à ce qui doit et peut être fait. Au fil des heures, des jours, des semaines voire des mois et des années, on trouvera qu'il fallait tel autre ingrédient pour mieux assaisonner la sauce.
C'est cela la loi de la nature. Je me réfère constamment à ce qu'avait chanté un de nos vieux musiciens : "soki mwana mobali akufi naino tee, koseka ye te !!! Maboko ekosalaka mosala nga napona, makolo ekotambwisa ngai partout na Zaïre (pardon : Congo). Nawela mokili mpo na nini ?".
Même si l'on ne dispose pas de toute l'éternité, l'on ne doit pas se prostituer à vendre son âme et sa conscience au prétexte du découragement du temps qui file. Ce que nous n'aurons pas réalisé, nos arrières-petits-fils l'accompliront avec fierté à notre place quand ils apprendront que nous étions disposés à y parvenir mais nous étions fauchés en chemin.
Bon courage à tous ceux qui tiennent bon et ferme car, comme l'a dit le Christ, seuls ceux qui resteront fidèles jusqu'au bout mériteront la couronne de gloire. Judas a été choisi disciple, il est mort pendu pour trahison; par contre Pierre a trahi et renié, mais il s'est repenti et a poursuivi son bonhomme de chemin jusqu'au bout. Nous connaissons la suite : le Christianisme ne l'oublie pas depuis trois millénaires déjà.
Bonne journée !
Alphonse-Marie
demande
a quel date s'est teni le premier congres en RDC et a qui l'a preside
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