Rechercher sur AfrikBlog

Le Blog du Congolais

analyses politiques sur la situation au congo kinshasa

19 mars 2008

Parlementaires congolais : Et si le ridicule pouvait tuer …

Kinshasa, Samedi 15 mars 2008. Ouverture de la nouvelle session parlementaire. Les Présidents de deux chambres, se basant sur les rapports des vacances parlementaires de leurs collègues, dressent un bilan catastrophique de l’an 1 du gouvernement Kabila-Gizenga.

Même si à l’assemblée nationale, Vital Kamerhe est moins sévère que Léon Kengo, tous se sont néanmoins accordés pour reconnaître, sous les applaudissements des députés et sénateurs, que les conditions de vie des congolais se sont précarisées davantage, que les infrastructures routières n’arrêtent pas de se délabrer, que les droits de l’homme sont très loin  d’être respectés et que la paix promise n’est toujours pas au rendez-vous.

Aux micros des journalistes, aucun son discordant. Qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, les élus nationaux renchérissent tous dans le sens du verdict de leurs présidents.

Pourtant, Jeudi 6 décembre 2007, Joseph Kabila, ci-devant président de la république, s’était tapé une ‘’‘standing ovation’’ des parlementaires en congrès, lors de son discours sur l’Etat de la nation, discours dans lequel, il avait affirmé, pinces sans rire : ‘‘…les congolais vivent mieux qu’il y a une année et beaucoup mieux qu’il y en a quinze’’.

Le ciel est-il alors tombé sur la tête des congolais au point de tout détruire pour que leurs élus, en l’espace de trois mois seulement, dédisent leurs applaudissements nourris de décembre dernier sur les performances du gouvernement ?

L’opinion, déjà habituée à la fausse sensibilité des honorables ne s’y trompe pas. Combien de fois n’a-t-on pas vu et entendu ces messieurs dames du parlement, toutes tendances confondues, tenir des discours enflammés sur le caractère antisocial du budget, l’immobilisme et l’incapacité du gouvernement, mais à chaque fois, trancher, à la grande surprise de Kiakuama Kia Kiziki, le socialiste chrétien qui se morfond au palais du peuple, dans une proportion bien au-delà de la majorité AMP, pour la pérennisation du statu quo ?

Cette fois-ci encore, personne n’est dupe quant à la suite que les parlementaires réserveront à leur verdict. Surtout qu’ils mettent déjà un bémol à leur constat en se plaignant du fait que les journalistes ne font pas leur travail de vulgariser la constitution et les lois de la république afin que le peuple soit informé des tâches dévolues à chaque institution.

Alors que leur boulot consiste principalement à voter des lois, les honorables se disent surpris d’être pris à partie par la population, à cause de ses conditions de vie infrahumaines, au lieu qu’elle s’en prenne plutôt au gouvernement.

Et pourtant, dans la fièvre de la campagne électorale, les candidats parlementaires n’avaient pas lésiné sur les promesses. L’eau, l’électricité, le transport, l’emploi, le salaire, le logement, la santé, l’éducation, la paix, les droits de l’homme, la démocratie,… Rien n’avait été oublié. Une fois élus, les candidats d’hier se souviennent tout d’un coup que transformer la vie des congolais n’est pas de leur pouvoir.

Point n’est besoin de leur rappeler d’autres prérogatives comme ceux de contrôler et de congédier le gouvernement. Ils se réfugieront tous de suite dans les prétextes aussi creux que la nécessité de la stabilité et de la consolidation de l’action du gouvernement, stabilité et consolidation qui n’arrêtent pourtant pas de faire foutre le camp au pays, au point que même le taux de change Dollar/Franc congolais, dont on rabattait au peuple les oreilles à longueur des journées, a fini par s’enflammer.

En attendant que, selon la prophétie de Kengo, le temps l’emporte notamment sur l’attitude des parlementaires, ceux-ci se sont acheté à la rentrée, pour des dizaines des milliers des dollars, des grosses et luxueuses Jeeps qui devront rouler dans une ville sans routes.

‘‘Il ne faudrait pas’’, dit une honorable députée élue de la Lukunga, ‘‘que le peuple ait l’impression que son élu vit dans la misère’’.

Et si, ne serait qu’au Congo, le ridicule pouvait tuer …

Tony Katombe

Posté par congomania à 10:56 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Le ridicule n'existe pas

Tout se passe comme si le ridicule n'existait pas au Congo.
Un honorable est passé chez nous une semaine avant la rentrée parlementaire pour "remercier ses électeurs". Dans les entretiens, une dame enseignante lui a demandé pourquoi ils acceptaient, eux les députés, de percevoir des salaires aussi faramineux et ne songent pas à leurs collègues de classe et autres qui continuent à trimer avec un salaire de faim alors qu'ils abattent un travail de titan, utile à tous points de vue pour le développement du pays ?
Réponse : la décision de réduire les honoraires des parlementaires n'est pas envisageable et le pays n'a pas assez de ressources pour revoir à la hausse le salaire des enseignants.
Si tu sais en dire davantage, je t'accorde la parole.
Alphonse-Marie

Posté par Almabit, 27 mars 2008 à 14:17

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=59446&pid=8379639

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :