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Le Blog du Congolais

analyses politiques sur la situation au congo kinshasa

30 octobre 2007

Salongo Bimsum : Nzela etamboli (La route a foutu le camp) !

Vendredi 26 octobre 2007. Kinshasa s’est réveillée dans l’eau tant il a plu toute la nuit d’une de ces fortes pluies que les Kinois redoutaient depuis un certain temps.

Sur les artères de la capitale, l’asphalte avait été raclée, les caniveaux  agrandis, mais laissés sans protection, un peu de gravier et de sable jetés ça et là, des tracteurs abandonnés, des panneaux avec inscriptions « travaux » posés, depuis de longs mois...

Et puis rien du tout. Et les pluies, plus ou moins clémentes, se succédaient les unes aux autres, érodant la terre battue, la partie de la chaussée laissée non raclée et les caniveaux  non protégés.

Tout le monde savait et s’y attendait. Une forte pluie et ça serait la catastrophe. Mais personne n’a rien fait pour le prévenir. Une tentative de l’Assemblée Nationale d’interpeller un ministre PALU concerné a provoqué une levée des boucliers des adeptes du lion pende. Ces deniers estiment que pour avoir contribué à sauver la tête du PPRD Nkulu dans le crash de l’Antonov sur Kingasani, leurs ministres devraient être laissés tranquilles. Celui qui a fait bastonner les journalistes, compris.

Après tout, ce n’est pas leur ministre des travaux publics qui a fait pleuvoir. Et puis, depuis combien de temps est-il là pour porter le chapeau de la négligence des autres ?

A Salongo Bimsum, le chic quartier au sud de Lemba, ce qui tenait lieu de route fait maintenant office de site touristique. Les habitants de Lemba viennent, le long du camp des officiers BUMBA MOASO, contempler ce gigantesque ravin qui a remplacé la chaussée sur laquelle ils ont encore roulé la veille.

‘‘Nzela etamboli !’’ (La route a foutu le camp) s’exclame, l’air incrédule, un jeune homme qui gagne sa vie en faisant le taxi sur le tronçon Salongo Bimsum - Super Lemba.

On ne leur avait rien demandé nous’’, s’emporte une dame. ‘‘Nous nous en sortions pas très mal avec notre route truffée des nids de poule. Les jeunes de Kisenso y mettaient de la terre et des pierres de temps en temps et on roulait cahin-caha’’.

Des têtes se secouent, des doigts se claquent. Comment en est-on arrivés là ? La question est sur toutes les lèvres. Le gouvernement, aux dires des habitants du quartier, aurait accordé à la société SAFRIMEX le marché de la réfection de la route, aux conditions, entre autres, de préfinancer le début des travaux. Ce que la société fit jusqu’à une certaine hauteur. Non seulement le gouvernement ne paya pas les frais engagés par SAFRIMEX, il ne versa pas non plus le solde nécessaire à la poursuite des travaux.

‘‘Et pourtant nous avons trois ministres dans le quartier’’, s’indigne quelqu’un dans la foule. ‘‘On verra bien par où ils vont passer avec leurs 4X4’’, tranche-t-il avec une satisfaction empruntée au fait d’être maintenant logé à la même enseigne avec leurs excellences. ‘‘Ils ne sont que des locataires, ils vont déménager’’, lui répond quelqu’un d’autre.

Des moulins ont été arrachés par l’eau de pluie et jetés dans le ravin, les tuyaux de la REGISEDO sectionnés. Déjà, l’eau était une denrée plutôt rare à Salongo Bimsum. Avec les dégâts de la pluie, les pousse pousseurs se frottent les mains en faisant louer leurs véhicules pour ramener de l’eau de Salongo Nord et Lemba Terminus. 

Un gars de la MONUC, un occidental, prend des images sous les huées de la foule. ‘‘Voilà votre gouvernement que vous nous avez imposé, voilà comment il est en train de nous exterminer par Nkunda, par des ANTONOV, par des pluies,… Combien des morts vont-ils nous présenter à la télé le soir ? Dieu vous jugera !’’

Satisfaits d’avoir charrié le mundele (blanc) qui s’en va sans demander son reste, ils s’acclament eux-mêmes. Chacun y va de son histoire : ‘‘A Makelele, c’est terrible, tout le pont est sous l’eau. Il y a beaucoup de morts’’, raconte une dame à l’air essoufflé. ‘‘A Matete’’, enchaîne une autre, ‘‘ma sœur et ses enfants se sont réveillés dehors. Leur mur de maison qui servait aussi de mur mitoyen s’est écroulé pendant leur sommeil, tuant les enfants de la voisine. Heureusement pour ma sœur, il n’y a eu aucun mort, mais tous leurs biens et habits ont été emportés par les gens du quartier’’.

A Salongo Bimsum, la vie n’était plus gaie depuis un certain temps. Avant la route, le courant électrique et l’eau courante avaient déjà foutu le camp.

En remplacement de l’énergie électrique de la SNEL, les groupes électrogènes et la braise marchent à fond.

Pour la route, les véhicules ont trouvé trois raccourcis. Le plus emprunté passe par le camp Bumba, avec trois barrières, l’une à l’entrée, l’autre au milieu et la dernière à la sortie, avec chacune son droit de passage, à la tête du client (pardon, du véhicule), bien sûr. Le deuxième passe par Salongo Nord, avec sortie sur By-Pass au niveau de l’Arrêt Libaya, et le troisième conduit au rond-point Ngaba en passant par les avenues Malula et Université.

Quant à l’eau, la cité qui s’était autoproclamée ‘‘bientôt quartier le plus propre de Kinshasa’’, malgré sa peur de voir une nouvelle forte pluie emporter les maisons du camp Bumba, contre mauvaise fortune bon cœur, prie Dieu de faire tomber de son ciel cette eau si précieuse, pour se laver et laver les habits, non sans lui avoir demandé d’y aller moins fort cette fois-ci. 

Tony Katombe

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26 octobre 2007

Nord-Kivu : Bush fait son show, les Kabilistes jubilent.

Vendredi 26 octobre 2007. Le président congolais, Joseph Kabila est en visite aux Etats-Unis d’Amérique où il va conférer avec G.W. Bush, président américain. Ce dernier, plus préoccupé par le feu qui sévit en Californie, a juste voulu raconter, en guise de mot de bienvenu, à son homologue congolais, ce qu’il voulait entendre.

Bush a ainsi fait annoncer qu’il ordonnait la reconduction du gel des avoirs de l’Ex Général Nkunda et de ceux de certaines personnalités impliquées dans l’insécurité qui prévaut au Nord-Kivu.

Lui qui voulait, en bon politicien, juste dire n'importe quoi, c'est-à-dire rien, s’est fait prendre au sérieux par les milieux kabilistes qui ont pris son verbiage pour argent comptant. Les journaux du pouvoir et une certaine élite pro-kabila (et kabila lui-même ?), crédules comme on en fait pas, jubilent déjà sur la fin annoncée de l’officier tutsi.

Comment comprendre que des journalistes soi-disant professionnels prêtent leurs manchettes à des propos aussi creux, moins d’un mois seulement après s’être fait prendre au piège comme des apprentis avec la prétendue interview d’un certain Jackson Wilson, le pseudo journaliste indépendant américain ?

Une fois, c’est bon, on peut comprendre, et encore ! Mais si à chaque non événement, certains journaux, toujours les mêmes, croyant détenir un scoop, sans creuser, donnent de l’écho à une histoire qui ne passerait même pas à l’école de dimanche, on est en droit de douter de l'expertise des animateurs de ces organes de presse.

Du cosmétique encore une fois et certains congolais jubilent. Sans vouloir jouer aux rabat-joie, je voudrais quand même qu'on lise attentivement le verbiage de Bush. Si on le peut, on aura alors constaté qu'il s'agit d'une reconduction d'une mesure prise au mois d'octobre 2006.

Si maintenant on arrêtait un peu la fête et on se posait certaines questions. Quel impact aura cette fois-ci une mesure - qui n'est pas nouvelle - sur Nkunda, alors que pendant une année, elle ne lui a pas empêché de foutre le bordel chez-nous à Masisi ? Les avoirs de Nkunda, seraient-ils logés aux Etats-Unis pour que Bush décide à tout bout de champ de les geler ? Si oui, à combien sont-ils évalués, d’où proviennent-ils et à quoi tiennent-ils exactement ? Le patron du plus puissant service d’intelligence au monde ignorerait-il d’où vient le principal soutien de Nkunda pour que le nom de Kagamé ne paraisse pas sur sa liste noire des détenteurs des avoirs à geler ?

C’est juste de la poudre, made in White House, aux yeux. Débarbouillez-vous et comprenez que si Nkunda et venu par les armes, il ne s’en ira que par les armes. Négocier avec lui pour son départ en exil fera des émules. S’il y a eu Bizima et Ruberwa, derrière Nkunda se cachent d’autres ‘‘Banyamulenge’’ que Kagamé s’apprête à lâcher au Congo. Si tout le mal qui peut arriver à Nkunda est une bourse dans une prestigieuse académie militaire, comprenez que l’afandé de Kigali n’aura que l’embarras du choix.

Tony Katombe

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05 septembre 2007

Interview de Tony avec Ben sur Le Blog de Tom

Les interviews de Ben: ANTHONY KATOMBE

Benjamin Heine, un ex-camarade de classe a réalisé une série d'interviews de bloggeurs/cyber dissidents. Il m'a gentiment proposé de les publier sur mon blog, ce que je fais avec grand plaisir. Voici la première de la série:

Sur http://www.leblogdetom.info

Anthony Katombe, salarié congolais d'une entreprise française est également analyste politique et visiteur fréquent des cybercafés de Kinshasa. Il tient un blog s’intitulant Le Blog du Congolais (http://congomania.afrikblog.com), il co-édite un autre blog : Prince du Fleuve Congo et est rédacteur au site d’information congolais CongoOne. Il collabore en outre avec divers journaux et magazines en ligne (Le Phare, Culturek) où il publie régulièrement ses articles. Son objectif est de faire du lobbying politique pour sensibiliser ses compatriotes de la diaspora en Europe, pour qu'à leur tour ils influencent les politiques étrangères envers le Congo. Il vise en particulier la France, la Belgique, et les Etats-Unis.

BH: Pensez- vous être parvenu à sensibiliser vos compatriotes à travers votre blog, Le Blog du Congolais (http://congomania.afrikblog.com)? Avez-vous des exemples?

AK: En toute modestie, je pense avoir apporté ma contribution dans la sensibilisation de mes compatriotes de la diaspora face à l’impérieuse nécessité d’influencer les politiques européenne et américaine à l’égard du Congo. Les exemples sont légion. L’ardeur de mon engagement et la rigueur de mes analyses m’ont fait gagné l’estime de jeunes activistes politiques congolais de l’étranger (ceux de l’intérieur) avec qui on ne se connaissait pas avant.

Beaucoup d’entre eux me lisaient déjà depuis un certain temps dans le journal ‘‘Le Phare’’ dans lequel je publiais des articles qui étaient postés sur Internet. La création du Blog du Congolais m’a donné à mon tour l’occasion de les découvrir à travers leurs visites et leurs commentaires de soutien et d’encouragement. Ils m’ont adopté au point où je me suis retrouvé à un moment inondé de demandes de collaboration soit pour relayer leur combat dans la presse à Kinshasa et sur mon blog, soit pour écrire des articles et les poster sur leurs sites.

Je suis donc entré en contact permanent avec les représentants des forces politiques congolaises significatives qui luttent, à partir de l’extérieur, pour l’avènement de la démocratie et de la bonne gouvernance, notamment les militants et cadres de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), l’historique et principal parti d’opposition; les Bana Congo, redoutable groupe de pression congolais basé à Bruxelles; Toponi Congo, un autre groupe de pression basé à Paris, au temps où il était dirigé par la très combative Candide Okeke et la très dynamique Nita Evele qui ne ménage aucun effort dans sa lutte pour un Congo digne à partir des Etats-Unis. 

Avec toute ma bonne volonté, je n’ai pas pu pas satisfaire à toutes les demandes, pour raison de temps. Néanmoins je collabore avec beaucoup de bonheur au grand site Culturek de mon ami et compagnon de lutte Désiré Katompa qui milite depuis Bruxelles; je co-édite le blog Prince du Fleuve Congo du très engagé Philippe Liondjo qui vit en Suisse. En outre, je suis rédacteur au très sérieux Congoone. Ce sont là de très grands espaces médiatiques avec plus de mille visiteurs par jour. Je regrette cependant que depuis bientôt une année, mes responsabilités professionnelles ne me permettent pas d’être aussi présent et aussi prolifique que j’aurais souhaité.

Ça me réjouis de constater que depuis juin 2005, les congolais ne ratent pas une seule occasion de fêtes nationales congolaise, belge, française ou américaine pour faire entendre leurs voix devant les bâtiments officiels occidentaux et dans la rue. Et le fait que le Congo est devenu un des thèmes centraux aux élections en Belgique témoigne de l’impact de l’activisme de la diaspora congolaise. Je suis fier de participer à cette lutte pour l’avènement de la démocratie et du management politique transparent.

BH: Comment expliquez-vous le fait que le Congo soit le pays d’Afrique francophone où la blogosphère est la plus active ?

AK: Ce n’est que normal. Aucun autre pays francophone n’a connu ce par quoi le Congo est passé. Au Congo, il y a eu plus de quatre millions de morts, mais l’actualité du monde est restée dominée pendant longtemps par les informations sur l’Afghanistan, l’Irak ou le Darfour. Au Congo la transition politique s’est terminée sans que les responsables dans ce plus grand massacre de l’humanité ne soient inquiétés. Ils se retrouvent plutôt à la tête des institutions du pays. Les forces et personnalités politiques significatives ont été écartées du jeu politique. Les ressources naturelles sortent du pays et le Congolais continue à vivre avec moins d’un dollar par jour, les soins de santé restent inaccessibles, les routes impraticables. Et les médias occidentaux, quand il leur arrive de dire quelque chose sur le Congo, parlent d’avancées significatives, de croissance à je ne sais plus combien de chiffre,...

Celui qui souffre plus crie plus fort. Comme la presse occidentale, copine des politiques, n’a pas voulu relayer ce cri, et que la presse nationale travaille dans un climat d’une terreur telle qu’elle ne peut donner suffisamment de voix (depuis 2005 un journaliste est assassiné chaque année, d’autres intimidés, molestés ou incarcérés), les congolais ont compris qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour faire entendre leur cri. Voilà le résultat.

BH: Est-ce que vous avez déjà été menacé ou intimidé à cause de vos positions politiques clairement affichées sur votre Blog ?

AK: Pas ouvertement. Juste des intimidations sur mon blog et sur les forums des sites auxquels je collabore. Mais j’ai tout de suite mis cela sur le compte de manque d’arguments de la part des contradicteurs peu sûrs d’eux-mêmes.

BH: Avez-vous un accès quotidien à l’Internet et aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) ? Comment les utilisez-vous communication,( consultation d’information, création d’information) ?

AK: J’ai un accès régulier à l’Internet mais pas quotidien. Il faut dire qu’une heure sur Internet dans un bon cyber ne coûte pas moins d’un dollar américain. Une somme qui est tout sauf modique quand on pense que le congolais vit avec moins que ça par jour. Je consens beaucoup de sacrifices financiers pour accéder à l’Internet au moins une fois tous les deux jours pour entrer en contact avec mes compatriotes de la diaspora à travers les messageries instantanées telles que Skype et Yahoo Messenger et pour répondre à leurs e-mails qu’ils m’envoient souvent. Je m’informe en consultant régulièrement les meilleurs sites d’information politique sur le Congo. Pour raison d’économie, j’écris mes articles et analyses sur mon ordinateur, les enregistre sur une clé USB (flash disk) que j’amène au cyber pour poster l’information.  

BH: Après la « révolution industrielle », on parle aujourd’hui, dans les sociétés modernes, de « révolution informationnelle », liée aux grands changements apportés par les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), quel est votre avis sur la question ?

AK: Je pense que les changements apportés par les TIC sont très significatifs et que c’est à juste titre qu’on parle de «révolution informationnelle». La miniaturisation et l’optimisation de l’outil informatique permettent aujourd’hui le stockage de volumes considérables d’information dans des supports à peine visibles, la réduction sensible du temps de traitement de l’information et l’étonnante fiabilité de la qualité des échanges communicationnels et des résultats dans toutes les disciplines où le recours est fait à l’informatique. Ce qui était à peine imaginable il y a un quart de siècle.

BH: Selon vous, comment utiliser les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour préserver la diversité culturelle et favoriser le dialogue entre les civilisations ?

AK: Au risque de vous décevoir, je n’aime pas beaucoup le concept de diversité culturelle. C’est un concept dont abuse une certaine élite qui aime se pavaner en veste et cravate dans des pays où la température varie entre 30 et 45°C, une élite qui n’hésite pas à mettre, entre les mains des enfants de huit ans, pour arriver au pouvoir, des armes fabriquées en occident, une élite qui adore se faire soigner en Europe même pour une angine. Elle a troqué les raphias contre les costumes trois pièces, les flèches contre les kalachnikovs et les herbes médicinales de leurs ancêtres contre la médecine occidentale. Mais il lui reste quand même assez de culot pour parler de diversité culturelle quand il s’agit de faire accéder leur population aux NTIC sans lesquelles le développement n’est pas pensable.

BH: Pensez-vous que la référence constante à la fracture numérique dans les discours gouvernementaux est légitime et réelle ou n’est-elle qu’un « slogan politique » visant à obliger les pays du sud à se conformer au modèle occidental en les obligeant à acheter des softwares et hardwares occidentaux ?

AK: La référence constante à la fracture numérique peut être motivée par quelque raison politicienne, mais elle n’est pas moins réelle. Je ne suis pas partisan du nationalisme étroit. Les gens se définissent de plus en plus comme citoyens du monde et je ne comprends pas très bien cette tendance des politiques à opposer les civilisations. Le développement des pays du Sud, ils (les politiques) le reconnaissent, passe par le transfert de la technologie. Ca ne sert à rien de chercher à réinventer la roue. Il ne devrait y avoir aucune honte à adopter un modèle qui a réussi.

BH: Selon vous, comment empêcher la fragmentation d’Internet (ou « fracture numérique »), comment garantir la libre circulation des informations dans le cyberespace et le respect du droit des individus à la liberté d’expression ?

AK: Il faut à mon sens que les gouvernements du sud s’y investissent au premier chef en élaborant des politiques courageuses en ce domaine. Ils peuvent arrêter des objectifs par rapport à la formation des populations aux NTIC. Commencer par équiper les écoles d’ordinateurs reliés à l’Internet et imposer les cours d’informatique depuis l’école primaire me semble un bon début. Ensuite, il faudrait équiper les maisons communales et les bureaux des quartiers des cybers publics auxquels les populations peuvent accéder à moindre frais.

Il est aussi important que les dirigeants du sud arrivent à exonérer les matériels informatiques de toutes taxes et droits d’entrée à l’importation.

BH: La solution des cybercafés et des centres d’accès collectif à Internet a été proposée et est développée depuis plusieurs années dans de nombreux pays émergents. Si ce type d’alternative permet une connectivité à bas prix, pensez-vous qu’elle permet aussi aux citoyens du sud de vraiment s’impliquer dans le militantisme online ?

AK: Comme dit plus haut, l’accès à l’Internet demande des moyens. Ces moyens ne sont bas que vus du Nord. Pour quelqu’un qui peine déjà à survivre avec moins d’un dollar par jour, l’Internet restera un luxe encore pour longtemps. 

BH: En 2006, on a entendu parler de projets de vente d’ordinateurs portables « génériques » à moins de 100 euros dans les pays du continent africain. Il y a quelques mois, c’était le portable à 40 euros qui commençait à être vendu en Inde. Cela permet une utilisation individuelle des TIC par le cybernaute. Croyez-vous que ce type d’accès aux technologies numériques (en particulier celles liées à Internet et à l’ordinateur) est plus favorable et efficace que l’accès collectif en centre public (type cybercafés…) ?

AK: Tout à fait. La possession d’un ordinateur permet au militant de gagner du temps et de faire des économies. Comme dans mon cas, on arrive au cyber avec les informations dans une clé USB et on les poste en quelques minutes. Si on peut à partir de sa maison disposer d’une connexion Internet, c’est encore beaucoup mieux car les obligations horaires des cybers ne favorisent pas toujours l’inspiration et la concentration 

BH: Comment décririez-vous la société numérique idéale ?

AK: La société numérique idéale est celle où chaque citoyen du monde n’aura pas beaucoup d’acrobaties financières à faire pour accéder aux NTIC et s’exprimer en toute liberté.

BH: Vous êtes aussi un des membres principaux de Démologue.com (http://www.demologue.com/). Comment a été fondé Démologue.com? Comment se sont rencontrés les premiers activistes du réseau? Quelle a été votre contribution au site depuis sa création?

AK: Démologue.com est un grand réseau de la démocratie et je me dois à la vérité de dire que je suis très loin d’en être un des principaux membres. Je n’ai fait que m’y enregistrer comme membre, y enregistrer mon blog et demander aux amis d’en faire autant. Il est aussi vrai que j’ai traduit son manifeste de l’anglais au français. Ce qui ne fait pas de moi un membre principal, loin s’en faut !

Démologue a été fondée par Mary Joyce, une expatriée américaine vivant à Rabat, avec l’assistance d’un ami népalais. Dans un premier temps, Mary a contacté les bloggeurs activistes par e-mail et les a intéressés sur la nécessité de tisser cette grande toile de la démocratie mondiale. Elle m’a découvert à la suite de l’interview que j’avais accordée à Global Voices . Elle m’a dit toute l’admiration qu’elle avait de ce que je faisais et m’avait demandé de rejoindre le réseau. Ce que j’ai fait sans hésiter.  

BH: Quel est le public visé par Demologue.com ?

AK: Tout le monde, mais plus particulièrement les membres de la diaspora des pays du Sud vivant dans les pays développés. Ils ont un peu plus de moyens et un accès plus régulier à l’Internet. Demologue.com les veut comme soutien et amplificateurs du combat de leurs compatriotes sur terrain.

BH: Un des objectifs principaux de Demologue.com est d’apporter une démocratie mondiale à travers un réseau de militants contrôlant leur gouvernement respectif. Pensez-vous que cela est envisageable à court terme ?

AK: Oui, et c’est déjà en train d’arriver. Il est maintenant très loin derrière nous le temps où les dirigeants africains par exemple allaient se pavaner en occident et y mener grand train avec l’argent du contribuable. Maintenant, ils rasent les murs à Bruxelles, Paris et Washington, par peur de tomber sur des comités d’accueil de leurs compatriotes pas si accueillants que ça

BH: Demologue.com est en perpétuelle croissance, quelle est sa méthode de recrutement ?

AK: Les membres intéressent les bloggeurs activistes au réseau. Une fois qu’ils rejoignent le réseau, ils intéressent à leur tour d’autres bloggeurs activistes. C’est comme ça que ça marche

Anthony Katombe peut-être contacté à tonykatombe@saintly.com 

Propos recueillis et portrait réalisé par Benjamin Heine


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04 septembre 2007

Remaniement ministériel : un non événement contreproductif

Un non événement

Kinshasa, Lundi 3 septembre 2007. Dans la classe politique congolaise, la fièvre est montée d’un cran. Et pour cause, Joseph Kabila, ci-devant président congolais élu avait promis, qu’à la rentrée, l’évaluation du gouvernement de coalition sera faite et que des têtes allaient tomber.

Déjà,  au temps où le pays comptait encore pour quelque chose dans le concert des nations, avec des animateurs autrement plus calibrés, des remaniements, la population en a vécus, dans l’indifférence générale.

Au fil du temps, l’opinion s’était rendue compte qu’en bon joueur d’échecs, et juste pour assouvir son plaisir et sa soif de gloire, Mobutu se plaisait à placer, déplacer et replacer ses pions du club de 300 dont les membres devenaient de plus en plus riches pendant que le pays s’enfonçait dans le marasme économique et social.

‘‘Il n’y a pas de mauvaises troupes, il n’y a que de mauvais chefs’’, aimait prétexter le président fondateur pour démettre ministres, gouverneurs, PDG et généraux qui ne s’en faisaient pas outre mesure car se sachant en réserve de la ‘‘révolution’’.

La logique du Maréchal était non seulement très bonne, mais surtout taillée sur mesure pour ne pas aller trop loin et s’appliquer aussi au chef suprême. Le pays ne lui devait-il pas tout ?

Plus le pays sombrait dans le dénuement et le ridicule, plus le guide montait en gloire et en titres. La faute, après tout, et paradoxalement, c’était à ses collaborateurs. Et pourtant à chacun de ces remaniements, il prenait les mêmes et recommençait, pour les mêmes résultats.   

Pour rabattre son caquet à son homologue Zaïrois qui la ramenait un peu trop, un ministre congolais de Brazzaville dût lui faire remarquer qu’il était son cinquième interlocuteur, en deux ans.

Dix ans après la fin du régime mobutien de fort triste mémoire, une certaine presse, relais d’intrigues et intox des politiciens sans foi ni loi, prenant les congolais pour des vaches, s’évertue à leur faire avaler que leurs vies vont changer avec le remaniement de septembre. Des ministres ‘‘incompétents’’ sont donnés partants, des noms des remplaçants ‘‘à l’expertise éprouvée’’ avancés par des éditorialistes puisant à ‘‘des sources toujours généralement bien informées’’. 

Et comble de sacrilège, la même presse laisse entendre aux adeptes du PALU que leur dieu, Antoine GIZENGA, l’homme au livre d’or serait à la base de l’immobilisme du gouvernement car fatigué et déphasé. Alors que le prophète avait dit que le Congo renouerait avec la prospérité et la puissance, le jour où l’on rétablirait le premier gouvernement élu en mettant au pouvoir Tony de Prague, les fidèles de Mbuta ne comprennent pas que contre espèces sonnantes et trébuchantes, des journalistes ‘‘anti-patrie’’ poussent l’inconscience et l’outrecuidance jusqu’à le croire remplaçable par A. Tambwe Mwamba, J.O. Ngalamulume,... !

Au PALU, le bilan, voulu largement positif, est déjà fait. Fêtant le 43è anniversaire de leur parti, les adeptes de Tony de Prague ont égrené un chapelet des réalisations pour le soutenir : baisse du prix de ciment, assainissement de la ville, réduction du nombre des passagers dans les transports en commun, la stabilisation du taux de change, campagne de changement des mentalités,...

Quant à l’opinion, elle n’a jamais été aussi sceptique. Elle ne voit pas très bien comment le simple fait de remanier un gouvernement va faire bouger les choses dans le bon sens. Elle ne renie nullement à la majorité tout son droit de déclarer son gouvernement défaillant si ça lui chante. Mais le bons sens voudrait néanmoins qu’un tel verdict repose sur des critères objectifs. Or jusqu’à ce jour, aucun canevas opérationnalisé des fameux 5 chantiers du président de la république n’a jamais été soumis à l’attention du public. Il ne fait pas du tout sérieux de saquer Tony et son équipe sans leur opposer des objectifs clairs et chronométrés qu’ils n’auraient pas atteints.

Toutefois, le sérieux n’étant le souci des dirigeants congolais, ça ne surprendrait personne qu’ils fassent leur chambardement avec leur habituelle désinvolture. 

Contreproductif

A l’AMP, il y a trop d’appelés. Le gouvernement a beau être éléphantesque, d’innombrables sociétaires de la majorité se sont aperçus, à la composition de l’équipe, que pour Antoine GIZENGA, ils n’étaient pas aussi ministrables que ça. Des chefs des partis ont essuyé la rebuffade de Tony de Prague et se sont vus préférer leurs lieutenants. ‘‘Il préfère s’entourer des blancs-becs applaudisseurs tellement subjugués par sa prétendue aura qu’ils ne se rendent même compte de ses limites’’, ont-ils lâché, amers, non sans avoir prié le dieu de l’échec de tirer vengeance en leur faveur.

Leurs prières semblent avoir été exaucées plutôt que prévu. Début septembre, la fièvre du remaniement gagne la majorité. Les débats politiques ne tournent qu’autour d’un chambardement voulu inévitable et imminent. Si pour les uns, il suffirait juste de remercier quelques ministres, nombreux sont ceux à l’AMP qui pensent qu’il est temps d’offrir sa retraite politique à GIZENGA.

Jean, un jeune juriste au chômage proche de GIZENGA avertit : ‘‘J’espère que Kabila est assez lucide pour savoir ce qui est bon pour lui. Le président voudrait se faire hara-kiri qu’il ne trouverait pas meilleure formule que de remercier le Vieux. Ça lui mettrait le reste du Bandundu et une bonne partie de Kinshasa sur le dos. Et même s’il remplaçait GIZENGA par quelqu’un d’autre de l’ouest, celui-ci ne saurait avoir l’envergure du Vieux. En plus, ça relancerait la guerre de positionnement au PPRD où on ne se gêne pas de laver le linge sale en public. Et plus sérieusement, le PALU pourrait se désengager de l’AMP et faire basculer la majorité actuelle’’.

Quand on se rappelle les récentes déclarations de Moïse KATUMBI, Gouverneur du KATANGA et celles de Francis KALOMBO, député élu PPRD, on comprend que le gouvernement est plus combattu par la majorité elle-même que par l’opposition. Et si les ambitieux de la famille présidentielle devraient convaincre Kabila à leur offrir la tête de GIZENGA, il leur faudra beaucoup de temps pour lui trouver un remplaçant. Un temps qu’ils ne peuvent pas se permettre maintenant qu’ils sont en discussion avec les institutions de Bretton Woods.

Pendant que la majorité se rentre dedans, l’opposition sort de sa trêve. Au cours de l’émission 4 vérités de la Chaîne de télévision RLTV,  Jean-Baptiste Bomanza et Franck Djongo de l’UN tranchent : ‘‘L’AMP a étalé son incapacité à gouverner le pays, malgré la trêve lui consentie par l’opposition. Nous ne croyons pas du tout qu’un quelconque remaniement changerait les choses. Nous appelons plutôt des élections anticipées qui feront bénéficier au pays de l’expertise de l’opposition pour une autre gouvernance’’.

Anthony Katombe

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Ne Muanda Nsemi privé de vacances

Ne Muanda Nsemi, chef spirituel du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo, député élu du Bas-Congo, candidat malheureux au poste de vice gouverneur de la même province, s’est plaint en début de semaine passée d’avoir été empêché de prendre ses vacances parlementaires auprès de sa base à Luozi. 

Le député à une idée claire sur ceux qui lui ont mis les bâtons dans les roues. Selon lui, le gouverneur du Bas-Congo et son adjoint ont paniqué quand ils ont appris que le numéro un de BDK descendait dans son fief. ‘‘Ils savent qu’à chacun de mes déplacements, les populations accourent en masse. Comme ils savent aussi qu’ils sont aux commandes de la province par tricherie, ils ont eu peur de voir notre peuple les désavouer en me réservant un accueil triomphal’’, foi de Ne Munda Nsemi.

Et de poursuivre : ‘‘Le Gouverneur, comme son prédécesseur, lors du massacre du début de l’année, ne voulant pas s’exposer, est allé se cacher en laissant la responsabilité à son adjoint. Ce dernier a appelé Kinshasa pour que je sois empêché de rejoindre ma base. Des renforts lui ont été envoyés au point que deux camions de mes accompagnateurs ont été arrêtés’’.

Déo NKUSU, vice gouverneur incriminé se défend : ‘‘Ne Muanda n’a pas raison d’affirmer que je l’ai empêché d’entrer au Bas-Congo pour la simple raison que quand il décide de rebrousser chemin, il était déjà dans la maison de l’honorable MVUEMBA à Kasangulu, donc au Bas-Congo. Il n’est pas un député comme tout autre. Chaque fois qu’il descend dans le Bas-Congo, il y a des troubles. Cette fois-ci, j’ai pris des dispositions. J’ai moi-même demandé à Monsieur VUEMBA, à qui j’ai assuré le carburant, d’accompagner Ne Muanda Nsemi jusqu’à Kimpese pour que ce déplacement se passe sous les yeux d’un témoin qui ne soit pas de l’AMP.’’

Propos confirmés par MVUEMBA et Ne Muanda Nsemi qui insistent tout de même sur le fait que bloquer sa suite est aussi une façon de le bloquer lui-même quand on sait qu’il ne se déplace jamais seul.

Déo NKUSU ne se sent pas concerné : ‘‘La suite de Ne Muanda Nsemi a été bloquée à Mitendi que moi je ne gère pas’’. Il se dit victime de diffamation et réclame une enquête parlementaire pour établir s’il a empêché un député élu de se déplacer.

Et poussant sa logique jusqu’au bout, il promet :’’ S’il est établi que j’ai empêché l’honorable Ne Muanda Nsemi de se déplacer, je démissionne’’.

Ce qui n’impressionne pas les observateurs qui savent qu’au pays de l’AMP, la meilleure façon de tirer les rideaux sur un acte est de réclamer une enquête. Depuis le règne de l’AFDL et ses dérivés, aucune de nombreuses enquêtes promises tambours battants n’a jamais livré ses conclusions, si jamais elle avait même été initiée.

La démocratie promise est là. Bemba en exil forcé, Badibangi à l’hôpital, Ne Muanda Nsemi bloqué à Kinshasa, les médias privés soumis à l’intimidation et à la terreur, les médias publics chantant les louanges du ‘‘Raïs’’.

Anthony Katombe

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31 août 2007

Parce que Tony de Prague a perdu son livre d’or,

La quatrième république, c’est pour quand alors ?

Tony de Prague demande aux congolais de changer d’abord de mentalité. Et puis d’attendre. Mais l’attente se fait intenable pour les congolais qui ont l’impression que Tony de Prague a plutôt perdu son livre d’or en même temps que son latin de séminariste.

Tout premier ministre qu’il est, lui à qui ses adeptes prêtent des vertus divines ne fait rien d’autre que quitter sa maison de Limete le matin à 8h30’ pour son bureau de Gombe, et faire le mouvement dans le sens inverse le soir. Non sans avoir bloqué la circulation à son passage, sur les deux bandes des boulevards Lumumba et Sendwe, avec son cortège armé jusqu’aux dents. On en arrive à regretter le temps où il violait le code de la route en empruntant le sens contraire, même si il a du plus d’une fois ramasser au passage une pauvre vendeuse de pains. Là au moins il ne bloquait qu’une bande et ça pouvait continuer à rouler sur l’autre.

Atypiques comme peuple tout de même que ces congolais ! Avec un pays complètement détruit exigeant des efforts considérables et un dynamisme réel, requérant une vitalité sans commune mesure, ils n’ont pu trouver personne d’autre entre les 60 millions qu’ils sont comme premier ministre que ce pauvre octogénaire de « Tony G » pour qui le simple trajet quotidien de son domicile pour son bureau est déjà un véritable calvaire. Ils ne pourront jamais le voir à Shabunda, ni Mahagi, ni à Zongo, ni à Sake, ni à Bulungu, ni même à Kisenso palper du doigt les réalités à transformer. Et malgré tout, ils attendent quand même des miracles. 

Et parce qu’ils sont si friands de miracles, la saison sèche se barre plus tôt que prévu. Et comme à Kinshasa, après la pluie c’est le sale temps, Rose, étudiante à l’Académie  des Beaux-arts, attend depuis trois quarts d’heures un hypothétique taxi sur l’avenue du 24 novembre. A ces côtés, une dame observe attentivement le poster de Kabila monté sur panneau géant : « L’essentiel ? Maman, veut dire on va encore voter un autre président bientôt ? » Des regards interrogateurs se posent sur la dame. Elle montre le poster du président. Autour de la dame, très vite un groupe se forme. Plutôt que de répondre à la malheureuse, les ‘‘parlementaires debout’’ d’un après-midi de pluie en remettent, à qui mieux-mieux, une couche à l’Etat et à ses animateurs.

"Il n’y pas d’argent pour réparer les routes, pour assurer le transport public, pour relancer la Miba, mais il y en a pour payer les magazines et poser des photos dans toute la ville. Kabila, Bemba, Kamhere, Ruberwa ! Ils dépensent sans compter pour être successivement sur la couverture d’un magazine français qui n’a d’africain que son nom'', s’indigne un monsieur arborant une cravate élimée de fonctionnaire de l’Etat.

Le groupe des ‘‘parlementaires debout’’ ne fait que grossir et les critiques deviennent de plus en plus acerbes. Rose veut quitter ses amis d’un après-midi d’infortune et rentrer chez elle à Bandal à pied quand elle entend : ‘‘Longwa na Nzela’’ (quitte la route). C’est l’éclaireur du cortège de Tony de Prague qui fraye le passage au Premier sur ce qui n’a de route que le nom.

Le fonctionnaire à la cravate élimée fulmine :’’Les Mbororos font la loi en Uelé, les Angolais occupent Kahemba, Nkunda et les FLDR squattent le Kivu,… pendant ce temps tout ce que ces dirigeants malgré nous trouvent à faire c’est pointer leurs armes sur nous comme si c’étaient nous les dangereux’’.

Sentencieux, un homme à la barbichette d’enseignant décide : ‘‘Il n’y a plus rien à attendre de leur troisième république. Tout est pour eux, rien pour nous. Ils ont majoré les salaires des députés du simple au triple. Alignement sur le barème de la sous-région oblige. Mais quand il s’agit de la bourse des étudiants, des salaires des enseignants, il n’y a plus d’argent. La troisième république, c’est une arnaque, c’est un mort-né pour le peuple’’

La dame à côté de Rose lâche : ‘‘La quatrième république, c’est pour quand alors ?’’

Rose prend peur. Le tronçon est hyper militarisé. La RTNC, gardée par les GSSP n’est pas très loin, en face, c’est le camp KOKOLO. Elle se résout de quitter le mauvais endroit avant le mauvais moment où elle risquerait de prendre un mauvais coup.

Ligne 11 : une, deux, une deux, ça use les talons, mais c’est plus sûr !

Tony Katombe

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Qui vous a fait Dieu ?

"Qui vous a dit que vous étiez Dieu ?", demandait Désiré Kabila à Désiré Mobutu sur l’OUTENIQUA, le bateau Sud Africain.

"Qui vous a dit que vous étiez Dieu ?", redemandait le bouillant Pasteur Théodore Ngoy à Désiré Kabila au Palais des Marbres après la prise du pouvoir par Mzee.

C'est vrai. Le pouvoir grise et le pouvoir absolu grise dangereusement au point d'amener son détenteur à se croire investit de vertus divines.

En France, Sarko reconnaît en toute humilité que l'Hexagone lui a tout donné et s'engage à lui rendre la pareille, exprime son respect pour Ségo à cause de 17 millions des français qui ont jeté leur dévolu sur elle, ouvre son gouvernement à gauche pour consolider l'unité nationale (nomination de Bernard Kouchner au poste stratégique des Affaires Étrangères).

Au Congo, Joseph Mobutu demanda :"Qui doit à qui entre le peuple Zaïrois et moi ?". Et comme il abhorrait toute contradiction, il se répondit à lui-même : "C'est le peuple qui me doit tout et non le contraire". Presque vingt ans après, Joseph Kabila mime Joseph Mobutu jusqu'au ridicule : "Qui s'est battu pour ce pays plus que moi ?", lance-t-il une question rhétorique à un peuple qui connaît la chanson.

On s'était demandé pourquoi les forces de l'ordre s’étaient adonnées au carnage des adeptes de Bundu dia Kongo sans que cela n’émeuve outre mesure le Président congolais. Pendant que le Congo attendait un message de condoléances de la part du "Père de la Nation", on eut plutôt droit à une démonstration d'un goût fort discutable du Sieur Kalume, Général-Ministre de l'Intérieur sur la non appartenance de la majorité des morts à la province du Bas-Congo.

On s'était demandé pourquoi le Président était resté muet après l'invasion de Kahemba par l'Armée Angolaise et qu'encore une fois le Général-Ministre se donnait en spectacle en donnant la partie occupée à l'Angola.

On n'avait pas compris que Kabila lance toute son armée avec armes lourdes sur une centaine d’éléments de la garde de JP Bemba, éléments munis d'armes légères et blanches. Pendant que les obus kabiliens semaient mort et désolation à Kinshasa, Nkunda, le rebelle pourtant sous mandat d'arrêt international, conférait et paradait avec la haute hiérarchie militaire des FARDC et réussissait à faire mixer ses éléments avec ceux de l'armée nationale.

Le peuple crut trouver une explication "Kabila a vendu le pays !"

Plutôt que de remédier à son insuffisante communicabilité, Jo tranche : "Ce sont des stupidités !"  Et d'avertir qu'il ne tolérera plus qu'on se paye sa tête : "Parce que le Kabila que vous avez maintenant, n'est plus le même que celui d'avant les élections".

Les parrains occidentaux en perdent leur latin. Les obus sont tombés sur leurs résidences et représentations, les GSSP, garde de Kabila, sont entrés dans leurs maisons et exigé de l'argent en leur pointant des armes, d'autres ont eu la vie sauve grâce au courage des gars de Bemba qui les ont extraits des tirs kabiliens et balancés comme des colis quelconques dans les chars de la Monuc.

Conscients des limites de l’édifice accouché par leur arnaque électorale, ils conseillent à leur protégé la modération et la négociation, non sans avoir pris le soin de relevé la « disproportionnalité » de la force utilisée pour défaire la garde de Bemba.

Réponse du berger à la bergère, de sa voix aigrelette et métallique Kabila tranche que Bemba devra répondre à la justice pour avoir voulu perpétrer un coup d’état.

Eux qui aiment les apparences se retrouvent mis à nu. Kabila est sur son nuage et ne les entend plus. Leur demi milliard de dollars américains vient d'accoucher d'une dictature qui veut s'émanciper d'eux. Bemba malgré ses 42 %, réalisés face à Kabila, doit se taire. Il n’est surtout pas question qu’il remette ses pieds au Congo. Sinon la justice qui peine à devenir indépendante lui fera bien boire la tasse à la santé de Junior.

Quant à la presse, on lui a tellement foutu les jetons qu’elle chantera les louanges du Raïs pour un bon bout de temps.

C'en est trop pour les mentors qui se décident d'envoyer un message clair à leur protégé. "Il n'y aura plus d'homme fort au Congo". Comme Kabila ne veut pas de Bemba, on va lui coller Léon Lobitch, dit Kengo wa Ndondo, comme président du sénat, et puis on verra venir.

Si Kabila ne sauve pas les apparences en laissant les journalistes faire leur boulot, s’il ne refreine pas les ardeurs de ses sbires à la gâchette si facile, si, avec son éléphant de gouvernant il ne sort toujours pas de son immobilisme, Léon pourra toujours servir.

Mais est-ce aussi simple de faire des dieux et de les défaire à souhait ?

Tony Katombe

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15 août 2007

Rapport de l'ONU sur l'Est Congolais : Lettre d'un patriote à un patriote

« Les valeurs suprêmes qui font de tout homme un citoyen digne de ce nom sont : la volonté de subordonner les intérêts particuliers au bien public, l'ambition d'astreindre gloire et honneur au service de son pays et autres vertus civiques les plus nobles qui soient » (Cicéron)

Lettre d’un patriote à un patriote

 

« Cette lettre-ci, la mienne, n’a aucune prétention. Elle se veut un cri de colère vigoureux. Elle se veut surtout l’expression d’une indignation qui est à la hauteur des forfaits dénoncés. ». Te revoilà encore au front, avec la même sérénité, la même bravoure, comme un « torero dans l’arène » afin de nous édifier sur les pratiques peu orthodoxes dans lesquelles le régime en place excelle. Beaucoup mais à voix basse, ont raison de dire qu’une chose est sûre : avec Kabila et l’A.M.P (alliance des mercenaires politiques), le Congo ne fera pas encore longtemps l’économie d’une grande Trahison.
Trahison ! Voilà un mot qui résume parfaitement le mode de gestion sous Kabila. Heureusement qu’il existe dans ce pays des patriotes de la trempe de J.P Mbelu, lui qui accepte de braver le dragon avec sa plume pour apporter à chaque fois que de besoin un éclairage inattendu dans cette grande Confusion qui entoure l’avenir de la république. J.Pierre, ta volonté de combattre la pieuvre a le don d’accrocher les esprits, même les plus sceptiques, parce que depuis les régimes défunts de Mobutu et Kabila père, jusqu’à nos jours, tes analyses politiques sont marqués du seau de la pertinence et du sérieux.
Ni idéologie, ni dogme, encore moins certaines interprétations erronées de la foi et de nos valeurs ne peuvent ligoter ton penchant pour la transparence, facteur essentiel pour un homme libre, un homme qui veut servir son peuple et non se servir de lui. Un esprit clairvoyant : c’est ainsi que je te vois.

Au regard de la situation de non-gouvernance qui prévaut dans les régions décrites dans le rapport dont tu as magnifiquement exposé la pensée profonde des auteurs, chaque jour les populations, se réfugiant dans la «brousse» dans l’espoir de s’extirper du  calvaire dans lequel ils sont englués depuis dix ans, par la cupidité des occidentaux, avec la complicité bienveillante de la « grande famille « afdeliènne » on ne peut s’empêcher de croire que le vrai génocide des africains était programmé de longue date. Oui, car si il y a eu génocide en Afrique c’est bien celui de congolais. N’en déplaise aux « bien-pensants ».

A travers la Monuc, le besoin de la communauté internationale de se rassurer, bien plus que le bon sens, est la chose la mieux partagée. L’hypocrisie confine au cynisme. Le calvaire congolais volontairement entretenu et ainsi reconnu explicitement par la mission onusienne est de ces problèmes que l’on répugne à regarder en face. On y répugne tant qu’au pire, on consent à leur jeter un coup d’oeil à travers le prisme déformant des préjugés, au mieux, à leur apporter d’hypocrites solutions. Il est voulu et entretenu à dessein. Il résume la politique occidentale de l’après guerre froide, et pourtant les « bien-pensants » refusent d’appeler le chat par son nom... Faisant valser les étiquettes,  jouant à cache-cache avec les mots. Et, dans cette hypocrisie, où l’emportent des faux débats, des idées fausses, l’essentiel est sacrifié sur l’autel de l’esquive. Ce rapport a le mérite, pour la première fois de ne pas user des subterfuges, de fustiger la mesquinerie des occidentaux, en l’occurrence américaine et belge.

Le congolais est devenu réfugié dans son propre pays. Et nos politiques… ? Que de traîtres !!!

Devant le danger qui guette la nation, au regard de leur comportement, je souscrit entièrement à la pensée de Claudel qui dit, je cite: «Le monde du théâtre est celui où tout le monde fait comme si…» la politique aussi, notre politique pourrait-on renchérir. Car, dans un cas comme dans l’autre, tout repose sur l’illusion de vérité, de réalité. A la seule différence que le théâtre est une œuvre de fiction, la politique, un univers de frictions. C’est-à-dire, un espace de confrontation dramaturgique. Où, nos politiciens, en véritables comédiens, nous représentent nos propres misères. Aussi bien ceux qui gouvernent que ceux qui se prétendent de l’opposition. Ces derniers mettant en mal les propos de François Mitterrand qui dit : « Il n’y a d’opposition qu’inconditionnelle dès lors qu’il s’agit de substituer un système de gouvernement à un autre.
Retoucher, aménager le pouvoir absolu, c’est déjà composer avec lui. ».

C’est ainsi que depuis l’insulte faite aux congolais à travers une parodie d’élections, l’AFDL-CCP-PPRD et consorts, unis au sein de l’alliance de mercenaires politiques dit AMP contraignent tous les congolais dans un rôle de spectateurs, toutes les institutions de la République, tous les démembrements de l’Etat, à ne servir que de cadre à l’immorale et insipide comédie des 5 Chantiers du président Kabila qui ne sont qu’utopies directrices.


Nous vivons ou nous vivotons, pour coller à la réalité, dans un pays où presque toutes les voix autorisées qui doivent s’offusquer de ces agissements pernicieux à la refondation d’une nation, s’élever pour arrêter l’hémorragie, sont neutralisées par la toute puissance de l’argent, les sinécures ou les intimidations.

Le rapport de la mission onusienne sur l’Est du pays que tu as bien compris et décortiqué sans passion n’est que l’arbre qui cache la forêt et tu l’as bien démontré dans tes parutions antérieures. Ta plume à elle seule est un contre pouvoir efficace en ce sens qu’il pousse le bon sens à marquer un temps d’arrêt pour réfléchir sur ce que tes dires peuvent apporter comme influences dans la marche de la nation.
Tu ne laisses personne indifférente parmi les patriotes, la plupart des citoyens et de nos partenaires. Tu as le goût du risque, des défis majeurs sans lequel, aucune idée nouvelle, capable de constituer une arme redoutable contre l’arbitraire, le totalitarisme et ses laideurs, ne saurait naître et prospérer.


Cependant, ne nous faisons pas d’illusions ; ce machin appelé ONU qu’on dit avoir été créé pour la paix entre les nations, malgré ce rapport limpide et lucide de sa propre mission au Congo, ne fera rien de concret pour te donner satisfaction. Ils vont jouer leur comédie ou faire dans la langue de bois en te riant sous cape comme elle nous a habitué avec tous les autres dossiers du genre dans un passé récent. Comme disait Jorge West, je ne crois plus aux contes de fées même si cela vient de moi. C’est pourquoi, je n’attends aucune réaction sérieuse de la part de l’ONU et de son chef face à cette interpellation.


Il revient aux leaders d’opinion congolais désireux de faire bouger les choses de s’investir dans une véritable campagne de sensibilisation et de formation des citoyens pour que demain, la volonté du peuple puisse prendre le dessus sur les tactiques politiciens de ce tas d’incapables et nous recoudre notre démocratie en lambeaux. Hein ! Vous vous rendez compte ? Kahemba, KIVU, ITURI, EMPHYTEOSE MOANDA… partout des problèmes d’intégrité territoriale et de non-gouvernance… partout le même refrain ? Partout…. Jusqu’à quand ?
Et lorsqu’on interpelle nos politiques sur des choses sérieuses, eux, ils nous parlent de la protection de minorité,de 400 000 000 investis dans une parodie d’élections, des institutions démocratiques à préserver… Futilités quand tu nous tient.
A voir ces hommes politiques retourner sans cesse à leurs vomissures sans scrupules ni états d’âmes, on comprend pourquoi certains leurs préfèrent les animaux comme compagnons. Ils virevoltent entre les extrêmes au gré du contexte politique et de l’état des rapports de force du terrain : de la foi au reniement, de l’engagement à la trahison, du courage à la lâcheté. On aurait pu leur concéder ce droit et opposer à leur conduite l’indifférence et le mépris si les conséquences de leurs actes se limitaient sur eux. Malheureusement ceux-ci entachent sur le devenir de toute la nation. Ils sont porteurs des contre valeurs et forment ceux que notre culture nomme les mouches .Reconnaissons le sans se voiler la face, on est pas en république mais dans un Etat autocratique où le chef détient tous le pouvoir et décide de tout. Il est la seule constante emmêlée dans une inconstance qui échappe à la raison

Finalement, au regard de l’immense espoir que les élections avaient suscité, les agissements actuels de nos dirigeants nous installent dans une sorte de conception kierkegaardienne du désespoir. C’est-à-dire qu’en tant que peuple, nous sommes à un tournant historique. Qui nous fait faire l’expérience de nos propres limites, mais aussi et surtout, la nécessité de les dépasser. «Ce que nous pouvions être, nous ne le sommes pas; ce que nous sommes, nous ne le voulons pas», dit Luc Desautels pour expliquer les bases de l’existentialisme de Kierkegaard. Quant à nous, la question existentielle que nous devrions nous poser est la suivante : «Que sommes-nous devenus»? C’est dire que lorsque les hommes sont en proie à la désespérance et qu’ils n’attendent de la vie rien d’autre qu’un semblant de survie, ils finissent par se jeter inconsciemment dans les bras de la mort. Déjà, le psychanalyste Freud a su montrer avec pertinence que l’instinct de la mort (le thanatos) prend toujours le dessus sur l’instinct de vie (éros) à chaque fois que l’espoir s’érode chez l’homme. Une pensée qui fut développée par Lénine et qui l’a amené à dire qu’«il n’y a pas de société viable sans espoir». Or, J.Pierre tu es de ceux qui refusent le désespoir, la résignation, en somme le suicide collectif.

J Pierre ta cohérence dans tes démonstrations, dans tes observations, ne compte aucun excès parce que tu n’es l’esclave d’aucun lobby, d’aucun groupe de pression, d’aucune conglomération de parasites sociaux. Et les prostitués de la plume baisseront toujours le regard devant toi. Ils ne peuvent pas faire autrement. Tirer sur toi de loin ; à boulet rouge, c’est leur gagne pain. Mais dans leur fort intérieur, ils savent la valeur de tes révélations. Pardonne à ces derniers leur lâcheté, ils ont commis la bourde d’avoir vendu leur âme au diable !
Tu n’es pas un suicidaire, ni un homme à enfermer dans un asile de fous… tu défends seulement ton peuple contre les fossoyeurs de sa République, armé de ta foi inébranlable, celle de l’homme qui sait que tous ses semblables sont mortels et les pouvoirs éphémères à l’exception de celui de Dieu. Ta maîtrise de ta mission est ta force J.Pierre et le seigneur est ta protection. Continue à consacrer ta vie à l’éveil des consciences, à la formation du citoyen responsable, édifié sur ses devoirs et ses droits car tu veux être le modèle du patriotisme.
Comme Paulo Coelho, je suis d’avis que toi aussi, « ce qui te forge et te transforme, c’est le chemin et la quête » : le chemin de la liberté, la quête de la vérité. Tu as choisi ce « perpétuel défi : être toujours sur la brèche, exposé aux trophées autant qu’aux huées ». Trophées ? Oui ! Si elles apportent du bien être à ton peuple, un plus à l’esprit de ton prochain. Nous sommes autant fiers de toi que de tous ces patriotes qui ont perdu leurs vies pour libérer le Congo du joug colonial qui étaient comme toi des hommes du refus.

Le patriote,

IKOMO-LOMOKO

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02 avril 2007

L’agonie de la démocratie en RDC

« La mort heureuse », titre posthume de Camus, s’ouvre sur un meurtre. Patrice Mersault, le personnage principal, abat froidement un vieil homme infirme et fortuné. Crime parfait, qui donne à son auteur les moyens (légitimes ?), de mener désormais, une vie affranchie de tout souci matériel ! Condition essentielle pour réaliser « l’unique devoir dont parle Camus qui est pour l’homme de seulement être heureux  sur terre ».

Cette tragique fiction romanesque s’applique parfaitement à la situation actuelle de Kabila après la forfaiture qu’il vient de commettre sur Bemba l’ex-vice- président, candidat « malheureux » aux dernières joutes présidentielles, signataire comme lui  des accords sur les garanties sécuritaires d’un chacun des récipiendaires, entre les deux tours, desdites présidentielles, sous les hospices de la communauté internationale représentée par la « Monuc ».

Cela s’applique aussi bien à la situation ontologique des congolais, en tant que peuple, confronté à la voracité du pouvoir des politiciens qui en permanence, sont en quête d’un bonheur toujours solitaire et partisan. Ne se construisant que sur les malheurs et les aspirations à un bonheur du peuple par eux différé, déféré à l’hypothétique tribunal de leurs promesses jamais tenues. L’action politique se réduit ainsi de jour en jour à une exploitation systématique des existences les plus meurtries et des espoirs les plus profondément rentrés, pour construire un semblant de bonheur.

Alors même que de nouveaux espoirs suscités par l’avènement d’un Etat de droit pointent à l’horizon, la barbarie des tenants de l’imperium décuple pour annihiler toutes formes d’expression démocratiques. Le nouveau régime inaugure une ère malsaine de terreur, de mensonges et des grandes prédations. Les dernières péripéties sociopolitiques en sont les preuves éloquentes. Quel gâchis !

Jean de la Fontaine l’a dit à propos de l’amitié ; je me risquerai, pour ma part à l’appliquer à la démocratie : « Rien n’est plus commun que le nom, rien n’est plus rare que la chose ». De ce fait, bien souvent en RDC, depuis que ce mot est en usage, bien des « démocrates » ont de la démocratie une compréhension si vague, que c’est précisément ce vague de leur esprit qu’ils prennent pour la démocratie. Ils ne croient en Dieu et partant à leur parole que fort bruyamment et seulement pour user des mots et être à la page. Or, sans être une religion, la démocratie est une chose aussi sérieuse, dans la vie d’une société moderne, soucieuse du bonheur partagé de tous ses membres. Il s’agit en effet d’une puissance immatérielle mais dont la présence réelle sert de cadre légal, juste et équitable à toute harmonieuse vie en communauté. Lieu de déploiement des toutes les actions de l’Etat, pour le mieux être des citoyens, des tous les citoyens. Car toute puissance est faible, à moins d’être unie. Elle n’est pas une simple procédure imposée par les bailleurs de fonds et la communauté internationale, ni un kit institutionnel dont on dispose mais une culture. Hélas !...

Le pouvoir saoule ; Jusqu’à l’overdose. Et c’est bien le cas du régime Kabila qui étant conscient d’avoir été mal élu, passe le temps, lui et ses affidés de l’AMP, à chercher et à trouver des adversaires à combattre et à abattre, aussi bien dans le camp des vaincus que dans la société civile, société civile par ailleurs décrédibilisée par ses turpitudes propres et ses accointances avec n’importe quel détenteur du pouvoir, même avec Satan, pourvu que ce dernier lui accorde une place à la mangeoire.

Pour autant l’ère de la démocratie, après une transition de plus bâclée, présage l’émergence d’un Etat de droit, la paix, l’amorce d’un changement socioéconomique, la reconstruction du pays détruit en partie par 10 année de régime AFDLien dont Kabila est le continuateur en ce jour, la délivrance à l’égard d’une classe politique qui ne finit pas d’étaler la mal gouvernance politique et économique et la dilapidation des deniers publics, enfin, l’ère de la réconciliation des congolais avec eux-mêmes, elle appert comme un quitus délivré par la communauté internationale, organisatrice des élections qui ont « honoré le pouvoir AFDLien sur le plan international », à Kabila pour imposer sa dictature, à l’instar de celle de triste mémoire de Mobutu, sonnant ainsi la cloche de la fin de la démocratie en RDC.

Au soir du 30 juillet 2006, la RDC était entrée dans l’histoire des pays démocratiques et le peuple avait fait montre d’une maturité louable par tous, à juste titre d’ailleurs.

Cependant, marquera-t-il cette histoire ou y restera-t-il pour toujours ? Dans tous les cas, les premiers actes liminaires du nouveau régime n’augurent pas un avenir radieux et prometteur. Ceux qui gouvernent en RDC  ne se comportent pas comme des responsables d’Etat, appelés à consolider l’esprit démocratique et à redynamiser leur action au service du peuple. Sûrs de leurs fidèles soutien extérieur, il s’érige en puissance hégémonique, convaincus de n’avoir à rendre compte de leurs actes à aucune instance internationale (les massacres des Hutus à  Tingi-Tingi et à Mbandaka pour lesquels les sanctions internationales n’ont jamais été prononcées à l’encontre de leurs auteurs qui sont pourtant connus).

Le bilan du régime Kabila est moralement et politiquement, déposé, dès le lendemain de sa prestation de serment. Les ambitions de Kabila pour lui-même, pour la RDC ou la région des grands lacs se cristallisent immédiatement au lendemain de son élection autour de sa seule personne. Elle se matérialisent, dans l’expression d’une boulimie, qui ne le cède qu’à son impréparation et à son incapacité à exercer un pouvoir collégial, légitimement acquis dans le cadre républicain de respect de la parole donnée à ses pairs, de souci pour les libertés individuelles et de respect de l’Etat de droit.

Kabila a tôt montré, qu’il n’est pas un homme de consensus, ni porteur de projet cohérent, à la hauteur des contextes et des attentes dramatiques des congolais Il n’a pas toujours su et ne vaudra probablement pas tirer partie du rôle stratégique et des responsabilités d’une RDC unie et forte dans la sous région. Cette désinvolture relève d’un schéma dans lequel la RDC est appelée à subir l’exploitation « communautaire » de ses ressources naturelles pour le développement de ses voisins.

L’avènement de Kabila III a, pratiquement signifié le silence, la médiocrité du propos, le mensonge, la violence fébrile que rythme la vie politique pour laquelle l’argument physique a tendance à tenir lieu de discours de conservation. Le discours thuriféraire et le griotisme qui ont déserté non seulement les pays de l’Afrique de l’Ouest sont devenus le pain quotidien qui accompagne, dans les medias d’Etat confisqués, l’activité publique et gouvernementale congolaise. Il a parrainé, dans une perspective purement politicienne, le débauchage le moins propre de toute l’histoire politique du pays. Il a transformé l’activité politique à une compétition de vassalisation et de clientélisation de la classe politique et des agents de l’Etat. Il a, à cet effet, dépensé sans compter pour son propre confort. Il a hypothéqué, à une échelle inimaginable, les ressources minières du pays qui auraient dû servir à la reconstruction du pays par des contrats scandaleux et ignominieux, aujourd’hui dénoncés par tout le monde, sauf par les affidés du cartel AFDL, à savoir, le RCD-PPRD-MSR-CDR et j’en passe, tous regroupé sous le vocable majorité présidentielle.

Le Palu l’allié des circonstances, dans ce marigot, patauge facétieusement sans avoir peser les conséquences de son attelage contre nature avec l’AMP, le conglomérat des chevaux de Troyes

« Les élections » ont accouché avec Kabila d’un régime qui restaure l’instrumentalisation des ins